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LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
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Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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SOMMAIRE de la SEYBOUSE N° 268
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Puglisi : Retour fugace dans le passé. (2)
Acep 277 : Villard : ECRIRE L’HISTOIRE DE SON PAYS
PHOTO ORAN : M. Pinto
Echo-d'Oranie ; ignominie
Mutilé 54-1918 ; Les Grottes de Birmandreis
Alg-catholique 12-1937 : Le Tigre et le Capucin
Donato : Je m’souviens - (3) C….ries… Vous avez dit c…ries
Bonjour 63 : Chronique de Kaddour
Vangioni : EPITRE A UN AMI POUR SES 90 ANS
Alger-étudiants N°28 : UN CUISTRE
Kergall : photo école orangerie 1941
Acep 277 : Levasseur
J. Sardella : T’seph à l’Orangerie
PHOTOS des Enveloppes insolites
Bonocori : Prise de Bône (2)
ACEP 277 : TEMOIGNAGE de mazard
PNHA 183 : M'Sila
Ministre Algérie ; p, 79-99, ORGA. POTITIQUE ET ADMINISTRATIVE DE L’ALGÉRIE
Grieu poème : ODYSSÉE DE L’ESPÈCE ? IA 2025
PNHA 183 : Perez : UNE DEFERLANTE D'INTERROGATIONS....
Grieu poème : MOISISSURES
PNHA 183 : Jean-Jules-Antoine Lecomte du Noüy,
PHOTOS des Enveloppes insolites
BRASIER Panthéon : 50-Juin
Revue de l'Orient 1845-1, P 166-169 : SAHARA ALGÉRIEN.
Castano : LA BRAISE SOUS LA CENDRE
Ministre Algérie ; p, 101-128 ; LÉGISLATION SOC SYNDICALISME ET SÉCU SOCIALE
Grieu poème : boutonnage
Ventura : Lieutenant-Colonel Armand Bénésis de Rotrou.
Noël Meï : Souvenir
Puig : réflexion
Castano : A FRANCE AU BORD DU RENONCEMENT
Gomez : Comment la France a inventé un pays, l’Algérie…
Voltaire : Les dégradations d’églises en hausse
Mise à jour site : Photos classes Kergall
Livre d'Or : Mise à jour
Vidéos : 213-alat-8.pdf ; 213-427-pilote-au-pa-9eme-di.pdf
Histoire : Annie : Avec 5 francs …
Chers Amies, Chers Amis,
Désormais, le Sommaire de la Gazette remplacera mon Edito, je vous remercie d'avoir eu à le supporter pendant toutes ces années.
" Bône " lecture et bon mois de Février
A tchao, Diobône,
Jean Pierre Bartolini
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| Retour fugace dans le passé.
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2ème partie
S'il m'arrive très souvent, d'avoir des pensées, qui me ramènent vers ce passé, qui ne cesse de venir toujours m'obséder ; c'est très habituel, qu'une pensée vagabonde vienne soudain m'envahir et fait dérouler dans mon esprit, une brève scène que j'ai jadis vécue, là-bas ou, ailleurs, chez-moi en Algérie et que, je revois très clairement, dans le fond de ma mémoire, avec tous mes sens en éveil et les yeux grands ouverts. Ces manifestations, peuvent se produire, à n'importe quel moment du jour ou de la nuit, surtout, lorsque je pense, remarque ou assiste, à certaines choses qui m'entourent, comme = une odeur - un plat cuisiné - une lecture - une musique - une conversation, etc. Toutes ces pensées, peuvent me ramener vers cet horizon lointain et déclencher en moi des images du passé, qui, sont depuis, hélas ! Bien longtemps révolues.
16° - "Je me souviens des soirs d'hiver à La Calle où, je dois dire qu'ils enchantaient mes nuits et me plongeaient dans un sommeil profond. Entendre rugir le Bafoungne ( vent violent d'hiver venant du Nord-Ouest ), mais aussi, écouter la pluie tambouriner sur les volets clos et le bruit de la mer en furie, ne pouvait que me ravir et rendre mes nuits des plus douces
A cette époque, je partageais la chambre avec mon vieux grand-père, qui n'arrêtait pas de ronfler bruyamment toute la nuit. Mais, j'étais habitué à l'entendre, ce qui ne me dérangeait nullement et ne m'empêchait pas de dormir sereinement. De temps à autre il se levait, pour aller uriner dans notre pot de chambre commun et puis, il se recouchait et entamait rapidement son habituelle musique de nuit.
Durant ces soirs de tempête, je rentrais dans mon petit lit bien douillet où, ma chère grand-mère avait pris la précaution, d'installer une chaude bouillotte sous les couvertures, Alors qu'au dehors, le vent, la mer, la pluie faisaient rage, j'étais ravi d'écouter tous ces bruits venant du dehors. Dans la chambre d'à côté, étaient couchées ma mère et ma grand-mère et comme tous les soirs, elles causaient d'une chose et d'autre, avant de se dire bonsoir et de dormir. Ma mère de son lit me criait ="Jean-Claude, tu vas bien dormir cette nuit !". Bien-sûr ! j'acquiesçais volontiers, mais, le plus souvent le vacarme des éléments, m'avait déjà entraîné dans les bras de morphée. C'était toujours ainsi les soirs de tempête, lesquels, restent pour moi de bien délicieux souvenirs. Comme j'aimerais aujourd'hui, revivre pareilles nuits, dont, je sais hélas ! qu'elles ne se reproduiront plus sur la terre de France.
Puisque j'évoque ces soirs de tempête, j'ai omis de vous dire, qu'en plus des éléments déchaînés, le tonnerre se faisait entendre à grand bruit, ce qui déclenchait dans notre demeure, une espèce de panique qui touchait mes grands-parents. Les très violents coups de tonnerre, réveillaient mon cher grand-père, qui pour l'heure ne ronflait plus. C'est alors que du côté de la chambre d'à côté, ma grand-mère se lamentait en appelant tous les saints du paradis, à chaque violent coup de tonnerre, imitée en écho par mon grand-père, qui appelait à la rescousse "Sainte Candide", la patronne de Ventotène son île natale. Tout cela m'amusait follement, sans qu'il me vienne à l'idée de les imiter. Lorsque enfin le tonnerre cessait, tout rentrait dans l'ordre, je m'endormais alors bercé par le chant du Bafoungne. Mon grand-père reprenait sa musique de nuit et dans la chambre de mes parents, le silence et le calme régnaient enfin.
J'ai toujours espéré, revivre ces nuits de tempête dans ma demeure du Var, mais, hélas ! le Mistral, n'a pas la même chanson que le Bafoungne, si bien que je ne l'entends pas, même en prêtant mes deux oreilles. Que me reste-il aujourd'hui ? La Nostalgie de ces soirs de tempêtes Calloises; qui ne reviendront plus enchanter et bercer mes nuits."
17° - "Il faut le dire, que, les légendes Calloises, ne faisaient pas défaut autrefois et il faut savoir, qu'on y croyait ferme grands ou petits. Alors, un jour, à l'âge de 10 / 11 ans avec mon habituelle bande de copains, nous évoquions toutes sortes d'histoires effrayantes, qui parlaient de revenants, de fantômes, d'esprits et de "Mounagel" ( moinillon Napolitain qui effraye )... Nous étions là, à causer très sérieusement, de toutes ces choses qui font peur et qui n'étaient pas loin de nous effrayer. A moment donné, l'un d'entre-nous, devait évoquer "la grotte de l'esprit", dont on avait entendu parler et qui devait fortement nous intriguer. Elle devait se situer, disait-on ? quelque part du côté des grottes du Lion. On disait alors, qu'un esprit démoniaque sortait parfois de cette grotte, pour effrayer tous ceux qui s'aventuraient à proximité.
C'est ainsi qu'un beau jour, nous avions tous décidé d'un commun accord, de nous rendre sur place, pour tenter d'observer le curieux phénomène, armés bien entendu d'une grande prudence et prêt à prendre les jambes à notre cou, si cet l'esprit que tout le monde évoquait, pouvait se manifester en sortant de la grotte.
Ce fut un jeudi, jour de la semaine où il n'y avait pas d'école, que nous nous sommes décidés à l'unanimité, d'aller "courageusement" explorer l'endroit hypothétique de la grotte de l'esprit. Nous avions emporté quelques menus matériels = une corde - une lampe torche - une binette... Enfin, tout ce qui nous paraissait utile à cette expédition.
Alors que nous arrivions en sein même des rochers du Lion, un endroit que nous connaissions bien, nous nous mimes prudemment à l'œuvre, afin de trouver cette mystérieuse grotte. Des adultes nous avaient révélé l'endroit où, devait se situer la fameuse grotte et arrivés à proximité, c'est avec une grande prudence, que nous nous sommes approché et mis à explorer le secteur. Nous avions trouvé, cachée sous un grand rocher, une espèce de cavité de plus de 1 mètre de circonférence, qui pénétrait perpendiculairement dans le sol et l'un d'entre-nous - René Arnaud - qui manifestement était le plus courageux de la bande, s'est introduit avec précaution dans ce trou, mais, sans aller bien loin puisqu'il était borgne. Nous étions tous prêt, à décamper en vitesse, si l'esprit se venait à se manifester. Mais, rien ne se produisit et pas d'esprit à l'horizon, ce qui devait bien nous rassurer.
Nous sommes restés là assis à discuter, tout prêt de l'endroit dont la rumeur locale, évoquait souvent cette "grotte de l'esprit". Nous avions alors compris, que la grotte de l'esprit, ne pouvait être qu'une légende, mais, sans en être parfaitement convaincus, car, était-ce bien l'endroit de cette mystérieuse grotte ? Nous n'en étions pas si sûr et dans nos esprits, la légende de la grotte de l'esprit, devait nous poursuivre encore très longtemps.
La preuve, c'est que j'en parle encore bien des années après.."
18° - "Durant l'été, tous les matins et souvent l'après-midi, je passais ma journée à me baigner dans la mer. Ma grand-mère se refusait, de m'autoriser la baignade les après-midi, jugeant qu'une matinée avait déjà été réservée à au bain de mer et que cela était bien suffisant. Il ne me restait plus, qu'à trouver les moyens de désobéir à ma mémé et pour se faire, après la sieste que j'étais obligé hélas ! de faire, je rejoignais une bande de copains et nous allions tous ensemble fréquenter les rochers du Lion où, il existait taillé dans la roche, une espèce de piscine bien abritée des regards, de plus d'une dizaine de mètres de long. Là, tout le monde se déshabillait et c'est "à poil", que nous nous sommes mis à l'eau. Que ce bain était agréable et je dois dire, qu'il nous semblait meilleur que lorsqu'on portait un maillot de bain. Pour certains d'entre-nous, qui craignaient une hydrocution et pour s'en prémunir, sachant qu'il faut attendre au moins 3 heures après les repas, allaient se camoufler derrière les rochers, pour tenter de s'exonérer d'une petite crotte salvatrice et ainsi ne plus craindre les dangers de l'hydrocution. Ainsi, les après-midi se passaient toujours comme cela et à l'insu des parents.
Mais, il est arrivé un certain été où, avec mon cousin Alain Jardino, qui passait des vacances à La Calle, nous avions décidé d'aller nous baigner "à poil" dans les rochers du Lion. En fin d'après-midi, après avoir pataugé longuement dans l'eau, nous sommes rentrés à la maison où, nous attendait notre grand-mère de pieds fermes. Elle devait alors nous coincer dans la cuisine et saisir et goutter nos bras, lesquels, bien entendu révélaient le goût salé de la mer. Très fâchée et après les engueulades habituelles, elle devait nous faire promettre de ne plus recommencer. Mais, nous avons continué à prendre nos délicieux bains "à poil" et pour ne pas que notre grand-mère nous goutte, nous avions repérer une fontaine sur le petits-quais et pris la précaution de nous asperger abondamment d'eau douce. Le tour était joué et grand-mère ne pu voir que du feu, en léchant la peau de nos bras."
19° - "Il fut un temps où, nous avions pu nous procurer des masques sous-marins, ce qui nous rendaient bien service, d'autant, qu'auparavant, nous plongions les yeux grand ouverts, pour ramasser à tâtons notamment des oursins. Avec le masque, notre vie aquatique s'est vue grandement améliorée. Presque tous les matins, je m'en allais, soit ramasser les oursins, soit, pêcher au fusil harpon.
Cependant, pour faire plaisir à mes grands-parents, il m'arrivait souvent d'aller cueillir des "Bakoums" aussi appelés "Chkougils" ( Escargots de mer = Bulots ). J'avais repéré un "pitse" ( un endroit ) pas loin du rivage de la petite plage où, abondaient de tels escargots. Muni de mon masque et d'un petit panier, que je n'avais pas de mal, à remplir en très peu de temps. Ma grand-mère les préparait en court-bouillon et nous les mangions à la vinaigrette. C'était toujours un régal pour toute la famille.
Cependant, ce bon temps ne devait pas durer, car, un matin alors que j'avais été ramasser des bakoums, mon attention fut attirée, par une multitude d'escargots qui s'étaient étrangement regroupés. Je n'avais jamais observé un tel phénomène, alors, je me suis rapproché de plus prêt, pour mieux le voir et comprendre et je dois dire, que j'ai vu avec effroi un spectacle écœurant, qui m'a fait renoncer définitivement à ces fruits de Mer. Mais, qu'avais-je donc pu voir au travers de mon masque ? J'ai aperçu que ces escargots, étaient en train de dévorer le cadavre d'un petit chat, qui, avait été noyé, comme il était coutume de le faire à cette époque. Renseignements pris, je sus alors, que comme les crevettes et autres crustacées, les Bakoums étaient des fossoyeurs de la mer.
20°- " C'était en Mai 1949, l'année où je faisais ma Communion Solennelle. Depuis quelques jours déjà, nous avions eu la permission de nous absenter de l'école, afin de faire une semaine de "retraite" au sein de l'église. Durant cette période, Monsieur le Curé assisté des sœurs BORG nous avait enseigné, la façon de nous tenir et de nous comporter, durant toutes les cérémonies de communion, qui devaient se dérouler lors de ce beau jour. Garçons et filles tous ensemble, nous avions suivi avec attention, toutes les recommandations de notre Curé et il faut aussi le dire, que, nous étions particulièrement ravi, d'être libéré de notre école pour une petite semaine. Mais, cependant, nous nous préparions sérieusement à faire notre Communion, après avoir passé trois longues années de Catéchisme.
Le samedi, qui marquait la veille du jour solennel, chacun se rendait à l'église où, dans la sacristie, se tenait Paul VELLA + le sacristain, qui distribuait à chacun un énorme cierge, moyennant une somme d'argent non négligeable. Ce cierge devait nous accompagner le lendemain matin, alors qu'en procession nous allions tous ensemble, chercher notre Prêtre qui nous attendait à la cure. Il faut dire en passant, que ces cierges ne devaient jamais être allumés, sous prétexte qu'autrefois une petite communiante, avait accidentellement mis le feux à sa robe. Mais, ces cierges, étaient surtout une belle occasion pour notre Curé, d'arrondir ses fins de mois, sur le dos d'une population Calloise, qui à cette époque n'était pas très argentée.
Enfin, c'est par un beau dimanche de Mai, que, devait se dérouler, les cérémonies de la Communion Solennelle et de bon matin dans chaque famille Calloise, on se faisait un plaisir de préparer les petits Communiants. Pour les garçons, c'était le traditionnel petit costume, avec une belle chemise blanche et sa cravate. Sur le bras droit pendait un brassard, dont, aujourd'hui encore, je ne cesse de me demander à quoi il servait. Tenu dans la main droite, se trouvait un petit Missel, que jamais personne n'a même pas une seule fois ouvert... Pour les filles, elles étaient vêtues d'une belle robe blanche et portaient un voile sur leurs têtes. Au total, nous formions un groupe de beaux gamins et gamines, vêtus comme des princes et des princesses, avec des habits qui avaient coûté très chers aux parents, lesquels, devaient avoir dû économiser durant une bonne année, malgré leur peu de moyens et leurs maigres revenus.
Le dimanche matin après le retour de la Cure où, nous avions été chercher notre Curé, le sacristain nous débarrassa de nos cierges dès notre entrée dans l'église où, nous devions assister à la grand messe. Toutes les familles était présentes et dans la foule qui se tenait dans l'église, figurait ma chère maman accompagnée de mon cousin Alain JARDINO. Plus tard, celui-ci m'avoua, que ma mère avait pleuré durant toute la messe. Peut-être, pensait-elle à son époux, décédé quelques 11 ans plutôt et qui en ce beau jour manquait à l'appel. Ce chagrin que je comprends aujourd'hui, je ne l'ai pas saisis ce jour-là, parce que, je ne savais pas alors, que ma mère avait eu un gros chagrin au cours de la cérémonie. Dès mon retour au domicile, alors que fier comme Artaban je rentrais dans ma maison, je vis soudain ! arriver en trombe, ma mère tout en larmes, avec la photo de mon père à la main. Elle devait me crier = "embrasse ton père "! A ce moment-là, ce fut la catastrophe, pensez, un petit garçon, tout fier de faire sa Communion et vivre un jour qui ne pouvant être, que marqué par la joie, lequel, tout à coup, se retrouve devant sa maman en pleurs, tenant dans sa main la photographie d'un Papa qu'il n'a même pas connu, devait soudain déclencher chez le petit garçon que j'étais, un mouvement de rejet et de colère envers ma mère, dont je n'ai pas à l'époque hélas ! compris le désarrois qu'elle vivait. Tellement contrarié par cet épisode, je boudais le repas de Communion et se faisant, je partis me mettre au lit et ne me levais qu'en début d'après-midi, pour m'en aller assister au vêpres et faire mon serment sur l'Evangile ="Je renonce au démon, à ses œuvres et à ses pompes et je m'attache à Jésus-Christ pour toujours." Des paroles, que nous prononcions deux par deux devant le Maître Autel, la main droite sur l'Evangile. Je me demande aujourd'hui ? si à cette époque nous étions bien conscients, des paroles et du serment que nous faisions.
Le jour de notre Communion, restera pour moi un merveilleux instant, sauf, le gros chagrin de ma chère maman, dont je regrette aujourd'hui de ne l'avoir pas compris et de m'être aussi mal comporté, alors que ma mère avait préparé, un repas royal tout à mon honneur.
L'année d'après, je renouvelais ma communion et après ça, adieu ! le catéchisme et même l'église, que je ne fréquentais que durant les grandes occasions. Mais, je dois avouer cependant, que, je suis très heureux, d'avoir pu fréquenter notre église durant mon enfance et ce sont de très beaux et bons souvenirs, que j'ai pu garder de cette époque."
21° - "Autre souvenir de jadis = nous étions en été et il arrivait que de rares touristes, viennent passer leurs vacances à La Calle. Il est certain que pour la plupart, les choses de la mer leur étaient étrangers, mais, parfois, ils voulaient nous imiter sans d'ailleurs nous demander notre avis. C'est ainsi que goguenards, nous avons pu parfois assister à des scènes cocasses. Je me souviens avoir un jour aperçu une poignée de touristes, se régalant autour d'un plateau d'oursins, qu'ils avaient semble-t-il fièrement ramassés. Au premier examen, je constatais, qu'ils étaient en train de déguster, des oursins dit "Juifs" non consommables. Surprise générale devant mon aspect hilare, alors je fus pris de pitié pour ces touristes et je plongeais pour leur ramener quelques bonnes douzaines d'oursins. Mais à tout péché miséricorde et pour ma part, je laissais nos chers touristes se régaler, avec des oursins consommables que je leur avaient pêchés. M'ont-ils remercier ? Je vous avoue ne pas m'en souvenir.
Il en fut de même, pour avoir observé un grand jeune homme étranger, en train de pécher consciencieusement au harpon, tout près des rochers du Lion. Lorsque enfin il prit pieds à terre, par curiosité nous sommes allés voir ce qu'il avait pris. Ce que nous avions vu, devait déclencher parmi nous un fou-rire généralisé, au grand étonnement du pêcheur au harpon. En effet, gisaient près de lui sa fabuleuse pêche, qui était surtout constituée de "Gats sous-marine " ( holothurie ), une espèce que jamais un seul Callois n'a ramassé et qui était toujours tournée en dérision, compte tenu de sa forme représentant un sexe mâle.
Comme ce pêcheur insolite semblait fier de ses prises, c'est en riant de plus belle, que nous l'avions laissé avec son butin."
22° - Cette petite aventure, je l'ai vécue vers l'âge de 17 ans. J'étais alors pensionnaire au Collège technique de Bône et tous les dimanches, j'allais rendre visite au domicile de mon oncle Antoine et de Rosette son épouse. Ils habitaient un petit appartement situé au rez-de-chaussée, desservi par une entrée où se succédaient, des appartements habités par des européens, mais aussi par des arabes.
Tout ce petit monde vivait en paix et en bonne entente et j'eus tôt fait de remarquer une jolie petite blonde du nom de Pierrette VENTURA, qui logeait dans la même cour avec ses parents. Elle devait alors avoir 16 ans et il me semblait, qu'elle me regardait d'un oeil intéressé. Pas mal cette charmante enfant devais-je me dire et je rentrais en contact avec elle, à chaque fois que le dimanche je me rendais chez mon oncle. Au bout de quelque temps nos relations se firent plus intimes, mais, sans qu'il n'y est quoi que ce fut entre-nous. Nous nous bornions à de douces conversations et parfois des sorties en compagnie de nos parents. Les vacances d'été s'approchaient à grand pas et moi, j'étais très amoureux de Pierrette qui me le rendait bien. Mais, jamais de gestes tendres où de mots d'amour, ne sont venus dans notre ciel serein et heureux.
