N° 271
Mai

https://piednoir.fr
    carte de M. Bartolini J.P.
     Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Mai 2026
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
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Création de M. Bonemaint
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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SOMMAIRE de la SEYBOUSE N° 271

-        Puglisi : 271-un reve
-        Palles : carte
-        Acep 276 : L’ALGERIE EXPLIQUEE AUX ENFANTS
-        Echo-d'Oranie ; 253-MEKTOUB
-        Mutilé 228-1922 ; M. LEFÉBURE, Préfet du Département d’Alger
-        Alg-catholique 3-1938 : La paroisse de Sidi-Bel-Abbès
-        Bonjour 86 : La victoire de la J.B. A.C.
-        Alger-étudiants N°29-1924 : Du Médecin, de la Femme et du Mari
-        PHOTOS BONE
-        Acep 271 : Laperrine au Sahara
-        PHOTOS Vassalo BONE Victor Hugo
-        Donato: Pape 2026 Bône
-        ACEP 271 : square Valee
-        PNHA 186 : Henri Caillet
-        Algudo : Fantastique culot !
-        Grieu poème : VOTATION
-        LE PIEDS-NOIRS
-        Verdhelan : Une occasion manquée : dommage !
-        PNHA 186 : DAMIETTE GRÂCE A SAINT-LOUIS
-        Grieu poème : ABSOLUMENT
-        PHOTOS Vassalo BONE Victor Hugo 51
-        BRASIER Panthéon : 53-Lehuraux
-        Revue de l'Orient 1846-1, P 153-162 : TOUGGOURT ET SON OASIS
-        PNHA 186 : LE TENNIS DE TABLE DIT PING-PONG
-        PHOTOS Vassalo BONE Victor Hugo 52
-        Algudo : AVEUGLEMENT !
-        Grieu poème : IDÉES
-        Castano : Pleure
-        castano_CREDO POUR UNE NATION BLESSÉE
-        Gomez : Young Pérez
-        inconu : Ma France
-        Gomez : C’est à cause de son humanisme que la France a perdu l’Algérie
-        Puig : Un Pape à genoux
-        Verdhelan : MALHEUR AUX VAINCUS Vae victis !
-        Livre d'Or :
-        Vidéos : 216-alat-11 ; 217-alat-12 ; 218-alat-13
-        Histoire : pierre butacavoli : lettre à notre fils ecolo

        Chers Amies, Chers Amis,.

        " Bône " lecture et bon mois de mai
        A tchao, Diobône,         
        Jean Pierre Bartolini          


CARTE DE PAQUES 2026
Envoi de M. Henri Palles

Un hommage à un Ami inséparable d'Henri


Un Rêve Inachevé

        Et si un jour vous preniez, une bonne poignée de spaghetti et que vous la mettez dans l'eau qui bout dans la casserole.
        Et puis, si dans une belle poêle, que vous mettez sur le feu, vous versez un bon peu d'huile d'olive et laisser doucement mijoter, des oignons, de l'ail, quelques tomates bien mûres, du thym, une feuille de laurier et un petit piment de Cayenne.
        La Madone ! Au bout d'un petit moment, les pâtes et la sauce elles sont cuites et moi je vais me faire une bonne macaronade à la Calloise.

        Mais avant d'attaquer les spaghetti, je m'en vais vers la fenêtre de la cuisine, pour me prendre deux belles saucisses de sanglier, qu'elles sont en train de sécher au soleil et je me les mets dans la sauce tomate un petit moment, mais, pas trop longtemps, car, il me vient une putain de faim, à de bon, comme un loup, qui l'a rien mangé depuis quelques jours déjà.
        Après, je m'installe bien bien au bout de la table et je me mets tout le plat devant moi, alors avec l'odeur de la macaronade qui me monte sur tout le corps, c'est le paradis qui me tombe sur la tête et en avant la baïonnette, à coups de fourchette je me déguste les yeux fermés, ces spaghetti plein de sauce rouge, sans négliger au passage de donner un bon coup de dents, à les saucisses de sanglier, qui me tendent les bras tous rouges de bonheur.

        Par la fenêtre ouverte, je me vois les bateaux qui rentrent et qui sortent du port, j'entends tous les bruits qui viennent de la rue, du jeu de boules et je me contemple en même temps tout le bleu du ciel et de la méditerranée = qui mieux que moi !
        Mais tout ça m'a donné la soif et je m'en vas mine de rien, fouiller dans le placard de ma grand-mère, pour voir s'il n'y aurait pas le reste d'une bouteille de vin et comme je me l'ai trouvée, je m'en bois quelques bonnes rassades, directement au goulot de la bouteille et puis, pour finir, je continue avec un bon verre d'eau bien fraîche, que je me bois à la gargoulette de la maison pour faire passer les spaghetti. Alors là, c'est l'extase et ce n'est pas les saucisses de sanglier, que je me suis avalé qui vont se plaindre.

        Je me suis mangé, une madone de macaronade aux saucisses de sanglier, un repas royal que même Azrine il peut pas nous l'enlever et quand il n'y a plus rien dans l'assiette, je m'en vas rechercher quelque chose de doux à me mettre sous la dent et je trouve bien caché dans le petit placard de ma grand-mère, un plat de Makrouds, que la voisine arabe elle nous a apporté, alors les yeux fermés, je m'en déguste un rempli à bloc de miel et je remets ça, en me léchant bien les doigts, tellement c'est bon et pour ne rien perdre.
        Et puis catastrophe, comme j'étais en train de dormir, je me réveille en sursaut avec encore le goût de toutes ces bonnes choses et ce beau rêve que j'étais en train de faire, il a fait tchouffa sans donner aucune suite au prochain numéro. Je vais vous dire, que ça m'a foutu les boules pour toute la journée.

        La Calle ! La putain ! Quand est-ce ? qu'on arrêtera de penser à ce foutu pays. Je me dis de me l'enlever de la tête, mais, jamais au grand jamais, on pourra oublier complétement notre patrie, jamais, oh ! Non jamais, plutôt que de crever.
        Comme on me dit parfois, que je suis bien trop nostalgique et que je ferais plaisir à tous, de me voir parler d'autre chose, mais, c'est pas possible mes chers amis.
        C'est pas possible ! Pas besoin d'insister là-dessus.
Jean-Jean du Bastion de La Calle.
2 avril. 2026
- de La Calle Bastion de France.
Paroisse de Saint Cyprien de Carthage.
Giens en presqu’île - HYERES ( Var )



L’ALGERIE EXPLIQUEE AUX ENFANTS
ACEP-ENSEMBLE N°276
Par M. J.C. OBER


       C'est à vous, mes enfants, qui n'avez pas connu ce Paradis
        Qu'aujourd'hui je m'adresse à tous, je vous dis,
        Beaucoup trop de gens sur ce sujet sont motifs
        Alors laissez-moi vous expliquer ce qu'était l'Algérie.
        Vos aïeux venaient de France, d'Espagne ou d'ailleurs.
        Tous des pauvres gens ni plus mauvais, ni meilleurs.
        Durs au travail et c'est vrai exubérants et ripailleurs ;
        Mais c'était toujours et avant tout des gens de cœur,
        Puisqu'on leur fit croire que ce pays était le leur.
        Pendant un siècle, ils mirent cette terre en valeur.
        Ni l’insalubrité, ni le travail ne leur faisait peur
        Ils étaient certains d'avoir trouvé le bonheur
        En vérité, il y avait bien un Blachette et un Borgeaud,
        D'autre, de cette terre ne possédaient qu'un morceau.
        La majorité, elle, n'avait que ses bras pour tout joyau,
        Mais jamais aucun d'eux ne fit payer un verre d'eau
        Quand la guerre fut déclarée et la Patrie en danger
        Antoine, Jean, Ali, qu'ils soient Français ou étrangers
        Tous furent volontaires et prêts à se faire tuer,
        Les cimetières et les monuments peuvent en témoigner
        Français, Espagnols, Maltais, Portugais ou Italiens
        Notre communauté s'appelait déjà les Européens.
        Par nos origines nous étions tous des chrétiens
        C'est tout ce qui nous séparait de nos amis Algériens.
        Nous pensions avoir compris un jour du mois de mai,
        Dans l'euphorie, nous n'avions pas saisi le faux du vrai
        Il nous a fallu laisser notre maison à défaut de palais
        Et quitter ce pays et cette terre dans le plus bref délai
        Car c'est alors que l'exode nous a fait changer de rivages.
        Connaître d'autres cieux et des autres visages.
        Mais nous garderons toujours en mémoire nos paysages
        Rien ne remplacera nos villes et nos villages.
        Et puisque "Pieds-Noirs" on a voulu nous appeler,
        Ce nom il nous a fallu d'abord le valoriser
        Et nous battre pour le faire respecter.
        A vous, mes enfants, il vous reste à le faire aimer.
        Maintenant me voilà au crépuscule de ma vie :
        Avant de vous quitter, mes enfants, je vous le confie,
        Défendez l'œuvre de vos aïeux de toute votre énergie,
        Pour que soit connue, enfin, la vérité sur l'Algérie.
       
    


MEKTOUB
Mathilde Entz-Laplace
Echo de l'ORANIE Echo-Oranie N°253

        A ma fille

        Bien sûr c'était écrit qu'on partirait un jour.
        Emportant les lambeaux de notre triste histoire.
        Un passé fait de joies, fait de pleurs, fait d'Amour,
        Malgré les ans passés... c'est encore dur à croire.

        En regardant le temps qui lentement s’écoule.
        En luttant âprement contre l'adversité.
        Bien sûr, c'était écrit, comme un fleuve qui coule.
        Que l'on se défendrait avec tant de fierté.

        C'était écrit, bien sûr, qu'un grand vent de folle.
        Soufflerait, nous poussant dans un autre univers.
        Semés aux quatre vents bannis et démunis.
        Qu'il faudrait vaillamment supporter nos revers

        Nos valises, de biens. étaient des plus légères,
        La richesse, la vraie, l'emportions dans nos cœurs.
        C'était nos souvenirs et nos folles chimères.
        II fallait à tout prix apaiser nos douleurs.

        Par des joies discrètes, souvent mêlées de lames,
        La volonté au cœur d'un magnifique espoir.
        Cet espoir caressé était la meilleure arme.
        D'un avenir plus clair encore teinté de noir.

        C'était écrit, enfin, qu'un ciel plus clément,
        Exaucerait nos veux. sous un soleil plus pâle,
        Qu'avec sérénité ce courage dément.
        Éclairerait la vie d'espérance loyale,

        Nous avons reformé notre grande famille.
        Mais toutes nos pensées vont vers l'ancien foyer,
        Revivant un printemps sous un soleil qui brille.
        Ce n'était pas écrit, qu'on pouvait oublier.
       
Mathilde Entz-Laplace

MUTILE n°228- 15 janvier1922

M. LEFÉBURE, Préfet du Département d’Alger

        Nous sommes heureux de pouvoir publier aujourd'hui la biographie d'une personnalité algéroise, qui est à la fois — chose, rare — parmi les plus sympathiques et parmi les plus en vue, colle de M. Lefébure, préfet d'Alger,

        C'est presque toujours une des tristesses de la notoriété que d'attirer les critiques, la jalousie, et bien souvent la haine. Les sommets attirent la foudre ; de même, ceux qui, parmi les hommes, émergent de la foule pour une raison quelconque ont le triste privilège d'attirer les sarcasmes et de provoquer l'envie. Cependant, une exception au moins existe à Alger, ville également prompte à 's'engouer pour une personnalité ou à la vouer aux pires opprobres. Et nous avons plaisir à constater que, malgré les délicates fonctions dont il est investi, M. le Préfet d'Alger possède le secret de rendre aimable ce principe d'autorité qu'il incarne avec le sourire et qui est, d'ordinaire, si difficilement supporté.
        Au cours des sessions du Conseil général comme dans ses rapports personnels avec les administrés de son département, soit dans son cabinet soit dans ses tournées

        M. Lefébure. a le don de plaire. Son urbanité lui dicte les paroles les plus propres à apaiser les esprits, à concilier les intérêts qui le prennent pour arbitre. Sans abdiquer quoi que ce soit de son autorité, sans sacrifier l'intérêt général dont il est le représentant, il excelle à présenter avec netteté, à suggérer avec une onction convaincante, les solutions qui conviennent le mieux à faire l'accord. C'est un diplomate qui possède au suprême degré la qualité essentielle : la psychologie la plus fine.
        Au surplus, ayant d'être Préfet d'Alger, M. Lefébure a fourni une carrière particulièrement apte à développer ses qualités innées. De même que les artistes se forment dans la recherche et la fréquentation continuelles du beau, M. Lefébure s'est formé aux délicatesses de l'administration supérieure dans la précieuse école de la vie politique.
        Né à Paris en 1860, il a été pendant plusieurs années, le secrétaire particulier de M. Stéphen Pichon, alors député do Paris et depuis : Ministre des Affaires étrangères.

        Attaché ensuite au Cabinet de M. Cambon, gouverneur général de l'Algérie ; il fut nommé sous-préfet de Tizi-Ouzou, où il resta trois ans. Ces trois années furent pour lui, au point de vue de la connaissance des choses algériennes, un stage éminemment utile.
        Il permuta alors avec M. Firrach, qui le précéda plus tard à la Préfecture d'Alger et devint sous-préfet de Montmédy puis secrétaire général de la Somme, secrétaire général de la Manche et sous-préfet de Péronne.
        Les souvenirs qu'il avait laissés dans l'esprit de ses administrés étaient à ce point excellents que, se présentant aux élections législatives dans l'arrondissement « le Montmédy, il l'ut élu député de la Meuse. Après l'élection de M. Poincaré à la présidence de la République, il lui succéda comme président du Conseil général dans ce département.

        Le 7 février 1914, M. Lefébure est nommé préfet d'Alger, en remplacement de M. Lasserre. Quelques mois plus tard, la guerre survient. Néanmoins, le nouveau Préfet exerce ses fonctions avec un tel doigté qu'il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, sur la proposition du Ministère de la Guerre, avec la mention suivante :
        Titres exceptionnels. S’est particulièrement distingué depuis la guerre, au cours des opérations de conscription des indigènes de l'Afrique du Nord. Par son activité et son énergie, a donné dans son département efficacement secondé l'autorité militaire, dans des circonstances particulièrement délicates.
        M Lefébure a d'ailleurs fait école. Son fils est Maire de Thonnelle. (Meuse) et se trouve être le plus jeune maire de France. C'est la preuve qu'il possède les mêmes dons de séduction que son père.
        Au point de vue algérien et particulièrement en ce qui concerne les victimes de la guerre, M. Lefébure est un des promoteurs de l'Ecole de Rééducation des mutilés de Kouba. Il est aussi le président de l'office national des mutilés. A ces divers titres, il a droit à la reconnaissance de la population algérienne et des victimes de la guerre qui voient là le secret véritable de sa popularité ; car l'amabilité cl les grandes qualités administratives de M. Lefébure - s'illuminent du rayonnement de la bonté.
        « LE MUTILÉ.

        Puisque nous parlons du Préfet d'Alger, nous donnons ci-dessous, la liste des Préfets qui se sont succédés à la tête de ce département, avec la date de leur installation et l'indication de la durée de leurs services à Alger ;
        MM.
        WARNIER. 7 septembre 1870-30 octobre 1870.
        PELISSIER, 30 octobre 1870-23 décembre 1870.
        HELOT, 23 décembre 1870-2 avril 1871
        TELLIER, 2 avril 1871-12 mai 1871.
        HELOT, 12 mai 1871-15 septembre 1871.
        TELLIER, 15 septembre 1871-16 mars 1872.
        OUSTRY, 16 mars 1872-26 mai 1873.
        D'IDEVILLE, 26 mai 1870-19 décembre 1873
        BRUNEL, 19 décembre 1873-7 juillet 1879.
        DE LESTAURIÈRE, 7 juillet 1879-30 mars 1880.
        FIRRACH, 30 mars 1880-10 janvier 1888.
        PAUL, 10 janvier 1888-29 septembre 1892.
        LAROCHE, 29 septembre 1892, 1er février 1894.
        CHRISTIAN. 1er février 1894-18 mars 1805.
        GRANET, 18 mars 1805-3 août 1898.
        GÉNIE, 3 août 1898-12 décembre 1898.
        LUTAUD, 12 décembre 1898-16 juillet 1901.
        ROSTAING, 16 juillet 1901-30 juillet 1906.
        VERNE, 30 juillet 1906- octobre 1910.
        PERIER, 3 octobre 1910-4 janvier 1912
        LASSERRE, 4 janvier 1912-7 février 1914
        LEFEBURE, 7 février 1914.
        Par le tableau ci-dessus nos nombreux lecteurs pourront constater avec plaisir que M. le Préfet actuellement en fonction à Alger depuis huit ans est celui qui délient le record de la longévité administrative. Aussi c'est avec joie que nous souhaitons à M. Lefébure et pour le bien du département, de finir sa carrière administrative, parmi nous.
«. LE MUTILÉ ».


Algérie catholique n° 3, mars 1938
Bibliothéque Gallica

La paroisse de Sidi-Bel-Abbès


              I. — UNE VILLE NEE D'HIER

              Le 12 juin 1843, une colonne commandée par Bedeau arrivait au centre du territoire des Beni-Ameurs, près du marabout de Sidi - Bel - Abbés où Abd-el-Kader avait souvent campé. Pays désert et marécageux que coupait seulement le lit sinueux de la Mékerra...
              Au Sud d'Oran, nous ne pouvions nous borner au petit poste de Daya et laisser un grand vide au milieu de la province : ce vide allait être comblé. Bedeau construisit un fortin ; dix maisons s'élevèrent alentour pour abriter quelques commerçants, noyau inévitable de toute colonie africaine auprès d'un établissement militaire.

              Mais la situation géographique parut si favorable, au centre de la vallée de la Mékerra, à peu près à égale distance d'Oran, de Tlemcen et de Mascara, que l'idée s'imposa de construire une ville. « Cette position de Sidi - Bel - Abbés est si importante à nos yeux, écrivait Lamoricière, que nous ne craignons pas d'avancer et ce sera probablement un jour, le chef- lieu de la division d'Oran... Dans cet espoir nous demandons qu'il y soit créé, dès à présent, un centre de population considérable. »

              C'est à cette pensée de Lamoricière que Sidi-Bel-Abbès doit son essor rapide. Alors que la plupart des autres postes militaires avaient été circonscrits dans d'étroites limites, de vastes plans furent aussitôt dressés pour la nouvelle ville : 42 hectares lui furent consacrés, formant un rectangle allongé dans le sens de la Mékerra — et tout autour une banlieue agricole de 16.000 hectares.

              Disons tout de suite quel fut le rôle primordial de l'Armée. « La fondation de Sidi-Bel- Abbès, écrivait-on en 1852, est due aux talents et aux incessants labeurs du commandant du Génie Prudon... Le 1er Régiment de la Légion Etrangère a été dans les mains habiles de M. Prudon, un instrument qui a produit les plus beaux résultats. » Maçonnerie, travaux d'art, terrassements, défrichements, plantations, à peu près tout fut fait par les Légionnaires.

              Fondée par décret du 5 janvier 1849, Sidi- Bel-Abbès comptait, à cette époque, 431 habitants. Dix ans plus tard, en 1859, ils étaient 5.259. Et le dernier recrutement, celui de 1936, a donné les chiffres suivants :

              Français (y compris les Juifs) 24.857
              Etrangers 5.484
              Indigènes sujets français 19.688
              Musulmans étrangers 1 .065
              Légion 2.956
              Internes des Ecoles 572
              TOTAL 54.622


              La ville proprement dite avait vite paru trop étroite, aussi de nombreux faubourgs se sont- ils établis tout autour : village Perrin, faubourg Marceau, Le Marabout, Le Maçonnais, La « Calle del Sol » le Mamelon, la Marine, le faubourg Thiers, Gambetta, le Camp-des- Spahis, et je ne parle pas du Village Nègre... Actuellement les trois quarts des habitants sont dans les faubourgs, un quart seulement dans la ville.
              Je ne froisserai personne en disant que Sidi- Bel-Abbès, qui a grandi si vite, n'est pas une belle ville. On y a planté des arbres, les rues sont tracées au cordeau, sur un terrain absolument plat. Un journaliste, sous l'Empire, y voyait « le tracé impeccable d'une ville américaine jetée au milieu d'une oasis ». La banlieue qui s'est développée à perte de vue n'a pas ajouté de grands éléments de beauté...
              
              Les beautés qui manquent le plus, ce sont des clochers qu'on aimerait voir s'élever ici et là : car Sidi-Bel-Abbès qui a crû considérablement, continue à ne former qu'une seule paroisse, la plus vaste du diocèse d'Oran, avec au bas mot 30.000 catholiques...

              (1) Bibliographie-Sommaire. — Marquis de Massol : Sidi-Bel-Abbès (Revue de l'Orient, 1852, et Itinéraire de Sidi-Bel-Abbès à Oran (Revue de l'Orient, 1854. — Comte A. Ville- tard de Prunières : Notice sur Sidi-Bel-Abbès (Rev. Alg. et Colon., 1860), et De Sidi-Bel- Abbès à Tlemcen (Revue de Paris, 1864). — Louis Lacretelle : Etudes sur la Province d'Oran (Marseille, 1865). — L. Bastide : Bel-Abbès et son arrondissement (Oran, 1881). — A.F.A.S., Congrès 1888 : Oran et l'Algérie, tome II, l'Arrondissement de Bel-Abbès, par le Dr Fabriès. — Léon Adoue : La ville de Sidi- Bel-Abbès (Bel, Abbés 1927). — L'œuvre de la Municipalité Bellat, par la Presse (Sidi-Bel- Abbès, 1935).

              II. — EGLISE SAINT-VINCENT
              Le culte divin fut célébré durant les premiers temps qui suivirent la fondation de Sidi- Bel-Abbès, dans un modeste local du quartier de Cavalerie. D'abord dans une baraque, puis dans une ancienne écurie transformée par les Légionnaires. Vers 1850, M. Preire, premier curé de Sidi-Bel-Abbès, se plaignait un jour à Pélissier de la modestie de son église. « Vous avez donc oublié, lui dit le Général, que Notre- Seigneur est né dans une crèche ? »

              Tout le monde était cependant d'accord pour sortir de la crèche. En 1851, furent élaborés les plans de la future église : elle serait grande en prévision de l'avenir ; la dépense prévue était de 136.000 francs. Les travaux durèrent quatre ans ; ici encore la Légion fut d'un grand secours. L'Eglise fut enfin consacrée le 24 février 1859 par Mgr Pavy, en l'honneur de Saint-Vincent, lévite et martyr.
              Il est inutile de mentionner ici toutes les transformations qui ont été faites depuis ; Signalons quelques embellissements remarquables : l'autel principal consacré par Mgr Vigne en 1879 ; un carillon de dix cloches baptisées en 1892 par Mgr Soubrier, qui remplacèrent l'unique cloche du début ; un orgue de 14 jeux, béni par Mgr Durand en 1926.

              En 1930, deux chapelles latérales et deux sacristies nouvelles furent construites par la Municipalité Bellat, toujours bienveillante. Mais en 1935, M. Rouchaléou, curé actuel, disait dans son rapport, le jour de la Confirmation : « Je ne puis manquer de constater un fait : c'est qu'à certains jours, l'Eglise de Bel- Abbès est devenue trop petite. Devant cette constatation je n'ai pas hésité à en demander l'agrandissement : le projet est à l'étude... »

              L'Eglise Saint-Vincent paraîtrait bien plus insuffisante encore si les fidèles des lointains faubourgs n'étaient pas arrêtés par la distance et fréquentaient plus assidûment les offices. Peut-être la vraie solution consisterait-elle à décharger le Centre et à construire des églises ou chapelles dans les faubourgs. Dans ce sens aussi, des efforts ont été tentés. Déjà au faubourg Perrin, la chapelle du Patronage sert aux offices du dimanche, et un projet de construction au Village Perret est en bonne voie de réalisation.

              III. — LES PASTEURS
             Le premier prêtre à exercer le ministère à Sidi-Bel-Abbès, fut le P. Pascalin, le plus intrépide parmi les Jésuites missionnaires qui parcouraient alors l'Oranie. Le premier acte de catholicité dont il soit resté trace est un acte de baptême signé par lui le 18 mai 1848. Mais il ne faisait que passer de temps à autre : à la même époque, on trouve le P. Pascalin tantôt à Oran, tantôt à Misserghin, tantôt à Mostaganem, un peu partout à travers la province...

               Sidi-Bel-Abbès ne fut érigé en succursale que le 15 janvier 1851 (B.O. du Gouverneur Général de l'Algérie, Vol. I, p. 778), mais il avait comme curé l'abbé Preire depuis le 11 juin 1850 (1 Le premier curé nommé fut l'abbé Meyer, mais il ne prit jamais possession de son poste.).

              Le Presbytère. Maison léguée à la Ville par le Colonel de Chabrière.

              Temps héroïque, où le P. Pascalin risquait de rencontrer des lions dans la Chaîne du Thessalon, entre Sidi-Bel-Abbès et Oran, où l'abbé Preire, chevauchant vers Oran où il allait se confesser, aurait été tué par son guide indigène s'il n'avait été dûment armé d'un sabre.
              L'abbé Preire fut curé de Sidi-Bel-Abbès pendant 22 ans ; il partit en 1873 pour devenir archiprêtre de la Cathédrale à Oran et protonotaire apostolique. C'est à lui que revient tout le mérite d'avoir fondé et organisé la paroisse. Il eut pour successeurs : M. Bardel, 1873-1875 ; M. Bergé, 1875-1882 ; M. La- fuma, 1882-1884 ; M. Poux, 1884-1900 ; M. Godet, 1900-1906 ; M. Bessière, 1906-1917 ; M. Dandine, 1917-1921 ; M. Julia, 1921- 1931 ; M. Rouchaléou, depuis 1931.

              On voit que plusieurs de ces pasteurs ne sont restés que quelques années à la tête de la paroisse. Les uns et les autres l'ont quittée, toujours avec regret, pour remplir d'autres fonctions, quelquefois très hautes : tel Mgr Bessière devenu évêque de Constantine et d'Hippone.
              Il fut vite évident qu'un seul prêtre ne pouvait suffire à la tâche. Le 18 février 1954, un poste de vicaire fut créé à Sidi-Bel-Abbès. Il en fallut bientôt un second, puis un troisième, et un quatrième, quand les moyens du diocèse le permettaient.

              Nombreux sont les prêtres du diocèse d'Oran — et d'ailleurs — qui passèrent par Sidi-Bel- Abbès : il ne saurait être question de les énumérer ; citons au moins l'abbé Moysset qui mourut héroïquement en 1865. Ce fut lors du naufrage du « Borysthène », courrier de Marseille, qui vint se heurter contre l'Ile Plane (20 km. d'Oran). L'abbé qui se trouvait à bord essaya de sauver un grand nombre de ses compagnons ; 13 fois il plongea et ravit chaque fois une victime à la mort. La quatorzième fois ses forces le trahirent et il ne revint pas.
              Tous les vicaires de Sidi-Bel-Abbès ne furent pas des héros — mais en immense majorité, de bons prêtres qui travaillèrent selon leurs moyens, à travers une paroisse où les chiffres des enterrements annuels oscillent entre 350 et 400, celui des baptêmes entre 700 et 800.

              IV. — LA VIE CHRETIENNE
              La population de Sidi-Bel-Abbès a été formée de différents éléments qu'il faut étudier successivement, parce que les différences subsistent à peu près, encore aujourd'hui.
              a) A peine sorti de terre, Sidi-Bel-Abbès est colonisé par des militaires libérés ; surtout par des Espagnols venus d'Oran, lesquels à leur tour attirèrent des parents et des amis.
              Aussi la population espagnole a-t-elle très vite dominé.
              b) Les jardiniers espagnols ont été bientôt suivis d'une foule de colons plus importants, qui n'ont pas tardé à mettre en valeur ce riche territoire — et qui forment aujourd'hui ce qu'on peut appeler la bourgeoisie.
              c) En dehors de cette population sédentaire, existe une population flottante constituée surtout par l'armée. Mais si les légionnaires passent, l'âme de la Légion est toujours la même.

              Que valent au point de vue chrétien ces divers éléments ?
              Le jardinage autour de Sidi-Bel-Abbès fut la première forme de colonisation, et dès 1852, le Marquis de Massol montrait la ville « entourée d'une vaste ceinture de jardins » dans lesquels on voyait « une foule de gourbis et petites maisons logeant des familles entières d'Espagnols. »
              Au point de vue agricole, cette population méritait tous les éloges. « Population active, laborieuse, et qui donne à ce pays nouveau une grande valeur par son talent pour la culture des jardins ». Mais au point de vue moral, autre son de cloche. C'est le même témoin qui écrivait : « Vous parlerai-je des mœurs P II en est ici comme dans toutes les Colonies nouvelles ; il y a un grand relâchement. La vertu y est un mythe. Cependant on remarque un commencement de progrès ; l'on se marie de temps en temps. Mais comme disait encore le Général Pelissier au Curé : ne nous occupons pas de la génération qui existe, mais bien de celle qui arrive ; pour la première, il n'y a rien à faire. »

              Quel progrès les générations suivantes ont-elles réalisé ? Le sentiment religieux est en général vivace dans les cœurs : il l'était même sans doute pour la première génération. Mais trop souvent aussi, la vie chrétienne se réduit à quelques pratiques de culte privé, quand ce n'est pas de superstition.
              N'est-ce pas que dans les nombreux et lointains faubourgs on voit trop rarement le prêtre ? N'est-ce pas que l'Eglise est trop éloignée ?
              Vers 1890, le frère Tabar, appelé familièrement « el Hermano Francisco » et très populaire en Oranie dans les milieux espagnols, vint sur l'invitation du chanoine Poux, évangéliser les Espagnols de Sidi-Bel-Abbès. Comme toujours, le F. Francisco se mit aussitôt à la recherche des retardataires, parcourant les rues, les places, les faubourgs. Il eut bientôt fait de ramasser une centaine de grands garçons et de jeunes filles qu'il entreprit de préparer à la 1 r, ‘ communion. Jusque-là, les enfants Espagnols, surtout ceux des faubourgs, n'avaient guère fréquenté le catéchisme. Ou plutôt un brave homme, du nom de Perico en recueillait bien quelques-uns et leur apprenait les prières. Mais Perico ne voulait pas mettre les pieds à l'Eglise et encore moins y conduire ses catéchisés. Le F. Francisco lui en ayant demandé la raison, notre homme lui répondit que possédant deux petits chiens dont le curé ne voulait pas tolérer la présence à l'Eglise, lui, Perico, n'y mettrait pas non plus les pieds. — Y songez-vous ? répond le F. Francisco. Que el senor Perico entre à l'Eglise, cela se conçoit, mais qu'on y admettre des perricos (petit chien), pour cela, non ! — Le brave homme se laissa convaincre. Le jour de la clôture de la mission, 40 jeunes gens et 70 jeunes filles firent leur 1 ro communion. Mais cette manière de concevoir la religion, à la Perico, n'a pas disparu pour autant, et l'on pense encore souvent que le curé est vraiment « trop exigeant ».

              Souvenirs. — Le reposoir de la Croisade Eucharistique de la Fête-Dieu

              En revanche on continue à rendre un culte — pèlerinages et bougies — à « Saint Vincent », entendes à un paroissien plus ou moins philanthrope, enseveli depuis quelques lustres dans le cimetière de la ville, et qui a été canonisé par l'imagination populaire...
              Une mission en langue espagnole sera prêchée pendant le carême prochain : aura-t-elle un succès plus durable que celle du F. Francisco ? Le missionnaire de 1937 rencontrera ici de l'ignorance — là de l'hostilité (car le communisme a fait aujourd'hui du progrès dans les faubourgs) — Il trouvera encore, Dieu merci, une quantité de bons chrétiens, parfaitement disposés — car avec le temps, la grâce de Dieu et les efforts du Clergé ont tout de même porté des fruits.
              La bourgeoisie ? Il fut un temps, où sous l'action de la politique compliquée par des questions de race, les passions s'échauffèrent.

              Il y eut des polémiques autour des lois de l'enseignement. On fit, comme ailleurs, de l'anticléricalisme — comme aussi de l'antijudaïsme. Mais ces passions sont aujourd'hui éteintes.
              A côté des indifférents, des tièdes ou des égarés, les fidèles et bons chrétiens, dans tous les milieux, sont un joli chiffre. La vie paroissiale est intense, les offices paroissiaux sont fréquentés, et la ferveur des uns console des préjugés ou de l'éloignement des autres.
              On trouvera plus loin quelques chiffres relatifs aux œuvres paroissiales. En voici d'autres, ceux des communions, et c'est là ce qu'on a justement nommé le baromètre d'une paroisse. En 1932, on a distribué 33.860 communions, dont 3.210 pendant la Semaine Sainte ; en 1935, 39.950 communions, dont 6.000 pendant la Semaine Sainte ; en 1936, 6.675 communions pascales.
              « O Paroisse de Sidi-Bel-Abbès, écrivait en partant Mgr Bessière, notre âme frissonne en vous nommant ici... Nous avons tout aimé de vous, votre sol généreux, et plus généreuses que lui, les bonnes et belles âmes qui s'épanouissent dans votre sein. »
              N'oublions pas l'élément militaire.

               Après son passage à Sidi-Bel-Abbès en 1854, Mgr Pavy écrivait : « J'ai eu là la plus belle réception du voyage... Le départ a ressemblé à l'arrivée. Tout était dû au Colonel Rouxeau. » Mais tous les chefs militaires qui se succédèrent à Sidi-Bel-Abbès n'étaient pas des Bretons pleins de foi comme le colonel Rouxeau. Avec le temps d'ailleurs les coutumes ont changé.
              Il reste que l'église de Sidi-Bel-Abbès, comme la Ville tout entière, doit de la gratitude à la Légion : on l'a vu en particulier pour la construction de l'église. Il reste qu'en 1931, quand fut célébré le Centenaire de la Légion, c'est à l'église que ces fêtes eurent leur couronnement ; et parlant des Légionnaires, le prédicateur qui était Mgr Bollon, put dire en termes émouvants « pourquoi l'église, la plus tendre et la moins oublieuse des mères » se faisait un devoir ce jour-là « de les bercer dans leurs tombeaux ».
              En temps ordinaire, le clergé de Sidi-Bel- Abbès n'est pas sans avoir quelques rapports avec les légionnaires : car ce sont eux qui lui donnent à résoudre souvent des cas de conscience, dont quelques-uns embarrassants, car on trouve plus d'une fois chez eux de la générosité et des talents, qu'on peut, avec prudence, utiliser.

              V. — ETAT PRESENT DES ŒUVRES PAROISSIALES
              Le Denier du Culte. — Un gros effort a été fait pour que tous les catholiques soient inscrits et paient leur cotisation. En 1930, le chiffre des familles inscrites était de 311, il est passé à 873 en 1936. C'est peu, si l'on pense que sur les 7.151 foyers de Sidi-Bel- Abbès, 4 à 5.000 sont catholiques. Les oboles recueillies chaque année dépassent 25.000 frs.
              Le Catéchisme est enseigné désormais dans tous les faubourgs. A l'église, à la rue du Soleil, au faubourg Thiers, à Perrin, au Mamelon, au Point-du-Jour, au Maçonnais, route d'Oran, au Quartier de la Gare, à Gambetta, des équipes de catéchistes dévouées réunissent les enfants trois fois par semaine. Le chiffre global des inscriptions est, chaque année, de 6 à 700 ; ce chiffre est dépassé si l'on compte les patronages et les écoles libres. Et pourtant tous les enfants ne sont pas atteints !
              Le Patronage du faubourg Perrin, dirigé maintenant par des messieurs qui conçoivent l'Action Catholique avec une générosité exemplaire, réunit environ 150 garçons. Diverses sections sont en pleine activité : chant, solfège, gymnastique, clique, basket-ball... L'Avenir de Sidi-Bel-Abbès a d'ailleurs fait ses preuves. Le Concours de Gymnastique et de Musique organisé à Sidi-Bel-Abbès les 29 et 30 mai 1937 sous les auspices de la Fédération des Patronages de France (Union Régionale de l'Oranie — et dont L'Algérie Catholique a donné un compte-rendu détaillé en août dernier — fut un véritable triomphe qui comptera dans les annales mêmes de la Cité.

              Les Scouts. — C'est également au Patronage du faubourg Perrin que la 2" Bel-Abbès a son quartier général.
              Le Patronage Jeanne d'Arc pour les petites filles réunit facilement, sous la direction des Religieuses Trinitaires, des centaines d'enfants.
              Les Enfants de Marie sont actuellement 96 et 70 aspirantes. C'est parmi elles que M. le Curé trouve le plus souvent des collaboratrices pour le catéchisme, le denier du Culte, l'œuvre des Séminaires.

              Conférences de Saint-Vincent-de-Paul. — Sidi-Bel-Abbès a trois conférences très actives : la Conférence de Saint-Vincent (à l'église) compte 28 membres — celle du Sacré-Cœur (à Perrin) en a 1 8 — celle de Saint-Maurice à l'Ecole de Sonis, 20. On peut y joindre une Filiale à Détrie, avec 11 membres. Durant cette année, les deux conférences de la Ville ont distribué aux pauvres, l'une : 13.000 francs ; l'autre : 18.000 frs ; à quoi il convient d'ajouter des distributions de vêtements ou de chaussures, permises par la générosité des paroissiens.

              L'activité des Dames de Charité est également remarquable : pain, viande, lait, vêtements, chaussures, loyers, les factures payées par elles au cours des douze mois écoulés atteint le chiffre de 28.144 francs.
              Le Cercle d'Etudes Lamoricière, bien vivant et instructif, réunit chaque semaine une vingtaine d'hommes ou jeunes gens.
              Le chant à l'église est assuré avec, talent, par deux Chorales : l'une de dames, la Cœcilia (52 membres) ; l'autre d'hommes, l'Amicale Saint-Vincent (30 membres).

              VI. — LES COMMUNAUTES RELIGIEUSES ET L'ENSEIGNEMENT LIBRE
              Les Religieuses Trinitaires établies précédemment à Oran, arrivèrent à Sidi-Bel-Abbès en octobre 1851, et furent chargées des écoles communales (actuellement Ecoles Carnot) jusqu'à la loi de laïcisation de 1880.
              Elles allèrent alors se fixer dans l'immeuble qu'elles occupent encore rue Chabrière, et qu'elles avaient fait construire en 1878. Elles y ouvrirent un pensionnat, un externat et un asile.
              Elles furent à nouveau menacées en juin 1913, en exécution du décret du 11 juin 1909 ; mais préservées par les événements de 1914 ; et elles continuent à diriger une école maternelle et un ouvroir où elles font l'éducation de 150 fillettes.

              Parmi les vieilles et vénérables figures de Sidi-Bel-Abbès, compte au premier rang la Sœur Théoduline. A Sidi-Bel-Abbès depuis 1869, elle a élevé quatre générations, avec une sollicitude et une bonté proverbiales.
              Aussi tout Bel-Abbès se réjouit-il quand, en 1930, Sœur Théoduline fut décorée de la Légion d'Honneur ; et ce fut une fête inoubliable quand, le 7 juin 1931, Mgr Durand en présence de la Municipalité et de toute la population, vint épingler la Croix sur l'habit de l'humble religieuse.
              Les Trinitaires se retrouvent encore à Sidi- Bel-Abbès au chevet des malades dans la Clinique du Docteur Régnier — et à l'Institution Fénelon dont on va parler.
              Petite mais précieuse communauté que celle des Sœurs du Bon Secours de Troyes. Elles sont trop peu nombreuses — trois seulement — surtout au gré des malades et des pauvres de la Ville et des faubourgs. Précieuses aussi, comme auxiliaires du Clergé, quand il faut préparer les mourants à recevoir les derniers sacrements.

              Les Frères des Ecoles Chrétiennes s'étaient établis à Oran en 1854 : la même année le colonel Rouxeau demandait à Mgr Pavy des Frères pour Sidi-Bel-Abbès. Ceux-ci arrivèrent en 1855.
              14 devaient être, eux aussi, victimes du décret de 1909 ; ils furent chassés en 1911, laissant partout le meilleur souvenir.
              Mgr Bessière, alors curé de la paroisse, employa tout son zèle à compenser le départ des religieuses et des frères par la fondation d'établissements libres. La création d'une « Société des Ecoles Libres » aboutit, grâce à la générosité des colons de Sidi-Bel-Abbès, à l'ouverture de l'Institution Fénelon et de l'Ecole de Sonis — qui sont aujourd'hui très prospères, mais ne dépendent plus de la paroisse.

              L'Ecole de Sonis — aux bâtiments vastes et pratiques — est une école d'enseignement secondaire pour les jeunes gens. Elle connaît un renouveau très remarquable de prospérité et de succès depuis qu'en 1932, elle est devenue une œuvre diocésaine — dont s'occupe activement Mgr Durand lui-même, par l'entremise d'un aumônier jeune et actif.
              L'Institution Fénelon, située dans l'ancienne Maison des Frères, est ouverte aux jeunes filles depuis 1913. D'abord paroissiale avec Mgr Bessière, elle a pu être, en 1923, confiée à des Dames Trinitaires laïcisées. On y prépare, avec grand succès, aux examens de l'Enseignement primaire, supérieure et secondaire ; on y donne surtout une éducation soignée et une piété éclairée — à 80 pensionnaires et 150 externes : tout ce que la maison peut contenir.
              L'entrée de l'Institution Fénelon, avenue Maréchal-Foch.


Football
Bonjour, N° 86, 5 décembre 1933
journal satyrique bônois.
La victoire de la J.B. A.C.

       Malgré un temps assez vilain, il y avait un bon public au stade Garrigues et qui ne regretta pas d'avoir bravé la température car le match fut intéressant de bout en bout.
       Les deux équipes sont prêtes à l'heure.
       Bône présentait ; Alonzo, Mohamed ben Ali, Campiglia, Ben-sida, Cordina, Hamjda, Guardamagna, Colonna, Faci, Parigot et Morin.

        On remarquera que les Bônois ont attaqué depuis le début de la partie jusqu'à la fin. Le coup d'envoi échoit à Philippeville mais Bône intercepte et commence la série de ses attaques.
       Cinq minutes après le début, Faci marque un but bien amené.
       La J.B.A.C. domine nettement cependant que l'E.J.P. réagit avec courage.
       C'est Parigot qui marquera le deuxième but pour son équipe dans la première mi-temps.
       La J.B.A.C. domine de nouveau et des buts assez nombreux sont tirés par les locaux mais le goal Philippevillois se défend fort bien et pare des coups dangereux.

        A la reprise, les bônois, qui semblent infatigables, repartent à l'attaque, de nouveau Esposito est de nouveau à l'ouvrage.
       Cependant les Philippevillois réussissent à s'emparer de la balle, ils en font un bon usage et sur une passe de son ailier gauche, Colastrella réussit à marquer. La partie se terminera sur ce score de 2 buts à 1, malgré des attaques répétées de Parigot.
       Très belle partie et disons-le aussi, parfaitement correcte des deux côtés. Nos Bônois ont gagné c'est entendu, mais ils n'ont pas eu affaire à une équipe inerte, loin de là. Les Philippevillois ont une classe certaine et cela n'augmente que la valeur de nos locaux.
       L'arbitrage de M. Yacoubi a été parfait et il n'y a rien à lui reprocher.
P. Marodon


 
ALGER ETUDIANT
N° 29, 3 mai 1924 Source Gallica
Du Médecin, de la Femme et du Mari

       Les anciens avaient grandement raison de dire qu'un homme ne doit être considéré comme heureux qu'après sa mort. Quoi que vous fassiez, alors que vous croyez agir pour le mieux, vous n'êtes jamais assuré que les pires calamités ne fondront pas sur nous.
       Je connaissais un jeune et charmant ménage, le plus honnête et le plus uni. Je connaissais un médecin, le plus sérieux et le plus irréprochable.
       Et voici ce qui est arrivé.

       Un jour, le mari était sorti pour ses affaires. La femme, assise sur un fauteuil du salon, brodait sans songer à mal. Joséphine, la bonne, vaquait avec un plumeau, dont elle se servait pour transporter la poussière d'un meuble sur un autre.
       Soudain, la femme poussa un cri, battit l'air de ses bras, et son corps de tordit dans d'atroces convulsions.
       Joséphine mit le plumeau sous son aisselle, descendit précipitamment, et revint un quart d'heure après, accompagnée du médecin qui demeurait tout proche.
       Le praticien, d'un coup d'œil, vit de quoi il s'agissait.
       — Un simple crise nerveuse, dit-il.
       Pendant que, sur son ordre, la servante délaçait la maîtresse, il tira son stylographe et rédigea une ordonnance.
       — Courez chez le pharmacien, dit-il à Joséphine ; vous rapporterez la potion aussitôt prête.
       Resté seul avec la malade, il voulut, selon l'usage en pareil cas, lui procurer quelque soulagement par la compression des ovaires. Il y procédait d'une main experte et méthodique, lorsque la porte encadra la tête du mari.
       Sa femme haletante, presque dévêtue dans un fauteuil ; un homme à genoux devant elle ! Ne doutant pas de son infortune, il se précipita vers le médecin et lui donna un grand coup de pied dans le derrière.
       Le docteur alla rouler dans la cheminée.

       La femme revenait à elle. En présence d'une scène aussi extraordinaire, ses yeux se dilatèrent d'étonnement et d'épouvante. Ce fut pour le mari une nouvelle preuve de sa culpabilité. Il bondit sur cette épouse adorée et l'étouffa comme un pigeon.
       Quand Joséphine rentra au salon, la potion à la main, elle vit sa maîtresse étendue morte, le docteur évanoui contre la cheminée, et le mari affalé sur un divan, dans cet état de prostration qui suit les actions violentes.
       Tout comme elle était allée chercher le médecin, elle fut quérir le commissaire. Le docteur, qui avait repris ses sens, expliqua à ce magistrat comment il se trouvait là et pourquoi il avait la tête à moitié fendue. Le mari avoua le meurtre en toute sincérité, ainsi que le coup de pied doctoral. Il rejeta la faute sur les apparences coupables qui existaient contre ses victimes. On lui passa les poucettes.
       La femme fut enterrée sans pompe. On estima que cette épouse infidèle n'avait eu que ce qu'elle méritait. Comment avait-elle pu tromper un tel mari ?
       Le mari fut acquitté devant la Cour d'assises. Mariés pour la plupart, les jurés sont indulgents aux maris.
       Mais il fut mis en quelque sorte au banc de la société.
       On le moquait comme cocu, et on le blâmait d'avoir tué sa femme sans avoir l'excuse de l'être. Arrange cela qui le pourra.
       Le docteur perdit sa clientèle, les maris ne voulant, pas voir auprès de leurs femmes un médecin qui profitait de sa situation pour les débaucher.
       Joséphine ne put se replacer, les maris ne voulant pas voir auprès de leurs femmes une domestique qui allait leur chercher des amants.

       Car c'est en vain que l'on croit bien faire. Qui peut, jamais se flatter de se garantir contre les préjugés des hommes et les cruautés du sort ?
Maurice Olivaint.

PHOTOS BÔNE
Envoyée par J.L.Ventura
Concert de casseroles



La Cathédrale






La Basilique






LAPERRINE RAPPELE AU SAHARA
Par Maurice VILLARD
ACEP-ENSEMBLE N°271, février 2010

Deux ans lui suffiront pour donner une seconde fois le Sahara à la France.

               Au début de lévrier 1917, le poste de radio du camp d'Aïn el Hadjadj recevait un message annonçant que le général Laperrine venait d'être placé à la tête des Territoires sahariens et qu'il rejoignait son poste dont le siège avait été fixé à Ouargla.
               A cette époque, le général Lyautey était ministre de la guerre ; il comprit qu'un seul homme était capable de faire face à Ia situation dramatique du Sahara. Cet homme c'était Laperrine qu'il avait eu sous ses ordres à la fin du siècle dernier et qui, de 1902 à 1910 avait donné le Sahara à la France.

                Le 5 janvier 1917, le général qui commandait sur le front métropolitain la 46ème brigade d'Infanterie depuis le 25 janvier 1916, était remis à Ia disposition du ministre de la guerre. Sept jours plus tard, un arrêté ministériel portait création d'un commandement unique des Territoires sahariens, englobant non seulement le Sahara algérien, mais encore les régions sahariennes du Maroc, de la Tunisie, du Soudan français, de l'Aïr, du Tchad et la Maurétanie.
                Le siège de ce commandement était fixé à Ouargla. A sa tête était placé le général Laperrine. Son autorité s'étendra :

                En Algérie : Sur l'annexe de Béni-Abbès, sur l'annexe de Timimoun, le poste d'Adrar, le Territoire des Oasis sahariennes, les Cercles de Ghardaïa et de Touggourt et l'annexe d'El-Oued.
                En Tunisie : Sur le territoire saharien de la Régence, dont la limite septentrionale est définie par la note du ministre de la guerre du 4 septembre 1907, modifiée le 13 mars 1913.
                En Afrique Occidentale française :
                Sur les territoires sahariens limités au Sud par une ligne partant des confins de la Maurétanie et englobant : Araoun, Bamba, Gao, Tahoua, le cercle d'Agadès, Bilma, Zouar dans le Tibesti.
                Le Commandant Supérieur assurera la défense et la police de ces territoires du Résident Général de Tunisie et des Gouverneurs généraux dont relèvent ces Territoires.
                Le 15 janvier 1917, Laperrine recevait notification de sa nouvelle affectation.

                Il se met donc immédiatement en route pour Alger, où il se présente, le 21, au général Moinier, commandant la XIXe Région militaire, qui lui donne toutes les instructions sur les modalités du commandement qui vient d'être créé et sur les limites de ses attributions. La création de ce commandement, plaçant en une seule main les pouvoirs civils et militaires, soulevait en effet des questions délicates qu'il faudrait discuter avec le Maroc et la Tunisie, pays de protectorats et avec les Gouverneurs des Territoires du Sahara noir dépendant du ministère des Colonies.

                La nomination de Laperrine à la tête de cette création territoriale fut favorablement accueillie par les militaires et par les populations indigènes ralliées. Du jour au lendemain la confiance reparut en la certitude d'un succès final. Des tribus encore hésitantes acceptèrent de se rallier, tandis que les défections se firent de plus en plus rares.
                En prenant possession de son poste, le 2 février 1917, le Général ne se berçait pas d'illusions ou d'espoirs chimériques...

                L'heure était grave ; et si on lui avait donné pour mission de rétablir l'ordre dans cet immense territoire, on ne lui avait donné que des moyens précaires pour y parvenir, sans compter, que des formalités administratives délicates à résoudre allaient compliquer sa tâche : l'Algérie, territoire français, dépendait du Ministère de l'intérieur, alors que les territoires d'Airique Noire dépendaient du Ministère des Colonies, et ceux du Maroc et de la Tunisie dépendaient du Ministère des Affaires étrangères.
                Qu'à cela ne tienne. Dès son arrivée à Ouargla il se met au travail. En fait, il séjourne peu à Ouargla ; il passera le plus clair de son temps en tournées, en inspections et fera de longs séjours à ln-Salah plus centrale.

                La première visite qu'il reçut fut celle du lieutenant-colonel Meynier. Dès que celui-ci apprit que le Général avait rejoint son poste, il se mit en route pour Ouargla distant de 500 kilomètres où il arriva le 11. Il exposa au Général la situation critique dans laquelle se trouvaient les troupes françaises en pays Touareg et en particulier dans la région des Ajjer.
                Après une étude approfondie de la question, Laperrine décida de conserver à tout prix Fort Motylinski et Fort Flatters qu'il était question d'abandonner, mais donna l'ordre d'évacuer immédiatement Aïn-el-Hadjadj sur Fort Flatters.
                La radio du camp reçoit l'ordre le 13 au matin. Mais pour pouvoir procéder à l'évacuation il faut aller chercher les chameaux qui sont au pâturage à deux jours de marche, ce qui fit que le camp ne pourra être levé avant le 17 au soir peut-être même le 18.

                Treize février, date fatidique. Laissons au maréchal-des-logis Raynaud-Lacroze le soin de nous raconter la tragédie qui se déroula ce soir-là en nous reportant l'émouvant récit qu'il a fait paraître dans les numéros du « saharien », revue de l'Amicale des sahariens et des amis du Sahara : la « Rahia » - « cette date15 février, écrit-il, allait prendre une toute autre signification (qu'une évacuation) le soir même à 21 heures. J'écrivais dans ma zériba éclairé par une bougie. A terre « Crescuolo et Terrade reposent » Dans silence de la nuit j'entendis parfaitement une sentinelle crier « Ach Koum enta ? (qui es-tu ?). La réponse fut un coup de feu suivit d'une salve qui fit les premiers blessés. Retournant ma bougie dans le sable pour l'éteindre, je saisis mon mousqueton. Crescuolo et Terrade étaient déjà prêts. Des hommes sautent la murette entourant le camp. Je crus, dans la nuit, reconnaître un des miens. Je lui demande « qui es-tu, » Pour toute réponse un coup de feu part à bout portant me brulant le visage. Un cri dans le tumulte : « A mol Raynaud ! » C'est le capitaine Levasseur qui s'était replié l'extérieur avec ce qui restait d'hommes et appelait à l’aide. Canons et mitrailleuses sont restés dans le camp. L'ennemi semble peu s'en occuper.

                J'ajoute qu'il était armé de mitrailleuses italiennes et d'un canon de 10 de montagne à tir rapide que les Italiens avaient abandonné à Ghât dans leur fuite précipitée, canon qui surclassait les deux antiques 80 de montagne dont notre groupe était doté !
                La principale préoccupation de l'ennemi- poursuit Raynaud- paraît-être tuer. Devant moi, un Targui cherche à enlever son mousqueton à un de mes hommes en le tirant par le canon.
                L'homme résiste, un sabre s'élève sur la main qui lâche l'arme. Le blessé en hurlant de douleur lève sa main mutilée. Le Targui n'ira pas loin, quelqu'un tire et le couche à mes pieds. Tout cela et le reste est horrible. Heureusement les secours à arrivent.


                Alertés par les coups de feu une section de tirailleurs vole à notre secours sous le commandement du lieutenant Gélas ; le capitaine Moulin restant sur place avec le reste de la compagnie pour assurer la défense du puits et de l'extérieur du camp. Ils attaquent à la grenade. Malheureusement l'une d'elle tombe à proximité de notre groupe et fait des blessés dont un sergent français de tirailleurs, le sergent Bonin, qui, la cuisse ouverte et perdant son sang en abondance mourra dans les minutes suivantes. Raynaud est lui-même blessé au pied.
                Bousculés les agresseurs se replient, ils parviennent toutefois à emmener leurs blessés. Deux seulement sont tombés entre nos mains ; mais ils sont massacrés par nos hommes car ils ont reconnu en l'un deux un déserteur de la Compagnie. Aussi a-t-il été difficile de connaître l’importance du groupe et d'être renseigné sur ses pertes,

                On devait apprendre plus tard grâce à des renseignements précis, que l'effectif des assaillants s'élevait à un peu plus de 300 hommes.
                « Il est minuit, le drame a duré trois heures. Le calme est revenu ; mais il est plus impressionnant que le tumulte du combat, car on entend de toutes parts les cris des blessés appelant au secours. Les hommes de la T.S.F ont été épargnés. Ils ont pu alerter Fort Flatters, Ouargla, In-Salah et Tamanrasset. Mais il faudra attendre au moins cinq à six jours pour qu'une colonne de secours parvienne jusqu'à nous. »

                Tout le monde appelle le toubib, tout le monde cherche Vermalle, lui, si dévoué ? Mais où donc est-il ? Personne ne l'a vu.
                On s'approche de sa Zériba, on soulève le coin de la tente qui en ferme l'entrée, et à la lueur de la bougie qui brûlait encore, on l'aperçoit couché à terre son arme à la main. Il n'avait pas eu le temps de s'en servir, ayant laissé sa bougie allumée il avait constitué une cible facile pour les assaillants, il était mort frappé de deux balles. Ses deux infirmiers avaient été également tués. Que faire ?
                Alors, de sa propre initiative, et sous sa responsabilité Raynaud décide de remplacer Vermalle. Aidé de deux tirailleurs qui veulent bien lui servir d'infirmiers, il transforme la grande zériba du colonel, qui se trouvait alors à Ouargla, en poste de secours où l'on transporte les blessés.

                On est rapidement impressionné par leur nombre compte tenu de l'effectif de la petite garnison. Vingt blessés graves, autant de blessés légers parmi lesquels lui-même et son camarade Terrade ; et l'on décompta dix-sept tués pour un effectif total de cent quarante hommes environ, ayant été en contact avec les assaillants y compris la section de tirailleurs venue au secours des méharistes. Parmi les blessés si certains peuvent attendre, d'autres ne le peuvent pas. Alors Raynaud entreprendra un travail qui durera jusqu'à la nuit tombante, profitant des leçons que lui avait données Vermalle pendant les longues heures d'inactivité passées dans le camp depuis son installation le 24 novembre.
                Pendant onze heures, écrit-il, du sang jusqu'aux coudes. Utilisant les cantines médicales de Vermalle, il saura utiliser correctement leur contenu en véritable médecin amateur. Il coupe les lambeaux de chair, désinfecte au permanganate, coud, garrotte prudemment, panse, etc.

                Ouargla leur adresse des encouragements, on leur fait savoir que le capitaine Qittot se trouve à Fort Flatters avec ses hommes de Touggourt, qu'il a rassemblé les montures nécessaires pour venir à leur secours au plus vite. Mais cela représente cinq à six jours au cours desquels ils devront être jour et nuit en état d'alerte constante par crainte d'un retour offensif des assaillants. Six jours pendant lesquels Raynaud et ses aides passeront leur temps à soigner de leur mieux Ies blessés. Les hommes valides donneront une sépulture décente aux morts.

                Au matin du sixième jour une colonne est aperçue à la jumelle se dirigeant vers le camp. C'est le lieutenant Giraud parti de Fort Flatters. Mais, avant d'aborder Aïn-El-Hadjadj, il prend ses précautions. Sans doute estime-t-il que le drapeau tricolore qui flotte sur le camp n'est pas un garant de sécurité. C'est peut-être même un piège tendu par 1es fellagha. Aussi déploie-t-il ses hommes en dispositif de combat, mais il ne tarde pas à être rassuré en voyant la ruée des hommes valides qui se précipitent à sa rencontre.

                Un médecin militaire qui devait être le médecin-major Chenneby en poste à Ouargla, qui accompagnait le détachement, demande à voir immédiatement les blessés. Constatant qu'aucun d'entre eux ne présentaient de signes d'infection il félicite le médecin amateur en lui demandant s'il avait fait de la médecine. « Non, lui répond Raynaud, mais tous ces temps derniers j'ai aidé le docteur Vermalle et j'ai profité des leçons qu'il m'a donné. »


                Le camp est levé. Le groupe part pour Flatters, six jours au moins de méhari qu'il faudra faire au pas afin d'éviter aux blessés des souffrances supplémentaires.
                Pendant tout ce temps ces pauvres diables, attachés aux méhara pour leur éviter toutes chutes, seront au supplice.
                Quant à Raynaud dont la blessure au pied s'était légèrement infectée, il fera le trajet Ia jambe légèrement surélevée et attachée sur la croix de la rahia.