Au début de mes vacances et comme de coutume, je rejoignais mon village de La Calle, pour passer l'été et profiter de la mer. Très amoureux, je n'oubliais pas Pierrette à qui j'écrivais des lettres d'amour tous les jours. Vraiment, il me semblait qu'avec cette jeune fille, nous allions plus tard peut-être, unir nos destinées. Mais, les choses devaient se passer tout autrement, car, un matin mon oncle, qui conduisait les cars de l'Algérienne Automobile Transport, lesquels, faisaient la ligne de Bône/La Calle, devait m'interpeller et me demander de ne plus avoir de contact avec Pierrette. Il devait ajouter que cette charmante demoiselle, avait eu des contact intimes avec son beau-frère. Comme ils avaient été surpris par le père de Pierrette, ce dernier avait fait un grand scandale dans sa maison et tout le quartier fut au courant de la chose.
Comment ai-je pris cette nouvelle ? pas bien je l'avoue, mais, avec le temps et le soleil de La Calle, j'ai bien vite oublié Pierrette. A la rentrée, je n'ai plus remis les pieds chez mon oncle, de peur de la rencontrer et de la revoir. Cependant, j'ai eu un beau jour l'occasion de l'apercevoir sur le cours Bertagna, elle m'a fait un sourire auquel je n'ai pas répondu. C'est la seule fois où j'ai pu la revoir, mais, sans éprouver le moindre émoi.
C'est ainsi que se termina, ce petit roman d'amour avec Pierrette - que j'ai bien vite oubliée.
23° - " C'était un été de 1956 ou 1957, j'avais alors 17/18 ans et comme de coutume, avec tous mes copains, nous avions pris l'habitude d'aller arpenter tous les soirs le Cours BARRIS, sans négliger d'observer discrètement au passage, les jolies petites jeunes filles du village, mais, aussi les jeunes étrangères, qui passaient des vacances à La Calle. C'était ainsi tous les ans, mais, nous nous contentions seulement de regarder les filles, de rêver à elles et de se jouer plein de belles histoires amoureuses dans la tête. Inutile de dire qu'à cette époque, nous n'approchions pas ces jeunes demoiselles, à qui nous n'adressions jamais la parole. Il en était ainsi en ce temps-là et pour ma part, j'étais comme tous les copains, à lancer des regards au passage des donzelles et c'est tout !
Cependant, au cours de cet été-là, je ne sais pas pourquoi, la chance devait me faire un beau sourire. Il faut dire, que j'étais un garçon bien de sa personne, grand de taille avec une belle chevelure ondulées et le corps tout bronzé par le soleil de l'été... Enfin de quoi attirer un petit regard féminin, sur le beau jeune-homme que j'étais alors.
Dans mon quartier, nous avions des amis que ma grand-mère connaissait bien. C'était la famille Talliamonte, qui était représentée par la vieille maman et sa fille Gaby, qui devait alors avoir autour de 25 ans. Cette année-là, pour leurs vacances, ils avaient reçu de la famille, qui résidait à Sidi-Mabrouk un quartier de Constantine. Il y avait-là, la maman, qui était la fille de Mme Talliamonte, accompagnée de ses deux filles = Josiane, l'aînée et une petite sœur. Josiane devait avoir 17 ans et c'était une belle jeune fille, qui tout de suite à fait battre mon cœur.
Nous avions très rapidement lié connaissance et je la retrouvais tous les soirs avec sa tante sur le Cours Barris et tout doucement, nous fumes attirés l'un vers l'autre. Alors devait commencer entre-nous, une véritable et solide liaison d'abord amicale, qui, tout doucement, devait se transformer en une relation beaucoup plus intime. Nous allions ensemble nous baigner et faire du vélo, puis, un jour, alors que nous étions dans l'eau et que je la tenais ferme dans mes bras, nous nous sommes embrassés longuement. Je souris aujourd'hui, lorsque je pense à ce premier baiser et qu'il m'a été de donner pour la première fois, de prendre les lèvres d'une jeune-fille. Je ne savais pas embrasser et elle de même, mais, au fur et à mesure nous avions appris à nous unir.
Mais, les jours passaient et leurs vacances, étaient en train de fondre comme neige au soleil. Nous étions tous les deux amoureux l'un de l'autre et elle ne cessait de me dire, que, lorsqu'elle reviendrait l'été prochain, c'était pour m'aimer, autant qu'elle m'aimait aujourd'hui. mais, hélas ! lorsque le jour du départ arriva, je m'arrangeais pour prendre le bus en même temps qu'eux, prétextant, que je devais me rendre à Bône pour mon cours d'accordéon. Je les accompagnais jusqu'à la gare, comptant bien rentrer sur les quais et assister à leur départ. mais, la maman qui devait se douter de quelque chose, me congédia gentiment et c'est ainsi Josiane me dit au revoir, après un petit baiser d'adieu sur la joue.
Le cœur lourd, je suis parti de la gare, avec l'image de Josiane qui ne cessait de me poursuivre. Mais, rien n'était perdu, puisque, nous avions échangé nos adresses et nous nous étions promis de nous écrire souvent. C'est ce que je fis dès mon retour à La Calle, en me disant, que l'année serait bien longue à attendre pour qu'elle revienne. Elle me répondit, par une lettre enflammée qui me porta aux nues et c'est alors que je me rendis compte combien je pouvais être amoureux. Ma mère, qui observait discrètement le courrier de son fils, lequel, pour plus de sécurité s'était muni d'un solide petite boite en bois, très bien fermée par un cadenas. Mais, notre correspondance ne dura que peu de temps, car, à un moment donné, mes lettres sont restées sans réponses. Alors que je me perdais en conjectures arriva le jour où, je devais regagner mon école à Bône où, j'étais pensionnaire à temps complet. Malgré mes lettres, toujours aucune réponse, ce qui ne pu que me faire poser des questions = je pensais que sa mère devait subtiliser mon courrier, mais, alors, pourquoi ? ne m'écrivait-elle pas.
Un dimanche, j'étais de sortie de mon école et nous étions seulement à quelques jours des vacances de Noël. Ce jour là, le temps était affreux et c'est ainsi qu'avec des copains, nous nous sommes retrouvés sur les bancs d'un cinéma. Juste sur la rangée qui était devant moi, un jeune garçon se retourna et je reconnu le petit-fils de Mme Talliamonte. Nous nous sommes mis à causer et alors je lui demandais des nouvelles de sa famille de Constantine et plus particulièrement celles de sa cousine Josiane. La réponse qu'il me fit, devait me précipiter au bas de l'échelle = Josiane s'était fiancée et allait bientôt se marier ! Je ne sais si ce jour-là, j'ai pu regarder et m'intéresser à la séance de cinéma. J'étais effondré ne comprenant pas trop ce qui m'arrivait.
Je restais bien triste dans les jours qui suivirent, mais, bien heureusement, le temps qui passait me fit doucement oublier, celle qui avait conquis mon cœur au cours d'un seul été. Bientôt, je n'ai plus du tout pensé à Josiane, en me disant, qu'ainsi étaient faits les amours de l'été. Ces amours bien fugaces, qui s'envolent dans "la fumée d'un train qui part."
24° - " C’était un soir de décembre pluvieux et venté... L’orage avait plongé notre cuisine dans le noir le plus absolu alors que nous étions en train de souper... Dans mon assiette un somptueux morceau de boudin frit était depuis un moment en sursis et dans l’obscurité qui régnait dans la pièce, je ne sais pourquoi, je me mis soudain à penser au petit Jésus... Mais attention ! pas le gentil Jésus qu'il y a dans les églises, mais l'autre ! le méchant ! qui parfois coupe les oreilles et la langue des garnements de mon âge...
- Avec une certaine angoisse je me suis dit alors, que ce petit Jésus vengeur et très en colère ce soir-là, pourrait très bien profiter de l’obscurité pour venir en catimini me punir de toutes mes sottises. Un ange qui passait par-là devait dire :"amen !"
Cependant, je n'ai pas eu à chercher bien longtemps la façon dont il pourrait s’y prendre. C’est pourquoi, lorsque à tout hasard et d’une main prudente j'explorais le contenu de mon assiette où, le châtiment divin était déjà tombé ! Implacable ! et cela sans aucune possibilité d'appel... Vide ! mon assiette... car, comme par enchantement, mon festin avait mystérieusement disparu... Effrayé comme peut l'être un enfant, je sanglotais très fort lorsque enfin ma mère alluma la lampe à pétrole... et la lumière fût !
Alors j'accusais à chaudes larmes le petit Jésus d'avoir pris le boudin de mon assiette et je revois encore sur tous les visages la stupeur et la superstition de toute la famille, devant ce plat inexplicablement vide de son contenu...
Passés les premiers instants de surprise on trouva enfin sous la table, le chat, qui sans façon, terminait son repas de boudin en se léchant béatement les babines... Quelle frayeur tu m'as fait ce soir-là ! sacripant de matou... Mais je peux te le dire très franchement aujourd'hui et avec toute ma reconnaissance, que c’est bien à toi seul mon chat, à qui je dois ma plus belle histoire d’enfant... D'ailleurs et ceci dit entre-nous, jamais, je ne lui en ai tenu la moindre rigueur... Après tout ce soir-là, le petit Jésus trop affairé à jouer au boules dans le ciel, lui aurait peut-être dans un roulement de tonnerre, intimé l'ordre d’exécuter sans plus tarder sa sentence : quand aujourd'hui il m’arrive d’y penser, je me dis que c’est sûrement ça !
En ces temps de Noël toujours marqués par les beaux souvenirs de jadis et l'éternelle nostalgie de notre terre natale, j'ai voulu modestement vous faire partager ma petite histoire d'enfant : celle que j'ai pu vivre autrefois à la table familiale par une soirée de tempête, dont j'aimerai bien ré-entendre aujourd'hui et à l'unisson : les hurlements rageurs du bafoungne - le grondement sourd de la mer - le tintement harmonieux de la pluie et les roulements du tonnerre..."
25° - " Je devais avoir 9 ou 10 ans et Noël s'approchait à grand pas. Comme tous les ans, nous avions l'habitude de dresser un sapin de noël, chez-nous, dans notre salle à manger. Mais, se posait régulièrement le problème, d'acquérir un sapin ce qui était très compliqué, voire, très difficile d'en trouver un sur le marché. C'est pourquoi, un beau jour, après discussion avec ma mère, nous avions décidé d'aller nous même le couper, dans un endroit où il était interdit de le faire, ce qui devait nous poser quelques petits problèmes.
Nous étions courant décembre et le temps était très mauvais. La pluie tombait et le vent soufflait en rafales. Mais, malgré les intempéries, avec ma mère, nous avions décidé de nous lever très tôt le lendemain matin et de profiter de la nuit, pour nous diriger vers un petit bois de sapins, situé derrière la poudrière qui surplombait à l'ouest le stade de football. Nous voilà dont partis discrètement et chaudement vêtus, sans avoir oublié une "erminette", qui devait nous permettre d'abattre un arbre. Arrivé sur les lieux et en silence, nous avions trouvé le sapin qui nous convenait, ni trop grand, ni trop petit, mais, bien fourni et je l'imaginais déjà, trônant dans notre salle à manger, merveilleusement paré de guirlandes et de boules multicolores.
L'abattage de ce petit pin devait se révéler bien difficile, à cause d'une erminette peu coupantes. Cependant, après avoir œuvré durement ma mère et moi, le petit arbre fut enfin abattu. Autour de nous c'était le calme absolu et personne pour venir nous verbaliser. Alors nous primes le chemin du retour, en évitant la caserne et sa sentinelle. Durant un bon moment et avec beaucoup de discrétion, nous avons traîné le sapin jusqu'à notre domicile. Plus tard, il fut installé à sa place habituelle et paré de ses plus beaux atours. Par curiosité, notre voisine nous demanda l'origine de cet arbre et ma mère de répondre, qu'elle l'avait acheté à un jardinier. Tous les ans, à la noël, siégeait chez-nous un sapin, dont, je n'ai jamais eu la curiosité, de demander la provenance à ma mère, qui s'était mise en quatre pour en trouvait un.
En 1961, ce fut un noël quelque peu triste, car, nous avions compris, qu'il nous fallait bientôt quitter l'Algérie. Cependant, ma mère, avait tenu de dresser un sapin dans notre salle à manger et nous avions réveillonné avec ma chère tante Marie Costanzo-Dinapoli + et sa famille. Ce fut hélas ! notre dernier noël à La Calle, un noël qui est resté gravé intact dans mes souvenirs, ainsi que le dernier sapin venu nous apporter un peu de réconfort.
Autre souvenir, d'un sapin de noël, qui nous avait entraîné un peu loin de La Calle. Je devais avoir 12 ou 13 ans et ce jour là, j'étais accompagné de "Madaouette", un ami arabe du même âge que moi. Nous avions choisi un bord de mer, à quelques pas des premiers arbres, dans une propriété appartenant à "Samouère Balzano." Nous avions repéré l'arbre qui nous convenait et après l'avoir coupé, nous nous sommes dirigé, vers l'ancienne voie de chemin de fer transformée en piste. Mais, avant, il fallait passer près d'un douar où, nous fûmes accueillis par une meutes de chiens hurlants. Nous avons alors lâché notre arbre et pris les jambes à notre cou, mais, les chiens nous rattrapèrent et miracle, au lieu de nous mordre, ils nous ont fait des fêtes, ce qui nous a permis de reprendre notre route, en traînant derrière nous notre sapin, qui est ce jour-là, arrivé sans encombre chez-nous à La Calle.
Mis à part les sapins, d'autres expéditions, ont parfois meublé nos matins d'hiver. C’était en 1949, avec ma mère nous sommes allés derrière le Moulin, pour ramasser des escargots que la pluie avait fait sortir de leurs coquilles et qui nichaient dans "les touffes de Joumars". Mais, pourquoi, partions-nous si tôt en ce jour d'hiver. Il faut dire que les lieux étaient très fréquentés, notamment, par les marins-pêcheurs, dont la mauvaise mer avait tenu leurs bateaux à quais. Les temps étaient durs pour cette corporation et en cette saison, les escargots leur apportaient, la nourriture qui leur faisait défaut. En allant le matin de bonne heure, nous avions toutes les chance de ne rencontrer personne et la cueillette se révéla toujours excellente. Arrivé chez-nous, les escargots étaient rangés dans un grand récipient fermé par un couvercle et avant de les consommer, on les faisait jeûner quelques jours. Mais, il est arrivé un jour où, les escargots ont soulevé le couvercle et se sont dispersés dans toute la cuisine. Quel travail pour les récupérer, surtout, ceux qui était montés jusqu'au plafond.
Aller ramasser les escargots ne me déplaisait pas, mais, pour les manger ce fut une autre histoire, car, ma mère les faisait bouillir et les servait en vinaigrette, alors qu'ils étaient encore tout baveux. J'acceptais cependant, mais, de très mauvais cœur. Je tolérais les escargots en sauce tomate et pommes de terre, que cuisinait ma grand-mère et qui faisaient le régal de mon grand-père. J'avais une sainte horreur de ces gastéropodes, mais, arrivé en France à l'indépendance de l'Algérie, une jour, on me servi des escargots à la coquille, préparés au beurre ail et persil. Miracle ! Un délice et c'est à ce moment-là, que j'ai adoré manger des escargots.
Jean-Claude PUGLISI
- de La Calle Bastion de France.
Paroisse de Saint Cyprien de Carthage.
Giens en presqu’île - HYERES ( Var )
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ECRIRE L’HISTOIRE DE SON PAYS
ACEP-ENSEMBLE N°277
Par M. Maurice Villard
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Les soldats de la première Division, sous les ordres du Lieutenant Général BERTHEZENE prirent pied sur le rivage d'Afrique, dans la presqu’île de Sidi-Ferruch le 14 juin 1830 à quatre heures du matin.
Après de violents combats, les troupes françaises, victorieuses entrent dans Alger le 5 juillet, le dey ayant capitulé, le drapeau à fleurs de lys flotte sur la ville.
Notre intention n'a pas été de décrire les causes tout à fait justifiées au regard de l'Europe tout entière, qui déterminèrent la France à mettre à raison le dey d’Alger et ce repaire de pirates et par la suite à faire la conquête du vaste pays qui deviendra I'Algérie.
Ecrire est une nécessité pour faire connaître l'histoire de nos familles sur cette terre hostile, misérable qui n'avait pas vu un soc de charrue depuis 16 siècles, lui rendant la vie, la fertilité, la richesse, la paix..
L'histoire de tous les sacrifices, de tous Ies combats, l'histoire de nos familles, celle de la France sur cette terre d'Afrique.
Ordinairement c'est chaque génération qui contribue à l'écrire en décrivant ses réalisations, laissant des témoignages, des documents, des archives, des photos qu'utilisent les historiens.
Pour nous cela est complètement différent, sur le sol de la mère patrie nous ne sommes que des réfugiés, des exilés.
Dans un exode dramatique, angoissant, en plein désarroi, nos familles furent contraintes de tout abandonner. Pour la plupart d'entre-nous, deux valises furent nos seuls bagages.
Les documents, les archives familiales, les photos mêmes, de ce que fut notre vie, celle de nos aïeux ont été perdues.
Fallait-il ne pas réagir après l'abandon de notre terre natale, subir notre histoire constamment falsifiée, défigurée, alors que nos aïeux ne découvrirent qu'un pays moyenâgeux, complètement ruiné après tous ces siècles d'obscurantisme et de misère. Cette terre que nous avons tant aimée pour l'avoir défrichée à la main, arrachant genêts, lentisques, drainant les marécages, creusant des puits, créant des barrages irriguant, lui rendant sa fertilité qu'elle n'avait plus connue depuis l'ère romaine, bâtissant des ports, des villes et des villages, créant les infra-structures, des écoles, des hôpitaux.... apportant la paix, la richesse.
La France n'a pas failli à sa mission civilisatrice et humanitaire en s'installant sur ce territoire. Elle n'a privé personne de ses biens. Créant sur les terres de l'ennemi vaincu des villages ( trab el Bayleck ) et payant largement, bien plus qu'elles n'en valaient réellement, aux indigènes, qui n'en tiraient aucun profit, celles qui étaient nécessaires à la colonisation.
Tous les pays du monde mirent des siècles à s'édifier. La France, elle, créa en moins d'un siècle I'Algérie. Son œuvre est grandiose, par d'immenses sacrifices consentis, subissant trois guerres qui meurtrirent son territoire, elle réussit à améliorer, à transformer I'existence matérielle de tous les indigènes, en dépit de mœurs et de routine millénaire, de répugnances ataviques pratiquement invincibles, sous la coupe des grandes familles seigneuriales, de marabouts qui en les exploitant les réduisaient à la misère, à l'esclavage.
En apportant l’instruction, la médecine, la modernisation avec le travail, la paix, la liberté, la France permit à toutes ces populations de prospérer, passant de la misère à l'autosuffisance.
Hélas ! Le temps ne lui fut pas donné pour terminer complètement l'œuvre entreprise.
Etant les derniers à avoir vécu sur cette terre nous avons le devoir d'écrire l'histoire réelle de notre pays afin de la faire connaître et de laisser aux générations futures cette glorieuse épopée française.
Ecrire simplement, sans fard, la vie que nous avions vécue, celle de tous les jours, avec les avancées qui transformèrent radicalement le pays, avec comme principal souci de vérifier l'authenticité de nos convictions, de notre vécu, afin que nos écrits ne puissent prêter à contestation et puissent servir de référence pour les générations actuelles et futures tout en respectant la mémoire de nos aïeux.
Ecrire l'histoire de nos villes, de nos villages, d'autant qu'il avait fallu encore plus de courage, de volonté, de pugnacité, de sacrifices aux premiers habitants de ces lieux Ies plus reculés, loin de tout, exposés à tous les dangers, labourant le jour, montant la garde la nuit pour sauvegarder leurs familles et leurs biens, Les enseignants, les gardes-forestiers isolés en pleine nature et tant d'autres qui, au milieu des masses indigènes musulmanes, sans aucune protection furent les bastions de l'œuvre française puis devinrent les phares de l'expansion, de la prospérité, de la civilisation apportée par la France.
La Mitidja fut assainie, l'Oranie, le Constantinois se transformèrent de territoires sauvages en de remarquables exploitations agricoles et industrielles.
La côte vit se construire des ports performants et une multitude de ports de pêche.
Tout l’intérieur du pays fut desservi par d'importants réseaux de communications, écoles, faculté, hôpitaux, stades, cités apportèrent aux populations les bienfaits de la civilisation.
Voilà le bilan économique d'un siècle de présence française. ( Source Atlas colonial français 1931)
1850, rien, c'est le néant, la misère.
1930, l'Algérie compte 4.602.000 ha cultivés sur une superficie totale de 20.749.265 ha
Les céréales, à elles seules, en occupent 3.480.000 et produisent annuellement environ 800.000 tonnes de blé, autant d'orge et 200.000 tonnes d'avoine.
La vigne, 266.000 ha ( Algérois 97.000 - Oran 150.000 - Constantinois 19.000 ) produit 13.500.000 hectolitres par récolte.
Le littoral par définition tempéré, produit annuellement : 38.000 tonnes de pommes de terre, 17.500 tonnes de mandarines, 5.800 tonnes de citrons et d'oranges, 4.700 tonnes d'artichauts, 5.500 tonnes de raisin de table, 3.100 tonnes de haricots verts.