                En cours de route ils croisent le général Laperrine accompagné du colonel Meynier. À l'annonce de Ia nouvelle, le général s'était empressé de quitter Ouargla pour aller apporter un peu de réconfort aux blessés et ses félicitations à tous. En voyant l'état lamentable dans lequel se trouvaient Ia plupart d'entre eux, il fut ému jusqu'aux larmes lui qui aimait tant les Sahariens.


                Le 28 le groupe arrivait à Flatters où il lut accueilli par le capitaine Quittot. Les blessés graves furent acheminés sur Ouargla.
                En récompense d'une telle initiative Raynaud fut proposé pour la médaille militaire et le général qui appréciait particulièrement ceux qui faisaient preuve d'audace appuya fortement la proposition.

                « Mais pour moi, déclara-t-il, la plus belle récompense je l'ai trouvée dans la guérison de tous ces braves gens qui m'ont témoigné leur reconnaissance. « A Ouargla où les plus graves avaient été transportés tous lui rendirent hommage. L'un deux, Kimouche, baise le bas de sa gandourah avant qu'il n'ait pu l'en empêcher. Braves gens que j'aimais, écrit-il, et dont beaucoup parmi les meilleurs sont morts, tel le brigadier Kaddour, Ahmed-ben-Aïssa, Ben-Yatou et bien d'autres morts face à l'ennemi pour défendre un Pays qu'ils ne connaissaient pas, mais qu'ils considéraient comme une seconde Patrie, car les Européens les considéraient comme des frères, partageant leurs risques et leurs misères. » Voilà Comment ces « chiens de Français » qualifiés d'esclavagistes et de colonialistes à la trique par ceux-là même qui se livraient au trafic d'esclaves savaient se faire aimer des populations indigènes.

                A l'heure actuelle où le Sahara est sillonné de routes, où l'on se déplace facilement en auto, où les transports à grande distance se font en avion ou en hélicoptères, un Français d'aujourd'hui a de la peine à s'imaginer ce que pouvaient être les souffrances de ces malheureux blessés ficelés sur les méhara pour parvenir à l’infirmerie la plus proche.
                Mais un tel aménagement du Sahara n'a pu s'effectuer que dans l'ordre et la paix ; et ce sont précisément les Compagnies sahariennes de Laperrine qui ont permis l'établissement de ce réseau routier et de ce réseau aérien que possède l'Algérie d'aujourd'hui.
                La prise de commandement, du général Laperrine, fut donc saluée avec une grande satisfaction tant par les militaires que par les fractions autochtones récemment ralliés à la France. Elle portait un sacré coup aux prétentions des fellagha, mais ceux-ci ne s'estimèrent pas battus.

                Ils se sentaient soutenus et conseillés par leurs instructeurs allemands et turcs et s'estimaient de ce fait invincibles ; les italiens, il faut le dire, au lieu de nous remercier de leur avoir ouvert notre territoire pour leur donner asile allaient au contraire, jouer contre nous dans l'espoir d'obtenir sans doute les bonnes grâces de l'Allemagne et de la Turquie.
                Les renseignements du consul de France à Tripoli, ceux donnés par la presse tunisienne et italienne elle-même concordaient.
                « Les Italiens - pouvait-on lire à cette époque - n'ont qu'une idée ; celle de nous créer le plus de difficultés et le plus d'ennuis possibles, non seulement en laissant la bride sur le cou aux bandits, pillards et razzieurs de la frontière Algéro-tripolitaine, mais encore en leur permettant de se ravitailler en armes et en munitions qu'ils avaient abandonnées dans leurs garnisons lors de leur fuite éperdue.

                Les motifs qu'ils invoquent pour justifier une telle attitude - écrivent Georges Gorrée et Michel Thiout dans leur ouvrage consacré au général Laperrine - Nuova Italia » nous donnent ceci : «C'est, prétendent-ils, pour se venger des sarcasmes que certains journaux français ont lancé contre eux lors de leurs revers en Tripolitaine » Il est vrai que sans doute, à cette époque, leur désir devait concorder avec celui des Allemands et des Turcs ; celui de se faire ouvrir par 1es indigènes, manu militari, les portes de l'hinterland africain s'étendant de la Libye au Sud marocain et même au-delà, jusqu'à l'Atlantique, sans qu'une goutte de sang allemand, turc ou italien ait été versé.


                Après avoir reçu le colonel Meynier et s'être longuement entretenu avec lui de la gravité de la situation, Laperrine tranche dans le vif. Il décide que Fort Motylinski et Fort Flatters qu'il était fortement question d'évacuer seront conservés coûte que coûte. Puis afin de mieux se rendre compte sur place de la situation, il part en tournée avec un peloton de la Compagnie saharienne du Tidikelt pour bien montrer aux dissidents que la France est fermement décidée à conserver ses territoires.

                Comprenant qu'ils avaient en face d'eux un adversaire de taille, décidé et capable de leur répondre coup pour coup, les fellagha n'en abandonnent pas pour autant la partie. Ils joueront leur va-tout. Ils intensifient leur propagande et menacent même d'amendes et de répressions sanglantes les tribus Touareg qui refuseraient de se soumettre à leur autorité ; si bien que les tribus considérées jusqu'alors parmi les plus fidèles, comme les Dag Rhabelli par exemple passent à l'ennemi.
                Ebbeuh Ag Rhabelli, le chef de la bande qui tua le Père de Foucauld est un des pivots de la révolte. Piller, massacrer, tendre des embuscades seront pendant encore longtemps ses occupations quotidiennes.

                Le 5 avril 1917, le détachement du capitaine Masson parti en reconnaissance dans la Koudia est cerné par les hommes d'Ebbeuh ; bilan 11 tués, 9 blessés. Le 15 juin suivant, 200 Touareg bien approvisionnés en armes italiennes attaquent au puits d'lniker à 200 kilomètres environ au Nord-Ouest de Tamanrasset sur la route d'In-Salah, le maréchal des logis Piétri placé à la tête d'une patrouille de 23 Méharistes. Après une résistance désespérée à un contre dix, le détachement tenta, au cours de la nuit, une sortie. Quatre hommes furent tués, 6 autres blessés réussissent cependant à s'enfuir. Quant à Pietri, fait prisonnier, il fut roué de coups en cours de route pour avoir refusé d'abjurer sa religion et sauvagement exécuté.


                En présence de ces perpétuelles attaques de la part des tribus Hoggar qui se prétendaient cependant fidèlement attachées à Moussa et par conséquent à la France, le général Laperrine envoya à L’amenokal une lettre dans laquelle il lui disait ceci :
                « Tes gens du Hoggar, perdant la tête au milieu des nouvelles contradictions ou interprétant faussement tes ordres, ou peut-être encore trompés par des gens se donnant comme tes envoyés, ont pris une attitude de révoltés (dissidents) telle que tous les Français du Hoggar ont été persuadés qu'ils (tes gens) obéissaient aux ordres de Khaoucen ; ce qui a entraîné un nombre de rencontres sanglantes entre tes gens et nos Méharistes. Je compte sur toi pour tout remettre en place.

                Je suis tout disposé à me montrer généreux et à oublier le passé si tes gens se conduisent loyalement et obéissent à ta voix. Mais, il est des gens qu'il me sera impossible de comprendre dans aucune mesure de clémence : ce sont les assassins de mon Frère le Marabout de Tamanrasset et ceux qui ont assassiné des militaires isolés en particulier ceux qui les ont assassinés quand ils étaient leurs hôtes. »
                Cette lettre porta ses fruits. Le général ne s'était pas laissé abuser par l'emprisonnement de Moussa ag Amastane par Khaoucen survenu dans des conditions aussi mystérieuses que suspectes. Mais le général savait aussi qu'il ne pouvait pas tenir Moussa comme entièrement responsable de sa conduite et de celle de ses gens. Laperrine avait vu juste, la suite allait le prouver.

                Au cours du second semestre de l'année 1977, la situation semblait s'améliorer grâce aux mesures prises par le général. Il n'avait pas été long à se rendre compte des erreurs qu'on avait commises en son absence. Il condamna la formation de grosses colonnes, difficiles à ravitailler en constituant une cible de choix pour les pillards. Il insista sur la nécessité de formations légères et mobiles. Il faut opposer à l'ennemi une mobilité plus grande que la sienne, l'attaquer au lieu de riposter. il eut vite fait de constater que la cohésion n'existait plus avec les goumiers sahariens qu'on avait déplorablement mélangés aux Unités sahariennes.

                « Qu'est-ce d'ailleurs que ces goums, disait-il ? Le résidu, le rebu des tribus » « Que sont devenus aujourd'hui les vrais Méharistes ayant su prendre soin de leurs montures alors qu'on ne me présente plus aujourd'hui que des méhara mourant de faim. ? »
                Pour répondre du tac au tac à l'ennemi, il faut donc en revenir à l'organisation primitive des Compagnies sahariennes, celles de la Saoura, du Touat Gourara, du Tidikelt et organiser sur le modèle de ces dernières celles d'Ouargla et de Touggourt, nouvellement crées. Il les encadrera de gradés en provenance de régiments d'Algérie ou nés en Afrique du Nord ayant la connaissance de la langue arabe, car tout officier méhariste doit être un agent de renseignements.

                Certes les attaques continueront encore contre nos convois de ravitaillement, mais elles deviendront de plus en plus rares et de moins en moins payantes pour les djicheurs. Une réaction ne tarde pas à se manifester. Moussa ag Amastane diplomate astucieux comprenant qu'avec Laperrine il n'aurait pas le dernier mot, parvient, grâce à son habilité à ramener à lui les tribus encore dissidentes ou hésitantes. Bien mieux, les tribus Hoggar ralliées se sentant soutenues ne tarderont pas à repousser par leurs propres moyens les attaques des rebelles.

                Dès la fin de 1917, pour démontrer au général que son ralliement est cette fois définitif et sincère, Moussa ag Amastane rassemble ses gens et part pour l'Aïr, non seulement pour obtenir le ralliement de la tribu Taïtocq encore dissidente, mais surtout dans le but d'attaquer Khaoucen, réfugié dans la région d'Agadès. Ce fut pour Moussa un éclatant succès mais Khaoucen parvint à s'échapper.

                A partir de décembre 1917, toutes les tribus Hoggar sont ralliées à Moussa et celui-ci, avec ses gens, se joindront à nos Méharistes pour prendre une part active à la soumission des Ajjer et à la lutte contre les pillards Sénoussis.
                Khaoucen cependant, l'invincible, l‘insaisissable, notre irréductible ennemi avait pourtant réussi à échapper à plusieurs pièges qui lui avaient été tendus.
                En juillet 1917, il avait été obligé de fuir précipitamment en abandonnant sur le terrain un véritable arsenal comprenant des fusils italiens, 20.000 cartouches en chargeurs à cinq coups, un canon italien de 70 de montagne à tir rapide et 200 obus.

                En février 1918, le lieutenant Nédelec quittait Agadès avec un peloton de Méharistes soudanais, aidé par les gens de Moussa, pour mettre un point final à l'activité du rebelle.
                Mais Khaoucen réussit encore une fois à s'enfuir.
                Ce ne sera que le 5 janvier 1919, qu'ayant quitté la zone française où il se sentait traqué, pour se réfugier en Tripolitaine, où, en tant que maître de Rhat, il se croyait en sécurité, qu'il sera fait prisonnier par les turcs alors qu'il voulait s'emparer de Mourzouk.
                Cette fois il n'échappera pas à la mort.

                Après le succès qu'il avait obtenu à Djanet et à Ain el Hadjadj, Brahim ag Abakada, chef de la dissidence en pays Ajjer, ne pouvait en rester là. Les 8, 9 et 10 mai 1917 avec la bande de son complice Ahmoud Sultan il s'était rapproché de Fort Flatters mais il hésita à se lancer à l'attaque de la citadelle. Il se contenta de piller le village et la zaouïa de Temassinine qui se trouvait au pied du fortin et d'emmener ses habitants en captivité, plutôt en esclavage. Deux jours après cet exploit, il réussira à s'emparer du convoi de vivres et de munitions qui venait ravitailler ce poste.
                Un mois après dans les pâturages d'El Heira, il accrochera un détachement de la Compagnie saharienne de Tunisie. Bilan : 8 tués, 200 méhara razziés, 100 autres morts ou blessés.
                Les 18 et 19 octobre, 70 Ajjer razzient un convoi de ravitaillement non loin des gorges d'Aïn Guettara qui allaient être quatre mois plus tard le théâtre d'une sanglante tragédie.


                Entre temps, en réponse à ces attaques incessantes, le général avait préparé un contre rezzou maquillé en escorte de convoi de ravitaillement. Grâce à l'effet de surprise le succès fut total. Entre le 9 et le 25 janvier 1918, les 240 goumiers ou Sahariens de cette colonne répressive, vengèrent tous les actes de brigandage dont leurs familles et eux-mêmes avaient été victimes, ils ramenèrent : 500 chameaux, 400 chèvres, 200 ânes, sans avoir la moindre perte alors que les rebelles avaient eu 15 morts et 11 prisonniers. Malheureusement Ebbeugh Ag Rhabelli n'avait pas fini de faire parler de lui.

                Dès sa prise de commandement, le général avait compris que pour maintenir l'ordre au Sahara et montrer la puissance de la France, il convenait d'utiliser l'automobile et l'avion qui permettaient de surveiller plus efficacement les zones rebelles. C'est dans cette intention que, dès le mois d'août 1917, une escadrille, la 547 s'était installée à Ouargla. Elle devait prévoir et aménager des terrains d'atterrissage avec ateliers de réparations et dépôts de carburants à Inifel et In-Salah.

                Le 29 janvier 1918, le lieutenant aviateur Fondet de ladite escadrille quittait Ouargla ayant pour mission de reconnaître et d'aménager les terrains d'atterrissage prévus. Il était placé à la tête d'un détachement composé du lieutenant Chandès et des sous-officiers et hommes de troupe suivants, ayant pris place dans deux tracteurs d'aviation : Hours, Demart, Mugnier, Benevret, Terce, Barlat, Lacoste et Roussel, auxquels on avait joint un guide indigène Chaambi. A 200 kilomètres environ au Nord d'In-Salah, le convoi devait traverser les farouches gorges d'Aïn-Guettara. Au cœur de ces gorges, il y avait un gourbi qui protégeait une source qui alimentait un puits. Huit indigènes y campaient pour y assurer Ia garde.

                Les hommes appartenant à la bande d'Ebbeuh ag Rhabelli, quatre-vingt environ, n'eurent aucune peine à maîtriser les gardiens et à s'emparer du gourbi. Ils les tuèrent, sauf un qu'ils ligotèrent le gardant prisonnier dans la cabane pendant qu'ils la pillaient de ses vivres, de ses armes et munitions. C'est ce prisonnier qui raconta par la suite ce qui s'était passé. Parmi les morts et les blessés, les râles des mourants, il entendit le bruit des moteurs des deux tracteurs qui, à cent mètres l'un de l'autre s'engageaient dans la gorge. Brusquement, la fusillade éclate de droite et de gauche. La plupart des aviateurs sont tués sur place. Deux d'entre eux légèrement touchés essaient de s'enfuir à travers les rochers et parviennent à parcourir environ un kilomètre. Mais leurs traces furent rapidement repérées car l'un deux, perdait du sang. Son camarade essaya de le panser mais en vain. Découverts, ils furent égorgés sur des pierres plates.

                Ceux qui plus gravement blessés durent rester sur place furent attachés aux sièges des autos, arrosés d'essence et brulés. Heureux ceux qui moururent sur le coup. Au total dix-huit cadavres éparpillés, dont dix français, leur guide indigène et sept des gardiens du Puits.

                Mais le huitième, celui que les pillards avaient gardé prisonnier, n'était-il pas un traître de connivence avec eux ? C'est fort possible.

                Cet attentat avait permis à Ebbeuh de s'emparer d'une mitrailleuse et d'équipements sans compter les vivres et les munitions et rendre inutilisables deux tracteurs d'aviation.

                Trois jours plus tard il attaque un convoi de ravitaillement de 400 chameaux ; mais il se voit obligé d'abandonner la partie en raison de la riposte et du mordant de l'escorte.

                Le 22 février une fraction de cette même bande tente de faire tomber dans un piège un convoi de 100 chameaux. Mais elle est prise à revers et est contrainte de fuir après un combat de sept heures.

                A partir de ce moment Ebbeuh perd de son prestige. Il sera remplacé par le chef Ajjer, maître de Djanet, Brahim ag Abakada aussi expert que lui en pillage et brigandage.

                C'est à ce moment-là que, nommé médecin aide-major à la compagnie saharienne du Tidikelt en remplacement de mon camarade Vermalle, j'arrivai à Ouargla où je me présentai au colonel Dinaux commandant à ce moment-là le territoire des Oasis. Récit d'André Bonnet :

                « Vous avez de la chance d'arriver maintenant, me dit-il lors de notre premier entretien. Si vous étiez arrivé un mois plus tôt, vous ne seriez certainement plus de ce monde. »

                Je demeurai près de trois semaines à Ouargla en attendant qu'un convoi chamelier placé sous escorte puisse me conduire à In-Salah. Je profitai de mes loisirs pour m'initier à la pratique de la rahla et pour me lancer dans l'étude de la langue arabe.


                Dans les derniers jours du mois de mars, équipé pour franchir les 650 kilomètres de désert qui séparent Ouargla d'ln-Salah, je partis avec un convoi chamelier de ravitaillement placé sous Ia protection d'une solide escorte de la Compagnie saharienne du Tidikelt commandée par le lieutenant Watrin. Le voyage se passa sans histoire. Quinze jours plus tard nous étions à In-Salah

                Je fus reçu avec un enthousiasme indescriptible par le capitaine Depommier commandant la Compagnie saharienne du Tidikelt et l'annexe d'ln-Salah et par les autres officiers présents avec cette camaraderie franche, loyale, sincère qui était la règle dans ces Unités. J'eus la joie d'y trouver mon camarade de promotion Audinot qui me mit aussitôt au courant des tâches aussi multiples que variées qui m'attendaient et dont la plupart n'avaient que de très lointains rapports avec celles d'un médecin militaire : soins à donner à la population civile, tournées régulières à effectuer dans les Oasis du Tidikelt et du Bas Touat, lutte contre le paludisme, chasse aux moustiques, etc.

                En plus du capitaine Dupommier et de mon camarade Audinot se trouvaient à ce moment-là en poste à In-Salah le lieutenant Watrin avec qui j'avais fait la route Ouargla-ln-Salah, les lieutenants Félix, Giraudy, Nonescuelle de Lespinos, Brunet qui devait partir quelques jours plus tard comme résident du Hoggar à Fort Motylinski, Bourdot gravement blessé sur le front métropolitain, Bougrat, Pautet officier de détail chargé de la gestion du magasin de la Compagnie auxquels se joindront bientôt Pruvost et bien d'autres, tous plein de foi et de courage, ardents, conscients de leur devoir, persuadés du rôle capital qu'ils jouaient dans ce pays perdu dans l’intérêt de la France et de la civilisation occidentale, tous camarades inoubliables étroitement unis pour le meilleur et pour le pire.

                A quelque jours de là, le général étant de passage à In-Salah j'allais me présenter à lui. « Alors me dit-il vous avez accepté de venir au Sahara pour remplacer votre camarade Vermalle ? l'espère que vous ferez comme lui un bon Saharien. - « C'est bien mon intention ; je ferai tout pour cela, mon général ».

                Il me chargea de mettre au point un appareil pour le transport des malades et blessés, analogue aux litières et cacolets utilisés par les troupes de montagne.
                Cette question n'avait pas échappé à mes prédécesseurs. Dans les archives de l’infirmerie je découvris toute une série de croquis aussi ingénieux les uns que les autres mais tout aussi irréalisables en raison de la conformation particulière du dos de l'animal et de la présence de la bosse. En dépit de tous mes efforts je ne parvins pas à découvrir une solution valable.

                Le général n'était pas un routinier. S'il estimait qu'à cette époque le chameau était au Sahara le système de transport le plus économique, le moins aléatoire, et qu'il ne fallait pas ruiner les caravaniers, il serait le premier à admettre qu'il fallait le doubler d'un autre moyen qui serait réservé au transport du matériel lourd, volumineux, encombrant, aux denrées périssables, médicaments etc., malades et blessés.

                A Ia mi-août 1918, Audinot partait pour assurer le service médical d'un groupe de reconnaissance placé sous le commandement du capitaine Dupommier. Ce groupe auquel s'étaient joints 2100 guerriers Hoggar sous les ordres de L’amenokal Moussa ag Amastane, avait pour mission de parcourir le pays Ajjer, de se rendre compte des dispositions de ces populations à notre égard et de réoccuper le fortin de Fort Charlet dans les Oasis de Djanet

                Cette colonne opérait en liaison avec un groupe parti d'Ouargla placé sous le commandement du capitaine Vitaud

                En dehors de quelques razzias de représailles effectuées par nos patrouilles, la colonne parvint à la mi-septembre sous les murs de Djanet sans être inquiétée.

                Aussitôt les négociations furent entreprises qui permirent de s'aboucher avec les grands chefs de tribus, tel Boubekeur ag Alleghoui qui promit de vivre désormais en bonne intelligence avec les Hoggar et avec la France.

                Mais, hélas, il fut impossible à la colonne Dupommier d'occuper Djanet et de s'y maintenir. Elle était à bout de vivres et l'on manquait de moyens de transport pour la ravitailler. Elle se vit obligée de retourner à In-Salah où elle arrivait mi-novembre. En plus des assurances données par Boubekeur, 1e capitaine avait obtenu le ralliement des deux plus importantes fractions des Ajjers : les Kel Djanet et les Kel Iadhamaren. Mais étaient-ils sincères ? De même que Boubekeur ? C'était fort douteux. Pour s'en assurer le capitaine laissa sur place avant son départ un Méhariste appartenant à cette dernière tribu en qualité d'observateur. II était censé être en permission dans son pays d'origine.

                A la fin de 1918, la pacification avait fait de grands progrès. Un peu moins de deux ans avaient suffi à Laperrine pour obtenir un résultat aussi spectaculaire. Il venait de donner une seconde fois le Sahara à la France. Le 18 avril, en récompense de ses loyaux services, il avait reçu sa troisième étoile tout en ayant été maintenu au Sahara afin d'y achever la pacification.

                Dès qu'il eut appris le succès de la colonne Dupommier, le général résolut d'entreprendre ce qu'il appelait une tournée d'apprivoisement ou électorale à travers son « royaume ». Cette randonnée partirait d'Ouargla, passerait par Inifel, In-Salah, Arak, Tamanrasset, Fort Motylinski, Tin Zaouaten pénétrerait en zone soudanaise, visiterait Kidal et Agadès, puis remonterait par le Hoggar et se rendrait en pays Ajjer à Fort Polignac ; de là elle regagnerait Ouargla en passant par Fort Flatters ; en tout 4.850 kilomètres dont la première partie jusqu'à Tin-Zaouten serait effectuée en voiture automobile. Il pourrait de cette façon se rendre compte de l'avancement des travaux de Ia grande voie impériale pour véhicules automobiles qu'il avait ordonné d'établir entre Touggourt, terminus du chemin de fer algérien, jusqu'au poste de Tin-Zaouaten au niveau le plus méridional de la frontière Algéro-Soudanaise. Cette voie impériale serait par la suite prolongée jusqu'au Niger soit en direction de Tombouctou, soit en direction de Bourem.

                Le 7 novembre, comme il l'écrivait à sa sœur, il quittait Ouargla à la tête d'un convoi auto. Il arrivait deux jours plus tard à Inifel. Mais dans Ia nuit du 9 au 10, éclatait un orage d'une rare violence transformant l'oued Mya généralement à sec en torrent d'un kilomètre de largeur. Ce n'est que le 13 qu'il pourra en repartir pour arriver à In-Salah le 19 où quelques jours seulement auparavant le capitaine Dupommier et Audinot venaient de rentrer avec Ia colonne qui avait opéré en pays Ajjer.


                Dès son arrivée, il convoque tous les officiers à son bureau pour le lendemain. Il félicite le capitaine Dupommier pour le succès qu'il a obtenu et fait rendre les honneurs au groupe mobile qui a su si bien remplir la mission qui lui avait été confiée, puis il propose des récompenses bien méritées. Puis il nous entretient de son projet de grande tournée d'approvisionnement dans les territoires qui viennent d'être pacifiés. Il fixe au 3 janvier le départ de cette randonnée dont la première partie In-Salah-Tamanrasset sera effectuée en auto.

                A mon retour de tournée, Audinot ayant terminé ses deux années de séjour en région saharienne recevait une affectation à l'Armée du Rhin. Me voilà donc seul pour assurer le service médical d'In-Salah, de Tamanrasset et même du pays Ajjer, seul médecin sur un territoire plus grand que la France. Tâche pratiquement impossible à accomplir quand on saura que près de 700 kms séparent In-Salah de Tamanrasset ; tout autant d'In-Salah en pays Ajjer, sans compter qu'un détachement de la Compagnie appelé groupe de I'Adrar, appartenant aux éléments stationnés à Fort Motylinski, était fixé à 500 kms plus au Sud, au puits de Tin-Zaouaten, au point le plus méridional de la frontière Algéro-soudanaise. Il avait pour mission d'assurer la protection des nombreux campements touareg nomadisant avec leurs troupeaux de chameaux, de moutons, d'ânes et de chèvres dans les riches pâturages de la steppe soudanaise.

                Le médecin major Chenneby se trouvait en poste à Ouargla à 650 kms au Nord d'ln-Salah.

                C'est que comme l'écrivait à sa sœur, le général, nous nous trouvions au lendemain du 11 novembre, le gâchis de la démobilisation commençait à se faire sentir. Les volontaires n'étaient pas très nombreux pour venir guerroyer au Sahara et ce n'était pas malheureusement parce qu'un cessez-le feu avait été signé sur le front métropolitain que les pillards du Sahara allaient accepter de déposer les armes.

                Force fut donc de ne compter que sur moi-même et de m'organiser pour faire face à une telle situation. Je dois reconnaître que pour mener à bien une tâche aussi ingrate, je fus admirablement servi par un jeune targui de 18 ans, Abdel Kader ben el Hadj Ahmed originaire de Tazrouk centre de culture du Hoggar. Sa mère était une targuia Imrad Hoggar, son père appartenait à la tribu des Kel Azzi d'Aoulef. Au temps du père de Foucauld sa famille habitait Tarhaout, centre de culture sur 1e territoire duquel fut édifié Fort Motylinski qui abritait un détachement de la Compagnie saharienne du Tidikelt. Au moment de l'insurrection des Ajjer et de l’insécurité qui régna à cette époque, la famille émigra à In-Salah.

                Quand il arriva au Tidikelt, il devait avoir seize ans. Il parlait couramment trois langues : Le Français, l'arabe et le Tamahacq. Dès son arrivée à In-Salah, fin 1915, Audinot l'embaucha comme interprète et en fit un excellent aide infirmier pour l’infirmerie indigène. Très intelligent, il ne tarda pas à devenir un excellent auxiliaire. A mon arrivée sa formation était excellente, je pouvais compter sur lui. Plus tard il traduisit en arabe et en tamahacq « Le Petit prince » de Saint-Exupéry. Il avait gardé pour le Père de Foucauld qu'il avait connu très jeune une admiration sans bornes, un véritable culte même comme il devait souvent me l'avouer.

                Audinot parti, je fis part au capitaine Dupommier de mon intention de me rendre à Tamanrasset et Fort Motylinski avec le convoi chamelier qui devait partir fin décembre afin de faire connaissance avec le nouveau domaine placé sous mon autorité médicale, Le capitaine m'approuva. Il était en effet, de bonne politique de montrer aux populations de la Koudia et aux détachements de la Compagnie saharienne stationnée à Fort Motylinski et à Tin-Zaoulen qu'on ne les considéraient pas comme des parents pauvres. Le Général m'offrit aimablement une place à côté du lieutenant interprète Tassoni dans une des voitures de son escorte. Toutefois, comme je ne pouvais pas l'accompagner tout au long de sa tournée, je confiai mon méhara à Dahman qui suivrait avec le convoi. Le Général et ses autres compagnons en firent autant. Sage Précaution.

                Le convoi de ravitaillement destiné au Hoggar et nos méhara partirent le surlendemain de Noël, tandis que le convoi automobile quittait In-Salah le 3 janvier 1919, le lendemain nous avions atteint Tadjout situé à 250 km de notre point de départ ; véritable record de vitesse pour l'époque, réalisé sur une piste qui, par endroits n'avait que des rapports très lointains avec une route carrossable.

                Mais le lendemain, il fallut déchanter. Parvenus à l'entrée des Gorges d'Arak, des pluies diluviennes avaient provoqué une crue de l'Oued rendant la piste inutilisable. Force fut de revenir à Tadjmout et d'y attendre nos méhara.

                Ils arrivèrent 1e lendemain, les autos retournèrent à In-Salah. A Arak nous fûmes reçus par le capitaine Sollier du Service géographique de l'Armée et par le lieutenant de réserve d'aviation Grandeperrin du Service topographique Algérie, occupés à baliser et à mettre en état le terrain d'aviation prévu à cet endroit. Ils étaient aidés par des travailleurs des chantiers placés sous l'autorité du sergent Chapuis. Ils nous contèrent l'effroyable bourrasque qui s'était abattue sur la région transformant en quelques heures l'oued généralement à sec en fleuve de boue.