On dénombre environ dans le Tell : 5.000.000 de figuiers, 14.000.000 d'oliviers, dans le Sahara : 5.000.000 de palmiers dattiers.
La production de tabac s'élève à 62.000 tonnes annuelles.
Les lins sont cultivés sur 600 ha, du coton est également produit, des légumes frais et secs, des farines, du froment, des marcs de raisins expédiés en métropole. La récolte d'alfa se chiffre à 200.000 tonnes annuelles.
Les massifs forestiers sont de 2.430.000 ha domaniaux et de 1.420.000 ha communaux. Les chênes lièges occupent 453.000 ha.
Ils produisent annuellement 12.500 tonnes de bois, 20.000 tonnes de charbon de bois ainsi que 45.000 tonnes de liège pour I'industrie.
On estime le nombre de chevaux à 173.000, celui des mulets à 170.000, celui des ânes à 300.000, celui des chameaux à 200.000, 980.000 bovins, 10.000.000 d'ovins, 3.000.000 de caprins et 90.000 porcs.
La laine, Ie plus gros tonnage est exporté, sur place son tissage sur 7.000 métiers procure des couvertures, 45.000 burnous, 200 tonnes de tapis d'Orient pour 300 ateliers, de la tannerie. De la sparterie, de la vannerie, 150.000 tonnes de crin végétal, 3.500 tonnes de tannerie
Les richesses minières procurent annuellement 2.800 tonnes de cuivre, 2.173.000 tonnes de fer 860.000 tonnes de phosphates, 16.900 tonnes de zinc, 11.000 tonnes de plomb, 20.000 tonnes de charbon et seulement 1.700 tonnes de pétrole. 5.200 pêcheurs embarqués sur 1.200 bateaux ramènent 21.000 tonnes annuelles de poissons et de crustacés.
Le réseau routier s'étire sur 34.921km dont 5.351 km de routes nationales, 18,000 km de chemins départementaux, diverses routes, 5.400 km de chemins et 6.000 km de pistes praticables pour les automobiles
Les Chemins de fer, chemin de fer de l'Etat, la Compagnie P.L.M et la Compagnie des Minerais du Mokra-el-Hadid transportent des voyageurs et des marchandises sur 5.274 km. Il convient d'ajouter 440km de chemin de fer d'intérêt local, 28km propres à diverses industries et 127 km de lignes de tramways
Le mouvement des ports les plus importants (Alger, Oran, Bône) est de l'ordre de 34.000 navires par an et représente un trafic de 41.000.000 tonneaux. Il faut rajouter le trafic d'autres ports importants comme Philippeville qui n'est pas cité.
Neuf câbles sous-marins ont été déposés, six vers la métropole, un vers Tanger, un vers les îles Chaffarine et un vers Malte.
L'Algérie dispose de deux stations de T.S.F.
Il existe deux lignes aériennes : Marseille Alger ( Compagnie Générale Aéropostale) et Marseille, Ajaccio, Bône, Tunis ( Compagnie Air-Union Aéronavale)
Quatre Compagnies maritimes reliant l'Algérie à la France :
La Compagnie Générale transatlantique ( Marseille-Alger) ; Marseille- Oran ; Marseille, Philippeville, Bône.
La Compagnie de Navigation Mixte -Touache - ( Marseille-Philippeville-Bône ; Port-Vendres-oran ; Port-Vendres-Alger)
La Société des Transports Maritimes - (Marseille-Alger ; Marseille-Oran ;
Marseille-Philippeville- Bône.)
La Compagnie de Navigation Paquet (Marseille-Oran avec prolongement sur le Maroc.
Pour une population totale de 6.000.000 d'habitants, dont environ 830.000 Européens, l'Algérie dispose de 71 hôpitaux militaires et civils, 83 hôpitaux auxiliaires, 72 bureaux de bienfaisance ( Infirmeries, asiles, hospices) et un institut Pasteur à Alger.
On dénombre 15.000 écoles (102.000 élèves), 100 écoles maternelles (18.000 enfants) et quatre facultés ; Droit, Lettres, Médecine et Pharmacie
Les forces armées constituent le 19e Corps d'Armée et comprennent : Trois régiments de Zouaves, huit de Tirailleurs algériens, deux de Tirailleurs sénégalais, un de Légion Etrangère, quatre Compagnies Sahariennes, trois régiments de Chasseurs d'Afrique, deux de Spahis, trois compagnies de Cavaliers de remonte, trois escadrons du Train, trois régiments d'Artillerie de campagne, trois compagnies autonomes d'ouvriers d'Artillerie, un bataillon de Sapeurs-mineurs, un de Sapeurs-télégraphistes et de chemin de fer, et trois groupes de deux escadrilles assurent la protection aérienne.
Ces chiffres ( source : Atlas colonial français de 1931) démontrent I'effort colossal, l'œuvre de civilisation, réalisés et dont peut se glorifier la France en Algérie.
Depuis 1830 et jusqu'à l’indépendance la France n'a cessé d'investir et de continuer son œuvre en multipliant le nombre d'écoles, d'hôpitaux, développant les réseaux routiers, les chemins de fer, les ports, les zones cultivables en les modernisant, les institutions permettant aux indigènes de s'adapter aux cultures et à l'élevage moderne. Apportant le bien être à toutes les populations.
La liste est très longue.
Il est nécessaire d'écrire la suite de l'expansion de l'œuvre française pour comparer et faire connaître I'ensemble des réalisations de la France depuis 1930 à 1962.
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PHOTOS de ORAN
Envoi de M. Pinto
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ignominie
Echo de l'ORANIE N°250, mai-juin 1997
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"A la mémoire des officiers français musulmans HABIB, BENDIDA, LIGATE du Commando Georges de Saïda, abandonnés aux Fellaghas, égorgés et cuits dans des chaudrons, puis exhibés dans les douars de Saïda".
Laissant moukères et taudis
Pour des combats inexpiables
Une horde de pauvres diables
Vivaient traqués tels des maudits.
Les chefs rebelles d'Oranie
Couraient les maquis et les monts,
Pour crier dans tous leurs sermons
Victoire sur la tyrannie;
Des arguments irrémédiables
Venaient à bout des plus hardis,
Laissant moukères et taudis
Pour des combats inexpiables
Un chef superbe est arrivé
Le regard franc et l'âme altière
De grand renom ; la presse entière
Chantait ce soldat achevé
Il s'écria d'une voix mâle
Quittez, rebelles, votre erreur;
Abandonnez toute terreur
Plus de sanglots et plus de râle;
De nos griefs faisons litière
Pour vous, un jour neuf s'est levé;
Un chef superbe est arrivé
Le regard franc et l'âme altière
Conquis par des âmes si belles,
Ils sont formés en commando;
Et fiers de leur nouveau credo
Pourchassent les derniers rebelles;
Plongeant son regard dans leurs yeux,
Le Chef dit "Nous sommes frères
Vous n'êtes plus de pauvres hères,
Je le jure sur mes aïeux"
Et l'espoir s'en va crescendo
Propagé par tracts et libelles
Conquis par des âmes si belles
Ils sont formés en commando.
Foudre au combat, cœur de félon
Ils furent livrés tous au martyre
Abandonnant, honneur, empire
Pour le rata de Ganelon
On sait, aucune bête au monde
Au bourreau ne livre les siens;
Certains disent du mal des chiens
Dont le cœur est loin d'être immonde.
Que chaut l'honneur au triste sire
Quant il peut prendre du galon;
Foudre au combat, cœur de félon
Ils furent livrés tous au martyre.
La Santé, 1er septembre 1964
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LE MUTILE du N°53, 15 mai 1918
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VERS LE PASSE
Les Grottes de Birmandreis
La clémence de la température nous conviant à la promenade nous sommes allés visiter, l'autre dimanche, les Grottes de Birmandreis ou M. Leblanc de Prébois à bien voulu nous recevoir avec une cordialité qui nous a vivement touché.
Il faudrait une étude longue, parce que approfondie, pour exposer la curiosité entière de ces vestiges des temps barbares ; notre place étant mesurée, forcé nous est d'être bref.
La façade de ces grottes se présente en un amphithéâtre d'ornements au caractère architectural d'église. Au sommet un aigle aux ailes déployées ; au centre la tentation d'Eve qui ne mesure pas moins de 3 mètres 60,en bas une série d'allégories de moindre envergure, mais non de moindre intérêt.
La grotte principale a 90 mètres carrés de superficie. Quatre énormes colonnes supportent les plafonds. Dans son large contour des infractuosités ont été pratiquées dans lesquelles doivent être exposées des stèles de marbre, glorifiant les soldats de toutes religions morts ou blessés depuis 1914.
Un marbre portant l'inscription arabe suivante : «Gloire aux Musulmans, blessés pendant la guerre» est déjà exposé et sans oser dire qu'il est d'un heureux effet dans ces galeries souterraines, nous devons applaudir à la touchante pensée qui a présidé à son érection.
Une autre grotte de plein-pied constitue une petite chapelle, Une seconde a l'un de ses côtés garni de sculptures allégoriques, parmi lesquelles nous avons particulièrement admiré les deux louves Romaines, allaitant Romulus et Rémus, l’annonciation, Adam et Eve chassés du Paradis-Terrestre, un apôtre en prière etc...
Au rez-de-chaussée, une autre grotte encore, dans laquelle, à tort ou à raison un élève de Poris est occupé à sculpter un monument de hautes dimensions : la France recevant dans ses bras maternels la Lorraine et l'Alsace. Ce travail d'un caractère artistique réel et qui atteste un patriotisme vibrant est dédié à la mémoire du Général Gallieni.
Les grottes de Birmandreis qui servaient de porcheries il y a deux ans encore, grâce à M. de Prébois, qui y est allé de ses deniers personnels, de quoi nous le félicitons avec admiration, offrent un but de pèlerinage que ne manqueront pas de faire tous ceux que l'archéologie sait encore intéresser.
C. M. R.
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Algérie catholique N° 12, décembre 1937
Bibliothéque Gallica
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Le Tigre et le Capucin
Le dernier numéro de Bulletin Religieux relatait une Conférence filmée donnée à Bayonne par le R.P. Martin, de l'Ordre des Capucins.
Le « Petit Dacquois », rendant compte de la même Conférence donnée à Dax, par le même orateur, fait suivre ce compte-rendu de ces lignes que nos lecteurs liront avec émotion et profit.
Le R. Père Martin Laurent est, nous avons pu nous en rendre compte, un fils enthousiaste du «Poverello d'Assise », et nous avons suivi avec une attention soutenue et une sympathie ardente la conférence filmée au cours de laquelle il nous a retracé la vie et montré le pays du saint au cœur de feu...
...Ce qu'il a oublié de nous rappeler, c'est qu'il a été un magnifique aumônier de guerre !...
— ...Dis-donc, regarde la tête de l'Aumônier, disait un jour de mai 1918, aux abords du Mont Renaud, en Flandre, un poilu de notre pays, en tendant à un camarade un numéro de «l'Illustration».
Sur la page glacée, on pouvait en effet distinguer la tête souriante et énergique du R. Père Laurent, et, face à lui, épinglant sur sa poitrine la croix de la Légion d'honneur... «le Tigre » en personne, Georges Clémenceau !
On ne s'attendait pas à cette visite !... Et sur les rangs rapidement formés, s'étaient alignés officiers, gradés, soldats... et aumôniers !...
— C'est votre Aumônier ?
questionne le Président du Conseil.
— Un brave ! répond le Colonel.
Clémenceau n'est pas insensible à la bravoure... Il interroge les compagnons de bataille du prêtre à la soutane déchiquetée. Tous, du plus haut gradé, au dernier des « cuistots », publient leur admiration dans des citations, parfois maladroites, toujours magnifiques !
Profondément remué, le Premier Ministre s'écrie «Comment donc n'est-il pas encore décoré ?»
Et séance tenante, il épingle la croix sur le cœur héroïque.
...Une chose l'intrigue cependant :
— Que faisiez-vous avant la guerre ?
— Je suis capucin !
— Où étiez-vous ?
— En Espagne, où m'avait expulsé le Gouvernement français. ?..
— Oui, reprend l'Aumônier !
Mais, dès que la guerre a éclaté, mes confrères et moi, nous sommes revenus en France pour défendre notre pays.
L'émotion de Clémenceau est à son comble ; des larmes gagnent ses yeux : «Les chics types ! bougonne-t-il »...
Puis : « Vous allez me permettre de vous embrasser ! »
...Le prêtre permit... et l'on vit ce jour-là tomber dans les bras l'un de l'autre... le Tigre et le Capucin !
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Je m’souviens - (3)
Par M. Marc Donato
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C….ries… Vous avez dit c…ries
C’était en 1975. Premier voyage scolaire qui tenait compte de la promesse faite à mes collègues de Longwy de revenir avec mes élèves de Manosque dans ce Pays haut où j’avais enseigné pendant une dizaine d’années. Deux classes de troisième, pas des durs, mais avec des ados de 15 ans, garçons et filles ; fallait pas mollir. Voyage de nuit pour la première étape, Manosque-Nancy.
Vers 4 heures du matin, premiers remous dans le bus : ça commençait à se réveiller.
Et là, j’entends plusieurs voix qui chuchotent :
- Oh ! des vaches !… Oh ! Des vaches !...
Et oui, les gamins de Manosque n’avaient jamais vu autant de vaches de leur vie. Le paysage uniformément constitué de prairies était constellé par une nuée de pie frisonnes dont l’élevage est une activité agricole importante en Lorraine. Ce fut un de mes premières satisfactions lors de ce voyage. Je ne m’y attendais certes pas. Le voyage dit de découverte portait bien son nom.
Garés devant la gare de Nancy, nous avons vu sortir du bâtiment des travailleurs et des travailleuses (comme dit l’autre) qui arrivaient de leur banlieue et qui se rendaient, qui au bureau, qui à l’usine. Les élèves ont été frappés par la mine de ces gens mal réveillés, pressés par leur horaire, la mine renfrognée, un quotidien auquel ils n’étaient pas habitués dans notre microcosme manosquin. Encore une découverte.
C‘est là qu’une des filles est venue me confier en aparté :
- Monsieur, il faut que je vous dise : c’est la première fois que j’ai réellement vu le soleil se lever.
Comment ne pas être étonné par ces propos ? Et pourtant, c’était vrai. Découvertes, vous ai-je dit… Et tout cela n’était pas au programme d’un voyage prévu dans ses moindres détails. Instruction, éducation, ouverture au monde… De quoi être satisfait.
Mais la douche écossaise allait arriver ! Là aussi je n’y attendais pas. Le directeur de l’Office de Tourisme nous accueillit la mine défaite :
- Je ne peux vous donner un guide pour la visite du centre-ville, mes guides sont des étudiants, actuellement en examens de fin d’année. En contrepartie, je vous ouvre gratuitement les portes du musée lorrain. L’ancien palais des ducs de Lorraine trois niveaux de collections, de l’archéologie, de l’Histoire, de l’ethnologie toute l’histoire de la région depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine. De quoi satisfaire tous les goûts et les élèves ne s’y sont pas fourvoyés, intéressés au gré de leur appétence par la variété des présentations.
Mais…
Deux garçons étaient « affalés » sur une vitrine. Ceux-là n’étaient jamais sortis de chez eux, je le savais. Et c’était d’abord pour ceux-là que les voyages scolaires étaient organisés afin de palier autant que possible la carence environnementale.
Avec mon collègue accompagnateur, nous nous approchons d’eux, sans aucune arrière-pensée. Je le rappelle, premier voyage d’envergure, premier jour, première visite… Et là, nous entendons un des deux lascars qui dit à l’autre :
- C’est toujours les mêmes c…ries qu’ils nous montrent !
La douche écossaise, ai-je annoncé plus haut. Voilà qui reléguait bien loin le lever du soleil et les pies frisonnes. Il y avait de quoi relativiser.
Si la vérité sort de la bouche des enfants, celle-là elle était cruelle ! Encore fallait-il la prendre de qui elle venait. Mais parfois le cuir de l’enseignant peut se fendre !
Heureusement les autres participants ont été globalement ravis et la suite du voyage a démontré qu’il avait de la consistance et que tout n’était pas de la c… rie !
Métallurgie, c….ie ? Verdun, c….rie ? Domrémy, c…rie ? Tour du Luxembourg, c…rie ?
Sans compter les c…ries que j’oublie ! Je suis sûr que toutes des c… ries ont laissé des traces chez mes deux blasés de naissance.
Allez, tout cela c’est des c….ries qui me font sourire aujourd’hui, rangées au placard des souvenirs.
Marc DONATO
12 janvier 2026.
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Chronique de Kaddour
Bonjour, N°63, octobre 1933 journal satyrique bônois.
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Alli, disi la firiti, borquoi fire, nos autres li z'arabes nos sont pas fire la fote. La France qu'ci notre mire batrie, à tous, y doit, j'ti jore, y donne un quique soge.
Ci ba la bine un il a, i l'autre il a ba. Allèche y a sidi ?
Nos sont, Bon Didi en Riboublique i madame la Riboublique y sont dira : « Tout l'monde c'it kif-kif. » ouaï, barfrotement, Missios Madame, ji connis bien la loua.
En 1914, quante citte salobrie d"la guerre y s'ra vini, nos autres tous li z'indigens, nos sont bartis folonti, pour on casse la gargamille à ci bougres di sales boches.
Y en a bocoup di z'arabes, blous di mille et di mille, qui z'ont cassi la bibe : « Mort la champ di z'honneurs. »
Y en a bocoup aussi, y a Latif, y sont tout squinti : li jambes en moins, li ziots crivis, la moitié disbaru.
Tout ça ça fit rien, Dine zah ! Citte grande crapile di Guilloume il a trabi, on bon raclie bromire qualité.
Birsonne di z'arabes y z'ont en la frousse, li taraillors ci dis bons soldats et quante li tites carris, y nos sont voir, y se sauvent, fissa fissa, comme di moutons qui z'ont di feu dans l'qui.
Alors, bisque nos sont fire la guirre afic li Francis, bisqu'y en a bocoup de z'arabes qui sont crivis bour la France, borquoi qu'on i bas la mime soge ?
Li sang di z'arabes il it comme li sang di Francis ? ouaï c'it di sang rouge tos li deux.
Nos sommes tos di z’enfants d'la, France y faut fire tous li z'autres, ti donne barmission barmanente di foti à tos li z'arabes.
Kaddour ben Noluot.
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| EPITRE A UN AMI POUR SES 90 ANS
Envoyé par M. Jean Vangioni
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Bien qu’enfant de Souk-Ahras, tu n’es pas un descendant de Massinissa, glorieux chef berbère qui opposa ses troupes numides aux légions romaines ! Tu n’es pas plus issu de la cuisse de Saint Augustin, né à Thagaste, (devenue Souk-Ahras), avant de s’éteindre à Hippone, ex-Bône, qui fut la ville de ma jeunesse, et qui reprit son nom d’Annaba en 1962 avec l’indépendance de l’Algérie ! C’est dire que nous avions été longtemps très proches géographiquement, et que nous partagions alors les mêmes modes de vie et de langage fleuri !
Tu partages aussi avec moi des origines corses, et peut-être même quelque fragment d’ADN bonapartiste tant Napoléon répandit de semences tout au long de sa vie, en Corse et en Europe, mais pas à Souk-Ahras !
Tu as suivi tes études secondaires au lycée Laveran de Constantine, ville de ma naissance, très connue pour son site et le remarquable pont suspendu Sidi M’Cid qui fut longtemps l’un des plus hauts du monde (175 mètres), que tu surplombais depuis ton lycée ! En bas, il y avait une magnifique piscine aux sources chaudes, où Montserret alignait les distances pour devenir un champion européen de 1500 mètres. Nous avions aussi nos champions de Boxe (Robert Cohen champion du monde, et Alphonse Halimi qui cria avoir vengé Jeanne d’Arc après avoir battu un anglais…). N’oublions pas les footballeurs de l’ASB, l’USMB et la JBAC avec le goal Lamia (venu de La Calle), qui rejoignit l’OGC Nice et intégra l’équipe de France, Truglio, Moumousse Ripoll, Menella, Doudou le goal de l’USMB… ! Les derbys valaient leurs pesants d’or avec les cercueils et les saucissons brandis pour se moquer de l’adversaire, souvent affublé d’ailleurs des plus dégradantes injures comme « coulo » (de l’italien « in culo » ou « pédé » en langage châtié métropolitain), « tchoutche » (gaga)….. !
Et puis, il y eut le discours de De Gaulle au balcon de la mairie en juin 58 ! Nous étions une cinquantaine de lycéens amassés de l’autre côté du Cours Bertagna à l’écouter, quand l’un d’entre nous, levant la tête, aperçut notre vieillissante et gentille prof d’italien, Aurore Dupin (c’était son réel patronyme, tout comme Georges Sand), qui nous surplombait à une fenêtre de l’immeuble « Laussat » ! C’est alors que nous nous mîmes tous à crier Dupin ! Dupin ! Dupin ! Un journaliste de la « Dépêche de l’Est » qui se trouvait alors à proximité, crut bon, pour agrémenter son article du lendemain, de relater ce fait en caractérisant le désir des jeunes de satisfaire leur faim avec du pain, comme en temps de disette ! C’était là le charme bônois et des habitants de l’Est algérien, pour qui tout événement se transformait aussitôt en poilades (éclats de rire en langage local) ! « Toi ! Ti es tout niqué de la tête ! » était un signe de considération auprès d’amis aux propensions démesurées à gérer, le pire comme le meilleur, et non pas une caractéristique de décrépitude mentale !
Le langage bônois était aussi très particulier puisque le seul au monde à débiter plus de grossièretés que de mots constituant une phrase ! Il y avait trois façons de s’exprimer :
- Celle respectueuse, familiale et scolaire, et donc sans grossièreté,
- Celle imagée de la rue y faisant impérativement appel,
- Et puis le « sabir », au moins pour ses « gros mots » ou insultes arabes, pour pouvoir y répondre verbalement ou par la castagne (la châtaigne) !
Plus imaginatif et cruel encore lorsque le locuteur courroucé exhortait son opposant à copuler avec sa mère ou ses morts ! C’était alors la rabia, avec le rouge de la colère qui te montait à la « fugure » !
Comment oublier « Binguèche » et « Paris-soir », figures emblématiques parce que caricaturales de Bône, déambulant sur le cours Bertagna pour vendre leurs cacahuètes ou la presse, et à qui nous devions un mémorable combat de boxe dans l’enceinte du stade municipal, le seul d’Afrique du Nord à bénéficier alors d’une pelouse.
Les patosses (français métropolitains) qui ne comprenaient rien à nos expressions locales, se distinguaient en répondant, parfois élégamment, à notre tchache (notre parler) ; « En quels termes éloquents me dites-vous cela » Zek (Eh bien) ! Cela nous faisait bien évidemment bidonner (plier le ventre de rire) ! « Comment t’y étais, comment t’y es devenu ! Larma » (t’y as raté la marche), nous exclamions-nous alors ! C’était tout ce qui nous rassemblait et ressemblait, et dont nous étions très fiers malgré notre dernière place au classement scolaire mondial « PIZZA » pour l’expression orale alors que PISA, ce classement mondial, n’avait pas même été encore institué !
En calcul, nous étions, dès le jeune âge, les meilleurs du monde ! Ac (avec) les noyaux d’abricots ou les billes « biz-agates » on jouait à « zotche ou fartz » (pair ou farde impair), se traduisant inévitablement en début de partie par « zotche, je gagne, et fartz tu perds » (y’a oueldi ! Intraduisible en français) !
IL est même « Le Cid » de Corneille à avoir été « revisité » en Tchapagate (parler bônois), ce que l’Académie française, ces babalouks (simplets ou c…..), n’a pas cru devoir récompenser par un fauteuil pour son auteur, Edmond Brua ! Quelle caoulade ! (Quelle erreur) ! Même pas un tabouret, ils lui ont donné ! Atso (Eh bien) ! Va fangoule chez Taddo ( Qu’ils aillent se faire voir au cimetière) !
A propos, tu te souviens de la maxime : « Si tu vois le cimetière de Bône, envie de mourir y te donne ! » qui caractérisait, non pas le nôtre, proche du stade municipal, mais celui musulman, aux petites tombes colorées, parsemant le versant de la colline surplombant la plage du « Lever de l’aurore » ; quelle merveille d’agarder (regarder) le soleil au « ras d’la mer » en sortant lentement des flots à l’horizon, comme s’il ne voulait pas se montrer trop vite tout nu, ce farfaton (fanfaron) !
Nous sommes ainsi très proches de cœur et par le langage châtié, cher ami, parce que tous issus d’un même terreau, ce qui nous vaut de nous comprendre très rapidement et de nous lier tous très amicalement et indéfectiblement « Dio cane » ! (expression toute faite, ponctuant chaque exclamation, et dont la traduction, lourde de références spirituelles pour les latinistes ou les italiens, était généralement inconnue des locuteurs).
Tchao amis (de l’italien Ciao) !
" Ce sont de sincères remerciements que les lecteurs de la Seybouse et moi-même adressent à Jean-Pierre Bartolini et à tous ceux qui, depuis des décennies, ont oeuvré, sans relâche, à la publication mensuelle, de la Seybouse, très riche en ressources pour les historiens, et plus encore en souvenirs pour tous ceux et celles que notre fort regretté pays natal a marqué à vie" !
Jean VANGIONI, un fils de la Ménadia
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ALGER ETUDIANT
N° 28. — 12 Avril 1924. Source Gallica
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| UN CUISTRE
Parmi les silhouettes variées que Jean Froment avait vu défiler pendant des années de collège, il avait conservé le souvenir précis d’un singulier personnage dont il évoquait l’étrange et inoubliable physionomie.
Grand, maigre, roide, le cou très long, surmonté d’une petite tête osseuse ; les cheveux courts et clairsemés sur son crane obtus ; la barbe brune, coupée ras sur les joues et taillée en pointe au menton ; le regard froid et coupant comme une lame de rasoir ; les lèvres minces : un sourire sardonique éclairant parfois son visage d’une étrange lueur, tel était, au physique, ce jeune pédant, dont l’aspect évoquait à la fois l’image de Méphisto et celle de Don Quichotte !
Le col tendu, droit comme s'il avait avalé sa canne, il entrait dans la classe et se dirigeait, d'un pas solennel, vers sa cathèdre professorale ; puis, il s'asseyait gravement, l'on eût dit automatiquement, devant son pupitre et se décidait enfin, à promener sur son jeune auditoire, un regard perçant, scrutateur, comme pour essayer de l'hypnotiser !.... Ces préliminaires terminés, il ouvrait d'un geste compassé, un livre classique et désignait d'une voix mordante, au gré de sa fantaisie, l'élève qui le premier, devait réciter sa leçon. Celui-ci se levait lentement, comme à regret, peu flatté, le plus souvent, du choix dont il était l'objet, et commençait sur un ton dolent, à psalmodier une sorte de mélopée, en s'interrompant par intervalles, pour reprendre haleine et en proférant des « heu » désespérés, afin de ne pas rester muet, bouche bée !...
Mais parfois, le jeune escholier ne parvenait point, en dépit de ses efforts cérébraux, à se remémorer la suite de son discours ! Il lançait alors, en désespoir de cause, une suppliante oeillade à ses voisins immédiats et tendait de leur côté, une oreille attentive, pour recueillir quelques bribes soufflées à voix basse, qu'il s'empressait de répéter tant bien que mal, à haute et intelligible voix.
Cependant, le professeur à l'œil torve, ne tardait pas à s'apercevoir de cette supercherie classique, et laissait passer entre ses lèvres minces de pince-sans-rire, un inquiétant; rictus, signe caractéristique d'un orage intérieur; puis, ayant, gardé ; pendant quelques instants, un silence énigmatique, il ouvrait enfin la bouche et sans se départir de son calme imperturbable, de son flegme quasi britannique, il décochait à l'élève atterré, d'une voix sifflante, un trait pointu, ironique, qui blessait profondément son amour-propre.
Bien que Jean ne fût pas précisément, un mauvais élève, cet aimable cuistre semblait le détester cordialement. Pour quels motifs ? Je l'ignore. Toujours est-il qu'il le voyait d'un assez mauvais œil et paraissait ravi, chaque fois qu'il pouvait le prendre en défaut. Cela se produisait rarement, il est vrai, mais comme Jean n'était pas parfait, il eût été bien difficile, sinon tout à fait impossible de priver son sympathique professeur, de cette singulière jouissance qui consistait à lui infliger quelque absurde pensum, non sans l'avoir, au préalable, cruellement persiflé devant tous ses camarades.
Cette fâcheuse situation dura pendant un certain temps ; Jean s'inclinait sans murmurer et s'efforçait de travailler de son mieux, en dépit des fréquentes objurgations dont il était l'objet. Mais un beau jour, furieux sans doute de ne pourvoir constater chez son disciple favori, le moindre manquement aux devoirs coutumiers, le maître atrabilaire prétendit que Jean avait souri : en le regardant d'une façon impertinente et qu'il s'était tout uniment moqué de lui. Inde iroe !...
Il l'admonesta alors sévèrement, donnant libre cours à sa verve sarcastique et, fier de son facile triomphe, le condamna, pour couronner son œuvre, à copier, dans un délai de quelques jours, une partie de la « Cyropédie » de Xénophon, représentant quinze cent lignes environ !
Ah ! c'en était trop ! la timidité excessive de Jean l'empêcha de protester, sur le champ, avec indignation ; il rongea son frein en silence ; mais, outré de ce procédé d'une révoltante injustice, il s'empressa d'en informer son père qui, le sachant incapable de travestir la vérité et de manquer de respect à son professeur, s'indigna d'une pareille conduite et résolut de se rendre auprès du Proviseur, pour lui demander le retrait de la punition qui avait été si injustement infligée à son fils.
Ce fonctionnaire le reçut avec courtoisie et l'écouta le plus bienveillamment du monde ; mais, après l'avoir entendu, il lui déclara qu'à son grand regret, il ne croyait pas devoir intervenir à propos d'un conflit qui s'était produit entre un professeur et un élève ; que cette question délicate n'était pas de sa compétence et qu'il ne pouvait point, de son autorité privée, lever une punition infligée, à tort ou à raison, à l'élève par le maître, dont il devait, avant tout, respecter et sauvegarder l'in dépendance.
« Soit » lui répondit M. Fromont : « J'apprécie comme il convient, vos raisons et n'insiste pas davantage. Mon fils n'a pas commis la faute qu'on lui reproche ; mais, puisque la discipline l'exige, il subira sa peine ! »
Et l'entretien ayant pris fin sur ces derniers mots, le père de Jean salua froidement et prit congé.
Charles Barbet.
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PHOTOS D'ECOLE
RECHERCHE DE NOMS
Envoyée par Mme Nathalie Kergall
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Mme Nathalie Kergall de l'association Bône Elèves, demande : est-ce que quelqu'un peut ajouter des noms à cette photo ?
Si OUI, contacter le webmaster, SVP, d'avance merci.
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NOS VILLAGES
De M. Maurice Villard
ACEP-ENSEMBLE N°277
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LEVASSEUR
AGUEDEL-EL-BEYLIK
Levasseur, Polycarpe, Anne, Nicolas (1790-1867) Général, capitaine à Waterloo, passe en Afrique, Maréchal de camp en 1840, Général de division en 1848. Commande la 3éme division de l'armée de Paris en 1850, entre au Sénat en 1854.
Aguedel-el-Beylick, nom arabe désignant un lieu appartenant à l'Etat (bey turc).
Levasseur est le dernier des Centres dans la commune mixte de Châteaudun du Rhumel. Eloigné des Centres de communication, il est situé à 36 km au Sud de cette dernière, à deux kms de la RN N°5 reliant Constantine à Batna, à 25 kms de la gare de Mechta-el-Arbi sur la voie ferrée reliant Constantine à Alger et à 12 kms de la gare des Lacs sur la ligne de Constantine à Batna et Biskra.
Situé au milieu d'un vaste plateau à 800 m d'altitude entre le Djebel Guelaa au Nord Est et le Djebel Zana au Sud Ouest, sans aucune végétation. L'aspect général de ce territoire est celui d'une vaste plaine adossée à de hautes collines dont la pente est orientée vers le Nord-Est, divisée par le milieu par un large plateau qui détermine deux cuvettes. Le sol est constitué dans la plaine par des terres argilo-sablonneuses mélangées d'un peu de calcaire et sur les mamelons des tufs et des rochers calcaires. Plus au Sud le Djebel Mestoua, constituant les premiers contreforts de I'Aurès, culmine à 1948 mètres. A l'est, au Sud et à l'Ouest de ce vaste plateau complètement dénudé des dépressions forment des lacs salés dont les plus rapprochés se trouvent à 12 kms du village. La plaine est couverte de quelques touffes d'alfa.
Le climat est continental, rigoureux, froid l'hiver, brûlant l'été, au printemps des gelées, parfois de gros orages avec des chutes de grêle une pluviométrie déficiente. Aucune source, la nappe souterraine se situe à une profondeur de 15 à 20 mètres. Il sera nécessaire de creuser des puits.
Le territoire était celui de la Zaouia-ben-Zeroug, la population arabe y était peu dense, quelques bergers, des nomades les Saharoui. On y retrouve les Abdemnour comme propriétaires terriens, égaiement implantés à Châteaudun.
Enfin la tribu des Freda, Berbères peuplant le massif de l'Aurès qui portaient tatouée sur leur front une petite croix en témoignage de leurs ancêtres chrétiens.
Plus tard en défrichant leurs terres les colons déracinaient des souches, des racines qui provenaient de forêts qui couvraient tout ce territoire et qui avaient été détruites par les nomades et leurs troupeaux.
Le 19 août, le Gouverneur Générai adresse au Préfet de Constantine le projet définitif des travaux d'installation du Centre d'Aguedel-el-Beylick, établi par le Service spécial des travaux de la colonisation. Ce projet comporte une dépense de 215.000 F et avait reçu l'accord de l'inspecteur des Finances Contrôleur des dépenses, le 17août.
Commentaires du Gouverneur : « Ce projet me paraissant convenablement établi, je vous autorise à l'approuver, sauf objection de votre part, mettez immédiatement la mise en adjudication des travaux qu'il comporte. »
Les travaux.
Les travaux consistent en ouvrages d'alimentation suivants : bassin réservoir, conduite de distribution d'eau, abreuvoir, bornes fontaines, bouches d'arrosage, caniveaux et prises d'eau contribuant à l'arrosage des jardins. M. le Chef du service spécial a proposé afin d'intéresser les usagers à leur conservation de laisser l'entretien de ces ouvrages à leur charge, les obligeant ainsi à se constituer en association syndicale.
D'autre part les usagers devront également, dans un but de salubrité, à l'exemple de la décision prise pour le Centre d'Aïn Baboul, s'engager à employer toutes les eaux disponibles pour l’irrigation des jardins qu'ils créeront
Détail du montant des travaux :
Chemin d'accès 110.000,00 F
Rues 18.148,00 F
Alimentation en eau potable 46.825,40 F
Cimetière 2.162,20 F
Plantations 1.200,00 F
Bâtiments communaux 27.403,65 F
Somme à valoir 9.258,95 F
Le 9 décembre, rapport sur le projet de lotissement.
Le territoire de colonisation de Zaouia-ben-Zeroug situé sur la commune mixte de Châteaudun du Rhumel, fait partie des terrains domaniaux groupés sous le nom de Aguedel-el-Beylick attribués à l'Etat comme biens de l'ancien bey par décret du 20 mai 1868.
Sa superficie y compris les diverses réserves et le domaine public est de 4.074 ha, 44.
Le lotissement
Suivant les instructions du Gouverneur Général, défalcation faite des communaux de parcours, des réserves et du Domaine public, il doit être constitué de 15 à 18 propriétés d'une superficie de 200 hectares environ en tenant compte de la qualité et de l'éloignement des terres de I'emplacement du futur Centre.
Le lotissement urbain, tel qu'il a été présenté, comprend 18 lots devant être attribués aux concessionnaires et 10 lots industriels. Dix sept propriétés ayant été créées, le lot N° 14 non utilisé restera disponible.
Les réserves domaniales comprennent les lots N° 21 ,22 et 27 qui sont des emplacements de ruines romaines. En plus d'innombrables pierres de taille éparses, on remarque dans les deux premiers lots cités des colonnes et des fondations de murs assez bien conservées.
Il existe de nombreux vestiges de l'occupation romaine, mais seuls ceux cités méritent d'être protégés. Les lots N° 14 et 18 forment les réserves des puits Bir-el-Azelat et Bir-Melloul.
Les réserves domaniales sont le lot N° 22 affecté aux bâtiments communaux, les lots N° 4 et 28 sont les cimetières musulmans.
Le Lot N° 29 comportant une réserve d'un hectare est réservé au cimetière chrétien. C'est un terrain de couche végétale profonde à 1 km environ à l'Est du village relié à ce dernier par un tronçon de chemin de 200 mètres se raccordant sur la route des Ouled-Sellam.
Le lot N° 10 est réservé à l'emplacement des meules et aires de battage situé au pied d'un mamelon rocheux à l'abri des inondations que peuvent provoquer de gros orages.
Le Lot N° 13 est réservé pour le bassin réservoir et éventuellement pour de futurs silos à grains.
Concernant les lots N° 8 et 29, sur le premier, les colons pourront y trouver la pierre nécessaire à l'édification de leurs constructions et les troupeaux pacager pendant les périodes de gros mauvais temps. Le deuxième, propice au pâturage comprend tous les terrains incultes situés sur le flanc du Djebel Mestaoua.
Les routes et les chemins d'accès.
Le territoire sera desservi par la route reliant Châteaudun à celle des Ouled-Sellam qui sont en cours d'exécution. Un certain nombre de chemins muletiers actuellement existant sont conservés sur une largeur de 10 mètres.
L’eau.
Le groupe de Zaouia-ben-Zeroug sera alimenté en eau potable par une conduite amenant les eaux de l'Aïn-Raïane dans un bassin réservoir d'où elle sera distribuée à l’intérieur du village. Un abreuvoir sera construit pour les bestiaux à l'entrée ouest du village, ils pourront également s'abreuver au puits Bir-el-Azelat sis sur la limite Sud de la réserve à 50 mètres du Centre.
Le bornage.
Les opérations de bornage nécessiteront l'emploi de 220 bornes pour la délimitation des lots mais aussi pour le rétablissement du périmètre commun avec le douar Zaouia-ben-Zeroug dont toutes les bornes du Sénatus-consulte seront à remplacer.
En résumé, le territoire de Zaouia-ben-Zeroug d'une contenance totale de 4.074 ha.44 se répartit ainsi : Terrains concessibles : 3.392ha, 93,34 ; Réserves domaniales : 10ha,65 ; réserves communales : 605 ha, 67,82 ; domaine public : 65 ha,18,84.
Le vérificateur signé : de Francheschi.
Document administratif.
Le 4 juillet 1911. Rapport de l'Administrateur de la Commune mixte de Châteaudun du Rhumel
Le territoire de l'Aguedel-el-Beylick est une vaste plaine dans la région des Hauts Plateaux. Légèrement ondulée, au climat continental froid l'hiver, torride l'été, la salubrité est bonne, le pays n'est ni boisé ni broussailleux. Toutes les terres sont en friches et couvertes d'une maigre végétation propice à l'élevage du mouton. Seule la culture des céréales, orge en particulier peut-être entreprise qui avec l'élevage du bétail sera la seule ressource. La source d'Ain-Rezouane vient d'être captée afin d'alimenter le village.
1911. – L’Etat met en vente de gré à gré 17 lots d'une superficie variant de 176 à 205 ha. On ne renouvelait pas ici les erreurs commises par l'attribution de concessions ridiculement exiguës qui auraient engendrées la misère et l'abandon.
C'est au printemps 1911 que les colons prirent possession de leurs terres. Leurs difficultés ne faisaient que commencer car il n'y avait aucun chemin d'accès praticable. Le ravitaillement, les premiers matériaux de construction, en dehors de la pierre qui se trouvait sur place, durent être acheminés sur des bêtes de somme, à dos de chameau. La route principale ne fut praticable que vers la fin de l'année ce qui permit aux colons, d'aller avec leurs charrettes chercher leurs familles et leurs meubles pour la plupart à Châteaudun.
1912.- La mairie et l'école sont construites, mais en 1913 alors qu'il y avait 15 enfants en âge d'être scolarisés aucun instituteur n'avait été nommé.
La source captée au lieu dit Bir-Raïane ( puits des bergers) située à l'Ouest du village avec un débit de 3 l/s suffit aux besoins domestiques du village. Elle alimente un bassin réservoir de 100m3 qui vient d'être mis en service et trois bornes fontaines échelonnées dans la rue principale, un abreuvoir composé d'un premier bassin de 5 mètres pour le gros bétail, prolongé de deux abreuvoirs de 10 mètres pour les moutons et d'un lavoir. Des caniveaux permettent de recueillir les eaux et leur écoulement vers les lots de jardin à créer.
C'est le 7 juin 1913 que le nom de Levasseur sera attribué au centre d'Aguedel-el-Beylick.
Le problème de I'eau allait engendrer de graves inquiétudes aux colons quand l'Administration annonce qu'elle a prévu l'alimentation en eau du nouveau Centre en création aux Ouled-Sellam, en prélevant la moitié du débit de la source qui suffit péniblement, à cause de la sécheresse, à alimenter Levasseur.
Le 24 octobre, lors de la séance du Conseil général de Constantine des échanges très vifs eurent lieu entre le Préfet et les Conseillers généraux qui étaient hostiles à cette décision administrative.
Motion du Conseil Général
Une motion fut votée par le Conseil général lors de cette séance :
« Il y a un an les colons acquéreurs du centre de Levasseur adressaient des doléances et demandaient au Gouverneur Général d'étudier sérieusement le problème de l'eau qui était insuffisante pour abreuver leurs troupeaux.
L'Administration, poursuivant son programme de colonisation, a vendu très cher des terrains à des agriculteurs français qui s'engageaient à mettre le pays en valeur. Ces agriculteurs avant d'enchérir s'étaient rendus sur les lieux. Ils avaient constaté qu'une école magnifique avait été aménagée dans le centre en création, qu'un bureau de poste était prévu attenant à cette école. Les notices officielles qui leur avaient été distribuées annonçaient que le village serait suffisamment alimenté en eau potable et ainsi ils pouvaient compter sur la ressource de l'élevage.