                Nous continuâmes notre route à méhara vers le Hoggar avec le convoi sans toutefois forcer l'allure, car les chameaux étaient très chargés. Ils transportaient des pièces d'un appareil émetteur et récepteur de TSF. De 10 kw - poste puissant pour cette époque qu'à force d'insistance le général était parvenu à obtenir pour équiper Tamanrasset II était placé sous la garde de deux télégraphistes du génie chargés de procéder à son montage et qui resteraient sur place pour assurer son fonctionnement.
                Nous arrivâmes sans encombre à Tamanrasset le 20 janvier. Notre séjour dura une semaine : visite à Tarhaouhaout, Fort Motylinski ; et longs entretiens avec Moussa sur la situation chez les Ajjers. Pas de visite aux campements car les tribus nomades se trouvaient en hiver en zone soudanaise.

                Le méhariste que le capitaine Depommier avait laissé quelques mois auparavant comme observateur en pays Ajjer se présentait au lieutenant Brunet chef de poste pour lui faire part des renseignements qu'il avait pu recueillir. Il affirmait que les Ajjers préparaient une attaque contre les tribus Hoggar ralliées à Moussa et qui avaient refusé de payer à Brahim ag Abakada l'amende qui leur avait été infligée. Moussa, immédiatement mis au courant, se tint sur ses gardes.

                Pendant ce séjour une émouvante cérémonie de déroula devant la tombe du Père de Foucauld

                Le 27 janvier, nous nous mîmes en route pour Tin-Zaouaten. Voyage très pénible dans la traversée du « tassili » de Tin-Rahro, au milieu de défilés, de pierrailles et de roches où la piste était seulement tracée, seuls les repères étaient en place.

                A Tin-Zaouaten je quittais le général qui partit pour Agadès. Je séjournais quelques jours afin de permettre à nos méhara de prendre du repos, de refaire leur bosse dans les riches pâturages de la savane soudanaise, de manière d'affronter allégement les mille cent cinquante km qui nous séparaient d'ln-Salah. Nous y arrivâmes dans Ia deuxième quinzaine de mars après un voyage sans histoire.

                Pendant que je rejoignais mon port d'attache, le Général continuait sa tournée. Après un long séjour à Agadès il regagnait le Hoggar. A ce moment de sérieuses négociations étaient entamées avec Brahim ag Abakada qui semblait vouloir se rallier. Notre victoire du 11 novembre 1918 avait coupé les espoirs des dissidents qui, se fiant aux paroles de leurs conseillers allemands et turcs avaient misé sur notre défaite. La possibilité pour la France d'envoyer maintenant au Sahara ses meilleurs cadres et de puissants renforts donnait à réfléchir aux plus hésitants. Finalement les négociations engagées avec les chefs Ajjers par le lieutenant Guieu, de la Compagnie Saharienne d'Ouargla, envoyé spécialement par le Général pour sonder les intentions des chefs rebelles, aboutirent le 8 avril. Brahim finit par accepter les généreuses propositions de paix qui lui étaient faites.
                Les 24 et 25 mai de passage à Fort Polignac, le Général rencontrait Brahim qui lui demandait l'aman. Aussitôt, il le reconnaissait comme Amrar (chef) de Tassili des Ajjers.

                - "Tout calculé, déclarait Laperrine il vaut mieux avoir cette bande qui a fait ses preuves avec nous que contre nous".

                Cette fois, la paix au Sahara pouvait être considérée comme acquise et définitive.

                Toutefois, si le Général avait fait preuve de clémence à l'égard de Brahim.

                Il n'en fut pas de même pour les autres criminels, en particulier à l'égard de ceux qui avaient été les instigateurs ou avaient participé à l'assassinat du Père de Foucauld, Au cours de sa tournée il fit savoir qu'il mettait à prix les têtes de :


                Le 14 juillet, il recevait en grande pompe à In-Salah la soumission des chefs rebelles des Ajjers, avec à leur tête Brahim Ag Abakada conduits par Moussa Ag Amastane et le Caïd Bilou d'ln-Salah. Il y eut une prise d'armes au cours de laquelle furent remises des décorations, puis une grande « diffa » à la popote des officiers.

                Dans l'après-midi, grande palabre dans la salle de réunion du mess des officiers, à laquelle j'assistai en compagnie de tous les camarades présents à In-Salah et de l‘interprète Tassoni. Le Général était radieux, l'atmosphère était à l'optimisme. Laperrine venait de donner une seconde fois le Sahara à la France.

                Quelques jours plus tard, le 27 juillet 1919, il rédigeait une note relative à l'œuvre que les Sahariens avaient accomplie en deux ans. Dans cette note, il mettait en parallèle l'état de désorganisation dans lequel se trouvait le Sahara au moment de sa prise de commandement en date du 2 février 1917 et les résultats obtenus à Ia suite de Ia remise sur pied des Compagnies Sahariennes, et des trois tournées successives qu'il avait effectuées dans les territoires qu'on lui avait demandé de pacifier.

                Tenant compte de ces faits, il ajouta à son rapport une troisième partie qui en constitue le chapitre capital. Il traite de directives à adopter dans les opérations de police sahariennes et des rapports humains que les Unités chargées du maintien de l'ordre devaient établir avec les autochtones, et en particulier des liens de fraternité qui devaient se nouer entre Européens et Indigènes. C'était toute l'organisation militaire et politique du Sahara et la conduite à tenir à l'égard de ses populations, qui se trouvaient clairement résumées.
Souvenirs Sahariens André Bonnet.




PHOTOS D'ECOLE BÔNE
RECHERCHE DE NOMS
Envoyée par M. E. Vassalo
ECOLE VICTOR HUGO
            
            Est-ce que quelqu'un peut ajouter des noms à cette photo ?
            Si OUI, contacter le webmaster, SVP, d'avance merci.


Annaba, Bône, Hippone…
Par M. Marc Donato

          Que le pape aille en Algérie, peu me chaut, comme on dit en Alaska. Par contre qu’ils se rende à Annaba, ne me laisse pas de marbre, comme on dit à Cararre.
          Annaba, connais pas, mais Bône, c’est son ancien nom, c’est ma ville, c’est là que reposent trois générations de mes anciens, c’est là que nous sommes nés, ma femme et moi, que nous avons vécu pendant 22 ans, que nous avons convolé en justes noces.
          C’est aussi l’antique Hippone, la ville de saint Augustin vénéré par tous les Bônois de l’époque, mais aussi par les autochtones d’hier et d’aujourd’hui, faisant de lui « Augustin l’Algérien ». Dommage qu’ils ignorent Camus !
          Et pour S.S. Léon XIV, augustinien en religion, ce devait être une sacrée satisfaction de fouler la terre de son saint patron.
          C’est sur cette terre que fut construite cette basilique qui lui est consacrée.

          Saint-Augustin pour les Bônois, c’était un peu comme Notre-Dame de la Garde pour les Marseillais ou Notre-Dame de Fourvière pour les Lyonnais. Alors cela soulève le cœur de certains, dont moi, de voir le pape célébrer la messe dans notre basilique, celle de nos ex-voto, de nos processions de communiants, de nos visites après mariage…
          Des souvenirs… Douloureux peut-être, nostalgiques, en tous cas. Ne grattez pas où ça démange !
          Et voilà que remonte en moi ce texte que j’avais rédigé un soir de blues, à destination de mes petits-enfants. Il a ressurgi entre la relique de Saint-Augustin et la statue de Monique, sa mère, à l’ombre de la crosse papale.
          Je vous le fais partager volontiers à l’occasion de la venue du pape à Hippone.

          Je voudrais
          Á mes petits-enfants, Léo et Julien
          Je voudrais prendre ta main pour franchir ta montagne
          Je voudrais avec toi traverser ta rivière
          Je voudrais t’entraîner là où le vent apporte
          De ce qui fut chez moi, les parfums, les images
          Je voudrais te porter sur la rive lointaine où mes yeux virent le jour
          Je voudrais t'éblouir des reflets bleu marine de l'eau de mon enfance
          Je voudrais t'enivrer des parfums d'orangers
          Je voudrais gravir ma montagne avec toi,
          Ce n'était pas le Ventoux, elle s'appelait Edough
          Je voudrais te montrer ma rivière,
          Ce n'était pas la Saône (1), elle avait nom "Seybouse"
          Je voudrais que tu respires toutes les épices du monde
          Dans les rues de ma ville

          Je voudrais que tu sentes le sable fin glisser entre tes doigts
          Je voudrais que tu goûtes l'oursin fraîchement sorti de l'eau
          Je voudrais t’offrir daube de poulpe et matzagounes (gambas)
          Je voudrais que tu trouves au creux des chênes-liège
          Le timide escargot tapi dans la fraîcheur
          Je voudrais t'amener voir Emile, Raphaël, Antoinette (2)
          Dans ce cimetière si beau qu'il donne envie de mourir (3)
          Je voudrais te montrer le lieu de notre premier baiser
          Je voudrais que tu voies le balcon, la maison, le jardin
          Je voudrais te guider dans les champs d'asphodèles
          Je voudrais que tu fasses avec moi le tour de la corniche
          Je voudrais que tu voies au pied de la falaise le très vieux cabanon
          Je voudrais partager avec toi un bon beignet arabe
          Je voudrais que tu goûtes le glacial créponnet sur le Cours Bertagna
          Je voudrais m’attabler avec toi près de la Grenouillère…
          Je voudrais…
          Je voudrais… Je voudrais… Je voudrais… Tant de choses…

          Mais la vie a dit : NON !
          N'oublie pas le pays d'où je viens.
Avril 2025 - Marc DONATO

          1 La Saône, pour Julien.
          2 Nos anciens restés en Algérie.
          3 Un dicton assure : « Le cimetière de Bône, envie de mourir, il te donne »


LE SQUARE VALEE
Par
ACEP-ENSEMBLE N°271, février 2010
    
               En contrebas de Ia "Brèche" et du futur Hôtel des Postes - un terrain avait été aménagé en jardin anglais pour offrir aux cirtéens campés sur leur rocher un cadre de verdure fort bienvenu. Lorsqu'on érigea une effigie en bronze du successeur de Damrémont, le général Valée, le nouveau square reçut son nom.

               C'est autour de cette illustre statue et de part et d'autre de l'allée d'entrée principale, que vinrent bientôt se poster les photographes ambulants.

               La casquette parfois retournée à la façon des coureurs cyclistes, on les voyait s'affairer autour de leur grosse boîte en bois verni ressemblant à une araignée tripode - et cyclope - toute raidie de convoitise. Successivement, ils plongeaient la tête sous leur toile noire de magicien, la ressortaient brusquement de côté en s'immobilisant comme s'ils "prenaient l'arrêt", couraient rectifier la pose du client figé au garde à vous, ou du couple suave planté comme mannequins sous Ia tonnelle de service, sous les regards pesants d'un cercle inévitable de badauds. Une chaise pliante de square supportait, en réclame publicitaire, quelques échantillons de trombines "en portrait" ou "en pied", formant au choix : une galerie de tableaux dans son genre....

               Alentour rôdaient les "garrigous" : les marchands d'oublies, ces délicieuses feuilles roulées de fin biscuit, si légères et craquelantes, portées dans un haut cylindre métal1ique à courroies de toile, et annoncées par le cliquètement caractéristique d'un instrument de métal. Sur de petits éventaires sur tréteaux tournaient des moulins de papier ou de celluloïd coloré piqués au bout de leur bâtonnet. D'autres éventaires proposaient berlingots, réglisses et autres sucreries ; on trouvait même ces espèces de minces boudins striés en longueur, de couleur jaune vif, rose bonbon ou bleu ‘malle arabe" (de mariée), que le vendeur en gandourah achevait de débiter en tirant à pleines mains sur leur pâte bizarrement élastique. Déambulaient de ci de là quelques marchands de ballons de toutes couleurs maintenus au bout de longues ficelles et balançant doucement leur bouquet au-dessus des têtes.
               Quelques jouets, même, étaient, par gestes, offerts à la tentation de petites mains : des cerceaux "de grands" avec leur baguette, et ces petits cerceaux qu'il suffit de pousser en avant pour entendre leur musique sautillante et têtue.

               Dans une petite allée latérale avait été joliment aménagée une sorte de grotte en rocaille ornée d'un bassin romain (provenant de Timgad). Du haut de la grotte recouverte d'un épais feuillage, ruisselait une eau claire et fraîche où, enfants, nous venions étancher notre soif : il suffisait de coincer dans une anfractuosité une feuille charnue qui laissait courir l'eau au creux de sa nervure centrale. En se bousculant par jeu, on s'arrosait et Ia figure, et les cheveux, la chemisette souvent, les chaussures toujours...

               Il y avait eu aussi, un certain temps, sur le haut cote du square. un mini-zoo où évoluaient quelques jolies gazelles, et où s'ébattaient plusieurs singes dans une vaste cage. Mais il paraît que de fieffés polissons avaient enseigné aux singes certains gestes..."pas pour les enfants" : de sorte que pour empêcher ces petits anges d'imiter à leur tour ces quadrumanes devenus lubriques, on déménagea singes et mini-zoo ailleurs (on n'a pas pu savoir où...)
               Des allées ombragées sinuaient alentour, pour la plus grande satisfaction, aux heures chaudes, de quelques promeneurs ou oisifs qui, en veston ou burnous, accaparaient les bancs pour un petit somme. A la nuit tombante, c'était alors la jubilation discrète des couples d'amoureux, qui trouvaient là un espace abrité des regards - et des lampadaires se voilant pudiquement derrière le feuillage....
               Le square se terminait, à sa partie basse, par une haute grille à large portail ouvragé ouvrant sur la place Lamoricière. Ce portail était rituellement encadré par des burnous accroupis proposant dans leurs couffins des assortiments de cacahuètes et de "blibis" des blancs et des roses" qu'ils mesuraient d'un geste large dans de tout petits pots de "crème Tokalon".

               L'un des grands avantages de ce square, on ne le découvrait qu'en le quittant : c'est qu'il offrait, avec l'ombre de ses grands arbres, un espace de silence en plein cœur d'un réseau de voles de circulation intense dont le bruit du trafic allait s'élever d'année en année....
Guy ROQUE
    


HENRI CALLET DES ŒUVRES COMPLETEMENT ABSTRAITES
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°186 - Juin 2010
     
             Henri Caillet joua un rôle de précurseur dans l'évolution de la peinture à Alger. Il était né à Saint-Etienne en 1897 et décédera à Alger en 1959.


              Une blessure de guerre a empêché Henry Caillet d'être sculpteur lorsqu’il vint à Alger en 1923 après avoir été élève à l'Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne. Il se destinait à la décoration et ne chercha dans le paysage algérien que ce qui « pouvait lui rappeler la France ». Il peignit sombre à ses débuts et son esthétique relevait du cubisme. Son art un peu austère ne tarda pourtant pas à se régénérer par la lumière et la couleur.
             Il commença à exposer dès 1925. Il fut le premier à montrer des toiles de tendance abstraite, ouvrant ainsi la voie à ses cadets.


              Du fait de sa formation d'architecte et de sculpteur, Caillet possédait un sens très affirmé des volumes et des matières. Ses premiers paysages algériens, d'un vigoureux et puissant réalisme, solidement construits dans une pâte "dense et nourrie", ne retenaient que l'essentiel, tout en laissant percevoir "émotion profonde devant la beauté des choses et de la lumière qui les baigne".
              Il s'agissait toujours de figuration, on évoquait Derain, mais très vite, le cubisme lui fournit le support de ses formes, son travail évolua vers une abstraction à peine figurée qui marqua les esprits et provoqua des recherches parallèles. Vers 1930, Louis Nallard, par exemple. reconnait volontiers l'impact qu'eurent sur lui les paysages semi-abstraits de Caillet. De même Manton, Bouqueton reconnaissent son influence


              Caillet renie un peu tout ce passé qui lui valut le Grand prix artistique de l'Algérie en l94l et trouva sa vraie vocation après la dernière guerre, où il avait voulu quand même servir dans l'aviation. Il se révéla un peintre semi-abstrait à tendance mystique qui lui fit réaliser un véritable art religieux. Car Caillet n'analyse pas ce qu'il fait. Il ne s'inspire de rien, se laisse aller à des réminiscences instinctives, trouve ses sujets dans son imagination avec ce profond sentiment intérieur qu'il possède et qui se reflète sur les visages de personnages anonymes, si bien qu’ils font penser à des saints.
              Le R.P. Couturier a pu dire que certaines scènes découlaient de l'Evangile ou de la Bible. Les figures transparaissent en filigrane dans la synthèse des lignes et des couleurs neutres ou dans la technique du vitrail par le serti et les couleurs en valeurs opposées et recherchées,
             La spéculation va aussi loin que possible dans la réalité, les natures mortes, les paysages qu’ils soient du port d'Alger, de Chiffalo, d'Ain-Taya, de Saint-Etienne ou de Bretagne, partent du réel pour un motif « repensé » et « recomposé ».
              Il est assez remarquable que l'essentiel de l'œuvre de Caillet, dont les sources remontent au Moyen-âge où la foi ne s'expliquait pas, n'ait point été contrarié par les impondérables ambiants de ce pays qu'il a su traduire aussi dans des moments de délassement. Son art ajoute une marque distinctive à la peinture algérienne, prouvant sa diversité de plus en plus reliée à celle de l'Ecole de paris.
             Sociétaire du salon d’Automne, il participe à l'Exposition internationale de paris en 1937 et à celles de l'Afrique française en 1935, 1941 et 1951. Parmi ses œuvres au musée d’Alger : Terrasses d'Alger. Port d'Alger, Tipasa, Amirauté...

J_M L
    


 
Fantastique culot ! Le 06 Janvier 2015
Envoyé par M. Alain Algudo

         Écoutez-le ! Regardez-le ! On s’y méprendrait si on ne l’avait pas subi ! C’est l’homme nouveau, providentiel, qui n’a peur de rien, et surtout pas de mentir encore et toujours. Aujourd’hui avec des « casseroles » en plus, il récidive et prend les Français pour des imbéciles (et je suis poli). Mais pour certains d’entre nous, il n’est qu’un bateleur, et nous allons le prouver car en plus de ne pas être « un perdreau de l’année », Nicolas SARKOZY nous a prouvé, en nous baladant pendant 5 ans, qu’il était pour nous l’homme héritier d’un sinistre maître d’œuvre générateur d’une idéologie basée sur le mensonge, la duplicité, la falsification pour en arriver finalement à des fins personnelles.

         Il ne lui manquait plus qu’un crime d’état comme celui dont s’est rendu coupable son mentor en Algérie en 1962 contre les populations fidèles à la France, immonde forfaiture de celui dont il revendique la filiation.
         Ainsi pour « illustrer » ce énième reniement propre aux promesses gaullistes, nous remplaçons la victimisation par une argumentation basée sur une documentation imparable :

         En effet, dans ses trois lettres des 6, 14, et 16 avril 2007 qui m’ont été adressées pendant sa première campagne présidentielle, le ton était donné. Résonnait encore du déjà entendu depuis le « Je vous ai compris », là tout y est promis, (nous sommes alors pour lui « les victimes Françaises innocentes ») rien ne sera réalisé, et les miettes auxquelles nous avons eu droit ont été complètement dénaturées, dévoyées par des directives et circulaires internes aux administrations de tutelle chargées des dossiers de réparation.

         Nous étions donc, pour lui, ceux qui « depuis le début du 19ème siècle avaient contribué à l’essor économique de l’Afrique du Nord, ceux qui dans l’adversité avaient su surmonter les contraintes de la réinstallation », ceux auxquels « la France devait sa grandeur car acteurs d’une œuvre civilisatrice sans précédent dans notre histoire ». Cerise sur le gâteau, dès son élection alors qu’il avait écrit qu’il n’était pas « favorable aux excès de la repentance » lors d’un de son premier voyages en Algérie, il dénonçait lors d’un discours à l’Université de Constantine le 5 décembre 2007 les méfaits de la colonisation : « entreprise d’asservissement et d’exploitation ! »
         Si vous n’avez pas encore « compris » je n’y peux plus rien !

         Et oui Monsieur le Président comme vous me l’écriviez alors, (et à qui la faute ?) nous avons le sentiment que « notre histoire est lourde de suspicion, qu’elle est encore enfouie, voire bafouée. » Ce n’était pas en versant des larmes de crocodile sur ces réalités que la vérité serait rétablie, il fallait alors agir en transformant vos paroles par des actes d’information au niveau de tous les médias. Hélas, ce ne fut encore qu’un rêve !!!
         En effet, nous pouvions alors rêver car tout y est passé dans le florilège de promesses de sa campagne présidentielle :

         -Création d’un comité des sages ayant pour mission d’enquêter sur les disparus !

         -Souscription nationale pour ériger un monument à nos compatriotes qui ont participé derrière le drapeau Français à la construction de notre pays, à sa défense et à sa libération,

         -Participation de l’état au fond de concours, doublé pour la réhabilitation des cimetières Français en Algérie,

         -Actions de reconnaissance et mesures dans le domaine de la mémoire qu’il jugeait insuffisantes,

         -Sauvegarde des toits familiaux en signant le décret du 24 mars et annulation de la dette pour les plus démunis. (nous connaissons la suite et les ventes aux enchères publiques),

         -Promesse de concrétisation de l’effort de solidarité Nationale,

         -Levée de la date butoir de forclusion de la loi du 23 février 2005 qui a permis enfin le remboursement des sommes prélevées indûment (donc illégalement) sur les indemnisations, pour permettre à ceux qui ne s’étaient pas fait connaître d’en bénéficier. (et pour cause Mr le Président aucune annonce publique du décret d’application n’a été faite à travers les médias, ce fut le silence total sur cette mesure de justice)

         -création d’une autorité indépendante concernant les problèmes liés à l’indemnisation des biens spoliés : Ce fut la totalité de nos revendications en la matière qui fut refusée par cette commission ou aucun de nos responsables n’était convié comme pour la forfaiture du référendum du 8 avril 1962, nous étions exclus d’une concertation vitale nous concernant.

         -Confirmation écrite de sa demande de suspension pendant sa campagne électorale de l’examen des dossiers en Commission Nationale d’Aide aux Réinstallés (CNAIR dont j’étais mandataire nommé par le 1er Ministre) et promesse, encore une, de réexamen des dossiers rejetés par la dernière commission.

         Aujourd’hui, c’est « la Bérézina » socialiste, (qui se ressemble s’assemble comme en 1962) :
         Ont été mises au placard nos deux entités de tutelle : la M.I.R. et l’ANIFOM.
         Kader ARIF le Ministre des Anciens Combattants (sic), « chargé des rapatriés », le pire que nous ayons eu à subir, (nommé par le « DSK bis » de l’Élysée) complètement incompétent et absent, s’avérant aujourd’hui qu’il ne s’occupait pas du « portefeuille » dont il avait la charge, mais de celui de sa famille.

         Oui Monsieur le Président comme vous l’avez écrit, je vous cite : « L’état promet constamment de faire un peu plus sans jamais faire tout à fait ce qu’il faut, et les rapatriés espèrent à chaque élection ce qui n’arrive jamais ou qui arrive si tard que déception et rancœurs s’en trouvent aiguisées. Je connais votre force de caractère. Vous connaissez la mienne. Ensemble, nous ferons bouger les choses. Je m’y engage. Merci de votre franchise et de votre confiance. »
         Oui nous avons joué le jeu de la franchise avec vous, mais vous avez trahi notre confiance !
         Votre slogan de 2007 était : « Ensemble tout devient possible ! » Celui d’aujourd’hui est de la même veine : « Rassemblement ! » De qui vous moquez vous ?
         A ce jour, quand les plus informés des nôtres sont témoins de ce lamentable spectacle politique auquel se livre toute cette même équipe d’hommes accrochés à leur mandat, comme une tique à son chien, ces hommes qui ont fait preuve dans tous les domaines de leur duplicité dans les promesses, de leur incompétence, autant d’agissements perpétués aujourd’hui par leurs successeurs socialo-cocos-écolos, nous ne nous posons même plus la question de savoir quand nous allons atteindre le fond de l’indignité politique puisque celle-ci adopte, en toute impunité, le comportement d’une vis sans fin d’une station d’épurement à la sortie des latrines, et semble s’y complaire.

         DE GAULLE disait que les Français étaient des « veaux » ; aujourd’hui c’est pire avec cette classe politique qui se réfère sans cesse à cet acteur d’une minable et mortelle pantalonnade génératrice de la Djihad actuelle partie d’Algérie en 1962, car ces chasseurs de gamelles se donnant en spectacle aujourd’hui, les emmènent aux portes des abattoirs (hallal).

         Mais nous sommes une catégorie de Français, vaccinée des promesses et traumatisée par un drame vécu, à ne pas tomber encore dans le piège de ces nouveaux discours fortement médiatisés, et qui révèlent un époustouflant fantastique culot.
Alain ALGUDO
Président C.D.F.A./U.C.D.A.R.A
Vice-Président de VERITAS


VOTATION
De Jacques Grieu

Du mot latin « votum », un vote va revenir.
Et comme à l’habitude, bien des gens vont le fuir.
Les urnes sont usées d’avoir tellement servi ?
Vont-elles se remplir assez pour la patrie ?

Si votum est un voeu, il vire au pléthorique;
Si bien que l’électeur en devient allergique,
Se couvre de boutons dès que l’urne surgit,
Et dans l’abstention ferme, exhale son ennui.

On voit les « On devrait », « On doit » « On aurait dû »,
Fleurir au doux printemps en grêle continue.
Les « sauveurs de la France », les messies, sont légions.
Nous voilà rassurés. Vive donc l’élection !

Question vocabulaire un vote est compliqué :
Le vote «à main levée» n’est pas au pied levé.
Voter contre son camp s’appelle «un vote utile».
Quant au «dépouillement»: aucun pou sur le gril!

On vote et l’on revote et si l’on s’est planté,
Pas question d’effacer ou bien de «dévoter».
On vote avec sa tête et non avec ses tripes;
Ou bien on vote blanc : au moins, on participe !

Même au coeur de l’Afrique, on l’a, ce vote blanc :
Mieux que le vote nul, c’est le vote important.
Pourquoi un vote blanc ? Et pas de vote noir ?
Est-ce un vote raciste ? Alertons les pouvoirs !

Voter ni pour ni contre ? Ou alors le contraire ?
Le contraire du pour, en ces très hautes sphères,
N’est pas toujours le contre : on peut argumenter.
Voter est tout un art, il y faut du doigté.

C’est bien pour « le meilleur » que chacun va voter :
Tout le monde est d’accord, c’est l’unanimité !
Alors, pourquoi deux tours et ces scores étriqués ?
Pourquoi ces ballotages et luttes acharnées ?

Peut-être ce « meilleur » n’est-il pas candidat ?
Ou que, découragé, il se désistera ?
Ou bien tout bonnement, il n’en existe pas ?
Les « pires », hélas, hélas, en tout cas, sont bien là !
Jacques Grieu                  



LE PIEDS-NOIRS
Envoyé par Inconnu Par Ange Paul C.
 
        Finalement, quoi que l’on dise ou quoi qu’on pense la communauté des rapatriés d’Algérie, les Pieds-Noirs, terme dont l’origine est aussi obscure que toutes les histoires humaines, est bien plus discrète qu’on ne l’a dit ! Passons !
        Le pied noir depuis longtemps et au fur et à mesure que le temps et les évènements se succèdent, a de plus en plus de mal à admettre ce qu’il considère comme une tragédie ! Parce que ceux qui le chassèrent de son pays sans se l’avouer reconnaissent implicitement qu’ils se sont trompés ou furent eux-mêmes trompés puisqu’ils ont rejoint en masse un pays qu’ils détestaient : La France ! D’ailleurs pour l’avoir entendu je sais qu’ils sont encore nombreux à la détester encore ! Ils n’osent pas dire qu’ils nous détestent !
        Ceci étant dit il faut rendre justice à ceux qu’aucune haine ou mépris n’anime !
        Ils sont là nos égaux pour gagner leur vie comme nous et souvent ils sont meilleurs que nous !

        Le pieds-noirs ce bon enfant souffre encore de sa réputation, celui qu’on présenta comme un être abjecte parce qu’il refusait ou vendait de l’eau aux soldats Français ! Il est vrai parce que je m’en souviens que des arabes vendaient de l’eau contenue dans des peaux de chèvres pour gagner leur vie mais il y en avait tellement peu ! Est-il besoin de dénoncer une telle absurdité qui n’a profité qu’à celui qui ne cherchait qu’à ce faire plaindre ! C’est indigne ! J’espère qu’au moins un de ceux qui prétendit cela puisse lire ces lignes ! Menteur !
        Le pied-noir a souffert qu’on l’ait présenté comme un homme inhospitalier ce qui est tout le contraire ! Que de soldats ou officiers français vinrent manger ou boire l’anisette à notre table ! Même si aucun ne nous témoigna la moindre gratitude par l’envoi d’une simple carte postale lorsqu’il s’en retournait au Pays !

        Le pied-noir a eu beaucoup de mal à admettre qu’on l’ait accueilli avec beaucoup de réticences voire d’hostilité : Les pieds-noirs à la rue, raisonnent toujours à leurs oreilles !
        Les pieds-noirs ne comprennent pas que leurs cimetières soient profanés, que les ossuaires de marins français qui reposent à Mers el Kébir l’ont également été !
        Les pieds-noirs ne reconnurent pas ce peuple français qui pourtant dix huit ans plutôt l’avait accueilli à bras ouverts pour libérer la France ! Parce que le pied-noir n’est pas ingrat il accepte mal l’ingratitude !
        Les pieds-noirs savent qu’aujourd’hui il n’y a plus que le culot qui paie ! Mais ils n’ont pas ce culot là !
        Aucun politique français de l’époque dont beaucoup sont encore en vie ne fut à la hauteur du drame ! Ils sont d’ailleurs très discrets parce qu’ils se sont tous trompés !

        Les pieds-noirs n’ont aucun désir de revanche, ne veulent pas rouvrir des plaies mais ils aimeraient tant pendant que quelques-uns encore subsistent que l’erreur soit reconnue, pour la pardonner et s’endormir tranquille pour la dernière fois !
        Au siècle de l’indifférence ce message s’adresse aux brillantes générations issues de cette communauté, présentes et à venir pour qu’ils puissent s’opposer à une éventuelle souillure de leurs ancêtres !
        La descendance des pieds-noirs, est une race pleine de richesse que seul apporte le mélange des races car ce sont toutes les races de l’Europe qui étaient présentent sur le sol de l’Algérie française ! L’Europe existait déjà !

        Le pied-noir s’est installé en France fidèle comme un chien qui ne veut pas comprendre que son maître ne l’aime plus !
        Fils, petit-fils arrière-petits-fils de pieds-noirs soyez en fiers ! Vous êtes le produit d’une expérience divine dont le but était de faire vivre et enrichir une Terre qui n’appartenait qu’à Dieu et dont il voulait qu’elle fut occupée par tous, j’ai bien dit tout ! L’homme ne l’a pas voulu ! Mais dieu est patient, perspicace ! La France aussi lui appartient, Jeanne D’arc en savait quelque chose !
        Pauvre petit homme ! Tu n’as fait que retarder l’échéance d’un plan divin : Celui de rassembler enfin les hommes pour qu’ils apprennent à vivre ensemble !
        Dieu accepte nos erreurs faut-il qu’il nous aime pour pardonner nos fautes !
        Pieds-noirs soyez en fiers, mais restez humbles car Dieu est aussi avec vous !
Ange Paul C.
    

 
Le 21 avril 1961,
Par M. Éric de Verdelhan 23 avril 2026
https://ripostelaique.com/le-21-avril-1961-une-occasion-manquee-dommage/
Une occasion manquée : dommage !

         « Ils pleureront des larmes de sang, plus tard, lorsqu’ils comprendront ! Au moment où les Français ne sauront plus comment caser leurs enfants ni leur assurer des situations et leur ouvrir des débouchés, ils ferment devant eux, de leurs propres mains, ce champ d’action formidable et ce vaste morceau de notre France qu’était l’Algérie ! L’industrialisation de l’Algérie, à elle seule, aurait eu de quoi occuper trois générations, c’est perdu ! Oui, j’attends les Français avec leurs milliers de jeunes réclamants des emplois ! Et le Sahara, avoir abandonné le Sahara avec ses richesses inouïes, ses richesses morales surtout ; c’était là-bas que se forgeaient les hommes et les âmes, quelle faute ! Les Français comprendront plus tard, et ce plus tard sera bientôt ! »
      (Maréchal Alphonse Juin (1))


      Le texte ci-dessus date de 1962, mais il n’a pas pris une ride. Plus d’un demi-siècle après son indépendance, l’Algérie a gâché le bel héritage laissé par les colons français. Quant à la France, elle a renoncé à son autosuffisance énergétique en bradant le Sahara. Trois ans après les funestes accords d’Évian, nous abandonnions Mers-El-Kebir, trois autres années encore et nous laissions le Sahara et ses immenses gisements de gaz et de pétrole. La France, réduite à un hexagone, tirait un trait sur ses matières premières. Le premier choc pétrolier, en 1974, s’est chargé de le rappeler à un peuple trop stupide pour comprendre que l’héritage gaulliste, c’est aussi cela, c’est surtout cela. Ce que nous vivons en ce moment avec la guerre en Iran devrait rafraîchir la mémoire des Français. La fin de l’Algérie française aura été, en fin de compte, un match nul, perdant-perdant. Grâce aux opérations du Plan Challe nous avions gagné ce conflit militairement.
      Le FLN (2), avec la complicité du gouvernement français, l’a gagné politiquement. En effet, il faut arrêter d’entretenir le mythe du peuple algérien se levant d’un bloc contre le colonisateur honni. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1958, quand l’ermite de Colombey revenait aux affaires, l’ALN disposait de 20.000 combattants et autant d’auxiliaires, soit 40.000 hommes plus ou moins bien armés. Lors des accords d’Évian (18 mars 1962), elle avait moins de 4000 combattants réguliers et 10.000 moussebilines. Et dans le même temps, les effectifs des Musulmans servant dans (ou aux côtés de) l’armée française passeront de 30.000 à… 260.000 hommes. Certes, certains se sont engagés moins par conviction politique que par refus des méthodes et des principes du FLN mais, qu’on le veuille ou non, ils avaient choisi de servir la France. Beaucoup sont morts pour elle et j’ai pour eux un profond respect.

      De nos jours, les dirigeants algériens – au pouvoir sans discontinuer depuis 65 ans – tentent de faire oublier leur incompétence crasse et la corruption endémique qui gangrène leur pays en chargeant la France de tous les maux. La moitié du peuple algérien – soit plus de 20 millions de personnes – a moins 25 ans, et elle apprend dès son plus jeune âge que tous ses malheurs viennent de nous. Les déclarations irresponsables d’Emmanuel Macron, le scandaleux rapport Stora et notre mea-culpa perpétuel viennent – chaque jour un peu plus – mettre de l’huile sur le feu.
      Il ne sert à rien de réécrire l’histoire, car, comme dit l’adage populaire : « Si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle » or, dans notre époque qui perd tous ses repères, l’oncle peut « en avoir » et…être une tante. Pourtant, quand arrive le 21 avril, je me dis que la réussite du putsch d’Alger aurait été assurément une bénédiction, tant pour les Français que pour les Algériens.
      Hélas, ce pronunciamiento, comme tant d’autres, a fait un flop. Dès le 26 avril 1961, Maurice Challe, l’un des putschistes du quarteron de généraux à la retraite fustigé par De Gaulle dans une allocution télévisée, se rendait aux autorités, et avec lui, le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, dont le régiment – le glorieux 1er REP (3) – avait été le fer de lance du soulèvement.
      Ainsi s’achevait, tristement, le dernier sursaut de l’Algérie française.

      Toute cette affaire, qui se terminait mal, avait commencé quelques jours plus tôt.
      Le 21 avril 1961, l’armée – une partie – entrait en dissidence : les généraux Challe, Zeller, Jouhaud, puis, dès le lendemain, le Mandarin Raoul Salan, prenaient le pouvoir à Alger. Des généraux, des colonels, des capitaines les avaient suivis avec leur régiment, ou, plus modestement leur section. Le 1er REP, les Commandos de l’air, des régiments paras accompagnaient cette rébellion.
      Les civils, pieds-noirs ou musulmans, avaient été tenus à l’écart (à l’exception de membres du groupe France-résurrection chargés de guider les troupes). L’armée voulait un coup d’état militaire. On peut penser, après coup, que le putsch était jouable en y associant les Pieds-noirs et les musulmans pro-français. Lors de la semaine des barricades de janvier 1960 à Alger, les civils ont agi seuls ; en avril 1961, les militaires ont voulu agir seuls ; bilan de ce sectarisme réciproque : deux échecs cuisants, deux barouds d’honneur pour rien, deux fiascos !
      Les services secrets français annonçaient depuis longtemps que le malaise de l’armée pouvait dégénérer en coup de force mais De Gaulle n’y croyait pas. Ce militaire de plume ne comprenait rien à l’armée d’après-guerre. Cette armée qu’il avait lui-même désorganisée à la Libération et qui présentait un arc-en-ciel d’idéaux très disparates.
      Quant aux militaires qui avaient cru en De Gaulle le 13 mai 1958, ils tombèrent de haut, en septembre 1959, quand ce dernier inventa l’autodétermination. De Gaulle ne cachait pas son dédain, voire son mépris, pour les militaires. Lui, l’intellectuel, le littéraire, supportait mal leur lenteur d’esprit. Mégalomane, il se jugeait au-dessus de la mêlée. Pour lui plaire, un général devait être : « … un homme d’État, un visionnaire, un réformateur et un poète. Ramsès II, Mahomet, Saint Louis et Pierre le Grand avait toute son admiration, mais les hommes d’une pareille envergure sont rares dans l’armée… » (4). Durant ses 12 années d’exil, sa longue traversée du désert à Colombey, il avait perdu le contact avec la nouvelle armée. Or cette armée, humiliée en Indochine, trouvait en Algérie une raison d’espérer. Il attribua le malaise des militaires à un manque de discipline et aux faiblesses de la IVe République. Cynique, il ironisait en public sur ces soldats « qui ne voient pas plus loin que le bout de leur djebel … ».

      Le 21 avril donc, la grande muette sort de sa réserve et… de ses casernements ; le putsch démarre ! Ceux qui l’ont organisé ne veulent pas mettre à mal la République, ils veulent sauver l’Algérie française. Ce n’est pourtant pas ce que l’histoire officielle retiendra !
      La Maison de la Radio fut enlevée sans coup férir par les Légionnaires-paras du 1er REP, aux ordres, par intérim, du commandant Denoix de Saint-Marc. Avant de partir en permission, son colonel lui avait déclaré : « Je vous confie le régiment. Nous vivons une époque tragique où il n’est pas facile pour un soldat de savoir où est le droit chemin… ». À 18 ans, Saint-Marc a été déporté à Buchenwald. Il a eu une conduite héroïque en Indochine comme en Algérie. C’est un homme de devoir et d’honneur. Le général Challe est, pour lui, celui qui « a commandé les troupes françaises et les a menées à la victoire ». Il éprouve pour lui « admiration, respect et amitié » (5). Quand Challe, en civil, en simple blouson d’aviateur, sans écusson ni grade, le convoque, il lui déclare sans ambages : « Je suis un démocrate, Saint-Marc, ni raciste, ni fasciste, mais il s’agit bien d’un coup d’État… ». Et Hélie de Saint-Marc, n’écoutant que sa conscience, a lancé ses Légionnaires-parachutistes à l’assaut des points stratégiques d’Alger. La réputation, la qualité et la discipline des troupes putschistes évita un bain de sang. Un adjudant du REP fit une victime – la seule – en ripostant contre un tir des gardiens du poste relais d’Ouled-Fayet. Le lieutenant Durand-Ruel, du REP, tira lui aussi un seul coup de feu… dans le pneu de la jeep du général Gambiez qui « gesticulait comme un diable » pour arrêter, à lui seul, un convoi de Légionnaires-paras. Le lieutenant Godot avait désarmé sans difficulté le général Vézinet. Ce dernier, indigné, déclarait : « De mon temps, les lieutenants n’arrêtaient pas les généraux ». Et Godot avait répondu : « De votre temps, les généraux ne trahissaient pas ! »
      Les unités se rallient comme prévu : après le 1er REP, les 18e et 14e RCP puis le 1er REC avec ses Harkis. On annonce l’adhésion du 27e Dragons du colonel Puga, du 7e RTA, ce régiment qui fut glorieux à Diên-Biên-Phu, du 1erRIMa du commandant Loustau. Les putschistes se prennent à rêver : c’est la victoire ! Oui mais, comme l’écrit Pierre Montagnon, « Alger n’est pas l’Algérie ». À Constantine, le général Gouraud joue la valse-hésitation. À Batna, le général Ducourneau choisit la fuite, c’est à dire d’attendre le vent. À Bône, le général Ailleret… attend de voir. À Oran, les troupes ne suivent pas le général Gardy. Les plus lucides comprennent vite que c’est fichu : on attendait Massu ou Bigeard. Ils ont tous deux choisi leur carrière. On espérait un soulèvement des Pieds-noirs et des ex Unités Territoriales ; Challe n’a pas voulu mêler les civils à son coup de force. Le 22 avril cependant, on veut y croire encore : Argoud est arrivé à Oran avec deux régiments paras.

      Le 2e REP, aux ordres de ses capitaines, part pour Alger. Le colonel Ceccaldi – pourtant Compagnon de la Libération – entraîne avec lui les 6e et 2e RPIMa et le 9e RCP. À un régiment près – le 3e RPC, l’ancien régiment de Bigeard – les deux divisions parachutistes ont basculé dans la rébellion. Le 23 avril va être la journée de l’enlisement. À quoi faut-il attribuer l’échec du putsch ?
      Les causes sont multiples mais les historiens sont assez unanimes sur certaines d’entre elles :
      – La volte-face de plusieurs généraux qui, au dernier moment, se sont défaussés.
      – Ce drame ne concernait que les Pieds-noirs, que Challe a refusé d’embrigader, et l’armée d’active (en dehors des régiments parachutistes qui étaient majoritairement composés d’appelés). Le contingent n’avait qu’une hâte et une envie : rentrer en métropole.
      – Mais la principale raison de l’échec du putsch fut l’utilisation, savamment orchestrée, de la télévision par De Gaulle. Le 23 avril en soirée, il prononça une allocution qui fit date. Personne n’a oublié ce « quarteron de généraux à la retraite… qui a pris le pouvoir en Algérie… ». Et De Gaulle de rajouter, en martelant bien les mots : « J’interdis à tout soldat d’exécuter aucun de leurs ordres… ».
      Le peuple français est peureux ET légaliste (ou légaliste parce que peureux ?). Il attendait que le guide le ramène dans le droit chemin ; celui de la tranquillité, de la soumission moutonnière. Celui que personne n’avait entendu le 18 juin 1940 fut écouté par des millions de Français le 23 avril 1961.
      Dès le lundi 24 avril, la situation se dégrade et le 25, le navire prend l’eau de toutes parts.

      Le général Challe décide d’arrêter et de se constituer prisonnier. Certains voudraient continuer le combat mais à quoi cela mènerait-il ? Dans le ciel d’Alger on voit passer les Noratlas qui regagnent la France. En fin d’après-midi, les régiments parachutistes et ceux de Légion regagnent le Constantinois, d’où ils sont venus. Quand la nuit tombe, le 1er REP quitte le Gouvernement Général et embarque dans ses camions. Des accents gutturaux – des légionnaires d’origine allemande – entonnent « Je ne regrette rien », cette chanson d’Édith Piaf en vogue à l’époque. Challe, Jouhaud et Salan se mêlent aux Légionnaires. Zeller s’est éclipsé dans la foule. Des colonels font de même ainsi que quelques officiers. Le putsch est terminé ! Les lendemains seront amers pour les vaincus : Challe, puis Zeller occupent les cellules désertées par Ben Bella et ses complices. D’autres généraux les rejoignent : Bigot, Gouraud, Petit. Ainsi que les chefs de corps les plus compromis : La Chapelle, Masselot, Robin, Saint Marc, Lecomte, Cabiro, Bréchignac… Plusieurs sont des héros de Diên-Biên-Phu. La colère gaullienne frappe aussi les régiments : le 1er REP, les 14e et 18e RCP (6), les Commandos de l’air sont dissous. Les deux divisions parachutistes – la 10e et la 25e – dont les chefs ont été soit rebelles soit attentistes, sont dissoutes et refondues en 11e DLI (7). Cette division sera retirée du champ de bataille et rapatriée, dès l’été 1961, vers les brumes lorraines. À la suite du putsch d’Alger, le pouvoir annonça que 1100 à 1200 officiers et sous-officiers étaient écartés de l’armée. De Gaulle réglait ses comptes !

      Au moment du putsch, j’ai 11 ans et je suis enfant de troupe à l’école militaire d’Aix-en-Provence. Dans ma section, nous sommes deux fils d’officiers supérieurs, tous deux parachutistes.
      Allez comprendre pourquoi la chanson « Je ne regrette rien » me donne la chair de poule chaque fois que je l’entends, plus de soixante ans après le putsch des généraux.
      Je n’ai rien oublié… Je n’oublierai jamais ; Semper Fidelis.
Éric de Verdelhan

      1) Qui fut condisciple de Charles De Gaulle à Saint-Cyr, et notre dernier maréchal de France.
      2) FLN = Front de Libération National algérien. ALN = Armée de Libération Nationale, armée du FLN.
      3) Régiment Étranger de Parachutistes
      4) « Les combattants du crépuscule » de l’Américain Paul Henissart ; Grasset ; 1970
      5) Témoignage d’Hélie Denoix de Saint-Marc dans ses « mémoires » et dans le « livre blanc de l’armée française en Algérie »
      6) Régiment de Chasseurs Parachutistes
      7) 11e Division Légère d’Intervention

        


ABSOLUMENT

De Jacques Grieu


L’absolu est un mythe et comme une illusion ;
Tout reste relatif, sauf de rares exceptions ;
Le silence absolu n’existe pas vraiment :
Il n’y a que les sourds qui n’en soient pas conscients.

Quand l’absolu nous quitte, et où qu’en soit la cause,
Tout n’est pas disparu, il reste quelque chose.
C’est là le relatif, la chose la plus commune,
Qui inspire nos pas, nos erreurs, nos lacunes.

L’absolu, dans la vie, peut se trouver partout
Et on peut l’éprouver, où qu’on soit, tout à coup.
Peut-être en se rasant le matin, au réveil,
Ou bien en repensant aux malheurs de la veille.

Pourquoi aspirons-nous à ce bel absolu ?
Est-ce une tentation ? Pour rechercher quel but ?
On le perd, il s’enfuit, mais c’est une attraction,
Et cet aimant puissant n’est que malédiction.

Dans l'abîme profond de l'âme qui se cherche,
L'absolu est un mythe qui vient tendre sa perche.
Comme un phare attirant, au sommet de nos rêves,
C’est souvent un mirage dont la quête s’achève...

« Le bonheur absolu n’a cours que chez les sots »,
Nous a dit un chanteur n’ayant pas peur des mots.
Car un sentiment noble, hissé vers l’absolu,
Peut devenir un vice au lieu d’une vertu.

Grand prélat fut souvent petit absoluteur.
Ces pingres du pardon ont fait bien des pécheurs,
En cherchant à montrer la rigueur du salut,
Que toute rémission n’est pas droit absolu.

« Tous les pouvoirs corrompent », ont dit des mécontents :
Le pouvoir absolu corrompt… absolument,
Et il a ses raisons qui n’ont pas de statut.
Mais tout gouvernement n’est-il pas... absolu ?
Jacques Grieu                  



DAMIETTE GRÂCE A SAINT-LOUIS
PNHA - N'186 - Juin 2010
     
            Le nom de Damiette a été donné à une colonie agricole formée en Algérie en 1848, à 3 km de Médéa en souvenir de la bataille d'Egypte. Rappelons les faits

            Damiette d'Egypte
            Damiette est un port du gouvernorat du même nom, en Égypte, dans le delta du Nil, à environ 200 kilomètres au nord-est du Caire.

            Dans l'Égypte ancienne, Ia cité était nommée Tamiat, mais elle perdit de l’importance durant la période grecque après la construction d'Alexandrie.
            Damiette reprit de f importance durant les XIIe et XIIIe siècles dans le cadre des Croisades. En 1169 une flotte du Royaume de Jérusalem, avec des soutiens de l'Empire byzantin attaqua le port, mais fut défaite par Saladin.

            Durant les préparations de la cinquième croisade en 1217, il fut décidé que Damiette serait la cible de l'attaque. Le contrôle de Damiette impliquait le contrôle du Nil, et les Croisés pensaient pouvoir conquérir l'Égypte à partir de là. Après l'Égypte ils pourraient attaquer la Palestine et recapturer Jérusalem. Le port fut assiégé et occupé par des Croisés de Frise en 1219, mais en 1221 les Croisés furent vaincus devant Le Caire et chassés d'Égypte.
            Damiette fut aussi la cible de la septième Croisade, menée par Saint-Louis. Sa flotte arriva en 1249 et captura rapidement le fort. Il refusa de le rétrocéder au roi de Jérusalem, à qui il avait été promis durant la cinquième Croisade. Après l'échec de Mansourah et la capture du roi, les Croisés furent contraints de rendre la ville.

            Saint-Louis donna aux remparts d'Aigues-Mortes la forme qu'avaient ceux de la ville égyptienne.
            Du fait de son importance pour les croisés, le sultan Mamelouk Baybars détruisit la ville et la reconstruisit quelques kilomètres plus loin avec de meilleures fortifications. Aujourd'hui un canal la connecte au Nil, ce qui en fait de nouveau u4 port important. La ville moderne a une population d'environ 1 million d’habitants.

            Damiette d'Algérie

            En 1848, la France décide de créer 42 centres de colonisation, dont 12 sur la province d'Alger.
            Situé au Sud de la Route Nationale n°1, à 4 km à l'Est de Médéa, le village de DAMIETTE, un des plus anciens du département est, comme LODI, une des 42 colonies agricoles créées en Algérie en 1848. Bâti en un lieudit AIN-DEHAB (Source d'Or).

            À 2 kilomètres de Médéa, ce centre fut créé de toutes pièces à proximité d'une source, Aïn Dahab, où s'étaient groupés quelques gourbis au toit de chaume. En 1848, le Gouvernement français installe sur un plateau l’une des 42 colonies qui lui font honneur. 142 familles auvergnates, alsaciennes, lyonnaises, vendéennes et parisiennes arrivent dans des chariots tout comme les pionniers américains du Middle West. Ils viennent parce qu'il y a du chômage chez eux et qu'on leur a parlé d'une Terre Promise.
            Les colons arrivèrent le 2 décembre 1848. Après une route pénible de nuit à travers les défilés de Mouzaïa et du Nador, ils furent logés dans des casernes de Médéa, car ni à Lodi ni à Damiette n'existaient encore de baraquements susceptibles de les recevoir.

            Ils déchargent leurs bagages maigres et hétéroclites, logent sous la tente en attendant que le Génie construise des maisons pour les abriter. Ils sont sans ressources : l'armée doit les nourrir, et c'est dans les sacs de farine de l'Intendance que l'on taille des vêtements pour les gosses !...

            Les terrains une fois délimités, on accorde 8 hectares et 1 bœuf par famille. Les biens des quelques musulmans installés dans cette zone ont été intégralement respectés. Mais les rendements d" ces terres maigres sont décevants, la récolte fournie par les 8 hectares alloués est insuffisante : la misère s'installe.

            Pourtant ces Français s'accrochent ici ; les femmes travaillent aux champs près de leurs maris. En 1851, beaucoup, découragés, se font rapatrier après avoir défriché leur lot. Ils sont remplacés, en 1852, par des déportés républicains. Les premières baraques construites ne possédaient ni portes, ni fenêtres. Aussi très rapidement une vingtaines de colons prirent le chemin de l'hôpital. Le problème principal était celui du chauffage, et les colons passaient le plus clair de leur temps à abattre des arbres.

            En septembre 1849, 22 maisons doubles étaient achevées sur 56. La boucherie, la boulangerie et la forge étaient installées. Mais les colons eurent à se plaindre des fraudes exercées par l'adjudicataire du ravitaillement.
            Le défrichement du territoire, effectué par le 8e Léger, fut d'un grand secours. Mais de mauvaises récoltes vinrent ruiner les espoirs les plus légitimes. En 1851, les colons de Damiette étaient trop pauvres pour payer à l'un d'eux le voyage à Boufarik, afin d'en ramener les pieds de mûriers commandés depuis six mois... l'alimentation en eau du village était déficitaire. La population tomba de 450 à 344 habitants en un an.


            Les cultures comprenaient alors 240 ha de blé et 170 ha d'orge.
            La lutte s'engage entre ces hommes tenaces et endurants, et ces terres accidentées si peu accueillantes aux céréales. Un moulin à eau se crée, puis un second... Peu après, la vigne vient sauver le pays et sa colonisation chancelante. Les colons défoncent leurs terres, plantent, entretiennent eux-mêmes leur vignoble. Actuellement, la vigne, à Damiette, s'étend sur 700 hectares. Toutefois, la région est restée en partie céréalière et le village s'enorgueillit d'un des moulins les plus modernes de l'Algérie.

            Comme Lodi, le troupeau de chèvres était important. Les années qui suivirent ne présentèrent pas grands changements et il fallut attendre longtemps avant que le village put séparer son économie de celle de Médéa, pour devenir réellement un centre agricole.

            Ressources essentielles : principalement comme nous l'avons dit : la vigne : cave coopérative de Damiette des Européens (fonctionnaires) travaillant à Médéa habitant Damiette.
            Population : 450 Européens (population totale) en 1848, 344 Européens en 1849,
            365 Européens (358 Français, 2 Israélites, 5 étrangers) en 1892,
            233 Européens (23 métropolitaines, 210 « coloniaux ») en 1931,
            236 Européens (dont 235 Français) en 1948,
            289 non-musulmans en 1954,
            274 non-musulmans en 1958.

            Damiette est érigée en commune le 29 janvier 1887 dans le département d'Alger arrondissement de Médéa, en 1958, elle fait partie du nouveau département de Médéa.

            Nom actuel : Aïn-D'Hab Wilaya 26 : Médéa

 J-M L
    

 
MON PANTHÉON DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE
DE M. Roger BRASIER
Créateur du Musée de l'Algérie Française

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TOUGGOURT ET SON OASIS
Gallica : Revue de l’Orient 1845-2, pages 156-163
Oasis de Touggourt – Rivière de Palmiers – Puits artésien – Habitants de Touggourt – Ville de Touggourt – Le sultan et sa famille – Droit du Seigneur – Administration – Forces militaires – Temasin – Marché de Touggourt – Commerce du désert - Moutons – Lévriers – Palmiers dattiers – Deux européens à Touggourt.

  Ce mémoire sur Touggourt a été rédigé par M. Ausone de Chancel, d'après les documents recueillis par la direction centrale des affaires arabes à Alger, confiée à M. le lieutenant-colonel Daumas ; il fait partie d'un travail destiné, à accompagner la carte détaillée du Sahara algérien, que dresse pour le ministère de la guerre M. le capitaine d’état-major Gaboriaud.
  Le cheik ou le sultan de Touggourt, pour parler comme les Arabes, dont un des aïeux avait reconnu depuis plus de quarante ans la suzeraineté du bey de Constantine, s'est depuis une année reconnu vassal de la France, devenue maitresse du beylik de son ancien suzerain, et dont les soldats ont pris possession des oasis de Biskra.

  De Biskra à Touggourt, on compte 76 lieues ; les 39 premières, de Biskra à Meghrieur se font à travers les sables dans un Sahara privé d'eau ; il y a deux stations intermédiaires, El-Guerâa et Ouad-el-Malah.
  En allant de Meghrieur à Touggourt, on compte 76 lieues, les caravanes s'arrêtent habituellement à deux stations, Oughralana, séparé de Meghrieur par 11 lieue de route, et Meghrieur à 13 lieues de Touggourt.
  A Meghrieur commence l'oasis de Touggourt, cette suite de trente-cinq villages sous une double haie de palmiers que les Arabes appellent métaphoriquement une rivière, la rivière des Rouaghras, du nom de ses habitants, Oued-Righre ; c'est une petite Egypte, une vallée fertile au milieu des sables, abondamment pourvue d’eau, coupée de jardins ou plutôt de vergers, et animée d'une population nombreuse.
  Les trente-cinq villages de l'Oued-Righre forment un petit État dont Touggourt est la capitale. Il faut ajouter Temasin qui, bien que très-voisine de Touggourt, en est indépendante et se gouverne d’elle-même nous y reviendrons.
  Le pays des Rouaghras n'est arrosé qu'artificiellement il n'y a ni ruisseau ni rivière, les sources même y sont très-rares. Il semblerait pourtant qu'une immense nappe d'eau, « une mer souterraine, » bahar et tahalani, selon l'expression pittoresque des indigènes, soit le sol a une profondeur variable de 50,100, 200 et jusqu’à 400 mètres.

  Schaw parle de puits profonds que creusent les Rouaghras ; nous avons recueilli à ce sujet, des renseignements d'une précision telle, qu'il nous est permis d'affirmer que ces puits sont de véritables puits artésiens. Dans chaque village, nous ont dit vingt arabes au moins, on a fait des puits, et l'on en fait encore, au besoin, qui ont jusqu’à cent hauteurs d'homme de profondeur. La section en est de forme carrée ; un seul ouvrier est employé à ce travail d’intérieur, et au fur et à mesure qu'il avance, il soutient les terres avec quatre poutres de palmiers. D'autres ouvriers, placés à l’orifice, retirent les déblais à l'aide de sacs. A certains signes infaillibles, par exemple quand la terre est noirâtre et très-humide, le puisatier reconnaît qu'il touche au terme de son travail. Il se met alors de la cire dans les oreilles et dans les narines, et prévient ses compagnons qu'ils aient à le retirer à un signal donné, car il a été descendu dans l'abime soutenu par des cordes. Sous un dernier coup de pioche enfin, l'eau jaillit avec une telle force d'ascension, que le malheureux travailleur n'est souvent ramené sur terre qu'asphyxié.

  Cette source inépuisable est commune au village qui se l'est donnée, et elle est distribuée dans les jardins par des conduits faits en troncs de palmiers.
  A l'est de l'Oued-Righre se trouvent des marais d'eau salée qui, desséchés en été, donnent une grande quantité de sel ; les Rouaghras l’écoulent dans le désert. Ces marais semblent suivre la parallèle de l’Oued-Righre dans toute sa longueur, de Meghrieur à Touggourt.