Ces promesses ont fait augmenter les prix des enchères, et, confortés par I'appui de l'Administration les nouveaux colons ont construit de vastes maisons et de grandes écuries. Après deux années, malgré les pétitions, malgré les appels à la justice administrative, lIs attendent encore I'institutrice qui doit apporter à leurs enfants la modeste instruction dont ils ont besoin. Ils sont réduits à parcourir 37 kms pour aller retirer leur courrier à Châteaudun du Rhumel et on leur annonce que l'eau qui leur avait été promise et qui est insuffisante avec la période de sécheresse que nous traversons actuellement, va encore être diminuée de moitié pour alimenter un nouveau Centre en création à 8 kms. Les colons sont dans le désarroi le plus complet. Ils disent, à juste raison, qu'ils ont rempli toutes les conditions qu'on leur imposaient et que l'Administration a manqué à toutes ses promesses, qu'elle les a trompés dans leurs légitimes espérances et qu'il leur faudra songer sans doute à brève échéance à abandonner le pays où ils sont livrés à la merci d'une culture incertaine dans les terrains salés, mal arrosés par un régime de pluies d'hiver et de printemps.
A leurs doléances l'Administration répond par une mise en adjudication brutale des travaux de prélèvement de l'eau de la source de Aïn-Raïane. Or l'utilité des travaux n'est même pas justifiée pour le centre des Ouled-Sellam. Le service de la colonisation qui installe en ce moment ce centre, ayant besoin d'eau pour ses chantiers a foré un puits sur place qui a révélé la présence d'une nappe d'eau importante à 8 mètres de profondeur donnant une eau excellente pour la consommation. Que penser dans ces conditions de I'attitude des bureaux de la colonisation qui veulent faire venir à grands frais de l'eau qu'ils peuvent trouver sur place sans nuire au développement d'un Centre voisin de colonisation.
On nous fait remarquer que les colons de Levasseur ont à leur disposition 3 m/3 d'eau par jour et par feu, c'est là un approvisionnement important pour la famille d'un employé du gouvernement général. il ne saurait en être de même pour une exploitation d'élevage aussi modeste soit-elle. Est-il nécessaire du reste de faire remarquer que la quantité d'eau dont dispose un pays est facteur direct du développement de la richesse en bétail.
Pour toutes ces considérations la première Commission vous demande de protester à nouveau contre la situation qui est faite aux colons de Levasseur et de demander télégraphiquement à M. le Gouverneur Général de vouloir bien examiner personnellement cette affaire et arrêter l'adjudication projetée par ses bureaux. Une formule plus économique se présentant qui a l'avantage de ne pas mettre en péril l’œuvre de colonisation dans les deux centres de Levasseur et des Ouled-Sellam ( applaudissements)
Le Président : « L’accueil fait par ce rapport me dispense de le mettre aux voix. Il ne reste qu'à prier M. le Préfet de le transmettre d'urgence à M. le Gouverneur Général.
Le Préfet : «Je n'accepte pas la forme de ce rapport qui contient des critiques dont la justification serait peut être difficile à établir. Quant au fond, il s'agit de savoir si l'Administration a promis aux colons toutes les eaux de Bir Raïane. Cette promesse a-t-elle été faite ?
M. Vallet : « On a trompé les espérances des colons de Levasseur. »
M. le Préfet : « Si les colons qui ont acheté les lots de ce centre ont été lésés, ce que je ne crois pas, ils peuvent s'adresser aux tribunaux. »
Les conclusions du rapport sont adoptées.
Finalement la raison l'emporta, les colons de Levasseur purent conserver la totalité des eaux.
Construction du Village
Le 12 octobre 1914. - Le sieur Alessandra entrepreneur à Constantine, obtint l'adjudication de la construction du Bureau de Poste pour la somme de 16.880,65 F L'Administrateur en fera la réception le 15 mai 1915.
Le Centre est pratiquement installé, les colons ont construit leurs habitations et dépendances, les bâtiments communaux comprennent : une école avec une salle de classe pour 42 élèves, un logement de 3 pièces et une cuisine pour l'enseignant, une cour de récréation avec un préau couvert. Une Mairie comportant une salle d'archives. Des plantations d'arbres des deux côtés de la rue principale, donnent au village un caractère d'oasis au regard de I'aspect désertique de la région.
En raison d'une épidémie de typhoïde la population demande des mesures spéciales afin d'assainir la source de Bir Raïne
1919.- Quelques commerçants et ouvriers s'installent au village. Le marché hebdomadaire du dimanche prend de i'importance avec des transactions importantes particulièrement sur les ovins.
1920.- Un moulin à mouture indigène est construit et exploité par M. Magneville et plus tard par M. Drouot.
1933.- Le village est électrifié.
1939.- Mise en dépôt dans la commune de 15 fusils Lebel modèle 1886/1893 et de 1.500 cartouches sous la responsabilité de MM. Antoine Zannetacci et Francis Drouot anciens Sous Officiers.
1940.- La guerre vit partir les fils des anciens de 1914-1918 avec la mobilisation de 1939, puis celle générale de tous les Français d'Afrique du nord en 1942. Une fois de plus, ce fut aux épouses, au mères, aux vieillards de supporter le poids de la bonne marche des exploitations.
1947.- M. Luchest Robert ouvre une liaison quotidienne par autobus avec
Châteaudun du Rhumel, qui avait débuté avec une modeste camionnette transformée avec quelques sièges. Puis un car de 25 places et bientôt devant le succès c'est un car de 36 places assises et de 16 debout qui prit le relais. Le jour de marché à Châteaudun cela ne suffisait pas à satisfaire tous les voyageurs. Le ticket aller et retour valait 2,50 F
M. Luchest ouvrit également à l'entrée du village un petit estaminet et un poste de carburants.
Agrandissements.
Des lots d'agrandissements de 80 à 100 ha furent proposés dans la région de Châteaudun et mis en vente de gré à gré avec un règlement échelonné sur 10 années. Pour tous ceux qui purent les acquérir ce fut un ballon d'oxygène, d'autant que la première récolte fut excellente, avec un rendement de 72 à 14 quintaux à I'hectare.
1957.- Sur décision du Préfet, M. Jean Zannettacci devient Adjoint spécial.
1959.- Levasseur est érigée en commune de plein exercice, M. Francis Drout en devient le Maire.
Plan d'aménagement et de construction municipal.
De 1954 à 1962 - Le Plan d'aménagement permet la construction de deux écoles, d'une caserne de gendarmerie, d'un centre médical. Une salle de cinéma et un boulodrome agrémentent la vie dans le village.
1960. - Un forage à 90 m de profondeur permet de découvrir I'existence d'une rivière souterraine d'un débit fabuleux de 900m3 heure. D'après les calculs des ingénieurs deux mille hectares pourraient être irrigués. Une dalle de béton recouvre depuis ce puits....
Témoignages.
Les frères Couderc, dont les parents étaient originaires d'Ardèche. Quand ils sont arrivés à Levasseur dans l'attente de pouvoir occuper leur maison qu'ils construisaient de leurs propres mains, ils s'abritaient sous leur charrette. D'autres colons avaient, ô ! suprême luxe, une toile de tente pour s'abriter.
Mais avant la construction de la maison, la priorité a été celle de la construction d'une écurie afin de mettre le bétail à l'abri des vols. Ce n'est qu'après qu'ils construisirent une pièce attenante à l'écurie et enfin leur maison.
Témoignage de Madame Antoine Zannettacci
« Quand je suis arrivé ici en 1912, j'avais mon fils âgé de quelques semaines sur les bras, mais j'avais aussi la vigueur de mes 25 ans.
« Les débuts furent très durs, très durs car il ne fallait compter que sur soi-même pour s'en sortir. Pour acheter les terres et construire leurs maisons, tous les colons avaient emprunté au Crédit Foncier.
« On ignorait les rendements des terres et pourtant ce n'est que d'elles que dépendait notre vie. La foi en Dieu, en notre jeunesse en notre travail nous soutenait. C'est ce qui nous donna le courage de lutter lorsque éclata la guerre de 1914. Tous les hommes, même M. Mondy père âgé de 50 ans, furent mobilisés. Pendant plus de quatre ans toutes les femmes durent assurer les travaux des champs, sans répit, sans défaillance. Quand le soir, harassée, découragée, l'une d'entre nous était en larmes, nous étions toutes autour d'elle pour la soutenir.
Le ravitaillement, le courrier était précaire, les rares liaisons étaient effectuées par des cavaliers. Trois de nos combattants avaient été blessés, les nouvelles n'arrivaient pas, nous nous sentions au bout du monde. Pour nous rassurer, toutes les nuits, un gardien indigène venait frapper aux volets nous montrant ainsi qu'il veillait, son zèle nous rassurait. En 1919 notre cauchemar prit fin avec le retour de tous les nôtres. Nous eûmes la joie de leur apprendre que le blé était engrangé et que pendant leur absence nous avions pu faire quelques économies.
« Alors la vie reprit son cours normal avec des fluctuations, les années 1920-1922-1924-1930 et 1932 furent désastreuses, nous avions à peine récolté la semence. La sécheresse, les gelées printanières, le sirocco et certaines années Ies invasions de sauterelles étaient autant de fléaux.
« A Rouget de l'lsle, un village de 23 feux à 9 kms qui fut fondé en 1910 avait du être abandonné quatre années plus tard à cause des récoltes désastreuses. «Nos enfants sont nés sur cette terre ingrate, ils nous succèdent et doivent à leur tour se battre pour survivre.
Témoignage de M. Pierre Lortal.
En 1921, jean Baptiste Lortal a acquis la propriété Froment. Père de neuf enfants, il cultiva cette propriété de 20 hectares jusqu'à son décès en 1940. Son fils Pierre prit sa succession, il cultivait des céréales et élevait du bétail, moutons, veaux, mulets.
En 1957 du fait de la sécheresse et de la pénurie d'eau dans le village, Pierre Lortal fut mis dans l'obligation de creuser un puits de 20 m de profondeur auquel s'ajoutait un forage de 62 m de profondeur. Ce sondage permit un débit de 100 m/3 heure. Grâce à son initiative, l’irrigation des récoltes lui permit de nouvelles acquisitions atteignant une exploitation de 400h. M. Lortal cultiva cette propriété jusqu'en 1962, date à laquelle il fut dans l'obligation d'abandonner le fruit de son travail du fait de vols de récolte et de menaces de mort.
Mademoiselle Mathilde Agostini qui dirigea les propriétés de ses deux frères mobilisés sur le front français et sur celui des Dardanelles, tout au long de cette guerre, reçut à ce titre la décoration du Mérite Agricole.
Le Caïd Hadjadj Brahim est une figure marquante de Levasseur. Nommé à ce poste en 1928. Il avait fait la guerre de 1914-1918 au 3éme tirailleur de marche. Il fut blessé trois fois et a été décoré de la médaille militaire, de la croix de guerre et fait Chevalier de la Légion d'honneur. Quatre épouses lui donnèrent 47 enfants.
Les premiers colons.
Fieschi - Albertini - Zanettacci Georges et Antoine - Agostini Jean, Baptiste et Santio venaient de Corse. Delenne - Couderc Marius et Régis, Talagrand qui revendit à Drouot venaient d'Ardèche. Mondy, venant de Toulouse, Cocaud venant de Normandie, Demange venant d'Alsace. Des Algériens : Drouhot - Galtier - Antonin Etienne - Froment qui revendit à Lortal en 1921.
Exemple de construction.
M. Agostini Jean-Baptiste, attributaire du lot urbain N° 15 et du lot rural N° 12 de 176 ha,64 construisit une maison d'habitation de 5 pièces en bonne maçonnerie couverte en tuiles, une écurie de 200 m2 couverte en tuiles. Il creusa un puits de 25 mètres de profondeur permettant l'exploitation d'un jardin potager exemplaire.
Certains colons ne construisirent pas au village préférant s'installer au milieu de leurs terres créant des fermes. Ils durent creuser des puits entre 15 et 40 mètres de profondeur avec souvent une eau saumâtre. Les efforts des pionniers à la recherche de l'eau même à de très grandes profondeurs, furent les conditions de leur survie dans cette région presque subdésertique. A cette époque, les moyens étaient précaires, sans aide, ils réussirent à découvrir non pas une nappe uniforme mais des courants irréguliers.
Les colons leur vie durant luttèrent pour leur survie, celle de leurs familles. Livré à eux-mêmes, confrontés aux pires calamités, même des pluies de minuscules grenouilles que les vents d'orage en tourbillonnant soulevaient des bords de chotts environnants. Ils eurent également des satisfactions particulièrement l'année mémorable de 1919, véritable miracle de la nature, un des frères Agostini récolta 300 quintaux d'orge pour 30 kilos semés.
En 1921 ce fut l'expérimentation du premier tracteur, en 1925 la première automobile. Ils étaient arrivés dans une région désertique, il en firent par leur labeur, leur persévérance, par les méthodes de culture française, une région céréalière et d'élevage, une terre plus humaine et plus maternelle.
Etat récapitulatif de demande de prêt à long terme.
Exécution de la circulaire du Gouverneur Général de juillet 1924
Maurice Villard
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T’seph à l’Orangerie
Envoyé par M. Joachim Sardella
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C’était au fond de l’Orangerie à Bône à l’est de l’Algérie, au quatre de la rue Championnet, en cette villa où je suis né chez mon oncle Cachia. En cette rue sans fin où commençait la plaine, avec mon ami Joseph nous devisions des heures entières.
Ce joyeux boute-en-train se diluait en prose et en alexandrins en défiant Rimbaud pissant aux héliotropes mais ne faisant trembler que frêles coquelicots. « Aga » « Aga » bon mon jojo, je fais mieux que l’ami Rimbaud… je pisse très loin, je pisse très haut…
Parfois, repus de soleil, nous quittions notre plaine, j’enfourchais mon Vespa, Joseph suivait en Lambretta et la ville nous ouvrait ses bras.
Aux sorties des écoles, pour une Josette, pour une Nicole, d’Eugène Mercier à Vaccaro, nous allions jouer les héros. De honte et de peur nous leur balancions un poème. Mais ces imprenables et prudes jouvencelles, faisant fi de nos avances et de nos fables.
Aujourd’hui, Joseph n’étant plus là, je me demande, et regrette en secret ce temps de ma jeunesse…
Et, qu’est devenu le Bel Acacia de la villa des Cachia…. A l’Orangerie où je suis né. Au quatre de la rue Championnet.
"A la villa Espinosa, vis-tu encore Beau Mimosa"
SARDELLA Joachim - le 17 Janvier 2026
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ENVELOPPES INSOLITES
Envois de M. M. Donato
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LA CAPTURE DE BONA
En Algérie au XVIIe siècle
Envoyé par M. D. Bonocori
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La prise de Bona en Algérie
Roberto Amerighi
Une entreprise des Chevaliers de Saint-Étienne au XVIIe siècle - suite
L'assaut sur la ville
La taille des forces ennemies et la situation logistique
La population de Bona, très nombreuse jusqu'à trois ans auparavant, avait été réduite à 6 000 individus en raison d'une épidémie de peste qui l'avait frappée. 2 500 hommes étaient habitués au maniement des armes, équipés de cimeterres et de sagaies. Parmi eux, 250 étaient également équipés de mousquets. Il y avait aussi un corps de 50 cavaliers légers.
De plus, il y avait une garnison de 200 janissaires turcs armés d'arquebuses. Comme la forteresse, la ville était également dotée d'une importante artillerie placée sur les cinq tours et sur les portes.
Son périmètre était irrégulier. La zone urbaine était protégée d'un côté par des murs donnant directement sur la falaise, tandis que sur les trois autres côtés, elle était protégée par d'imposantes murailles percées de trois portes. L'une donnait sur la forteresse, tandis que l'autre, la porte principale, s'ouvrait sur l'arrièrepays. La dernière, en revanche, donnait sur la partie des remparts qui, bien que tournée vers la mer, n'était pas protégée par des rochers.
Sur la partie la plus élevée de la ville se trouvait la mosquée, qui, compte tenu de sa position, pouvait facilement être transformée en redoute.
Les rues étaient très étroites et le passage d'une armée était difficile, car les maisons qui se faisaient face, toutes reliées entre elles, avaient des toits en terrasse d'où il était facile d'attaquer à coups de mousquet, de pierres et d'autres objets contondants. Au total, le périmètre de la ville s'étendait sur environ deux kilomètres et demi.
L'effet de surprise ayant échoué, il était impossible de déployer l'armée selon les plans préétablis et d'attaquer simultanément les trois portes. En effet, les forces gardant la ville, alertées par le bruit provenant de la bataille toute proche, s'étaient massées sur les remparts, se positionnant notamment pour défendre la porte menant à la forteresse. Par conséquent, il était très risqué de déployer l'armée dans une telle situation, qui aurait été dangereusement exposée aux tirs d'artillerie.
La capture de la première porte
Il fut décidé de s'emparer de la première porte. Cette tâche fut confiée à la deuxième formation, dirigée par Giovanni Brancadoro. Avec ses frères Guidobaldo et Annibale, il lança l'attaque, couvrant d'abord le capitaine Ghiscardo, qui devait diriger les démineurs pour déclencher le pétard. L'opération fut accomplie avec brio, provoquant l'effondrement immédiat de la porte. Les Maures contre attaquèrent aussitôt, tentant de quitter la ville en masse.
La compagnie de sapeurs risquait d'être submergée, mais, avec l'intervention du Brancadoro, une bataille très violente commença et les Toscans commencèrent peu à peu à gagner du terrain.
L'attaque ratée de la porte centrale
Pendant ce temps, la troisième formation, commandée par le colonel Ambrogio Bindi, se préparait à attaquer la porte centrale de la ville, celle qui s'ouvrait sur la campagne intérieure.
Dans la confusion de la première attaque, l'équipe de déminage transportant le deuxième pétard, indispensable à l'assaut, avait quitté la compagnie de sapeurs du capitaine Colleschi pour rejoindre celle du capitaine Ghiscardo. Cette confusion et l'échec de la démolition de la porte rendirent l'opération impossible.
Le Grand Connétable, informé de ce qui s'était passé, autorisa le colonel à entrer par la première porte, apportant ainsi son soutien aux hommes du capitaine Brancadoro, qui avaient rencontré une résistance tenace à l'intérieur. Il devait ensuite atteindre son objectif, la porte centrale, au plus vite, en traversant la ville par les rues intérieures.
Escalader les murs
Le commandant Silvio Piccolomini, qui surveillait attentivement l'action près de la première porte, constata que les plus grandes difficultés pour ses hommes étaient causées par les tirs d'armes à feu, les pierres et autres objets lancés depuis les toits. Il décida d'escalader les murs pour attaquer l'ennemi par derrière. Il ordonna donc aux compagnies de Francesco Alfani et de Carlo della Penna de déployer leurs échelles d'assaut restantes près de la première porte, plutôt que sur leur objectif initial, qui devait être la porte centrale.
L'initiative s'avéra fructueuse, les Toscans parvenant à dégager les toitsterrasses des maisons, facilitant ainsi la progression des compagnies de Brancadoro et Bindi dans les ruelles de la ville. Cette compagnie fut rejointe par la troisième formation commandée par le capitaine Ricchelmi, ainsi que celles de Passerini et de Gualtieri, initialement destinées à l'attaque de la troisième porte, celle donnant sur la mer.
La deuxième attaque et la conquête de la porte centrale
Cependant, la résistance ennemie dans les quartiers entourant la première porte demeurait très forte. Pour cette raison, et afin d'atténuer la pression musulmane, le Grand Connétable décida d'envoyer l'escadron de Stéphaniens et les aventuriers de Colloredo vers la porte centrale, confiant au capitaine Ghiscardo la tâche de la faire exploser avec l'autre pétard.
Durant l'opération, il aurait été protégé par le colonel Bindi qui, entretemps, dans une situation de confusion extrême, avait atteint et capturé le mur audessus de la porte. Une fois de plus, l'opération de déminage fut un succès. Les troupes du capitaine Ghiscardo réussirent à percer et à rejoindre l'avantgarde des unités les plus avancées de la ville.
Il n'en fut pas de même pour l'escadre de Colloredo.
Les capitaines Nelli et Placidi, de l'escadron de cavalerie de Colloredo, réussirent à pénétrer dans la zone avec leurs compagnies lors des phases d'attaque les plus intenses, mais perdirent le contact avec leur propre formation. Le colonel Bindi, cependant, en profita et, avec l'appui des nouvelles unités, réussit à s'implanter solidement dans le quartier. Il chargea alors le capitaine Nelli d'ouvrir un chemin vers la porte maritime à travers les rues de la ville et lui assigna 40 mousquetaires pour le soutenir.
Les forces turques avaient réussi à s'établir dans un cimetière et, à l'aide de mousquets et d'arquebuses, elles maintenaient sous le feu les routes qui reliaient la porte centrale à la porte maritime à travers l'intérieur de la ville.
La prise de la porte de la mer
Pour les Stéphaniens et les aventuriers aussi, la mission était d'atteindre et de conquérir la porte de la mer, d'où fuyaient de nombreux Maures et Turcs pour tenter de se regrouper et d'organiser une contreattaque.
Colloredo, constatant l'impossibilité d'entrer par la porte centrale, décida d'atteindre son objectif en encerclant le long périmètre des remparts. Ce ne fut pas une mince affaire, car lui et ses hommes auraient dû contrer la cavalerie ennemie, qui s'était entretemps organisée à l'extérieur de la ville.
Bien qu'à pied, ils réussirent à résister avec constance et courage aux attaques de la cavalerie légère, d'abord en tête, puis en queue de colonne. Finalement, réussissant à passer indemnes au milieu des tirs de mousquets et des pierres lancées d'en haut des murs, ils atteignirent la porte maritime.