  D'après ces données, on peut se faire une idée des pays auxquels commande Touggourt et dont elle tient le haut bout du côté du sud. Cette ville, qui contient cinq ou six cents maisons est bâtie dans une plaine, sur l'emplacement et en partie avec les ruines d'une ville que nous pouvons croire le turaphylum de Ptolémée, le Téchort de Léon l'Africain, qui y avait longtemps vécu dans l’intimité du chef. La casbah est tout entière bâtie de pierres carrées bien taillées d'où les fondateurs de Turaphylum tiraient-ils ces pierres. Les environs ne donnent aucun indice de carrières. Deux européens, qui sont maintenant naturalisés à Touggourt, et dont nous parlerons tout à l'heure, disent avec orgueil leurs nouveaux compatriotes « Nos ancêtres étaient là avant vous ce sont eux qui ont bâti votre ville. »

  Les habitants de Touggourt sont de sang mêlé ; « c’est, dit Léon l'Africain, qu'ils se joignent avec des esclaves noires. » Ajoutons que là, comme dans tous tes pays régis par la loi musulmane le fils d'une esclave, de quelque couleur que soit sa mère, jouit de tous les droits, même d'héritage, dont jouissent ses frères légitimes, et que du jour ou une esclave a donné un enfant à son maître, elle fait partie intégrante de la famille. Ce fait du mélange constant de la race blanche et de la race nègre, sur la lisière extrême du Sahara, est depuis longtemps acquis à la science, mais la tradition du pays donne une autre raison de l'altération de la couleur des indigènes ; « Dans le principe, dit-elle les familles de Touggourt étaient noires. Devons-nous en conclure que les peuplades nègres s'avançaient autrefois jusque-là, et que tes Berbères des côtes, refoulés dans le sud par les invasions romaines, vandales et même arabes, se seraient confondus avec leurs hôtes ?
  Il n'y a dans Touggourt que soixante familles blanches dont les ancêtres, encore selon la tradition, étaient juifs ; elles sont maintenant musulmanes.
  La famille régnante de Touggourt est de couleur blanche ; cela s'explique par son origine arabe, et donne à penser que ses membres s'unissent entre eux seulement.

  Touggourt peut lever sept huit cents fusils. Elle est entourée d'un mur d'enceinte en mauvaise maçonnerie et d'un fossé profond «de deux hauteurs d'homme, large de dix à douze semelles. Ce fossé est presque constamment à sec ; mais en cas d'attaque, il peut être rempli d'eau par les fontaines de la ville qui s'y déversent par des conduits ménagés dans les murailles.
  Touggourt a deux portes : l'une à l'est, qui s'appelle Bab-el-Khrodra, l'autre à l'ouest, qui s'appelle Bal-el-Selam toutes deux sont garnies en fer. Elles s'ouvrent en face d'un pont-levis jeté sur le fossé de défense et qu'on relève à volonté.
  Cet ensemble de constructions presque savantes est évidemment calqué sur le plan de la ville ancienne dont Touggourt occupe la place.
  Les fontaines principales sont Aïn-el-Meléba près de la porte de l'est, Aïn-el-Megaria, Aïn-Soultan, Aïn-el-Abbas, Aïn-et-Mestaoua ; les eaux en sont recueillies dans des bassins d'où partent des canaux qui vont les verser aux jardins extérieurs.

  La place la plus vaste de Touggourt se nomme Rbabet-Souffa, et sa mosquée la plus remarquable Djamaa-el-Kebir. La ville entière est, du reste, assez mal bâtie. Les maisons du peuple sont basses et construites en briques de sable et de terre ; celles des riches sont également en briques, mais en briques faites d'une pierre crayeuse qu'on trouve dans la plaine, et qui, cuite avec du plâtre dont les carrières sont aux environs de la ville, offrent une assez bonne résistance.
  Les jardins dont Touggourt est entourée s'étendent sur un sol abondamment arrosé, presque marécageux, et sont d'une fertilité remarquable ; mais cette cause même de l'active végétation qui fait la richesse de la ville y développe, à certaines époques de l'année, au milieu du printemps, au milieu de l'été et au commencement de l'automne, des fièvres très-dangereuses pour les indigènes et mortelles pour les étrangers. Tout le pays, de Biskra à Touggourt est alors si malsain, que peu de voyageurs osent s'y hasarder.

  Les habitants de Touggourt, comme les Rouaghras, sont jardiniers plutôt qu'agriculteurs ; les terres labourables leur manquent ils ne récoltent donc que très-peu de céréales. Leurs vergers sont plantes de figuiers, de grenadiers, d'abricotiers, de pêchers et surtout de dattiers. On y cultive la garance en telle quantité qu'il n'est pas rare de voir un seul individu en récolter cent charges de mulet. On y cultive encore des melons, des citrouilles, des concombres, des oignons, de l'ail, des choux, des navets, du poivre rouge, du millet du blé de Turquie, du coton et une plante qui s'appelle tekerouri ; c'est el hachich. On sait que le hachich se fume seul ou mêlé avec du tabac, et qu'il donne cette espèce d'ivresse extatique si fatale aux fumeurs d'opium.
  Sous le gouvernement du dey, il y avait à Alger un café réservé aux fumeurs de hachich.
  Touggourt et sa circonscription obéissent à un chef qui prend le titre de cheik, et que les Arabes appellent généralement le sultan. Il gouverne avec l'aide d'un Djenâa, ou conseil présidé par son Kalifa.
  Le pouvoir est héréditaire. La famille actuellement régnante est celle des Ouled-ben-Djellab (les enfants des troupeaux) il est très-probable qu'elle compte une très-nombreuse succession de cheiks, car l'origine de sa puissance va se perdre dans l'ombre de la légende, peut-être de la Fable.

  Voici cette légende
  Le sultan de Touggourt était mort sans postérité, dit la tradition ; les rivalités des grands, et par suite la guerre civile, décimaient la nation. Lassés enfin de se massacrer sans se vaincre, les différents partis convinrent unanimement que le premier individu qui entrerait dans la ville, à jour donné, serait élu sultan. Un pauvre Arabe du désert, conducteur de troupeaux (Djellab) fut ce jour-là le premier qui mit le pied dans Touggourt le hasard l'avait fait roi On lui obéit cependant aussi bien et mieux que s'il eût été choisi par son peuple, et personne n'a songé depuis à discuter à la famille des Oulad-ben-Djellab le pouvoir ni l'hérédité.

  Le cheik de Touggourt est maintenant un enfant de douze ou treize ans, nommé Abderrhaman-Bou-Lifa ; il a succédé à son oncle le cheik Ali ; son Kalifa, président de la djemâa, se nomme El-Hadj-el-Mahdy ; il est de sang mêlé ; ses conseillers les plus influents sont El-Arbi-ben-el-Achour et Mohamed-ben-el-Gaïd. Par une anomalie assez singulière et dont les mœurs arabes n'offrent que de bien rares exemples, la mère du jeune cheik a la haute main dans la djemâa. Cette femme, que l'on dit très-belle, et qui se nomme Lalla-Aâychouch, gouverne le gouvernement de Touggourt autant sans doute par l'influence de sa beauté que par l'influence de son bon sens.
  Les Arabes l'appellent le califat du cheik, et s'ils vantent son aptitude aux affaires, ils parlent très-ironiquement de la sévérité de ses mœurs.

  Le sultan de Touggourt jouit de tous les privilèges de l'absolutisme le plus complet ; il demeure dans la casbah, espèce de château fort attenant aux murailles de la ville. Pour arriver jusqu'à la cour intérieure de ce que nous appellerons son palais, il faut franchir sept portes, à chacune desquelles veillent deux nègres armés. C'est là que sont renfermées ses richesses, fort exagérées sans doute, ses quatre femmes légitimes et ses cent concubines.

  Un maghzen de cinquante cavaliers nègres qu'il tient à sa solde lui forme une garde d'honneur quand il sort, et au besoin une petite armée suffisante pour réprimer une émeute, pour prélever les contributions et maintenir la marche au gouvernement. Il a sous la main les six tribus arabes des Fetalt, des Ouled-Moulat, des Saïds, des Ouled-Sidi-Abd-Allah, des Ouled-Shoud, des Selmya, des Oulad-Rhaman, fraction de la même tribu, dont les douars sont campés tout près de la ville, et qui peuvent lui fournir jusqu'à sept ou huit cents cavaliers. Ces tribus s'éloignent de Touggourt au printemps, pour reprendre la vie nomade et pour aller faire paître leurs troupeaux dans le désert.
  Le sultan ne se montre que le vendredi, et s'il sort quelquefois pour aller se promener dans les jardins, il est accompagné de sa garde nègre qui marche le fusil chargé, et précède de sa musique, hautbois et tambours ; deux esclaves tiennent ses étriers, un porteur de parasol lui fait de l'ombre.
  Le jour de la fête du prophète, quand il va faire sa visite au tombeau du saint marabout Sidi-Abd-Eselam, des cavaliers le précèdent, des fantassins le suivent, des esclaves écartent la foule, et d'autres conduisent devant lui deux chevaux magnifiquement caparaçonnés, sellés de selles brodées d'or, avec des boucles d'or aux oreilles et des anneaux d'or aux pieds.

  N'est-ce là qu'un conte, un souvenir des mille et une nuit ? Ce luxe au milieu du désert, cette pompe royale dans une oasis nous paraissent incroyables. Tous ces détails nous ont pourtant été affirmés plus d'une fois par des gens du pays qui ne se connaissaient point, et qui n'avaient pu se donner le mot pour nous tromper. Ce qui nous parait plus incroyable encore, c'est que ce petit souverain aurait, comme nos seigneurs du moyen âge, un droit fort en opposition avec le Coran et les mœurs arabes, un véritable droit du seigneur, qui lui est d'ailleurs exclusivement réservé. Il peut, quand un de ses sujets se marie, prélever sur la fiancée un achour très blessant pour le pauvre époux, il semblerait d'ailleurs avoir le même droit sur toutes les femmes de son gouvernement. « II n'en use que quand elles sont jolies » ajoutait naïvement l'Arabe qui nous donnait ces défaits.
  Si le mari se fâche, il est pendu ou crucifié.

  Cette exagération du pouvoir au bénéfice d'un seul individu n'empêche pas les rouages du gouvernement de fonctionner très régulièrement. La Justice est bien organisée. Des écoles ou des tolbas (savants) enseignent aux enfants la lecture, l'écriture et les préceptes de la religion, sont très-fréquentés. Les impôts, qui ne sont autres que la dime (achour), sont facilement prélevés non-seulement sur les trente-cinq villages nommés plus haut, mais encore sur El-Aâlia et Blidet-Amer qui relèvent de Touggourt. Les Vols sont peu nombreux et les voleurs sévèrement châties : on pend les plus coupables, on coupe une ou les deux oreilles aux autres.

  Dans l'intérieur de la ville, les mœurs sont assez pures ; mais là comme autour de presque tous les grands centres du désert, des filles de la tribu Oulad-Nayl, et de celle des Aghrazelias, viennent camper pendant l’hiver sur un petit mamelon qu'on appelle Derda-el-Guemel (le Mamelon des Poux), et s'y prostituer argent comptant. Elles sont généralement très-belles, mais fort sales ; elles vont la figure découverte comme toutes les femmes du désert.
  Est-ce la misère ou le besoin qui conduit là ces pauvres filles, après que toutes les provisions de leurs tribut sont épuisées ? Est-ce l’avarice de leurs parents qui les force d'aller extorquer quelques douros à leurs riches voisins ? Une note sur les Bédouines des environs de Djedda, qui paraissent avoir des habitudes analogues à celles des filles arabes de Sahara.

  Les haines entre membres de la famille régnante, et par suite les résolutions de palais, sont fréquentes à Touggourt. On se ferait difficilement une idée de l'anarchie qui, en pareille circonstance, déchire la ville, si nous ne la retrouvions pas dans l'histoire des villes musulmanes de l'Asie et dans celle de Constantinople. Ce sont alors des massacres sans fin, jusqu’à ce que le parti vainqueur ait imposé son sultan et s'en soit remis au bourreau pour assurer sa victoire. Les moyens sont toujours affreusement extrêmes : les traîtres, c'est-à-dire les vaincus, sont écorchés, crucifiés, ou, par grâce, pendus.
  Touggourt a été attaquée, il y a quarante ans à peu près, par Salah-Bey, bey de Constantine. Salah avait été entraîné dans cette expédition par un membre mécontent de la famille des Oulad-ben-Djelab, Cheikh-Ahmed, cousin du sultan régnant, Cheikh-Aamuer, qu'il voulait déposséder.

  Les bases du marché passé entre Cheikh-Hamed et le bey Salah sont assez singulières : à chaque étape de Constantine à Touggourt, le bey devait compter mille boudjous à Cheikh-Hamed, qui en échange devait, une fois au pouvoir, lui payer une redevance d'un million. Le bey Salah, guidé par le traître, se mit en marche à la tête d'une armée appuyé de quelques pièces de canon.
  A son approche tous les habitants de l'Ouéd-Righré se retirèrent à Touggourt. Salah resta six mois devant la place ; car bien que ses habitants soient plutôt commerçants que guerriers ; ils se battent avec beaucoup de courage s'ils sont retranchés derrière des murailles. Malgré cette résistance opiniâtre, l'artillerie avait fait brèche à l’enceinte de la ville tous les palmiers environnants avaient été coupés, la famine menaçait les assiégés ; le bey Salah enleva enfin la place dans un assaut décisif. Les énormes contributions dont il la frappa, et celles qu'il leva sur tous les villages de l'Ouéd-Righré, le dédommagèrent largement et des frais de la guerre et des boudjous qu'il avait religieusement comptés à Cheikh-Hamed, qui, devenu sultan, paya redevance convenue.

  Cependant les beys de Constantine n'ayant qu'une action très-indirecte sur un point aussi éloigné, les contributions que leur payaient les sultans de Touggourt n'ont jamais été bien régulières elles variaient selon que le vassal redoutait plus ou moins son suzerain. Au très-redoutable Bey-Salah on payait 1 million ; au moins redoutable Ahmed-el-Mamelouk on ne donnait que 500,000 f. aux beys qu'on ne craignait pas, on ne donnait que quelques nègres, 5 ou 6,000 haïcs, le tout d'une valeur réelle de 40 à 50,000 f. à peu près.

  L'État de Touggourt n'a du reste à soutenir que des guerres peu fréquentes, d'abord parce qu'il peut mettre de 3 à 4,000 hommes sur pied, et que c'est une force relative très-imposante au milieu de populations nomades ou circonscrites dans un très-petit territoire ; ensuite parce que cette ville de marchands, d'artisans et de jardiniers n'a ni haines, ni besoins, ni ambition.
  Cependant une voisine jalouse, Temasin, qui, à 7 ou 8 lieues de là, a, elle aussi, ses marchés et ses prétentions à la centralisation des produits du désert, et qui, si elle est beaucoup plus petite que Touggourt, est beaucoup plus guerrière ; Temasin cherche souvent à attirer les voyageurs, en dépréciant sans doute, comme entre maisons de commerce, les denrées et les produits de sa rivale. De là querelle et quelquefois guerre. Des tribus arabes qui campent autour de Temasin, et qui peuvent mettre 125 ou 150 chevaux sur pied prennent parti pour leur mère d'adoption, enveniment et prolongent la lutte. L'infériorité numérique de Temasin la force pourtant de céder tôt ou tard, et toujours en payant quelques milliers de boudjous et en donnant des chevaux de soumission, redevance annuelle jusqu'à nouvelle guerre.
  Les deux villes sont maintenant en paix.

  Ce que nous avons dit du luxe de Bou-Lifa et du million que son prédécesseur d'il y a quarante ans payait au bey Salah peut paraître exagéré, mais s'explique facilement par les sources mêmes où s'alimente le trésor des sultans de Touggourt. Outre l'achour, dime prélevée sur toutes tes denrées, et celle sur les dattes, seule d'un revenu immense, ces petits autocrates ont encore les nombreuses amendes infligées pour les moindres délits, et les présents en argent, en objets de commerce et en chevaux que les tribus du désert sont forcées de leur faire pour avoir le droit de vendre et d'acheter sur les marchés de la ville.

  Ces tribus, qui sont au nombre de quarante-quatre, se donnent rendez-vous à Touggourt de tous les points du Sahara.
  Celles qui viennent du Zab apportent du blé, de l'orge, des sacs en laine et en lanières de palmiers nommés tellis, et dont on charge les mulets et les chameaux, des tapis, du beurre, des fromages de brebis, des fèves, des pois chiches, et elles y conduisent des chameaux et des moutons.
  L'immense tribu des Oulad-Naïl y apporte de la laine, y conduit des chameaux et des moutons.
  Celle des Arbas, les mêmes marchandises que les précédentes, plus des chevaux et des Anes.

  Les gens de El-Aghouat et de l'ouest, des figues, des raisins secs, de la garance, des laines, des burnous, des haïcs.
  Les Beni-Mezab, les mêmes marchandises, et de plus des vêtements de laine, de l'huile provenant de Bou-Sâada, du poivre, de la graisse de chameau, des moutons, des nègres qu'ils achètent à Tafilalet.
  Les Touareg qui vont d'abord à Ouargla et remontent à Touggourt y apportent de la poudre d'or, mais en très-petite quantité, de l'alun, du soufre, de la poudre, du salpêtre, des dents d'éléphant ; ils y conduisent des nègres et des moutons d'une espèce particulière dont nous n'avons vu la description nulle part. Ces animaux. disent les Arabes, ont la tête effilée comme celle d'un février, et ne sont vêtus que d'un poil très-ras qui ne ressemble en rien à de la laine. Leur tête est armée de cornes comme celle du bélier, et leur queue très-grasse et très-épaisse traîne jusqu'à terre. Un aura de la peine à reconnaître un mouton dans cet animal. Nous ne lui donnons ce nom que pour traduire littéralement ce que les Arabes nous en ont dit. Quel qu'il soit il existe. On les appelle el-aâdeman ; leur chair est très estimée.

  Les gens de Djebel-el-Aamour et de l'ouest viennent à Touggourt avec des tapis, du beurre des fèves, des figues, des pistaches, des coings, des glands, des moulons.
  Toutes ces peuplades s'y approvisionnent par achat ou par échange de fusils, de pistolets, de sabres, de châchyas (calottes rouges), de mouchoirs, de bourses, de quincaillerie, de verroterie, de lin, de calicot, d'indiennes, de papiers, de miroirs, de coutellerie, de cardes pour la laine, de lentilles, de blé, d'huiles en quantité, d'épiceries, de sucre, de café dont les riches usent seuls, de pipes, d'écritoires, de soie, de bijoux de femme, de sellerie, d'étriers, etc., tout cela venant de Tunis, de tabac venant de Souf, d'Haschich, de chaussures et de dattes en quantité incalculable.

  Les marchandises de Tunis arrivent à Touggourt qui en est l'entrepôt général, par tes habitants des villes et des villages échelonnés sur la route, et non point par de grandes caravanes, comme on le croit trop généralement. Ce mouvement commercial se fait à petites journées, à la fin du printemps, sous la protection d'une colonne de l'armée de Tunis, qui, sortie deux mois avant pour aller jusqu'à Neufta faire rentrer les contributions, opère sa marche de retour. Les routes sont donc parfaitement sûres, et les marchands de Touggourt et ceux des villages qui, dans toute autre saison, pourraient avoir à craindre les Arabes de proie, portent leurs denrées et leurs produits à Tunis, et vont s'y approvisionner. Ils rentrent chez eux au mois de juillet, alors que tous tes Arabes sont occupés de leurs recettes ou sont partis pour aller acheter des grains dans le Tell. Le temps n'est pas loin sans doute où tout ce commerce prendra le chemin de Constantine et d'Alger.

  Cette foire perpétuelle, dont Touggourt est le centre, explique pourquoi cette ville n'a pas un seul mendiant ; ceux qui s'y trouvent, en très-petit nombre, sont des Arabes venus des tribus voisines c'est encore là sans doute la raison pour laquelle les habitants de Touggourt sont particulièrement honorés dans le désert ils les nourrissent c'est la reconnaissance du ventre.
  De toutes les sources de richesse que la circonscription de Touggourt a en elle, qu'elle dévêt se sur tous les points du Sahara et sur Tunis, la plus féconde est sûrement le commerce qu'elle fait de ses dattes. Ce qu'elle récolte de cet excellent fruit, de ce pain du désert, est inappréciable. Les dattes font la nourriture principale de tous les habitants nomades ou à établissements fixes du Sahara. Les plus riches seuls mangent du pain, ou plutôt de la galette et du kouskoussou. Il parait cependant que, sous peine de maladie grave et même de mort, il faut absolument mélanger la datte avec un autre aliment : les fromages, le lait, la galette.
  Nous avons recueilli sur la culture du dattier et sur la manière de conserver les dattes quelques renseignements qu'il n'est peut-être pas inutile de donner ici.

  Les palmiers-dattiers venus de semis sont généralement inféconds et de beaucoup moins belle venue que les palmiers plantés de boutures. C'est donc ce dernier mode de reproduction qui est adopté. Quand un palmier est parvenu à une hauteur de sept à huit pieds, il jette des scions que l'on détache et que l'on pique dans une terre préparée on les arrose à grandes eaux, et constamment au moyen de rigoles. A six ou sept ans, l'arbre s'élève à une hauteur de huit ou dix pieds, et commence à donner des fruits. Les dattiers femelles, les seuls qui produisent, sont en bien plus grand nombre que les dattiers mâles, destinés par la nature à la fécondation. Dans le Sahara, comme en Nubie, comme en Égypte, les indigènes aident l'union des deux sexes de la manière suivante à l'époque de la floraison du mâle, qui devance celle de la femelle d'une quinzaine de jours, on détache de cet arbre une grappe de fleurs, un des régimes (hardjoun) qui couronnent sa tête, et on l'attache sur celle du dattier femelle ; la nature fait le reste. Les fruits se cueillent vers le mois de novembre ; des magasins destinés à les recevoir sont ménages dans chaque maison et sillonnés de petits canaux qui reçoivent et laissent écouler le miel de la datte à mesure qu'elle se dessèche. Ainsi préparées, et après dessiccation complète, les dattes peuvent se conserver dix ou douze ans les Arabes semblent les préférer aux dattes fraîches. Celles qui nous arrivent en Europe, et même à Alger, sont d'une qualité tellement inférieure que dans le pays on les donne en nourriture aux chameaux, aux mulets, aux chevaux et en ayant soin de les mélanger soit avec de l'orge, soit avec une herbe nommée sefsfa.

  Quand un palmier est reconnu stérile, les indigènes en tirent parti en lui faisant, au-dessous de la tête qu'ils appellent roussa ou galle, une ou plusieurs incisions à la base desquelles ils appliquent un vase qui se remplit bientôt d'une liqueur très-bonne à boire, et qui, fermentée, devient enivrante c'est le vin de palmier (el aguemi). L'arbre ainsi préparé en donne pendant plusieurs mois. On bande alors les blessures après les avoir fermées avec du sable, et, disent les Arabes, cette opération le rend souvent fertile.
  L'affluence des étrangers est toujours considérable à Touggourt. Le commerce y appelle, ainsi que nous l'avons vu de nombreuses peuplades qui, bien entendu, ne s'y donnent point de rendez-vous fixes, mais y arrivant au fur et à mesure de leurs besoins. Souvent encore les caravanes du Maroc, qui se rendent à la Mecque en pèlerinage, s'y reposent quelques jours.
  Des juifs orfèvres, cardeurs de laine, tisserands, etc., s'y rendent également pour y exploiter leur industrie mais aucun d'eux n'y brave la saison des fièvres ; tous s'en retournent chacun chez soi dès que la maladie commence à sévir.

  La monnaie en circulation dans la ville et dans sa circonscription est la monnaie de Tunis, qu'on y appelle terbaga ; elle contient beaucoup d'alliage. On y reçoit également les douros d'Espagne.
  Qu'il se trouve dans cette ville, égarée au milieu des sables, des étrangers de toutes les couleurs et des peuplades les plus éloignées, même des nègres de Tombouctou, ce n'est là qu'une circonstance très-explicable ; mais il est assez singulier d'y trouver deux Européens qui semblent y avoir acquis le droit de bourgeoisie.

  Il y a quatre ou cinq ans que le sultan alors régnant voulut à toute force avoir des canons ; il fit donc enrôler à Tunis quatre ouvriers européens qui se chargèrent de lui établir une fonderie, et qui partirent avec deux femmes.
  Une fois arrivés, on mit à leur disposition tout ce qu'ils demandèrent, des ouvriers, du charbon, du fer-blanc, du fer, du plomb, du cuivre, etc.
  C'étaient tous les jours nouvelles demandes aussitôt satisfaites ; peut-être avaient-ils rêvé qu'on leur donnerait également de l'or à pleines pelles.
  Cependant les canons ne paraissaient pas. « C'est que le charbon ne vaut rien, dirent-ils ; il nous faut du charbon d'abricotier. Voici du charbon « d'abricotier » leur répondit quelques jours après le sultan. Et le temps avançait, et pas de canons. Ces pauvres diables, qui sans doute ne voulaient que gagner du temps en attendant une plus heureuse fortune, étaient à bout de leurs demandes et d'une science qu'ils n'avaient jamais eue. Le sultan, depuis longtemps impatient, perdit enfin patience, et fit attaquer les prétendus fondeurs par quelques hommes de sa garde, en pleine nuit. Deux furent massacrés ; les deux autres, plus heureux, se sont faits musulmans et servent dans les cavaliers réguliers ; ils se sont mariés et vivent de la vie des indigènes. La fille de l'un d'eux a épousé le porteur de parasol de Sa Hautesse. Peut-être nous attendent-ils, et peut-être qu'avant longtemps nous irons les délivrer.
AUSONE DE CHANCEL


LE TENNIS DE TABLE DIT PING-PONG
PNHA N° 186, juin 2010
     
             Le tennis de table s'implanta très rapidement et définitivement. Le coût réduit des équipements, l'ouverture de cercles ou de salles où les tables mises à la disposition des usagers moyennant une rétribution horaire contribuèrent à la diffusion de ce sport.
            II constitua longtemps surtout un façon de se délasser, les compétitions ne pouvant être suivies par un nombreux public. Puis il entra dans un rythme normal avec ses championnats réguliers où participèrent plusieurs des clubs dont la branche originelle ou principale était celle du football. Leur seul rival départemental sérieux résida dans l'équipe de La Sénia, localité à la périphérie de l'agglomération oranaise

            L'évolution du tennis de table, en Oranie et à Oran en particulier, pourrait être représentée par une simple courbe régulièrement ascendante de 1945 à 1961. Elle irait de la petite compétition départementale en une seule poule jusqu'à la participation à la finale du championnat de France en passant par des rencontres inter-régionales et internationales.
            Pendant toute cette période, la charge de président de ligue fut assumée par Jacques Miara. Ce poste était peu enviable compte tenu des difficultés à surmonter notamment dans le domaine financier.

            Les emplacements utilisables pour les réunions étaient limités à Oran tant en nombre qu'en choix avant l'ouverture de la salle Marcel Cerdan, réservée aux concours interrégionaux ou de haut niveau.
            Jusque-là la ligue dut user des salles du cinéma A.B.C., du Gymnase, du Conservatoire. Le public était d'ailleurs restreint les "grandes" manifestations n'étant suivies que par deux centaines de personnes.
            Les recettes étaient évidemment faibles. Le complément de ressources indispensables pour boucler le budget provenait des subventions quémandées et de la générosité de mécènes souvent sollicités.

            Le problème financier se posait également avec acuité pour les clubs. Certains avaient l'avantage de recevoir l'assistance de sections sœurs de la même société, mais en général les équipiers participaient aux dépenses de déplacement et ne bénéficiaient ni de maillots ni de raquettes devant pourvoir eux-mêmes aux acquisitions. Lorsque les déplacements dépassaient les limites oraniennes des listes de souscriptions circulaient dans le quartier ou sur les lieux de travail des dirigeants et joueurs. Aussi plusieurs associations n'eurent qu'une existence éphémère au sein de la ligue et les mutations consécutives de joueurs furent relativement nombreuses.

            Ce sont les difficultés financières qui expliquent également la proportion des clubs d'Oran ville par rapport à ceux de l'extérieur (2 pour 1 dans l'ensemble) la plupart des rencontres étant inter-oranaises c’est-à-dire disputées sans occasionner de frais de transport. Et encore est-il bon de préciser que les localités considérées n'étaient guère éloignées du chef-lieu départemental (Mers-el-Kébir, La Sénia, Rio Salado, Sidi-Bel-Abbès).

            Les championnats d'Oranie, dans leur généralité, furent largement ouverts. Sur les 14 disputés entre les saisons 194711948 et 196011961, sept clubs enlevèrent le titre ; Arts et Sports - G.C.O. (6 fois) - F.C.O. (2 fois) - S.C.B.A. (2 fois) J.U.S.C.O. Sénia - U.S.F.B.A.
            Le succès le plus remarquable revint au S.C.B.A. en 1954 qui au cours des dix-huit matches officiels ne fut jamais défait.

            En simple messieurs durant le même intervalle, sur 13 compétitions, la victoire sourit quatre fois à Jules Teboul, trois fois à Gilbert Agullo, une fois à Poisson, Barth, Helmuth, Eloge Garcia, Arrigoni, Westeel, Anselin.
            En double messieurs la palme est à attribuer à Gilbert Agullo qui, à six reprises, fut sacré champion avec des coéquipiers différents et sous les étiquettes F.C.O.- J.U.S.G.C.O.

            En simple dames onze championnats furent disputés et donnèrent tous lieu à l'attribution du titre à une joueuse différente tandis qu'en double darnes Collet et Coutelier (C.O. La Sénia), Castano et Komarek (G.C.O.) remportèrent presque toutes les finales.
            Les épreuves de double mixte et celles pour juniors et minimes complétèrent un éventail de rencontres.
            Un cas mérite d'être signalé, celui de la championne Pierrette Hurlin dont la mère fut sa rivale et son père un pratiquant dans la discipline considérée.

            La foi qui animait les adeptes du tennis de table valut à la ville d'Oran d'être qualifiée dès 1946 de capitale de l'Afrique du Nord de cette branche car, négligeant tous les risques financiers, la ligue organisa une rencontre Métropole-Algérie avec la participation des trois meilleurs joueurs de France du moment : Haguenauer, Bordrez, Dubouillé qui enlevèrent facilement la décision par neuf victoires à zéro.