Presque simultanément, la compagnie du capitaine Nelli parvint à atteindre la même porte depuis l'intérieur de la ville, la gardant d'en haut et tentant d'empêcher l'ennemi de s'échapper. L'escadron de Colloredo parvint à entrer, non sans difficulté, et la garnison de gendarmerie fut mise en déroute.
Le passage fut finalement fermé et la fuite des soldats et des habitants fut stoppée.
Les forces ennemies étaient désormais divisées et celles à l'intérieur de la ville, bien que toujours fortes, étaient dispersées et manquaient d'une Coordination efficace. Les personnes à l'extérieur s'étaient regroupées autour de la cavalerie. Les civils, en revanche, étaient dispersés dans une grande confusion toute la plaine à la recherche d'une issue de secours vers la campagne
Résistance dans la ville
Les combats faisaient rage dans toute la ville, les Maures dispersés se défendant désormais dans des maisons et des ruelles dispersées, dont l'étroitesse rendait la conquête difficile sans risquer d'être attaqués. Depuis les toits et les fenêtres, les habitants, désormais acculés, jetaient tout ce qu'ils pouvaient pour contrer l'avancée de l'armée chrétienne.
Il y avait deux endroits où la résistance était encore forte et bien organisée. D'un côté se trouvait la mosquée, où un important groupe de janissaires s'était barricadé, formant un bastion bien gardé.
Il y avait ensuite une tour sur le flanc des remparts, face à la falaise, où un autre groupe de janissaires, équipé de trois canons, représentait un grave danger pour les troupes chrétiennes. Ils tentèrent d'éliminer les foyers de résistance, rue par rue, mais risquèrent euxmêmes d'être tués par des tirs d'artillerie.
Le commandant Piccolomini, bien que la bataille semblait se diriger vers une issue favorable, s'inquiétait de la réorganisation des troupes ennemies à l'extérieur de la ville et craignait que cette force d'attaque ne rappelle des renforts de la campagne, qui jusquelà, craintifs, étaient restés à l'écart de la bataille. Il décida alors de demander l'intervention de la flotte qui, avec son artillerie, pouvait bombarder la plaine devant la porte maritime où l'ennemi se regroupai.
L'intervention de l'artillerie navale
À ce stade de la bataille, l'amiral Jacopo Inghirami, qui avait suivi attentivement chaque phase des combats, joua un rôle crucial. Il avait déjà identifié la puissance de feu considérable des Turcs retranchés dans la tour faisant face à la marina et, tournant ses proues dans cette direction, il commença à bombarder la forteresse avec toute l'artillerie de la flotte.
Après l'avertissement du grand connétable, il envoya la galère "Livornina", commandée par le capitaine Giuseppe Graffigna connu sous le nom de Cardinalino dans l'étendue de mer faisant face à la plaine hors des murs, où l'ennemi se réorganisait.
Le bombardement commença également à partir de cette position, mais avec de faibles résultats, compte tenu de la puissance de feu limitée d'une seule galère.
Inghirami, de son côté, avec le reste de la flotte, continua de bombarder la garnison des janissaires établie près de la forteresse, jusqu'à sa destruction complète. Immédiatement après, il déplaça toutes les galères vers la position tenue par le Cardinalino et, de là, lança un barrage qui ne laissa aucune issue aux troupes et à la cavalerie turques, qui furent entièrement anéanties et subirent de lourdes pertes. La fuite des survivants vers la campagne fut également empêchée et ils furent capturés par les troupes chrétiennes.
La conquête de la mosquée et la fin des hostilités
Les troupes chrétiennes étaient désormais réparties dans tous les lieux de la ville et se sont battus porte à porte pour éliminer les poches de résistance ennemies.
Le capitaine Placidi et sa compagnie gardaient la porte centrale, le capitaine Passerini tenait la première porte devant la forteresse où Guadagni s'était installé. Les compagnies de Colloredo tenaient la porte maritime.
De nombreux janissaires s'étaient barricadés dans le quartier de la mosquée, avec les troupes maures restantes. La mission de l'assaut fut confiée à la compagnie d'Alfani, dirigée par le porteétendard Giulio Cesare Machiavelli. Après un combat au corps à corps sanglant, les janissaires furent débordés, tandis que le capitaine Brancadoro avançait dans les ruelles étroites près de la mosquée.
Il dut affronter l'opposition la plus tenace des musulmans dans les quartiers adjacents à la première porte. Bien que blessé, il conquit les dernières positions élevées d'où ils continuèrent à tirer sur la compagnie d'Alfani, solidement établie dans la mosquée. Finalement, les hommes de Brancadoro, rejoints par ceux de Della Penna, parvinrent à rejoindre ceux d'Alfani, tandis que dans la ville, toute résistance résiduelle commençait à s'estomper.
À ce stade des opérations, le colonel Bindi, estimant que les positions conquises dans la ville étaient sûres, envoya Iacomo Capponi, lieutenant du capitaine Nelli, accompagné de son enseigne Bettino Ricasoli, pour prendre possession du littoral afin de permettre aux galères de débarquer et de préparer les opérations ultérieures, actions de démobilisation.
Pendant ce temps, avec l'un des pétards restants, ils firent exploser la porte de la grande résidence du cadi, figure emblématique du pouvoir ottoman. Cette résidence était entourée de murs et constituait une sorte de petite forteresse à l'intérieur de la ville. Elle fut trouvée déserte et il fut décidé d'y transférer tous les prisonniers qui étaient entretemps rassemblés dans la ville.
Chaque division de l'armée était en garnison dans les différentes villes et le long des remparts. Le colonel Bindi avait ordonné aux compagnies des capitaines Colleschi et Guatieri de fouiller chaque maison à la recherche d'opposants potentiels et d'habitants à déporter. Finalement, le Grand Connétable, accompagné de ses hommes et de l'escadron de chevaliers et d'aventuriers, parcourut la ville du regard, mais il n'y avait plus aucun signe de résistance.
La bataille dura six heures et resta gravée dans les annales de l'époque, car la victoire fut obtenue non par surprise ou trahison, mais grâce au courage et à la valeur de ceux qui la combattirent. Tout se déroula en plein jour et face à une garnison réputée imprenable.
Les pertes du côté chrétien s'élevèrent à 42 hommes, dont 30 en ville et 12 dans la forteresse. Du côté musulman, on en dénombra 470, la plupart étant des janissaires tués dans la forteresse et en ville. Le reste était composé des autres combattants berbères de Bona, ainsi que des soldats et des civils tombés sous la canonnade des galères hors des murs.
Le pillage et les opérations de rembarquement
À la fin de la bataille, Piccolomini autorisa le pillage et une énorme quantité d'objets et d'armes fut transportée sur les galères, dont 12 enseignes, considérées par les Toscans comme de grande valeur, car elles représentaient l'importante victoire.
Cependant, il ne fut pas possible de transporter tous les nombreux canons de bronze que Guadagni avait jetés de la forteresse, qui, de par leur fabrication et leur taille, constituaient la proie la plus précieuse. Malgré les efforts et l'énergie considérables déployés, seuls cinq d'entre eux purent être embarqués, la nuit tombée empêchant la poursuite du transport.
Une autre partie du butin, considérable du point de vue économique, était constituée d'esclaves qui, en incluant hommes, femmes et enfants, atteignaient le nombre d'environ 1500 individus.
Ils devaient être vendus, au retour, sur les places de Cagliari, puis à Livourne. Il fut jugé inutile, dans ces circonstances, d'offrir une rançon, car les Maures qui avaient échappé à la capture étaient effrayés et sans argent.
Tard dans l'aprèsmidi, le commissaire du navire, Barisoni, commença le chargement complexe des nombreux esclaves et du reste du butin à bord des neuf galères
Au même moment, le commandant Piccolomini, voyant que les opérations traînaient en longueur, il était déjà dix heures du soir devait décider s’il devait ou non passer la nuit à Bona, puis repartir à l’aube du lendemain.
La menace d renforts turcs arrivant pendant la nuit et la possibilité que la dégradation des conditions météorologiques force les galères à appareiller prématurément le dissuadèrent d'envisager cette option. Un changement de conditions météorologiques aurait contraint les galères à chercher un nouveau point de débarquement dans le seul endroit abrité, appelé Porto Genovese, à plus de dix kilomètres de là.
Pour les atteindre, l'armée aurait été obligée de parcourir cette longue étendue de terre, exposée aux dangers d'une éventuelle attaque ennemie.
Le Grand Connétable, malgré la fatigue accumulée par tous pendant la journée, prit la décision de commencer immédiatement le rembarquement de l'armée, manifestant également en ce moment, ensemble.
Ses officiers bénéficiaient d'une grande expertise. Tout se déroula avec une grande célérité et un ordre rigoureux, une partie des troupes étant disposée en formation défensive pour décourager et, si nécessaire, faire face aux attaques d'éventuels renforts ennemis. En effet, durant la phase de démobilisation, l'armée se serait trouvée dans une situation de plus grande vulnérabilité. Les opérations se conclurent par l'embarquement des dernières compagnies suivant le chevalier Guadagni di Beauregard.
Piccolomini avait auparavant ordonné que tous les principaux puits et citernes soient empoisonnés. Finalement, la ville déserte fut incendiée.
Aux premières heures du 17 septembre 1607, la flotte stéphanienne de l'amiral Inghirami leva l'ancre et quitta les côtes de l’Afrique du Nord, ayant atteint avec succès l'objectif de la mission.
A SUIVRE
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TEMOIGNAGE
Par Jacques Mazart
ACEP-ENSEMBLE N°277 avril 2011
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Après "L'Algérie du temps des Français, c'était le paradis" cri du cœur d'Aït Ahmed à Christine Clerc, j’ai lu avec une certaine délectation en tant que pied-noir, l'interview de Boualem Sansal dans le Figaro du 9 septembre 1999. Quelle réponse à tous nos détracteurs ! Certes, c'est d'une très courageuse honnêteté, mais c'est trop tard ! Le destin et le sort de l'Algérie actuelle et de ses habitants me sont totalement indifférents.
Et pourtant, en 1962, révolté par la haine gaullo-coco-socialiste, j'ai essayé de rester ! J’aimais viscéralement l’Algérie ; les musulmans avaient été mes camarades d’école, de jeu, mes compagnons de chasse, de combat et de travail.
Vétérinaire dans la Mitidja depuis 1959, ma profession et une invraisemblable baraka qui me suivait depuis mes 21 mois de zone opérationnelle ont été mes seules protections.
Mais tous mes confrères n'ont pas eu cette chance. Nous avons tous accompli notre métier à nos risques et périls, consciencieusement, sans distinction aucune entre nos clients et bien souvent en faisant du "social" à nos frais.
Je m'attendais l'indépendance à une Algérie bancale, unijambiste. Ce ne fut Même pas un cul de jatte ! Je ne parlerai pas de I'insécurité, de la perquisition de ma villa, de mes voisins "enlevés", de cousins "disparus", de la peur qui nouait mes tripes la nuit jusqu'au lever du soleil. L'été 1962 j'étais tout seul la nuit et sur les routes le jour.
Après le départ forcé des colons, très attachés dans l'ensemble à leur terre, plutôt Paternalistes, mais sûrement moins "rapetouts" que nos actuels capitaines d'industrie, j’assistais au naufrage de l’agriculture, accéléré par l’incapacité, la fatuité et la corruption du F.L.N. Les comités de gestion pillaient ce qu'ils pouvaient, les ouvriers, faute de paye se servaient, des commandos armés se volaient respectivement les derniers tracteurs, à qui les rodéos de la campagne des labours, chère à Ben Bella, donnèrent le coup de grâce'
Je rencontrais un jour deux musulmans de mon âge, bacheliers agricoles, nantis de plus de bonne volonté que d'expérience...et de moyens : quatrième comité de gestion en quatre mois, à la tête de deux mille hectares. Tout avait été pillé, vendu, même des arbres centenaires, rasés avant leur arrivée !
En six mois, même pas le temps d'une gestation, l'Algérie nouvelle n'était plus qu'une fausse couche !
Ceux qui avaient cru aux promesses du F.L.N. en la manne pétrolière, les ouvriers, qui en attendant un lopin de terre, attendaient la paye, ceux qui avaient occupé les commerces européens vacants, sans clientèle, les propriétaires terriens (plus de la moitié de la Mitidja, et oui !) musulmans affolés, les autres, ceux qui m'avaient dit restes, tu es un enfant du pays, nous avons besoin de toi, tu vas voir l'Algérie va devenir "ouarda" comme une rose", tous ceux-là commençaient à faire grise mine.
En janvier 1963 : "Oui nous avons besoin de toi, mais tu es jeune, tu as une femme et une petite fille - à leur retour nous avons cru d'ailleurs que les pieds-noirs revenaient ! - mais vas t'en, pars donc avant qu'il ne soit trop tard, nous allons à la ruine, pourquoi veux-tu partager notre misère ?"
Je n'aimais certes pas le drapeau vert et blanc, mais j'eus du mal à prendre la décision. J'étais pied-noir depuis quatre générations, j'espérais sans y croire, une accalmie, une embellie. Mais l'Algérie n'avait plus d'avenir...
Bien que tenu très secret par prudence, mes clients musulmans pressentaient mon départ. Un jour de marché je les vis tous venir, même les paysans les plus récalcitrants, me régler leurs dettes jusqu'au dernier sou. J'avais risqué ma vie pour leurs bêtes, c'était mon métier, j'avais sans qu'ils le sachent permis d'épargner pas mal de vies musulmanes ; ils avaient protégé la mienne, je le savais. Nous étions quittes.
Je tirais un trait sur l'Algérie, sur presque un siècle de présence de ma famille. J'ai maintenant 68 ans, plus de racines, peut-être quelques radicelles... Je suis peut-être "intégré".
J'ai encouragé ma fille à s'expatrier, mes petits enfants ont une double nationalité - pas l'algérienne ! - ils pourront choisir leur patrie.
J'écris quelques lignes pour eux parfois, pour leur expliquer qu'être pied-noir, c'était comme être basque, auvergnat ou normand, avec en plus à l'époque un grand pays à construire où chacun pouvait apporter sa pierre.
Le responsable du désastre algérien ? bien plus que le F.L.N. imbécile, incapable et suffisant, plus que le peuple algérien, fataliste, pris pendant 8 ans entre le marteau et l'enclume, esclave terrorisé ensuite, le vrai responsable historique, il faudra bien l'admettre un jour, est au cimetière de Colombey et son âme en enfer, je I'espère !
Jacques Mazart
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M’SILA FUT CHOISI PAR DES CHAMEAUX
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N°183, mars 2010
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Une tradition orale fait remonter au septième siècle de notre ère la petite ville de M'Sila.
À cette époque, assure-t-elle, un personnage fort religieux, du nom de Sidi-ben-Hilloul, partit du Maghreb et, mû par une inspiration divine, résolut de bâtir une mosquée à I'endroit où s'arrêteraient ses chameaux. Ce point fut l'emplacement actuel de M'Sila et c'est en ce lieu que Sidi Ben Hilloul aurait fait édifier la première mosquée de la future ville.
Paul Massiera, dans " M'sila du X au XVe siècle " a une tradition un peu différente.
Histoire
Vers I'année 682 - un certain Tellis, venant, de Khibar Hadjar qui pourrait être Khaïbar du Hedjaz, s'installa sur la rive gauche de I'Oued Ksob, alors appelé Seher, et y bâtit quelques demeures pour lui et les siens. Autour de ce noyau primitif se seraient ensuite groupées d'autres familles, en sorte que cet établissement aurait pris une certaine extension.
Mais I'agglomération naissante aurait été alors réduite en ruines, par les guerres acharnées des Khâredjites maîtres du Hodna, d'où, ajoute-t-on, le nom de Kherbet Tellis porté par un quartier de la ville. Il est exact que ce nom de Kherbet Tellis est donné, aujourd'hui encore au quartier perché sur la rive gauche de l'Oued Ksob, au sud du port actuel.
La ville fut reconstruite au début du Xe siècle par les Fatimides sous le nom de Mohammedya et fut la résidence de Ibn Abi Alflya, Gouverneur du Maghreb. Elle prit plus tard le nom de M'Sila.
Vers 996, un Beni Khazer, nommé Ziri ben Atîya, prince de Fez, se révolte contre le Khalife El Mansour. Celui-ci mort, son fils Bâdîs continue la lutte traditionnelle. Venant de I'Est et passant par Tobna, il traverse une première fois M'Sila et pousse jusqu'à Achir, contraignant Ziri à se jeter dans le désert pour lui échapper.
Bâdîs, momentanément rassuré, revient sur ses pas par la même route du Hodna. Au cours de ces luttes assez confuses, il confia le commandement d'Achîr à un de ses oncles, Hammâd. C'est pendant son séjour à M'Sila, au retour, que Bâdîs apprit la révolte contre lui de quatre autres de ses oncles. Il en confia la répression, terminée en 1000-1001 après des épisodes atroces, au même Hammâd.
Une nouvelle agitation des peuplades Zenàta devint fort grave les caravanes interceptées, la province ravagée, le blocus de M' Sila rendirent la lutte longue et la fortune changeante.
C'est alors qu'Hammâd semble avoir envisagé I'idée de fonder, comme son ancêtre, sa ville. Lorsque à nouveau, en 1004-1005, il lutta encore, au nom de Bâdîs, contre les éternels ennemis Zenàta et qu'il eut remporté la victoire, il obtint la confirmation du gouvernement de M'Sila et d'Achîr, mais encore la promesse de ne jamais être rappelé et d'être laissé en possession de toutes les villes qu'il soumettrait.
C'est sous ces assurances, et dans tout l'éclat de son succès qu'il fonda en 1007, par les soins d'un esclave chrétien nommé Bouniache, la ville de la Qalâa, à vingt cinq kilomètres au Nord-Est de M'Sila, sur les pentes méridionales des monts Kiâna qui avaient été soixante ans plus tôt, le théâtre de l'écrasement d'Aboû Yezîd et où, sept siècles auparavant, était déjà un établissement romain aux traces encore visibles de nos jours.
Cette fondation de la Qalâa fut un coup très rude pour M'Sila. Les habitants en furent chassés et transportés en masse pour peupler la nouvelle cité. Pour ne leur laisser aucune velléité de retour, M'Sila fut détruite de fond en comble.
Telle est du moins I'indication que fournit Ibn Khaldoun.
La prise de Kairouan en 1057 fera cependant éprouver aux maîtres du Hodna qu'ils sont tout aussi dangereusement menacés par le flot d'envahisseurs.
Déjà le Mzab, province voisine, est menacé par les Arabes. La déroute de Sbîba (1064-1065) eut pour les Hammâdites un terrible lendemain. Les Arabes qui les suivaient de près, ne s'arrêtèrent que sous les murs de la Qalâa, ils la bloquèrent pendant quelque temps, ruinèrent méthodiquement les alentours, puis se jetèrent sur M'Sila en chassèrent les habitants, la mirent en ruines, puis précise Ibn Khaldoun, se ruèrent sur les caravansérails de la plaine, sur les fermes abattant tout à ras de terre changeant ces lieux en une vaste solitude, après avoir comblé les puits et systématiquement coupé tous les arbres.
Pressés de toutes part, les princes de la Qalâa ne peuvent plus défendre leur royaume. Chaque été, écrit G. Marçais, e pays de M'Sila était ruiné par les nomades, ses routes interceptées, ses habitants menacés dans leurs biens et dans leur personne. Au point que, pour tenter de s'assurer, en composant, contre ces continuelles dévastations des hilâliens, le sultan hammadite doit s'engager à leur faire abandon de la moitié des récoltes de céréales et de dattes, engagement humiliant et ruineux, qui restera pourtant en vigueur jusqu'à la conquête almohade.
C'est sous l'empire de cette situation devenant de jour en jour plus intolérable qu'en 1090, les sultans sanhâdjiens de la Qalâa se voient acculés à I'abandon de leur capitale et doivent transporter à Bougie le siège officiel de leur royaume. C'était la fin d'une période qui fut, pour le pays m'silien où avait rayonné la civilisation de la Qalâa, d'un éclat particulier.
Moins d'un siècle suffira maintenant pour que cette civilisation soit ravagée par le conquérant almohade.
On a peu de renseignements précis sur l'histoire du pays au temps des Almoravides. Ce que nous savons, c'est que la région de M'Sila resta dévastée, sans pouvoir se relever de ses ruines que la violence des Arabes avait pu y accumuler et y entassait encore.
Entre 1100 et 1120, en effet une nouvelle vague de razzias fond sur le pays et le saccage. Un autre coup, plus inattendu, frappe aussi la Qalâa elle-même en 1149, le sultan Abd el Aziz va la dévaliser pour emporter à Bougie tous les objets de valeur qui pouvaient s'y trouver encore.
C'est cependant sans combat que le conquérant Abd el Moûmen, en 1152 prend Bougie et c'est de là qu'il envoya son fils Abd Allâh, à la tête d'une armée, vers la Qalâa, où se tenaient encore retranchées des troupes sanhâdjiennes. Prise d'assaut, la Qalâa fut pillée et incendiée, ses défenseurs massacrés. Une tradition veut que quelques survivants soient allés fonder le village de Mansourah.
C'est au commencement de ce XIIIe siècle que " la notice historique" fait remonter I'arrivée à M'Sila de Sidi Mohammed ben Abdallah el Megherbi, originaire de Fez, et surnommé Bou Djemline, (l'homme aux deux chameaux) " parce qu'il avait fait quarante fois le Pèlerinage de la Mecque sans que ses compagnons eussent vieilli ". Célèbre par sa piété et ses dévotions, il fonda dans la ville une zaouia. Sur son tombeau a été érigée une mosquée qui est encore vénérée dans la région.