            En 1948 la sélection d'Oranie se rendit au Maroc où elle fut largement battue par cette homologue à Casablanca (2 | à 4) mais vainquit nettement cette correspondante de Rabat. Des enseignements fructueux furent retirés de ce déplacement car en fin de saison à Oran l'équipe d'Oranie prit sa revanche sur celle du protectorat (13 à l2).
            Des succès dépassant le cadre de la ligue et des réunions de haut niveau allaient dès lors suivre.

            En 1951 au tournoi du "samedi soir France" la formation composée de l'oranais Gilbert Agullo et du belabésien Robert Tari atteignit la finale disputée à Paris.

            En 1954 les deux champions de France, Rostrhoft et Lanskoy, effectuèrent une tournée en Oranie précédant celle de l'équipe nationale de Yougoslavie et cette même année la sélection de la ligue après avoir vaincu celle de l'Algérois (5 à 2), battit à nouveau celle du Maroc (6 à 3).
            En 1957 l'équipe d'Espagne fut également défaite par la sélection d'Oranie (5 à2).

            Après de belles performances aux championnats d'Algérie, le sommet pour les pongistes oranais fut atteint en 1960, où le G.C.O. vainqueur de la première poule algérienne du championnat de France, en battant le F.C. Blida (6 à 3), se qualifia pour la finale avec la formation Agullo Gilbert, Ferrero, Duval.

            Cet exploit il le renouvela en 1961 où l'équipe Anselin, Ferrero, Agullo fut encore malchanceuse devant le C.S. Paris Sud-Est (5 à 2).
            Quel courant propice à la diffusion du tennis de table avait été déclenché si de pareilles performances avaient été accomplies quelques années plus tôt - Car le présumé "vent de l'Histoire" allait détruire le brillant avenir en perspective frustrant ainsi la méritoire ténacité des adeptes oranais du tennis de table.
  P.O.
    

 
PHOTOS D'ECOLE BÔNE
Envoyé par M. E. Vassalo
ECOLE
            


AVEUGLEMENT !
Novembre 2013
Envoyé par M. Alain Algudo
On croit rêver !

         Cette classe politique, ces médias, devant le fait accompli d’élections qui dépeignent bien le ras le bol majoritaire d’une population qui n’en peut plus, font semblant de trouver des raisons à ce tsunami prévisible. Ils évitent ainsi de pointer du doigt la cause principale du danger réel, cette emprise visible au quotidien de cette mise en pièces progressive de notre civilisation, au-dessus de tous les problèmes liés à la vie d’une Nation dans une situation normale. Mais là pour nous, en l’occurrence, un drame se prépare
         Et le drame est amplifié par des donneurs de leçons de partis politiques et associations « droit de l’hommiste » à sens unique, nouveaux porteurs de valises au service de « l’anti-France. ».

         Nous assistons de plus en plus à une transformation insidieuse voire à un sabotage délibéré de notre culture Européenne. Évidemment, ces toxiques, toujours à l’écart des nuisances causées par une partie de ces populations ouvertement réfractaires à l’intégration, ne se retrouveront jamais, je le répète, aux côtés de ceux qui subissent le pourrissement de leur vie de tous les jours, car ils ont beaucoup de principes mais sont surtout très lâches. Ils soufflent eux aussi sur les braises depuis la rive d’en face !!

         Alors nos compatriotes ont atteint un tel point de saturation qu’ils n’ont plus peur, ils disent haut et fort ce qu’ils pensent, ils réagissent, ils dénoncent ces nuages d’orages qui se profilent à l’horizon et cette capitulation : Ils utilisent leur bulletin de vote qui est pour le moment leur meilleure arme !

         Mais l’évolution rapide de la situation ne va pas permettre longtemps de s’en tenir à ce moyen que je considère comme un emplâtre sur une jambe de bois, la situation est telle que je ne vois pas comment un parti, aussi lucide soit-il, pourra inverser l’avènement de ce changement terrible qui menace notre civilisation. Et c’est là qu’on admire Charles Martel, Jean III Sobieski, Don Juan d’Autriche, André Doria et tant d’autres géants qui nous ont tirés du gouffre à temps !
         On constate en effet que le mal est continental et que l’irresponsabilité est aussi continentale.

         Devant l’inertie, le laxisme et l’incompétence de ceux qui doivent certainement se « regarder le nombril » à longueur de journée, on reste médusé ! Ces incapables se succèdent depuis des décennies quand un certain DE GAULLE, en 1962, leur montra le chemin de la soumission face à des barbares vaincus qui aujourd’hui ont plongé ce qui fut notre belle Algérie Française dans le chaos le plus total.
         Ainsi nos dirigeants baissent une autre fois la garde devant l’invasion au moment où il faut affronter le danger avec une énergie farouche, et le temps presse !

         Quand on constate à travers les divers drames qui ont endeuillé le monde ces dernières décennies la responsabilité énorme qu’endossent les hommes politiques occidentaux, nous sommes en droit de nous demander quel niveau de compétence il faut atteindre pour être un chef d’état ou un ministre ? En effet vu les résultats de politiques qui se révèlent être catastrophiques ALGÉRIE d’abord, puis en IRAK, en AFGHANISTAN, EN LIBYE, en TUNISIE, en ÉGYPTE et en SYRIE, nous sommes en droit de nous demander si n’importe lequel d’entre-nous aurait fait aussi mal : installation de la terreur islamiste et les milliers de morts générés par ces margoulins de la politique à la science infuse qui précipitent toujours des populations dans des fuites éperdues et…. mortelles, bien souvent.

         Leur aveuglement les rend responsables et coupables ; ils cherchent toutes les excuses pour se dédouaner et demeurent dans le déni de leurs fautes criminelles. Cependant ils persistent et signent en transportant en Europe, par des mesures véritables pompes aspirantes, toutes « les misères du monde » et les ferments des problèmes des pays d’où vient le mal. Ce cancer islamiste qu’il faudrait éradiquer à la base, sur le sol même de ces pays devenus des enfers, pour permettre d’aider ces populations misérables en évitant ainsi leur fuite éperdue. Non ! Ces imbéciles détruisent des régimes, certes autoritaires mais laïques, pour installer l’intolérance et l’obscurantisme qui a l’occasion lynchent, comme en Libye, un ambassadeur US qui les a mis en place. On a attendu, en vain, la réplique d’un certain Barak Hussein OBAMA !

         Mais hélas, qui avons-nous aux commandes de cette Europe de dupes en la matière ? Une oligarchie où dominent les « progressistes » qui en l’occurrence sont des véritables démolisseurs de l’édifice des valeurs occidentales forgées à travers les siècles. Ils sont à la base des politiques de décolonisations ratées parce que bâclées de la manière la plus sordide qu’il soit, employant maintenant tous les moyens pour se dépêtrer des conséquences de situations générées par leur incompétence insondable.

         Alors hier, que ce soit par la décolonisation, et aujourd’hui par l’aide aux révolutions dites du « Printemps arabe », le résultat des politiques menées par ces responsables ubuesques est une catastrophe à l’échelle planétaire qui a commencé par l’abandon de l’Indochine et les horreurs qui ont suivi contre ceux qui avaient fait (déjà) confiance à la parole de la France, le tortionnaire Général GIAP, dont DE GAULLE fut le maître en matière d’épuration en 1945, se distingua dans l’exercice du maniement des baïonnettes pour économiser les balles exterminant, déjà, les fidèles à la France. Devant les exactions des sbires du héros de l’arrogant FABIUS et l’hommage officiel rendu au nom de la France à cet assassin parti en enfer, alors, le dégoût s’installe. On se rappelle en effet le drame des « boat People » et de celui égal au notre, de nos compatriotes de cette colonie, assassinés pour beaucoup, dépossédés pour tous, un autre « Exodus » aujourd’hui tombé dans l’oubli par cette volonté toujours renouvelée et acharnée des gouvernants coupables et des médias à leur botte, déjà, pour écraser déjà ces vérités à l’époque, avec DE GAULLE, toujours lui, à proximité des coups tordus contre la France d’outre-mer qu’il a définitivement démantelée aujourd’hui. Un des résultats dramatiques de ces politiques aberrantes, est le drame de ces malheureux en fuite, la Méditerranée devenant leur cimetière.

         Ces pauvre gens victimes de politiques « pompes aspirantes » finalement criminelles, réagissent au péril de leur vie pour fuir, sachant qu’en face il y a l’Eldorado et la fin de leur misère, et si j’étais à la place des citoyens de Lampedusa ou de Malte et autres, je n’agirais pas autrement, humainement, pour leur venir en aide. Cependant force est de constater que la manipulation est visible comme le nez au milieu de la figure : autant de fuyards autant de troupes de choc en place. Les voyez-vous fuir en direction des États Arabes multi milliardaires ? Ces États se manifestent-ils la moindre solidarité en venant au secours de leurs coreligionnaires ?

         Non, c’est vous et moi qui sortons le portefeuille, cette fuite facilitée par les régimes islamistes en place, se fait en direction de l’Europe Occidentale, et en vagues serrées ces populations en mouvement, majoritairement musulmanes, débarquent tous les jours. Ils font ainsi « d’une pierre deux coups, » ils éliminent leurs éventuels opposants et leurs miséreux et ils mettent en place en Europe les bases de leur dessein hégémonique religieux. Leur soldatesque est ainsi en place. La logistique également certainement :
         « L’Europe court à sa perte, le suicide politique, social, culturel et civilisation est programmé et si l’on n’arrête pas rapidement la machine infernale de destruction de l’occident, d’ici quelques années, il sera trop tard » (Ali Abd al-Aal chercheur Égyptien)

         En effet, en face deux, un boulevard ! Des irresponsables qui acceptent et favorisent, à travers certains financements de potentats arabes extrémistes qui achètent l’Europe, l’installation d’un trésor de guerre près à servir à tout sauf à des fins humanitaires. C’est indéniablement une 3ème guerre mondiale qui se déroule sous nos yeux à travers le monde et ses horribles exactions meurtrières journalières. Devant ce danger nos édiles jouent les autruches.
         Mais depuis la sodomisation publique du Consul de France à Alger en 1962, nos gouvernants ont-ils changé dans leurs prédispositions à baisser le pantalon ? Leurs repentances successives de ces dernières années « pour des fautes que nous n’avons pas commises (Sarkozy) » prouvent bien que non.
         Ils restent englués dans leur dramatique AVEUGLEMENT
Alain ALGUDO ex Président fondateur Comités de Défense des Français d’Algérie
ex Vice Président du Comité et de la revue VERITAS VERITAS
Auteur de « Mon Combat »


IDÉES

De Jacques Grieu


Où naissent les idées ? Ce serait au cerveau ?
En y plantant leur clou, avec ou sans marteau ?
Elles y sont maltraitées par nos propres neurones
Qui souvent les combattent, les tuent ou les détrônent.
« Autant on a de mots et donc autant d’idées »,
Nous disent les Larousse, les Robert, les Littré.
L’idée serait peut-être un arrêt de pensée ?
Les pensées de passage, on peut les épingler...
Pour moi, j’ai l’impression qu’il m’en vient de partout
Peut-être bien du foie, du cœur... ou des genoux ?
De derrière la tête, il m’en arrive aussi,
Mais qui, à cache-cache, aiment rester tapies.

Des idées, j’en ai trop et ne sais plus qu’en faire ;
J’en ai des quantités et voudrais les faire taire.
Je me sens harcelé et cherche à les ranger,
Sans savoir les classer ni pouvoir les stocker.
Si quelqu’un en cherchait, j’en céderais volontiers
Et même supplierais de m’en débarrasser.
En s’engageant, bien sûr, à les emmener loin
Et les faire disparaître en de sombres recoins,
Afin d’être certain qu’aucune ne revienne
Me retomber dessus en nouvelle rengaine.
Par contre, je n’aime pas partager mes idées,
Et tiens à ce qu’elles restent entières et non scindées.

Les idées lumineuses sont-elles affaire d’optique ?
Et faut-il des lunettes pour en jauger l’éthique ?
Avoir des idées fixes, n’est pas toujours l’indice
D’opinions « arrêtées » ou manipulatrices ;
Et quant aux idées noires, plus courantes qu’on ne croit,
Pas seulement pour les deuils, on en est tous la proie.
Est-ce pour cette raison qu’on parle « matière grise »,
Couleur, pour le moral, toujours bien mal comprise ?
L’idée n’a pas d’odeur : miracle d’habileté !
Sinon, l’humanité eut été asphyxiée…
Pour les « idées reçues », là aussi, la prudence :
Maladies contagieuses, elles virent en sentences...

Comme nous, les idées, vieillissent parfois mal.
Tout en les soignant bien, elles s’usent, c’est normal,
Et même les plus saines choppent des rhumatismes
Voire des religions, des guerres ou des wokismes.
Faut-il les modifier, rapiécer, adapter ?
Ou bien les rénover et les moderniser ?
Carrément les changer et balancer les vieilles ?
Qui nous dit que les neuves feraient plus de merveilles ?
Les mots, en général, ne manquent pas aux pensées
Mais les idées, souvent, aux mots font des ratés,
Car on prend moins de soin à bien les exprimer.
Mais encor là peut-être, « je me fais des idées »…
Jacques Grieu                  



PLEURE…..
Par José CASTANO Avril 2026
Envoyé par M. J. Castano
,
« Pleure comme une femme ce royaume
que tu n’as pas su défendre comme un homme ! »

      

« Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée »
(XXe chant de l’Apocalypse)

       Printemps 1491. Depuis près de sept siècles, la péninsule ibérique est le théâtre d’un lent et inexorable affrontement. La « Reconquista » touche à son terme. Sous l’autorité conjuguée d’Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon, les royaumes chrétiens resserrent leur étreinte sur le dernier bastion musulman : Grenade.

       Le 26 avril, le siège final commence. Dans les murs de la cité, le temps s’alourdit. Les réserves s’amenuisent, les regards se creusent, les espoirs s’effritent. Face à l’inéluctable, le sultan Boabdil comprend que la résistance n’est plus qu’un sursis. Entre la ruine totale et la survie, il choisit la seconde. Les 1er et 2 janvier 1492, il négocie sa reddition, obtenant la vie sauve pour les siens et l’exil vers l’Afrique du Nord.
       Le matin du 2 janvier, les souverains catholiques entrent dans Grenade sans livrer bataille. Sur les hauteurs de l’Alhambra, joyau d’un monde finissant, la bannière de Castille s’élève aux côtés de la croix chrétienne. Une civilisation s’efface, une autre s’affirme.
       Dans le même temps, arrivé avec sa troupe sur les hauteurs d’un col surplombant Grenade d’où l’Alhambra se dessinait majestueusement, Boadbil, dans un instant de dépressive mélancolie se mit à pleurer. Le surprenant en larmes, sa mère Aïcha El Horra, s’exclama sur un ton de reproches : « Llora como una mujer este reino que no has sabido defender como un hombre ! » (Pleure comme une femme ce royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme). Depuis lors, on appelle ce col « El Suspiro del Moro », « Le Soupir du Maure ». Ce moment historique est particulièrement bien relaté par Chateaubriand dans sa nouvelle « Les aventures du dernier Abencerage ».

       Pourquoi cette anecdote historique ? Parce qu’elle préfigure ce qui pourrait advenir, demain, des Nations européennes (particulièrement la France) si elles persistaient dans leur entreprise d’asservissement et d’autodestruction. Souvenons-nous à cet effet de cette prédiction que Larbi ben M’Hidi, redoutable terroriste du FLN, avait lancée à la face des parachutistes français venus l’arrêter en 1957 lors de la « bataille d’Alger » : « Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis, moi, que vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».
       Aujourd’hui, l’histoire se répète, sauf que cette fois c’est le monde occidental qui est en passe d’être confronté à une défaite dans le déshonneur total, comme celle que l’on doit à la trahison de gouvernants veules, de chefs de partis aveuglés par de maigres illusions qui s’entredéchirent pour une meilleure place à la mangeoire, d’une pseudo élite qui s’aplatit devant des rustres pour de piètres privilèges avec, en prime, la corruption politique, le mépris du gouvernement pour le peuple, l’arrogance des oligarques… tous vivant dans une impudique sérénité se riant du blâme lancé, jadis, par Châteaubriant : « Honneur aux pays qui se lèvent et honte aux pays qui se couchent ! »
       L’actualité est éloquente de vérité… Ce qui s’est passé à Saint-Denis et dans toutes les villes désormais contrôlées par LFI fait froid dans le dos et préfigure ce qui adviendra en 2027 si d’aventure la droite nationale et patriotique l’emportait… Et, tandis que les youyous, les cris de haine et de victoire éclaboussaient la nécropole royale où la quasi-totalité des rois, reines et princes de France reposent, les Dionysiens regardaient, effarés… ou indifférents, mourir leur cité.

       Au-delà de cet épisode, le plus triste cependant, c’est de voir le peuple français inconscient ou indifférent à son propre sort, qui regarde mourir sa nation. « L’Europe s’aperçoit en frémissant que par sa sombre indifférence une puissance destructrice a fait irruption chez elle, puissance qui paralysera ses forces pendant des siècles » vitupérait Stephan Zweig. Et c’est là que le symbole de Grenade retrouve toute sa force. Non comme une prophétie, mais comme un avertissement. Une invitation à regarder en face ce qui se joue lorsque l’on renonce, lorsque l’on diffère, lorsque l’on s’abandonne à la facilité du moment.
       Et dans ce terrifiant augure, très peu discernent l’imminence de l’inéluctable naufrage. La majorité silencieuse se contente de vivoter, de courir après de pathétiques leurres, lorsqu’elle ne s’enferme pas dans de ridicules tours d’ivoire qui s’écrouleront au premier coup de massue.

       Et c’est ainsi que nous regardons, impuissants, notre monde s’effriter par pans entiers jusqu’au jour où, poussés sans combattre vers l’exil mais ne sachant où aller, nous connaîtrons à notre tour - face à notre propre « soupir du Maure » - la dépressive nostalgie de Boadbil et laisserons nos larmes couler sur ce qui fut, jadis, notre raison de vivre. Alors, la juste sentence d’Aïcha, s’appliquera dans son implacable rigueur : « Pleure comme une femme ce royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! »
José CASTANO Avril 2026
E-mail : joseph.castano0508@orange.fr


CREDO POUR UNE NATION BLESSÉE
Par José CASTANO Avril 2026
Envoyé par M. J. Castano
,
(Le dernier rêve d’un peuple fatigué)
      

« Quand tout s’effondre, espérer encore devient un acte de courage. Espérer, c’est exiger des dirigeants qu’ils protègent, parlent vrai, tiennent bon. Tant qu’un peuple espère, il reste invincible. »

       Il arrive, dans les nuits lourdes où l’angoisse colle à l’âme comme une suie, qu’un rêve s’impose. Un rêve ancien, presque archaïque : celui de voir enfin surgir un chef d’État à la stature digne de ce nom. Non un gestionnaire frileux, non un commentateur du désastre, mais un homme – ou une femme – debout, ancré, regard clair, parole ferme, capable de dire non, capable surtout d’agir.

       Dans ce rêve, la peur change de camp.
       Face aux terroristes islamistes, il n’y a plus de communiqués tremblants ni de marches funèbres répétées jusqu’à l’usure. Il y a une réponse implacable de l’État, légale mais inflexible, déterminée à défendre la vie, la liberté, la paix civile. Une réponse qui ne cherche pas d’excuses sociologiques à la barbarie, qui ne négocie pas avec ceux qui haïssent notre monde et veulent le détruire.
       Face aux narcotrafiquants, ce pouvoir ne détourne plus le regard. Il comprend que la drogue n’est pas un simple fléau social mais une guerre silencieuse, une gangrène qui corrompt les quartiers, les institutions, les consciences. Il frappe là où ça fait mal : l’argent, les réseaux, l’impunité. Il rend à la loi son autorité et aux honnêtes gens leur dignité.
       Face aux voyous, aux émeutiers, aux fauteurs de trouble qui brûlent, pillent, cassent et humilient au nom de toutes les causes et d’aucune, ce chef d’État ne balbutie pas. Il rappelle que la liberté n’est pas le chaos, que la contestation n’est pas la destruction, et que la République n’est pas un terrain de jeu pour la haine, la rage et le nihilisme.
       Face aux artisans du désordre — groupes « antifas » et mouvances ultra-gauchistes — qui prétendent imposer leur loi en dressant la rue contre les urnes, le tumulte contre la loi, l’invective au suffrage, il ne transige pas. Il engage les procédures prévues par le droit pour qualifier et poursuivre les organisations qui recourent à la violence, en ordonne la dissolution et réaffirme sans ambiguïté la primauté des institutions républicaines en menaçant la France insoumise d’une mise à l’écart institutionnelle.

       Dans ce rêve, la fermeté n’est pas une option : elle est un devoir.
       Même face aux syndicalismes devenus ultras, lorsqu’ils prennent en otage le pays, cassent, bloquent, menacent, paralysent sans jamais proposer, ce pouvoir tranche. Il écoute la voix du travail réel, de ceux qui produisent, soignent, enseignent, bâtissent… pas celle des professionnels du désordre.

       Et puis il y a l’Europe.
       Dans ce rêve, le chef d’État ne se courbe plus devant le diktat technocratique, les injonctions hors-sol, la lâcheté molle d’une Europe qui sermonne mais ne protège pas, qui proclame des valeurs mais recule devant chaque crise majeure. Il parle à l’Europe comme à une partenaire, non comme à un maître. Il rappelle que la souveraineté n’est pas un gros mot, mais la condition même de la démocratie.
       Ce rêve est traversé de larmes et de colère. Une colère froide, juste, née de trop d’attentats, trop de zones de non-droit, trop de renoncements, trop de phrases creuses sur des cercueils bien réels, trop de palinodies, trop de lâchetés. Mais cette colère n’est pas haine : elle est amour du pays, respect du peuple, fidélité à l’Histoire.
       Et lorsque le rêve touche à sa fin, il ne reste pas un slogan, mais une prière.
       Une prière pour que surgisse enfin une voix claire dans le fracas.
       Une prière pour que la force revienne au service du droit.
       Une prière pour que le courage l’emporte sur la peur.
       Une prière pour que nos enfants héritent autre chose que des ruines morales et des promesses trahies.
       Ceci est notre Credo, murmuré face à la tragédie, un cri de détresse et d’espérance mêlées : la détresse d’un peuple qui ne veut pas mourir. C’est la supplication d’un pays fatigué de plier, fatigué de pleurer, fatigué d’enterrer, fatigué de s’autoflageller ; c’est l’attente d’un chef. Que l’État se relève, que la Nation se tienne droite car tant qu’un peuple espère, il refuse de mourir !
José CASTANO mars 2026
E-mail : joseph.castano0508@orange.fr


Un Pape à genoux
Par Robert Charles PUIG,
Le voyage en Algérie.

         C'est ce que je peux reprocher au Pape Léon XIV. Ce voyage dans un pays ou le chrétien est quasi interdit de vivre sa Foi au grand jour ou les catholiques sont opprimés et les églises fermées à l'appui de lois contraignantes pour ceux qui ne sont pas musulmans, avec un Coran religion d'État. Ce Pape conciliant avec le monde arabe, ferme les yeux en aveugle sur le sort des chrétiens d'Orient et face à l'islamiste de l'Algérie FLN. Il montre combien la chrétienté n'est plus celle des grandes épopées des croisades.
         Il semble et en Algérie c'est le cas, qu'il faille juste baisser la tête et s'incliner devant la puissance de Mahomet et des frères musulmans si présents dans notre Occident. Est-ce une papauté sur les traces de ceux qui ont brûlé Jeanne d'Arc ? En Algérie FLN, il ne faut pas évoquer l'objectif de ce territoire créé par la France en 1839 et qui n'a qu'un but : l'élimination totale de la chrétienté au Maghreb après sa longue période, plus de cinq siècles, au temps des romains et de Saint Augustin, avant sa soumission au Coran par le yatagan, le glaive et le douk-douk kabyle.

         Une fois de plus, les catholiques, ceux qui ont vécu comme nous en Algérie française les drames d'un terrorisme sanguinaire, entre 1954 et 1962, doivent se souvenir combien le FLN fut un ennemi du peuple, qu'il soit européen ou musulman, à travers les drames et les tragédies accompagnant sa mainmise sur un pays ou de nos jours en 2026, les rares chrétiens, catholiques et protestants sont surveillés, traqués malgré la Basilique de Notre-Dame d'Afrique, dominant Alger. D'ailleurs, que penser d'un Léon XIV qui se prosterne devant le monument des "Martyrs" à Alger, quémandant "un pardon" incroyable d'innocence, avant d'aller à Notre Dame d'Afrique ?
         Il rappelle les envoyés de François Hollande ou de Macron qui jouèrent ce même rôle du soumis contre le droit d'être chrétien et français d'Algérie. Il faut bien avouer que la repentance de nos dirigeants face à Alger depuis l'indépendance de ce pays est aussi celle du catholicisme et de la papauté intégriste et progressiste qui joue les génuflexions face à l'agressivité anti-chrétienne d'Alger. Cela depuis si longtemps, bien avant que nos instances politiques offrent la province française d'Algérie au FLN.

         Cette visite de Léon XIV réveille une plaie profonde dans le cœur des vrais catholiques et patriotes. Faut-il évoquer ces "hommes d'église" protecteurs du terrorisme durant la guerre d 'Algérie ? Des prêtres libéraux, anti Algérie française que la propagande FLN depuis le Caire ou Tunis applaudissait comme une alliance de la "bombe et du goupillon" en faveur du terrorisme. Les Pieds-noirs d'origine européenne étaient en général des chrétiens et surtout des patriotes attachés à leur église et à leur drapeau et ils étaient inquiets de la façon dont l'église les traitait, avec la gauche française.
         Prenons les journées des barricades d'Alger en 1960, où les gendarmes du colonel Debrosse tirèrent sur la foule, poussant les assiégés des barricades à se rendre aux parachutistes du colonel Dufour. Ils sortirent du camp retranché sous le garde-à-vous des militaires, mais l'archevêque d'Alger, Monseigneur Léon Etienne Duval, surnommé "Mohamed Duval", partisan avec d'autres évêques de son diocèse de la rébellion et accompagné d'une partie de la franc-maçonnerie locale, refusa qu'une messe soit officialisée lors de leur capitulation.

         En vérité, il faut souligner que le Vatican était engagé dans la lutte pour l'indépendance. Il avait ses adeptes dans de nombreux journaux comme la Croix et les médias de gauche avec des personnages comme Pierre Hourdin, Roger Stéphane et Jacques Baillard, ancien séminariste. Ils appartenaient tous au camp de l' abandon. Léon XIV s'en souvient-il ? Est-il le représentant d'un Dieu qui doit se soumettre alors que dans les autres religions "IL" est honoré, glorifié et défendu contre les miasmes et les blasphèmes de ses opposants !
         La religion chrétienne n'est plus à la hauteur de sa réputation ancienne par la volonté de ses progressistes, ses libéraux qui souhaitent dégoûter le vrai croyant de sa Foi. En Algérie nous avons l'image du pire pour notre Occident tant sur le plan de l'éducation que de la religion. Entre l'élimination des enseignants depuis Guy Monnerot en 1954 en Algérie lors du début du terrorisme, jusqu'à Samuel Paty et Dominique Bernard, en ce nouveau XXI ème siècle, pour effacer, interdire l'éducation offerte à tous, entre l'assassinat des prêtres de Tibhirine dans les années 1996 dans leur monastère de Notre-Dame de l'Atlas
         Ou celui de Pierre Claverie, prêtre oranais connu pour ses fortes relations avec les cercles arabo-musulmans, puis toujours en France et de nos jours, des prêtres ou des fidèles dans les églises lâchement tués, rien n'a changé de la soumission occidentale, principalement Paris et le Vatican, devant le Coran. Est-ce que je me trompe ?

         La gauche française c'est évident, tandis que le Pape Léon XIV semble suivre ce cheminement de la montée du Christ vers la croix, sans réagir. Un tsunami progressiste et anti chrétien balaie l'Europe. Le fait d'avoir interdit que la constitution européenne porte en elle la mention de notre chrétienté en est l'exemple de plus caractéristique. Merci Jacques Chirac ! Cela souligne combien le chemin sera long pour redonner sa vraie place au catholicisme et retrouver le respect de nos us et coutumes face à une Algérie et un Orient qui demeurent nos dangereux opposants religieux. Léon XIV en est-il conscient ?
Robert Charles PUIG, à Nice.


C’est à cause de son humanisme que la France a perdu l’Algérie
  

               En réponse à celles et à ceux qui affirment que la colonisation de l’Algérie fut un crime contre l’humanité, ce qui est totalement inexact. Elle aurait pu être un « crime contre l’humanité » comme le furent les colonisations des Amériques et de l’Australie par exemple mais, bien au contraire, la France a conquis un territoire aride et marécageux, exploité par les Ottomans et, en un siècle, ont construit le plus beau pays et Alger, la ville la plus moderne, de tout le pourtour méditerranéen.
               Je sais que cet article va choquer de nombreux lecteurs et cependant il ne reflète que la réalité : la France a perdu l’Algérie uniquement par trop d’humanisme.

               La France fut trop humaniste lors de la conquête, a été trop humaniste lors de la colonisation, et se montre, aujourd’hui, toujours trop humaniste concernant l’immigration. C’est ce qui la perdra demain.
               Quelques exemples nous le prouvent.
               En 1492, lors de la conquête des États-Unis, les Amérindiens, qui occupaient tout le territoire, y compris l’actuel Canada, étaient estimés à environ 60 millions. Lors du recensement de 2010 ils n’étaient plus qu’environ 5 millions aux USA et 1,4 million au Canada, soit 4,3% de la population totale.
               En Australie, lors de l’occupation les « Aborigènes » se calculaient aux environs de 750.000 à 1 million. En 2021 ils ne représentaient plus que 3,7% de la population.