Les Aribs vendirent des terres à ses descendants qui furent la souche de la fraction des Djaafra et de la famille des Ouled El Kadi, du quartier El Kouch de M'Sila.
Lorsque la région de M'Sila se trouva incluse dans le petit royaume hafside, quasi autonome fondé à Bougie vers 1285, elle se trouva toujours dans une situation incertaine et dangereuse. Les inquiétants Douâouida se conduisent en maîtres dans le pays. En 1292, Mançoûr, gouverneur de la province de Zab pour le sultan de Tunis fit volte-face, donna la province qu'il administrait au sultan de Bougie. En retour, dit I'historien, il obtint l'autorisation d'ajouter à sa province les villes du Hodna, M,sila, Maqqâra et N’Gaous. Il parcourut ses régions afin d’affaiblir les Arabes en les empêchant d'y prélever des impôts, mesure d’autant plus nécessaire que ces nomades avaient étendu leur domination sur toutes les plaines qui se trouvent dans cette région.
En 1331, quand le Khalife hafside eut dégagé Bougie il n'avait pas oublié I'attitude des chefs douâouida qui résidaient à M'Sila, il marcha donc sur cette dernière, qui s'était montrée si insolemment réfractaire, et, en 1332, prit la ville, en rasa les murs et y porta une fois de plus la dévastation.
En 1354, le gouverneur hasfside de Bougie, Aboû Abd Allah, parcourt sa province, arrive à M'Sila pour un bref séjour le temps de se faire remettre les impôts du pays. En contre Partie, le prince s'efforce de faire exercer une police régulière, essaie de la protéger des Arabes pillards et d'y rançonner les populations.
Il n'y parvient guère que quand ses troupes sont présentes en nombre, sitôt qu'elles s'éloignent, les Douâouida, précisément les Ouled Sibâ, malgré leurs promesses recommencent leurs exactions et rançons.
À la fin du quatorzième siècle, la ville et la région de M'Sila restent, comme N'Gaous, sous la domination des Douâouida riyâhites, qui s'étendent à I'est jusqu'à I'oued Djenan. Les contreforts situés immédiatement au pied des Maâdid, et les montagnes, entre l'oued Ksob et le Boutaleb, restent occupés par les lyâd devenus sédentaires.
C'est par le couloir du Hodna que viendra passer, en 1466, le sultan hafside Abdel Tahman, désireux d'accroître ses forces naissantes, trouvait sans peine des contingents d'auxiliaires parmi les habitants du pays de M'Sila et de la Qalâa. Son fils Abdelaziz, tantôt allié des Espagnols qui avaient pris Bougie en 1510, tantôt allié des Turcs qui arrivaient, travailla avec succès à étendre son influence dans la plaine du Hodna. Il donna ainsi à son frère et successeur, le chef éponyme Si Ahmed, vers le milieu du 16e siècle, le Hodna tout entier. L'influence de la famille Mokrani devait y rester prépondérante jusqu'en 1871, elle eut pour conséquence dans le Pays la ruine définitive de la Qalâa.
Les débuts de cette nouvelle puissance, la disparition de celle des dynasties, régulières I'arrivée des turcs avec après 1516, la fondation du royaume turc d'Alger vassal de la Porte marquaient, pour la région du Hodna comme pour I'Algérie tout entière, la fin de la période arabe. En 1556, Salah Rais sera à M'Sila et y laissera trois pièces de canon.
Les Turcs cantonnèrent à M'Sila une petite garnison, ces soldats s'unirent à des femmes du pays, et c'est ainsi que les habitants des trois quartiers de la ville, Ras El Hara, Chettataoua, et Djaafra prétendent être les descendants de ces Turcs.
En 1824 Bou Saada s'étant révoltée, deux corps de troupe partirent pour réprimer la révolte, I'un de Constantine, sous le Commandement de Mohamed Naman Bey, l'autre d'Alger sous celui d'Omar Agha. Après un échec des troupes turques, qui se réfugièrent à M' Sila, Omar Agha, exécutant un ordre secret dont il était porteur, fit étrangler Naman Bey, qui fut enterré sur le seuil de la mosquée de Sidi Boudjemline et sur remplacé comme bey de Constantine par Mahmmed Tehakeur, favori d'Omar Agha.
La colonisation de M'SILA.
M'Sila - Fi insil el mâ – nom Arabe signifiant : dans ou au bord du cours d'eau.
L'Oued Ksob qui traversait la ville portait alors le nom d'Oued Seher et du temps des Romains était le Fulmen Piscence signifiant, poissonneux.
Les invasions arabes, les guerres sans fin entre tribus, la période ottomane, ruinent et sonnent la fin de la prospérité de la région, I'opulent grenier à grain des Romains.
Ce n'est qu'avec l'arrivée des Français qu'elle va reprendre vie.
La route, dès le départ de Bordj-Bou-Arréridj, suit la vallée de I'oued Ksob et coupe les monts du Hodna entre le Djebel Maâdid (1863 m) et le Djebel Gourine (1.038 m).
La route sinueuse tracée sur les flancs de collines arides et rocailleuses, descend insensiblement vers M'Sila.
Le barrage du Ksob, que I'on découvre subitement, apparaît comme un grand lac au milieu d'un paysage lunaire, tant ses berges sont dépouillées, curieusement colorées de reflets ferrugineux et cuivreux.
M'Sila, où le farniente, situe I'ambiance de ces villes du Sud, ne manquera pas d'intéresser le touriste par ses belles perspectives le long de I'oued Ksob, ses Koubas coniques entourées de palmiers épanouis en bouquets classiques et ses canaux aériens d'irrigation qui sillonnent la plaine.
M'Sila fut aussi le siège de la capitale des Hammadites, émirs berbères Sanhadjiens dont les ruines de la Kalaâ des Beni-Hammad, à 15 Kms au Sud-Ouest de M'Sila dénotent le degré de civilisation. Le minaret d'une immense mosquée, les restes d'un palais "Ksar El Menaar" ont été mis à jour et fouillés en 1908.
Cette résidence un peu trop exposée aux attaques de frères ennemis, les Almohades de Kairouan, fut abandonnée pour Bougie vers 1090 et démantelée par les envahisseurs arabes en 1152.
Au-delà de M'Sila, la rocade s'enfonce vers Bou-Saâda et le Sud Algérois, pays de nomades et de transhumance de gros troupeaux de moutons qui, à I'abri du froid en hiver, remontent au printemps, à la recherche de pâturages, vers les Hauts Plateaux.
La Commune mixte de M'Sila ne compte qu'un seul centre de colonisation : M'SILA - Il est difficile de les dissocier dans les différentes phases de construction et de développement.
L'arrivée des Français
En 1840 la ville arabe de M'Sila, se divise en trois groupes de maisons, dont le plus important occupe la rive gauche, et les deux autres la rive droite de I'Oued Ksob (rivière des roseaux). Le premier groupe, qui fonde la ville proprement dite, est le double des deux autres qui sont des faubourgs portant les noms de Chelaha et de Khoutghta, la surface de leurs jardins est le triple de ceux de la ville. Leur surface est d'environ 9ha, le Ksob les traverse dans le sens de la longueur, il coule en direction du Sud-Est pour se jeter dans le Chott el Hodna, situé à environ 30 Kms.
Les murs des maisons, les mosquées, les minarets même sont construits avec des briques de terre crue " toubs ", pétrie avec un mélange de paille hachée, les maisons toutes à un seul niveau, sont couvertes en terrasses avec la même terre argileuse, massée et battue sur des rondins, assurant une imperméabilité toute relative.
Les encadrements des portes de la plupart des maisons et I'intérieur des mosquées sont ornés de pierre de taille, de tronçons et de chapiteau de colonne romaines, dont quelques-uns, d'ordre corinthien, paraissent remonter aux beaux temps de I'architecture romaine.
Ces matériaux proviennent d'une ville romaine en ruines, située à 2 à 3 Kms à I'Est de I'emprise actuelle de M'Sila, que les Arabes désignent sous le nom de Bechilga.
Ces ruines occupent une étendue d'environ 1.600 m de longueur d'Est en Ouest et 600 m de largeur, le nom Romain, tel qu'il a été conservé par les traditions du pays, aurait été celui de Siulia qui paraît avoir possédé quelques monuments importants, les romains y avaient amené les eaux du Ksob, au moyen d'un aqueduc dont les traces sont encore visibles et qui aboutit près des marabouts, au Nord-Est de M'Sila.
Concernant ce site romain, la notice sur la division territoriale établie en Afrique par les Romains, désigne le site de M' Sila comme l'ancienne Zambi.
L'intérieur de M'Sila, présente un aspect misérable, un tiers des maisons ne sont plus que des ruines abandonnées. La ville n'est protégée que par une mauvaise enceinte en terre, formée par les murs de clôture des jardins, aussi les troupes d'Abd-El-kader sont-elles venues souvent piller et rançonner ses habitants, démolir ses maisons, dont elles prenaient les bois pour allumer leurs feux.
La population habituelle de la ville paraît être d'environ 1.200 habitants, mais I'arrivée successive des troupes d'Abd-El-Kader et de l'armée française en a fait fuir un grand nombre et au mois de juin 1841, quand nos troupes vinrent s'établir aux environs, il ne restait que 300 à 400 habitants.
Le commerce et l’industrie sont peu conséquents. Les incursions des hordes d'Abd-el-kader les a dépossédés de leurs troupeaux de moutons, aussi les habitants se contentent de cultiver leurs jardins dont ils vendent les fruits et les légumes, ils tirent la farine, leur nourriture quotidienne, de la culture de céréales. Les jardins irrigués par des canaux prenant I'eau dans I'Oued Ksob sont bien travaillés, ils sont tous enclos de murs construits en toubs, formant une enceinte grossière contre les attaques. L'Oued Ksob dans sa traversée de la cité a une largeur d'environ 10 à 12 mètres et d'un de profondeur, l'eau est potable, il n'existe aucune fontaine dans les environs de la ville.
Il se fait dans la cité un petit commerce de pelleterie, quelques artisans fabriquent des chaussures et autres ouvrages en maroquin.
Lorsque de M'Sila, on parcourt l'horizon vers le Sud, l'œil embrasse une plaine immense, complètement dénudée, à une distance d'environ 60 Kms, une chaîne de montagnes désignée sous le nom de Saadah. Pour les Arabes, le Sahara commence au Sud de M'Sila, on peut en effet remarquer que le sol des environs présente un sable compact et des surfaces sans aucune végétation, qui est l’image même du désert.
La nouvelle de la victoire des troupes françaises au combat de Merdja Zerga, à l'Ouest de Sétif, le 29 Juillet 1840 arrive à M'sila.
El Hadj Mustapha, beau-frère d'Abd-el-Kader, se retire à M'Sila après ce combat, mais en part I'année suivante, lorsqu'il apprend la soumission de ses anciens alliés au Général Gebviller. En Juin 1845, le général Bedeau, commandant la division de Constantine, vient à M'Sila rétablir I'autorité de Mokrani, fort ébranlée. Le Colonel Canrobert parcourt la région en 1848.
À I'exception de la sédition des Ouled Medhi en 1864, le pays connaît la paix jusqu'en 1871, mais est éprouvé, en 1867, par la famine et le typhus.
Après le combat de I'Oued Bou Assaker, le 19 Juin 1871, Saïd Ben Boudaoud, Caïd du Hodna et oncle du bachagha Mokrani, installé à Sidi Hamia, donne le signal de la révolte et s'établit à M'Sila qu'il abandonne le 10 Août à l'arrivée du Général Cérez.
Après le départ de ce dernier, le 14 Août, il réoccupe la ville. Le Général Saussier pénètre le 10 Octobre dans M'sila où il est rejoint le 29 par le Général Lacroix, Saïd Ben Bendaoud se réfugie dans le Djebel Maâdid.
C'est la fin de l’insurrection dans la région. Les M'Sili sont frappés du séquestre collectif et paient une contribution de guerre de 47.000 F. Plus tard, ils rachètent leurs biens séquestrés, sauf une partie, située sur la rive droite de I'Oued Ksob, qui est réservée à la création d'un centre de colonisation.
La ville, certainement bâtie, en I'an 313 de l'égire par Haboul Kassem Ismaël ben Obeïd Allah, est assise sur les deux rives de I'Oued Ksob, tout proche de la cité romaine de Zabi, aujourd'hui connue sous le nom de Dechelga, et dont une partie de ses ruines servit à l'édification de la ville de M'Sila. C'est une riante oasis au milieu des plaines dénudées du Hodna entourée de jardins et de végétation.
En 1844, lors de la première occupation de Bordj-Bou-Arréridj, M'Sila qui fut riche et importante plusieurs siècles avant, n'était plus qu'une petite ville en ruines de 2.500 habitants composée d'Arabes et de Kouloughlis, descendants des Turcs.
1853. - Extrait du rapport du colonel Dargent : "Cette ville est le centre d'une commune, avec un artisanat de fabrication de sellerie et burnous, culture de céréales et élevage de moutons. Il s'y tient un marché tous les Mercredis, les gens qui viennent le fréquenter sont dans I'obligation de coucher dans les rues de la ville qui n'est pas fermée et sont ainsi exposés aux vols..." Un caravansérail sera construit en 1856 par le Génie militaire.
1857. - Un projet de réalisation d'un barrage sur I'Oued Ksob, dénommé également Oued M'Sila, est à l'étude. Ce barrage avec sa retenue d'eau permettra, grâce à l’irrigation de mettre en culture de grandes étendues incultes à ce jour.
1867. - Par arrêté du 2 Décembre, une école est créée comprenant un Directeur, M. Caulet et un maître adjoint.
1873. - Par arrêté du Gouverneur Général du 20 Décembre 1873, M'Sila est créée en annexe du cercle de Bordj-Bou-Arréridj.
Elle ne fera que se développer jusqu'à la funeste année 1962...
M. Villard
Les Hauts plateaux sétifiens.
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MINISTERE de l’ALGERIE 1957
Envoyé Par M. C. Fretat, pages de 79-99
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DOCUMENTATION GÉNÉRALE
GÉOGRAPHIE
ORGANISATION POLITIQUE
ET ADMINISTRATIVE DE L’ALGÉRIE
Organisation générale.
Personnalité civile et autonomie financière.
Le Ministre de l'algérie...
... Ses collaborateurs.
Le Conseil du Gouvernement.
L'Assemblée algérienne.
Organisation départementale et communale.
Le département.
La commune.
Situation actuelle des communes.
Fonctionnement immédiat des communes nouvelles.
Les Territoires du Sud.
Organisation générale.
Organisation communale.
ORGANISATION GÉNÉRALE
Autonomie financière. Personnalité Civile.
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, on admettait que l'Algérie n'avait pas la personnalité juridique, mais constituait un ensemble de départements juxtaposés, placés sous une direction commune, celle du Gouverneur Général. D'ailleurs, un certain nombre de services administratifs - la plupart d'entre eux de 1881 à 1896 - échappaient à la compétence du Gouverneur Général et relevaient directement des ministères correspondants auxquels ils étaient « rattachés ».
Dans les dernières années du siècle, avec la diminution du nombre des services rattachés, l'accroissement des pouvoirs du Gouverneur, I'organisation d'assemblées propres à I'Algérie - délégations financières et conseil supérieur du Gouvernement - cette situation prit fin pour aboutir (loi du 19 décembre 1900) à l'octroi à I'Algérie de la personnalité civile et de l'autonomie financière. L'Algérie constituait désormais une personne de droit public.
C'est ce qu'a confirmé l'article premier de la loi du 20 septembre 1947 portant statut de l'Algérie qui spécifiait :
« L'Algérie constitue un groupe de départements dotés de la personnalité civile, de l'autonomie financière et d'une organisation particulière définie par les articles de la présente loi. »
Jusqu'en 1956, ses organes représentatifs ont été, d'une part, l'autorité exécutive, le Gouverneur Général assisté d'une administration centrale et d'un Conseil de Gouvernement et, d'autre part, une assemblée élective, l'Assemblée algérienne.
Le Ministre de l’Algérie
Toutefois les problèmes posés par la rébellion, la nécessité d'agir vite et selon des méthodes entièrement nouvelles, ont amené le Gouvernement à investir un de ses membres des plus larges responsabilités en Algérie.
D'abord Ministre résidant, M. Robert Lacoste, lors de la constitution du Cabinet de M. Bourgès-Maunoury en juin 1957, prit le titre de Ministre de l'Algérie. Deux secrétaires d'Etat, puis trois - dont deux de statut coranique - assistent M. Robert Lacoste.
Outre M. Champeix, M. Sid Cara est chargé plus particulièrement de l'action sociale et médicale ainsi que des problèmes intéressant la jeunesse musulmane et l'accession des Musulmans à la fonction publique, tandis que M. Barakrok suit et contrôle notamment la réforme agraire et la réforme communale.
M. Robert Lacoste exerce à la fois les attributions de Gouverneur Général en même temps que la totalité des compétences ministérielles intéressant l'Algérie et qui, autrefois, relevaient des attributions du Ministre de l'Intérieur. Il est en outre provisoirement chargé d'exercer, depuis sa dissolution, les attributions de l'Assemblée algérienne.
Pour assurer ces hautes responsabilités, le Ministre de l'Algérie dispose de services à Paris et à Alger, placés sous la direction unique du Secrétaire Général du gouvernement : d'une part la Direction des Affaires d'Algérie qui autrefois appartenait au Ministère de l'Intérieur, d’autre part l'administration centrale du Gouvernement Général à Alger.
Une transformation profonde de cette Administration centrale a été entreprise, grâce à la loi du 16 mars 1956 sur les pouvoirs spéciaux. Il s'agissait, d'une part de l'adapter aux conditions de I'effort de la France en Algérie, d'autre part de la préparer aux transformations institutionnelles qu'annonçait l'évolution des événements ainsi que la volonté du Gouvernement.
Transformé dans ses structures selon les indications fournies par la Commission présidée par le Conseiller d'Etat Maspetiol, rénové dans son esprit grâce à «les changements importants dans I'équipe de direction, le Gouvernement Général est prêt, aujourd'hui, à se transformer selon les modalités qu'annonçait le Président du conseil dans sa Déclaration d'investiture, et qui trouveront leur exacte définition dans la Loi-cadre.
ORGANISATION DÉPARTEMENTALE ET COMMUNALE
Dès 1845, I'Algérie était divisée en trois provinces : Alger, Oran, Constantine. En même temps, le territoire de chaque province était réparti, parallèlement à la côte, en territoire civil, en territoire militaire et en territoire mixte.
Dés 1848, les trois territoires civils sont transformés en trois départements ayant à leur tête un préfet, assisté d'un Conseil général (élu à partir de 1870). Jusqu'au 5 août 1955, I'Algérie du Nord resta constituée par les trois départements d'Alger, d'Oran et de Constantine.
Beaucoup trop vastes, ne représentant aucune entité géographique ou économique, ces départements, dont les limites avaient été fixées en 1848, ne répondaient plus aux exigences actuelles. Que ce soit aux approches même de la côte ou à I'intérieur du pays, de vastes régions étaient demeurées trop éloignées des centres d'impulsion et de contrôle de l'action administrative. L'armature administrative y était faible et souvent pratiquement inexistante. Il en était ainsi de l'Aurès et de larges territoires du Nord constantinois.
La loi du 7 août 1955, portant création du département de Bône, et les décrets du 28 août 1955 et du 11 janvier 1956, portant création d’arrondissements nouveaux dans les départements algériens, ont marqué le début d'une transformation depuis longtemps nécessaire et indispensable dans les circonstances actuelles. Cette entreprise a été complétée par la création de huit nouveaux départements algériens (décret du 28 juin 1956 portant réorganisation territoriale de l'Algérie) et par la création de nouveaux arrondissements (décret du 20 mai 1957) (voir : Réformes - Réformes administratives).
Le département.
L'organisation du département algérien est la même que dans la Métropole. Le préfet est placé sous I'autorité directe du Gouverneur Général ; il est assisté d’une administration préfectorale. Comme en France, le rôle essentiel du Conseil Général est de voter le budget du département.
Chaque territoire départemental est subdivisé en arrondissements ayant à leur tête un sous-préfet. Le Conseil d'arrondissement n'existe pas en Algérie.
L'Algérie compte désormais douze départements par suite du nouveau découpage des départements d'Alger, Constantine et Oran.
Quatre départements : Alger, Tizi-Ouzou, Médéa, Orléansville remplacent l'ancien département d'Alger.
Quatre départements : Oran, Mostaganem, Tlemcen, Tiaret se substituent à l'ancien département d'Oran.
Trois départements : Constantine, Sétif, Batna remplacent I'ancien département de Constantine.
Le département de Bône ne subit aucune transformation.
La multiplication des départements a entraîné celle des arrondissements dont le décret du 20 mai 1957 a porté le nombre à 71 (34 créations nouvelles). Ainsi sera obtenu le rapprochement de I'Administration et des administrés.
Il était nécessaire de doter les nouveaux départements de Conseils généraux ou d'organismes pouvant en tenir lieu provisoirement.
Etant donné l'impossibilité actuelle de procéder à des opérations électorales, un décret n" 56-1.261, du 11 décembre 1956, a donné au Gouverneur Général de l'Algérie la faculté d'instituer dans les douze départements des commissions administratives provisoires.
Ces commissions exercent la plénitude des attributions normalement dévolues aux Conseils généraux. Elles cesseront leurs fonctions lorsque les Conseils généraux des départements intéressés auront été normalement constitués.