               Lors de la conquête de l’Algérie, en 1830, la population musulmane était estimée à environ 2 millions. Elle était de 6 millions en 1921 et de 10 millions en 1954, alors que la population « Européenne » ne représentait que 10% du peuplement total, soit environ 1 million.
               Si nous avions été aussi humanistes que les conquérants des USA et de l’Australie « nous serions toujours dans une Algérie Française est chrétienne ». Je dis bien « Chrétienne » car nous aurions offert aux Berbères (Kabyles), qui avaient été judéo-chrétiens avant l’envahissement par les hordes musulmanes au 7e siècle, de retrouver leur religion d’origine.

               Que l’on me comprenne bien, je tiens à le préciser, je suis fort satisfait que cette colonisation expéditive n’ait pas été appliquée à l’Algérie et je préfère même avoir été devant l’obligation de quitter ce pays que de pouvoir y exister après une telle inhumanité. Ce n’est pas ce que j’aurai souhaité.
               Mais une conclusion s’impose : Si nous avions été moins « humaniste » et que la population arabo-musulmane n’avait représenté que moins de 10% du peuple d’origine européenne un siècle après la conquête, soit environ un million, l’Algérie serait toujours « Française et Chrétienne ».

               Un exemple assez similaire à celui que je viens de décrire ne s’est-il pas également produit en Afrique du Sud ? Si les Européens qui se sont installés depuis le 17e siècle avaient suivi le même exemple que les « Américains » et les « Australiens » ils ne se retrouveraient pas actuellement en minorité et totalement dominés.
               Que cet exemple puisse au moins servir pour notre France actuelle et que « demain » nous ne représentions plus que 10% de la population et nous pourrons chanter en chœur : « Ne m’appelez plus jamais France !)

               Cet article ne plaira certainement pas ni à Ségolène Royal, ni au président Tebboune, ni à Mélenchon, ni à Aphatie, ni non plus à Emmanuel Macron : n’a-t-il pas estimé que ce fut un crime contre l’humanité « sans doute d’avoir laissé progresser la population musulmane de 2 à 10 millions en un siècle ».
Manuel Gomez
16 avril 2026



Ma France
Envoyé par Inconnu
Mai 2013

       J'ai grandi avec toi dans un monde de respect, avide de connaissance et de partage.
        Mes valeurs étaient simples mais justes, le respect des autres, la reconnaissance, l'honnêteté.
        Le foyer familial était un havre de tendresse et de repos où s'épanouissaient curiosité et bonheur.
        L'école communale fût la maison du savoir où l'instituteur n'avait qu'un seul désir, celui de nous transmettre la connaissance de notre pays, de sa géographie, de son histoire, de sa langue aux chants inépuisables. Nous le respections et l'aimions pour cela.
        Nos billes en plâtre de toutes les couleurs, celles en verre encore plus belles, les petits soldats et voitures miniatures que nous nous échangions faisaient de nos jeux les plus passionnants du monde.
        Nous étions riches de nos rêves, de nos idées, nous étions heureux.
        Le lycée, puis la faculté nous ont guidé sur le chemin de la vie, nos amitiés se sont confortées avec le temps, nos vies privées et professionnelles se sont construites, sans que jamais nous ne nous écartions de nos vraies valeurs.

        Aujourd'hui, nos enfants nous regardent sans nous comprendre.
        La vie que nous voulions leur expliquer n'est pas celle qui les entoure : L'école n'est plus qu'un lieu de présence à caractère obligatoire, tant pour les enseignants que pour les élèves où les uns font ce qu'ils peuvent, les autres ce qu'ils veulent.
        Entreprises à la merci de syndicats pourtant minoritaires au détriment de cette majorité silencieuse qui subit sans rien dire.
        Course à l'argent, Dieu de la réussite, par tout moyen possible, honnête ou non, que l'on appelle : aides, subventions, travail dissimulé, fraude... Objectif : en faire le moins possible qu'il s'agisse du temps passé à travailler, que l'on parle d'horaires, d'arrêt de travail, de retraite anticipée, ou de la quantité de travail effectuée.

        De nombreuses vérités annoncées n'ont pas leur place dans notre culture où liberté de pensée et laïcité représentent des valeurs essentielles. Pourtant, personne ne les dénonce, par peur ou par lâcheté.

        Le statut d'homme politique était avant tout un sacerdoce
        L'intérêt de la France était le seul objectif de ces hommes de qualité. Aujourd'hui, c'est sur le mensonge que le pouvoir leur a été confié.
        Des promesses intenables dont ils avaient parfaitement connaissance, et c'est en toute impunité qu'ils resteront en place jusqu'au terme de leurs mandats.

        Faire croire et faire semblant voile l'incompétence de ces Messieurs dont le seul but est de maintenir ce pouvoir auquel ils aspiraient depuis si longtemps.

        Toutes les initiatives prises vont dans ce sens :
        Le droit de vote aux « non français » leur donnera des voix supplémentaires.
        Les emplois aidés, aides et subventions renforcées en feront de même, sachant que ces décisions ne sont prises que le temps des élections. Nomination à des postes clé d'amis fidèles et dévoués, afin de conforter la situation.

        Une partie de la France a cru que tout était possible.
        Que gagner plus en travaillant moins ne posait de problème à personne dans une conjoncture mondiale annoncée comme difficile alors qu'elle était en état de crise grave
        Qu'il suffisait de prendre l'argent des riches et de le redonner aux pauvres pour que tout aille bien.
        Que les décisions se prendraient sans tenir compte de l'Europe et que le simple changement de politique allait repeindre toute la maison France en bleu blanc rouge.
        Que le chômage cesserait, que l'économie et le pouvoir d'achat repartiraient à la hausse.

        Mais Français, où êtes-vous donc ? Réveillez-vous !
        Tout le monde peut se tromper mais reconnaissez l'erreur avant qu'il ne soit trop tard.
        On nous a trompé certes, mais le temps passe très vite et la situation empire de jours en jours.
        Bougez, exprimez-vous, sortez de votre torpeur, cesser de vous lamenter en petit groupe dans les jupes de la France, c'est votre pays, c'est votre richesse, n'en faites pas votre ruine.

        Un citoyen Français comme les autres.



Young Pérez
PAR MANUEL GOMEZ 27 Août 2016
Plus jeune champion du monde de tous les temps   

               Les JO de Rio de Janeiro, au Brésil, viennent de se terminer et la France fête les 42 médailles gagnées par les athlètes dans différentes spécialités, notamment en Boxe, ce qui est assez exceptionnel.
               Je voudrais que l’on se souvienne d’un athlète qui, il y a 85 ans, a offert à son pays d’adoption, la France, puisqu’il était originaire de Tunisie, un titre de champion du monde de boxe professionnel, ce qui est assez exceptionnel car ils n’ont pas été très nombreux et même, en ce qui le concerne, unique à l’époque, puisqu’il était de religion juive et qu’il fut et sera le plus jeune champion du monde de tous les temps.

               Cela se passait au mois d’octobre 1931.
               Victor Younki, né le 18 octobre 1911 à Tunis, dans le quartier juif d’El Kallaline, est devenu boxeur, contre l’avis de toute sa famille, et a choisi comme pseudo « Young Pérez ». Il pesait moins de 53 kgs et devient champion de France, dans la catégorie « poids mouche » en battant l’excellent Valentin Angelman dans une Salle Wagram, à Paris, pleine à craquer.

               Le 26 octobre 1931, il avait fêté ses vingt ans 8 jours plus tôt, quand il devient champion du monde en mettant KO au 2e round, le tenant du titre, l’américain Frankie Génaro. Cela se passait devant plus de 16.000 spectateurs au Palais des Sports de Paris.
               Plus de 100.000 personnes l’acclament lors de son retour à Tunis, ou le Bey lui remet la plus haute décoration, sous protectorat français, le Nichan Iftikhar, tous en déclarant que « c’est une grande victoire pour la Tunisie et que juifs et musulmans sont fiers de lui ».
               Plus jeune champion du monde de tous les temps, ce petit juif tunisien devient la coqueluche du «Tout Paris» et entame une relation amoureuse avec la plus belle de toutes les actrices françaises de l’époque, Mireille Balin. Elle refusera de l’épouser, après un séjour en Tunisie, qu’elle n’appréciera pas.

               Un an plus tard, le 31 octobre 1932, Young Pérez perd son titre devant l’américain Jackie Brown par KO technique au sixième round. Il est vrai que, prenant du poids, il avait dû perdre 2 kilos au cours de la semaine précédent le match.
               Montant dans la catégorie supérieure, il est défait par le très brillant Al Brown.
               Il poursuivra une carrière en dents de scie, la « vie parisienne » lui faisant perdre la tête et Mireille Balin le quittant pour Tino Rossi et, en 1938, le lendemain de la « Nuit de cristal », il boxe à Berlin, en pleine période antisémite et arborant l’étoile de David sur son peignoir.

               Il fallait, à la propagande nazie, qu’un ex champion du monde juif soit battu par un jeune aryen autrichien.
               Le 21 septembre 1943 il est arrêté et déporté au camp d’Auschwitz.

               Il sera l’un des 31 « survivants », sur les 1000 déportés du convoi n° 60, et sera abattu le 22 janvier 1945 lors de l’évacuation de ce camp devant l’arrivée des forces alliées.



Le 26 mars 2026
Eric de Verdelhan,
Vae victis !
« La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense mais à penser ce que l'on dit. » (Henri de Livry).

        Dans mes chroniques, j’ai souvent dénoncé « le mentir-vrai » qui est, à mes yeux, l’un des nombreux maux, l’un des plus nocifs, de notre époque décadente et liberticide ; celui qui clôt toute possibilité de débat, qui interdit d’émettre une idée autre que celle imposée par la doxa officielle.

        La différence entre le bobard classique et le « mentir-vrai » tient à la façon qu’a le « menteur-vrai » de culpabiliser celui qui ne le croit pas. Le menteur ment, par rouerie ou par mythomanie. En revanche, le « menteur-vrai » met tout en oeuvre pour que vous ne puissiez pas, pour que vous n’osiez pas, le contredire. Si vous osez, on vous traitera de menteur.

        Le « menteur-vrai » ne dit pas la vérité, il EST la vérité et, de ce fait, toute contestation n’est pas admissible. Si vous émettez un doute, vous devenez un dissident (comme dans l’ex-URSS), un négationniste, un populiste, un complotiste, un fasciste. On vous accusera alors de distiller la haine et de véhiculer des idées « nauséabondes ». Je ne veux pas jouer les Don Quichotte pourfendant des moulins-à-vent mais je milite depuis toujours pour la liberté d’expression, la pluralité d’opinions, la vérité historique, bref la liberté tout court. Celle de dire haut et fort ce que l’on croit ou ce que l’on pense. Celle de défendre ses idées, ses valeurs, ses convictions profondes, sa foi (tout en respectant les convictions des autres). Je suis totalement allergique à cette kyrielle de lois plus ou moins « mémorielles » - Pleven, Gayssot, Taubira, etc…- qui prétendent lutter contre les discriminations alors qu’elles tuent le débat d’idées, annihilent l’esprit critique, dénaturent la pensée, et suppriment aussi le droit de rire de tout. Ces textes restrictifs et liberticides sont du pain béni pour les minorités qui se sentent (ou se prétendent) discriminées : contre le « mâle blanc », on gagne à tous les coups ! Est-il normal, dans un pays qui se veut parangon de la démocratie et des droits de l’homme, qu’un citoyen puisse être trainé devant la justice pour…27 critères différents de discriminations ? Ces dégénérées d’Américains, en mettant un genou à terre devant leurs minorités raciales, religieuses ou sexuelles, ont ouvert la voie ; une voie sans issue, un cul de sac qui ne peut se terminer que par une guerre civile visant à terme la disparition du « mâle blanc ». Les pays européens, dont la France, suivent bêtement - par panurgisme imbécile - tout ce qui vient des États-Unis. Nous savons à quoi nous attendre ; notre effacement est déjà programmé, acté, c’est juste une question de temps !

        Les patriotes, les souverainistes, les nationalistes - ce « monde d’avant » auquel je me targue d’appartenir - mènent un combat d’arrière-garde en perdant du terrain chaque jour. Le combat des idées est une belle cause et pourtant, subrepticement, on se met à mentir-vrai, inconsciemment ou par peur de rendre des comptes à la justice. Nous abandonnons parfois le combat par lassitude, par fatigue, par ras-le-bol, par lâcheté aussi. Mais il arrive qu’une remarque d’un lecteur provoque chez moi un sursaut non pas de courage – j’en manque cruellement ! – mais d’indignation. Devant les gesticulations de Macron au sujet de la défense européenne, il m’est arrivé d’ironiser en disant qu’il voulait « recréer la LVF ». Un ami lecteur s’en est étonné et il avait raison. Il faut croire que mes écrits sont trop édulcorés, trop tièdes ou que, sans m’en rendre compte, je suis frappé par le syndrome du « mentir-vrai » car j’ai trop de respect pour ceux qui sont morts pour la France, pour oser me moquer d’eux. Ceci me donne l’occasion de rappeler ce qu’a été la « Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme », une unité créée le 8 juillet 1941, juste après le déclenchement de l'invasion de l'URSS par l'Allemagne. Le 30 octobre, ses effectifs partaient pour le front russe. Sur les 13.400 hommes qui se sont présentés pour s'engager, seuls 5.800 hommes ont été acceptés, c’est dire si la sélection était draconienne ! Notons que la France a eu la plus faible contribution en combattants pour le front russe de toute l'Europe (1). Si on ajoute à la LVF, les Waffen SS, les engagés dans la Kriegsmarine, etc… le nombre de Français sous le casque allemand aura été de 40.000, un chiffre équivalent à celui des engagés dans la « France Libre » avant le ralliement de l'AFN aux côtés des Alliés. Les Français ont toujours volé au secours de la victoire ; ils seront peu nombreux à rejoindre Londres, peu nombreux à combattre le bolchevisme, peu nombreux à entrer dans la Résistance, mais en revanche relativement nombreux dans l’Armée d’Afrique qui a débarqué en Provence en août 1944.

        Il s’agissait en très grande majorité de « Pieds-noirs » mobilisés par le général Giraud (j’y reviendrai plus tard). Mais attardons-nous un peu sur la LVF. Edgar Puaud sera son commandant de septembre 1943 jusqu'à sa dissolution en juillet 1944. Son premier porte-drapeau, blessé au combat (et décédé le 4 juillet 1943) était Constantin Amilakvari, ancien adjudant-chef de la Légion. Le frère du colonel Dimitri Amilakvari tué le 24 octobre 1942, lors de la seconde bataille d'El Alamein, à la tête de la 13ème Demi-Brigade de Légion Étrangère (13°DBLE).

        Le président Georges Pompidou a eu un oncle, le lieutenant Frédéric Pompidou, qui servit également dans la LVF (2).

        Le 1er décembre 1941, au sud du lac de Djukowo, à environ soixante kilomètres de Moscou, les combattants de la LVF seront décimés par les combats et par le froid intense. Les survivants sont relevés le 7 décembre. Seuls quelques dizaines de rescapés reviendront en France. Au printemps 1942, la LVF est reconstituée avec les rescapés de l'hiver et plusieurs centaines de volontaires. Ironie de l'histoire, la LVF a livré des combats particulièrement durs devant Dantzig, six ans après que Marcel Déat eut exhorté ses compatriotes à ne pas « mourir pour Dantzig ». Avec le succès des troupes soviétiques en juin 1944, la LVF sera entraînée dans la débâcle du front russe. Durant la retraite, elle est chargée de stopper l'avance soviétique. Le 26 et 27 juin, 600 soldats de la LVF, commandés par Jean Bridoux, se battent près de la rivière Bobr en Russie blanche. Un combat héroïque et inégal durant lequel ils arrivent à stopper la progression soviétique pendant quelques jours et à détruire de nombreux blindés. Un journal soviétique écrira : «…Sur la rivière Bobr, des unités blindées appartenant aux deux fronts de Russie blanche se sont heurtées à la résistance de deux divisions françaises ». En réalité ces Français courageux étaient l’équivalent d’un bataillon. En juillet 1944, Heinrich Himmler donne l'ordre du démantèlement de la LVF. Sa dissolution officielle est prononcée le 1er septembre 1944. La plupart de ses 1.200 rescapés sont regroupés (avec les survivants d'autres unités auxiliaires de la Wehrmacht) dans la 33° Division SS « Charlemagne » (3). L'aumônier général de la Légion, Jean de Mayol de Lupé rejoindra lui aussi la « Charlemagne ». Quelques soldats Français figureront parmi les derniers défenseurs de Berlin, fin avril - début mai 1945, face à l'Armée Rouge. Il est de bon ton, de nos jours, de les considérer comme des traîtres, de salir leur mémoire, simplement parce qu’ils appartiennent au camp des vaincus : vae victis ! Pour ma part, j’ai toujours écrit que j’avais un respect total pour les gens capables de risquer leur vie pour un idéal, pour une cause qui leur semblait juste.

        En l’occurrence, les soldats de la LVF se battaient pour la France car ils considéraient que le communisme – la peste rouge – était pire que la peste brune. L’aumônier de la LVF, jean de Mayol de Lupé, avait su convaincre les catholiques que le combat qu’ils menaient était une croisade, un combat légitime, contre le matérialisme athée. Leur chef, Edgar Puaud, déclarait « Dites aux Français que ceux qui se battent à l'Est sont de vrais Français qui se battent pour leur pays ». Qui oserait dire, s’il est honnête, que les deux frères, Constantin et Dimitri Amilakvari, ne sont pas tous les deux morts pour la France ? Respectons la mémoire de tous nos morts, ceux du camp des vainqueurs comme ceux du camp des vaincus. Parfois, en écoutant les élucubrations de pseudos historiens, on se demande comment les Allemands ont pu rentrer si facilement chez nous, tuer environ 100.000 de nos soldats et en faire prisonniers presque deux millions. Mais l’histoire est écrite par les vainqueurs. Et depuis, on essaie de faire gober au bon peuple que la France s’est libérée toute seule ; De Gaulle, comme Jeanne d’Arc avec l’Anglais, boutant le Teuton hors du pays à grands coups de croix-de-Lorraine, aidé par les maquisards gaullistes et les FTP (4) communistes. Assez régulièrement je tente de rétablir la vérité ou de nuancer cette histoire enjolivée, embellie, voire carrément romancée. L’Allemagne a été battue par …360 divisions soviétiques, et sur notre sol, par 90 divisions américaines, 20 divisions britanniques et les divisions françaises de l’Armée d’Afrique. Rappelons, pour mémoire, que lors du débarquement en Provence d'août 1944, le général Giraud mobilisa 27 classes de Français d'Algérie. 176.500 furent réellement incorporés. Et ils se sont bien battus. On m’objecte souvent que j’oublie « le poids considérable de la Résistance ». Non, je n’oublie rien et j’ai un profond respect pour les vrais résistants.

        Mais la Résistance, d’après l’historien Basil H. Liddell Hart, a représenté l’équivalent de deux divisions ; deux… sur les 500 venues à bout des troupes allemandes. Il faut se souvenir aussi que lors de la Libération, l’Armée a réussi à incorporer - péniblement - moins de 100.000 résistants alors que, sur les trois départements d’Algérie, le général Giraud avait réussi à mobiliser 300.000 hommes. Ceci se passe de commentaire. Il me semble que les chiffres sont suffisamment éloquents !

        Quand j’évoque la « Charlemagne », j’ai toujours une pensée pour un épisode peu glorieux de la vie du futur maréchal Leclerc ; épisode oublié par ses thuriféraires. Cette triste histoire a été racontée par Christian de La Mazière, l’auteur du livre « Le rêveur casqué » (5), dans son livre-testament « Le rêveur blessé » (6): « En 1945, tout à la fin de la guerre, un petit lot de prisonniers était échu en partage à un échelon de la 2ème DB.

        Ces prisonniers de guerre étaient des Français. Certes ils étaient revêtus d'un uniforme allemand ...mais ils ne s'étaient pas battus contre l'Armée française, leur engagement étant exclusivement contre l'Est, l'URSS, les rouges. Tirer sur des soldats français, l'idée ne serait venue à aucun. C'était tout simplement inconcevable, absurde. ...Ces jeunes gens étaient tous de bonne foi et courageux, comme le reconnut De Gaulle dans ses mémoires, mais ils étaient embarrassants ces rescapés de la « Charlemagne ». On les fusilla sans jugement, sans conseil de guerre, sans rien, comme on détruit des animaux nuisibles ... ». En fait, Leclerc en personne a apostrophé le lieutenant qui commandait les survivants de cette unité: « Vous n'avez pas honte de vous battre sous l'uniforme allemand ? ». Et l’officier lui aurait répondu: « Vous vous battez bien sous l'uniforme américain ». En 1981, « Paris-Match » a relaté les faits, sans que cela soulève la moindre polémique. L'article montrait une photo de Leclerc, son inséparable canne à la main, qui faisait face à un petit groupe de Waffen SS français prisonniers. La légende disait : « Avec chagrin mais sans pitié, Leclerc va les faire fusiller: ces rescapés de la « Charlemagne » ont été capturés le 8 mai 1945 par la 2ème DB. Le général Leclerc les accuse d'avoir revêtu l'uniforme allemand. Il s'entend répliquer que lui-même sert sous l'uniforme américain. Une insolence et un défi qui leur vaudra d'être fusillés ». Publié sur internet, le récit de ce crime de guerre n’a pas soulevé d’indignation : « Une douzaine de recrues, issues de la « Charlemagne », se rendent aux troupes américaines qui les livrent le 6 mai à la 2ème DB du général Leclerc, cantonnée à Bad Reichenhall. Les prisonniers sont interrogés par Leclerc en personne. Le lendemain, ils sont fusillés sans jugement et sans même que les autorités du GPRF (7), informées de leur capture, aient été tenues au courant de cette décision…Les corps sont abandonnés sur place, sans sépulture, par les Français, et enterrés plus tard à la hâte par les Américains… ».

        C’était le 8 mai 1945, jour de la reddition de l'Allemagne. Il faudra attendre… 1949 pour que - à la demande de la famille d’un des fusillés - leurs corps soient exhumés et placés dans une tombe commune au cimetière de Bad Reichenhall. Les gens qui ont une sensibilité à géométrie variable - et Dieu sait s’ils sont nombreux ! - vont arguer que ces Français, qui trouvaient la peste rouge bien pire que la peste brune, étaient des salauds ; qu’ils ont choisi leur camp – celui du mal – et que leur camp a perdu. Moi, je pense souvent à eux car je me dis que, par anticommunisme viscéral, si j’avais eu 20 ans à l’époque, peut-être que j’aurais choisi la LVF. Mais c’est une hypothèse peu probable car le courage n’est pas ma qualité première ; je n’ai pas un mental qui prédispose à l’héroïsme.
        Et je pense aussi à ce sergent-chef cité dans un livre sur la Légion Étrangère. Saint-Cyrien, il avait été fait chevalier de la Légion d’Honneur comme sous-lieutenant pendant l’offensive de juin 1940, puis il a reçu la Croix de Fer allemande comme oberleutnant sur le front russe, puis à nouveau la Légion d’Honneur (sous son nom d’emprunt) comme sergent-chef de la Légion en Indochine. Quand l’Armée lui a offert de retrouver son nom et son grade de lieutenant dans « la régulière » il a choisi de rester sous-officier dans la Légion Étrangère, sa vraie famille, sa patrie. Il a été tué sur « Béatrice » à Diên-Biên-Phu le 13 mars 1954. In memoriam . Eric de Verdelhan.
Eric de Verdelhan - Le 26 mars 2026

1)- Seules la Suisse et la Suède, pays neutres, ont fourni moins de volontaires.
2)- Comme tant d’autres, après la guerre, il s'engagera dans la Légion Étrangère et finira sa carrière comme capitaine à Sidi Bel Abbès.
3)- Division de Waffen SS français qui succéda à la LVF. Il faut lire Jean Mabire ou Saint Loup (nom de plume de Marc Augier) pour connaître l’épopée de ces soldats oubliés qui, contre les Soviétiques, ont souvent servi de « chair à canon ».
4)- FTP : Francs-Tireurs et Partisans, maquis majoritairement communistes.
5)- « Le rêveur casqué » de Christian de La Mazière; Laffont ; 1972.
6)- « Le rêveur blessé » du même auteur ; De Fallois; 2003.
7)- GPRF : Gouvernement Provisoire de la République Française.


MISE A JOUR
Par M. J.P.B.
        Chers amis,
        L'envoi de photos d'école de certains amis m'a permis d'ajouter des photos de classe sur le site de Bône la Coquette

Vivtor Hugo

Vivtor Hugo 51

Vivtor Hugo 52

Rubrique « Où sont-ils »

- Vous pouvez cliquer directement sur les liens pour y accéder.



LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS

Par J.C. Stella et J.P. Bartolini


               Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône et la Province du Constantinois méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.

             Jean Claude a effectué toutes les recherches et il a continué jusqu'à son dernier souffle. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous, des pages qui pourraient être complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir. Jean Claude est décédé, et comme promis j'ai continué son oeuvre à mon rythme.

             Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.

             De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.

             Ce travail fait pour Bône, Guelma, Philippeville, etc. a été fait pour d'autres communes de la région de Bône et de Constantine.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et du Constantinois
    
CLIQUER sur ces adresses : Pour Bône:
http://www.livredor-bonois.net
Autres Communes

             Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :

 
De M. Pierre Jarrige
Chers Amis
Voici les derniers Diaporamas sur les Aéronefs d'Algérie. A vous de les faire connaître.

    PDF 371                                                  PDF 215

    PDF 216 A                                                  PDF 216

    PDF 217                                                  PDF 218 Pierre Jarrige
Site Web:http://www.aviation-algerie.com/
Mon adresse : jarrige31@orange.fr

Lettre à notre fils manifestant écolo
Envoyé Par Pierre

Mon chéri,
          Vendredi, plutôt que d’aller au lycée, tu as participé à la manifestation pour la défense du climat et le sauvetage de la planète.
          Tu n’imagines pas combien nous avons été fiers de te voir engagé dans une cause aussi essentielle
          Profondément émus par tant de maturité et de noblesse d’âme, nous avons été totalement conquis par la pertinence de ton combat.
          Aussi, je t’informe que ta mère et moi avons décidé d'être indéfectiblement solidaires et, dès aujourd’hui, de tout faire pour réduire l’empreinte carbone de la famille.

          Alors, pour commencer, nous nous débarrassons de tous les Smartphones de la maison.
          Et puis aussi de la télévision.
          Évidemment, nous avons entrepris de résilier aussi tous les abonnements téléphoniques et la box d’accès à l'internet.
          Nous pensons également qu’il est nécessaire de corriger nos modes de vie : nous cesserons donc de partir en vacances au ski ou à l'étranger.
          Ni même sur la côte d'Azur avec le camping-car que, d'ailleurs, nous avons la ferme intention de revendre.
          Et, bien sûr, fini l’avion ! Pour l'été prochain, ta mère et moi avons programmé de remonter le canal du Midi par les berges, à vélo.

          Comme tu vas aller désormais au collège avec ton VTT, cela te fera un excellent entraînement
          Oui, parce que la batterie de ta trottinette électrique n’étant pas recyclable, il te faudra oublier ce mode de locomotion. Mais c’est déjà fait, j’imagine
          Ah ! Pour tes vêtements, nous avons décidé de ne plus acheter de marques (fabriquées par des mains d'enfants dans les pays du tiers-monde comme tu le sais).
          Tu nous approuveras, nous en sommes persuadés.
          Nous envisageons par conséquent de t'acheter des vêtements en matières éco-responsables, comme le lin ou la laine, que nous choisirons de préférence écrus (les teintures sont parmi les plus grands polluants).

          Dans la foulée, nous nous mettrons à l’alimentation bio et privilégierons les circuits courts.
          Et pour aller au plus court, nous songeons même à acheter des poules afin d’avoir des œufs frais à portée de main : tu vas adorer ! Ta mère a même pensé à un mouton pour tondre le gazon.
          Et puis, j’ai adressé une candidature en bonne et due forme à la mairie pour obtenir l’affectation d’une parcelle dans les jardins familiaux partagés.
          Nous comptons sur toi pour nous aider à cultiver nos légumes.
          Il va sans dire que, dans cette démarche, nous bannirons les aliments industriels.
          Désolé pour le Coca et le Nutella dont tu faisais grande consommation et dont tu devras te priver à présent.
          Mais nous ne doutons pas un instant de ton approbation.
          Enfin, pour palier le manque de distractions par écran interposés, le soir, nous nous remettrons à la lecture (dans des livres en papier recyclé, cela va de soi) ou nous jouerons aux échecs et pourquoi pas aux petits chevaux : il y a une éternité que nous n’avons pas fait une partie de ce jeu désopilant.
          Nous achèterons un plateau et des pièces en bois du Jura, comme il se doit.

          Et nous veillerons à nous coucher plus tôt pour économiser la lumière.
          Voilà, nous sommes certains que tu adhèreras pleinement à ce sympathique programme qui s’inscrit en ligne directe dans ton combat pour sauver la planète.
          Et nous te remercions encore de nous avoir ouvert les yeux.
          Tes parents qui t’admirent et qui t’aiment.


Si vous avez des documents ou photos à partager,
n'hésitez-pas à nous les envoyer. D'avance, Merci.

                 EN CLIQUANT. ===> ICI
Notre liberté de penser, de diffuser et d'informer est grandement menacée, et c'est pourquoi je suis obligé de suivre l'exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d'information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d'expression, tel qu'il est reconnu par la Résolution 59 de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d'expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
    
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