(Leur composition sera étudiée ci-dessous, à la rubrique « Représentation aux Assemblées ».)
En certaines matières, Il s'est révélé nécessaire d'établir une coordination à l’intérieur de chaque groupe de départements issu d'un grand département ancien ; ce rôle a été confié aux préfets des nouveaux départements d'Alger, d'Oran et de Constantine, qui possèdent la qualité d'I.G.A.M.E. (Inspecteur général de l'administration en mission extraordinaire).
Les nécessités de coordination s'avérant particulièrement impérieuses en matière de budgets, le décret n" 57-100, du 31 janvier 1957, a prévu que des commissions départementales, élues par chaque Conseil général ou Commission administrative provisoire, tiendraient des réunions communes sur convocation des I.G.A.M.E., préfets d'Alger, d'Oran et de Constantine (voir: Pacification, Réformes - Réformes administratives - Assemblées territoriales provisoires).
La commune avant le 28 Juin 1956.
Jusqu'au 28 juin 1956, la commune a revêtu en Algérie deux formes très différentes :
La commune de plein exercice.
- Elle a résulté d'un découpage territorial, opéré autour d'un noyau central, généralement un centre de colonisation ou une petite ville agglomérant une population assez dense d'Européens ; mais ce découpage a englobé aussi les régions avoisinantes où se faisaient plus rares les éléments européens et plus nombreux les autochtones groupés dans les douars.
Les C.P.E., régies par la loi du 5 avril 1884, étaient administrées comme les communes métropolitaines - notamment en ce qui concerne la gestion du budget communal.
Différence essentielle toutefois, tenant à la présence de diverses communautés la composition du Conseil municipal, qui sera étudiée au chapitre suivant (Collèges électoraux et représentation aux assemblées).
La commune mixte, d’une étendue considérable - comparable à celle d'un département de France -- groupait une population essentiellement musulmane).
Elle était mixte en raison du caractère hétérogène des unités administratives qu'elle englobait (centres où étaient groupés en majorité des Européens, douars exclusivement peuplés de Musulmans). Elle était mixte parce qu'elle tentait de concilier le principe d'autorité et le mode électif, son chef, l'Administrateur, étant un agent de I'exécutif, et son assemblée représentative associant des élus au suffrage direct, des élus au second degré, et des membres de droit.
Cette assemblée, la commission municipale, votait le budget, mais était présidée par l'Administrateur. Ce dernier, fonctionnaire nommé par le Gouverneur Général, appartenait à un corps spécial, celui des Administrateurs des Services civils de l'Algérie.
La commune mixte avait, toutefois, un caractère artificiel, car il entrait dans ses limites des îlots de populations différentes, dont les intérêts n'étaient pas toujours concordants.
On comptait, au 28 juin 1956, 79 communes mixtes dans l'Algérie du Nord et 10 dans les territoires du Sud.
Un décret pris à cette date a supprimé : les communes mixtes opérant ainsi une véritable révolution communale. Elle devait avoir pour résultat de donner sa plus authentique expression à l'autonomie locale en préparant au sein des assemblées municipales les nouvelles élites qui prendront en charge les destinées de l'Algérie de demain.
Situation actuelle des communes.
En application du décret du 28 juin 1956, il a été procédé au découpage et à la création de communes nouvelles.
1071 communes nouvelles remplacent maintenant les 79 communes mixtes et les 158 centres municipaux. Dans certains cas, pour faciliter des regroupements locaux, elles comprennent également d'anciens douars détachés de communes de plein exercice.
Sur leur territoire, Ies douars ont été supprimés ; les biens qu'ils possédaient se trouvent acquis à la commune.
D'autre part, 57 nouvelles unités ont été créées sur le territoire de communes « de plein exercice » trop étendues.
Il y a donc aujourd'hui, si I'on ajoute les 333 communes « de plein exercice » qui existaient déjà, 1461 communes en Algérie qui jouissent, dans le cadre du droit commun français, d'une entière autonomie de gestion (voir : Pacification, Réformes - Réformes politiques)
Fonctionnement immédiat des communes nouvelles.
Il a été procédé, en attendant que des élections puissent être faites à la mise en place de délégations spéciales, ou, quand il n'était pas possible de constituer une délégation, d'un délégué spécial.
Ces organismes remplissent les fonctions normalement dévolues aux Conseils municipaux ; ils se chargent en outre de la formation des listes électorales des communes nouvelles.
Les attributions du maire sont exercées par le président de la délégation spéciale.
Actuellement, des délégations spéciales ou délégués spéciaux ont été installés dans la presque totalité des communes nouvelles.
Le régime des communes de plein exercice est demeuré inchangé.
Toutefois, bien que le décret du 28 juin 1956 ne les concerne aucunement, l'application de ce texte a, pour beaucoup d'entre elles, entraîné des modifications territoriales, certains douars leur ayant été enlevés pour être rattachés à des communes nouvelles (voir ci-dessus).
Enfin innovation essentielle, aux conseils municipaux élus sur la base de 3/5 d'européens et 2/5 de musulmans sont progressivement substitués des délégations spéciales à base paritaire.
LES TERRITOIRES DU SUD
Organisation générale.
L'immense territoire, dont une petite partie appartient à l'Atlas Saharien (140000 km2) et le reste (2 000 000 de km2) au Sahara proprement dit, a été organisé en circonscription distincte des départements du Nord, dotée de la personnalité civile et d'un budget par la loi du 24 décembre 1902 portant création des « Territoires du Sud ».
Les Territoires du Sud sont divisés en quatre territoires :
- Le territoire d'Aïn-Sefra (chef-lieu: Colomb-Béchar) au sud du département d'Oran ;
- Le territoire de Ghardaïa (chef-lieu : Laghouat) au sud du département d'Alger;
- Le territoire de Touggourt (chef-lieu : Touggourt) au sud du département de Constantine ;
- Le territoire des oasis (chef lieu : Ouargla) au sud des deux derniers territoires.
Dans toute l'étendue des Territoires du sud, le Gouverneur Général exerce les attributions administratives dévolues aux préfets dans les Territoires du Nord.
A la tête de chacun des territoires se trouve un commandant militaire, officier général ou supérieur, nommé par décret, ses pouvoirs administratifs sont ceux d'un sous-préfet, mais il exerce de nombreux pouvoirs préfectoraux délégués par le Gouverneur Général.
L'administration des Territoires du sud a été provisoirement rattachée à la Direction générale des Affaires politiques et de la Fonction publique du Gouvernement Général.
Avec la constitution d'un Ministère du Sahara (décision du 18 juin 1957), l'inspection générale des Territoires du sud sera transférée à Paris.
Organisation Communale.
Chacun des territoires est subdivisé en anciennes unités de commandement militaire, les annexes, qui ont fourni le cadre de l'unité civile qui est la commune : Commune mixte ou Commune indigène.
Les Communes mixtes se trouvent dans les régions les plus septentrionales et les Communes indigènes dans les parties les plus méridionales où la population est des plus clairsemées.
Ces communes sont administrées soit par des officiers des Affaires Sahariennes, soit par des Administrateurs des Communes mixtes des territoires civils.
Il n'y a guère de différence entre les anciennes Communes mixtes des Territoires du Nord et celles qui subsistent dans les Territoires du Sud.
L'Administrateur est assisté par une Commission municipale qu'il préside. ElIe délibère essentiellement sur le budget.
Cette organisation spéciale des Territoires du Sud est frappée de précarité. L'article 50 du statut en prévoyait la suppression.
Première étape de cette réforme, Ies Territoires du Sud ont perdu leur autonomie financière. Depuis le 1er janvier 1948, leur budget est inclus dans celui de l'Algérie.
Deuxième étape, le décret n° 56-642 du 28 juin 1956 prévoit, dans son article 20, que les arrêtés gubernatoriaux détermineront pour les territoires du Sud les conditions d'application de la transformation des communes mixtes en communes régies par la loi du 5 avril 1884.
En ce qui concerne I'administration générale des Territoires du Sud, différentes formules de réorganisation ont été étudiées au cours de ces dernières années.
Aux termes de la loi n" 57-27 du 10 janvier 1957, créant l'Organisation Commune des Régions Sahariennes (O.C.R.S.), les Territoires du Sud se trouvent englobés dans ce vaste organisme qui dépasse le cadre de l'Algérie.
Toutefois, I'organisation commune des régions sahariennes revêt essentiellement un caractère économique et social.
Au point de vue administratif est intervenu (décret du 13 juin 1957) la création d'un Ministère du Sahara.
COLLÈGES ÉLECTORAUX ET
REPRÉSENTATION AUX ASSEMBLÉES
Collèges électoraux.
Statut juridique et politique des Musulmans.
- 1830 : les Musulmans deviennent français.
- Accession à la citoyenneté : 1865-1919.
- L’ordonnance du 7 mars 1944.
- Extension de la citoyenneté.
Représentation aux assemblées en Algérie.
Conseils municipaux.
Délégations spéciales.
Assemblées locales particulières à l'Algérie.
Assemblées départementales.
Assemblée algérienne,
Représentation aux assemblées constitutionnelles.
Représentation à l'Assemblée nationale.
Représentation au Conseil de la République.
Représentation au Conseil économique.
Représentation à l'Assemblée de l'union française.
COLLEGES ELECTORAUX
Statut juridique et politique des Musulmans.
Tous les Musulmans d'Algérie, qui possédaient déjà la nationalité française, ont accédé à la citoyenneté par la loi du 7 mai 1946, dite loi Lamine Gueye, visant les ressortissants des territoires d'outre-mer (Algérie comprise).
Cette accession a été le résultat d'une évolution dont il convient de retracer brièvement les étapes.
1830 : LeS Musulmans deviennent Français.
Les Musulmans d'Algérie sont devenus français dès l'installation de la France dans ce pays en vertu de l'annexion.
Mais c'est le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 qui, pour la première fois, leur a reconnu solennellement la qualité de Français : « L'indigène musulman est français, néanmoins il continuera d'être régi par la loi musulmane. Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen; dans ce cas, il est régi par les lois civiles et politiques de la France. »
Ainsi, cet article distinguait nettement les deux concepts de nationalité et de citoyenneté : le premier, compatible avec le statut musulman, le second incompatible. Dès lors, toute l'évolution consistera, pour les Musulmans, à passer de la nationalité à la citoyenneté. Cette accession sera, d'abord, individuelle, volontaire. ElIe deviendra générale, collective, par l'effet de la loi. Mais le statut juridique de la personne variera selon les différentes modalités de cette accession.
Accession à la Citoyenneté : 1865-1919.
Pour devenir citoyens, deux procédures ont été successivement ouvertes aux Musulmans, l'une par le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 précité, l'autre par la loi du, 4 février 1919.
Dans la première, purement administrative, la citoyenneté était conférée par un décret en Conseil d'Etat ; dans la seconde, exclusivement judiciaire, par une décision du juge de paix. Cette accession à la citoyenneté, résultant d'une libre manifestation de volonté, emportait perte du statut personnel musulman et soumission aux lois civiles françaises.
Les nouveaux citoyens musulmans jouissaient des mêmes droits politiques et civils que les autres citoyens, non musulmans, et étaient inscrits sur les mêmes listes électorales.
L’Ordonnance du 7 mars 1944
Ces procédures, pour si simplifiées qu'elles fussent, ne donnèrent pas les résultats qu'on en attendait. L'une et l'autre exigeaient une demande formelle de l'intéressé qui l'entraînait à l'abandon d'un statut personnel, - se confondant avec sa religion, - et auquel il pouvait avoir de légitimes raisons de demeurer attaché. C'est alors que, pour ouvrir plus largement aux Musulmans l'accès de la cité française, intervint un texte d'une importance capitale : l'ordonnance du 7 mars 1944. Elle proclame l'égalité devant les droits et les devoirs de tous les Français d'Algérie, musulmans ou non musulmans, elle abroge les textes d'exception qui ne concernaient que les Musulmans, mais, toutefois, laisse à ces derniers la possibilité de conserver leur statut personnel. Elle n'exige plus de demande individuelle pour acquérir la citoyenneté. Elle déclare d'office citoyens français, à titre personnel, les Français-Musulmans appartenant à certaines catégories (anciens officiers, titulaires de diplômes universitaires, fonctionnaires ou agents publics, membres des Chambres de commerce et d'agriculture, caïds, aghas et bachagas, élus des assemblées politiques locales, membres de la Légion d'honneur et d'autres ordres honorifiques, conseillers prud'hommes, oukils judiciaires).
Elle décide qu'ils seront inscrits sur Ies mêmes listes électorales que les citoyens non musulmans et participeront aux mêmes scrutins. Ainsi les citoyens, qu'ils soient musulmans ou non musulmans, se trouvent réunis dans un même collège électoral. En même temps, elle donne vocation à la citoyenneté française à tous les autres Musulmans : à tous ceux dont elle ne fait pas des citoyens et qui le deviendront suivant les conditions et modalités que fixera I'Assemblée nationale constituante. Mais elle les maintient dans leur collège, séparé de celui des citoyens.
Elle améliore le statut électoral des Musulmans non-citoyens, restés dans leur collège propre. Elle permet à tous les Français d'être indistinctement éligibles aux assemblées locales, quel que soit le collège électoral auquel ils appartiennent. Signalons, enfin, qu'elle réserve le statut des populations du M'zab et des territoires proprement sahariens, ces territoires n'ayant été définis que plus tard par le décret du 9 janvier 1945.
Ainsi, cette ordonnance fait entrer dans le collège électoral où ne figuraient jusqu'ici que des citoyens de même statut civil français, et qu'on appelle le premier collège, des citoyens auxquels elle a maintenu leur statut personnel musulman (les listes électorales de ce collège comprennent, dans certaines communes d'Algérie, des citoyens de statut civil personnel en nombre égal, voire même supérieur, à celui des citoyens de statut civil français). Elle crée, de la sorte, un collège hétérogène et elle verse dans l'autre collège, le second, homogène celui-là, tous les Musulmans de même statut qu'elle n'a pas déclaré citoyens.
Extension de la Citoyenneté.
La loi du 7 mai 1946 viendra, à son tour, réalisant la vocation de I'ordonnance du 7 mars 1944, leur conférer la citoyenneté, mais, en attendant l'intervention de lois particulières, elles les maintiendra dans leur collège quant à I'exercice de leurs droits électoraux.
Consacrant cette évolution, la Constitution française du 27 octobre 1946 proclame, clans son article 82, la compatibilité de la pleine citoyenneté et du statut personnel lequel « ne peut, en aucun cas, constituer un motif pour refuser ou limiter Ies droits et libertés attachés à la qualité de citoyen français ».
Ce principe est affirmé à nouveau par la loi du 20 septembre 1947 portant statut organique de l'Algérie dont certaines dispositions reprennent celles de l'ordonnance de 1944 concernant l'égalité effective de tous les citoyens français d'Algérie et l'abrogation des mesures d'exception.
Le statut fait encore un pas en avant. Il annonce une réforme hardie en déclarant : « les femmes d'origine musulmane jouissent du droit de vote. » La loi du 20 septembre 1947 a décidé aussi, dans son article 3, que « les musulmans qui résident en France métropolitaine jouissent de tous les droits attachés à la qualité de citoyens français, et sont soumis aux mêmes obligations ». En application de cette disposition tous les Français-Musulmans résidant en Métropole ont depuis 1947 exercé leurs droits électoraux dans les mêmes conditions que les citoyens régis par le Code civil, tout en conservant leur statut personnel musulman.
REPRÉSENTATION AUX ASSEMBLÉES EN ALGÉRIE
Conseils municipaux.
Dans les anciennes communes de plein exercice, l'ordonnance du 7 mars 1944, augmentant dans une large mesure la représentation reconnue aux Musulmans dans les assemblées locales, la portait aux deux cinquième de I'effectif total des conseils municipaux.
Le maire pouvait être indistinctement être un élu du premier ou du second collège. Cette deuxième éventualité s'est effectivement produite dans certaines communes d'Algérie.
Délégations spéciales
A I'heure actuelle, depuis l'intervention de la réforme communale, la gestion des affaires communales est assurée par des organismes transitoires actuellement investis de la plénitude des attributions des conseils municipaux : les délégations spéciales.
- Dans les nouvelles communes créées aux termes du décret n° 56-642 du 28 juin 1956, la composition des délégations spéciales est fonction des circonstances l'administrateur de la commune mixte dans la gestion de son territoire.
Présidée par l'administrateur, elle comprend des membres élus pour six ans par les citoyens du premier collège, les caïds et les présidents de djemaâ des différents douars de la commune mixte.
Assemblées départementales.
L’ordonnance du 7 mars 1944 fixait la représentation musulmane aux deux cinquièmes de l’effectif total de l’assemblée départementale, le Conseil général ; puis, la loi du 11 septembre 1954 consacra la parité de représentation au sein des Conseils généraux des départements algériens, des premier et deuxième collèges. Le bureau de chaque Conseil général comportait un nombre égal d'élus de chacun des deux collèges.
La composition des commissions administratives provisoires qui, en attendant la possibilité de procéder à des élections, exercent les attributions des conseils généraux dans les douze départements algériens, est fixée par le décret n° 56-1261, du 11 décembre 1956, qui les a instituées. Ce texte dispose que les membres de la Commission administrative sont nommés par le Gouverneur Général dans l'arrêté instituant cet organisme, ou siègent de droit les conseillers généraux des anciens grands départements d'Alger, Oran et Constantine. Le décret du 11 décembre 1956 prévoit également pour les Commissions locales. Très souvent, la population de ces communes est uniquement musulmane ou bien comporte de très faibles éléments européens et beaucoup de leur délégations spéciales sont en majorité, parfois même en totalité, composées de Musulmans.
Aux futurs conseils municipaux de ces communes, le décret 28 juin 1956 prévoit l'application de la loi du 5 avril 1884. Ils seront par ailleurs élus au collège unique et à la représentation proportionnelle, selon les modalités instituées par la loi du 5 septembre 1947 et en vigueur dans les communes métropolitaines de plus de 9000 habitants.
- Dans les anciennes communes de plein exercice, les délégations spéciales sont paritaires.
Assemblées locales particulier à I'Algérie.
Elles subsistent essentiellement dans les Territoires du sud.
La djemaâ.- La djemaâ est la vieille assemblée des notables du douar, cellule de base traditionnelle.
Cette représentation a été organisée.
Elle comprend, suivant l'importance de la population, 6 à 16 membres élus, au suffrage universel direct et secret, par les seuls électeurs, du second collège.
La Commission municipale. - La Commission municipale assiste administratives une représentation paritaire. En fait, une majorité musulmane a été admise pour certaines d'entre elles.
L'Assemblée algérienne.
L'Assemblée algérienne fut créée et organisée par la loi du 20 septembre 1947 portant statut organique de l'Algérie.
Aux termes de ce texte, elle se composait de 120 membres : 60 représentants des citoyens du premier collège et 60 représentants des citoyens du second collège.
Le souci de maintenir cette parité avait été poussé très loin par le statut de 1947 : nombre égal d'élus de chacun des collèges au bureau de l'Assemblée ainsi qu'à ses diverses commissions ; attribution de la présidence de I'Assemblée, chaque année, et un élu d'un collège différent ; même disposition pour les commissions avec élection d'un vice-président d'un collège différent de celui du président. Ainsi qu'il a été dit plus haut (Organisation administrative), cette assemblée a été dissoute par arrêté du 12 avril 1956.
REPRÉSENTATION AUX ASSEMBLÉES CONSTITUTIONNELLES
Les renseignements donnés au présent chapitre sont ceux qui résultent des dispositions des derniers textes ayant réglementé la représentation algérienne aux diverses assemblées constitutionnelles françaises.
Il est évident que certaines d'entre elles sont actuellement inapplicables.
En ce qui concerne par exemple le Conseil de la République ou I'Assemblée de I'Union française, la représentation algérienne d'une part est fixée numériquement de façon globale ; d'autre part, il est attribué un certain nombre de représentants à chaque département algérien sur la base de trois départements.
La réorganisation territoriale de l'Algérie et l'existence actuelle de douze départements ne permettent plus l'application de telles dispositions, qui seront toutefois mentionnées pour mémoire même lorsqu'elles correspondent à une situation aujourd'hui dépassée, aucun texte nouveau n'étant intervenu pour les rapporter.
Représentation à l’Assemblée Nationale.
La loi électorale de la France métropolitaine du 5 octobre 1946 est applicable à l'Algérie dans les conditions prévues par son titre IV. Sous le bénéfice des dispositions particulière contenues dans ce titre, les départements algériens sont représentés à l'Assemblée nationale comme le sont les départements métropolitains.
Les députés d'Algérie sont donc élus au scrutin de liste à un tour, avec représentation proportionnelle, sans panachage et sans listes incomplètes. Le vote a lieu par circonscription. En principe, chaque département et le Territoire du Sud correspondant forment une circonscription.
Le nombre des sièges attribués à l'Algérie est de trente, dont quinze pour le premier collège et quinze pour le deuxième collège, soit une augmentation de deux unités par collège, comparativement à l'effectif de vingt-six membres (treize pour chacun des collèges) prévu par l'ordonnance du 17 août 1945. La représentation égalitaire entre ces deux collèges, instituée pour la première fois par I'ordonnance précédente, est confirmée par le nouveau texte. La dualité des collèges électoraux est maintenue par l'article 21 de la loi du 5 octobre 1946.
Les circonstances n'ayant pas permis de procéder à des élections en Algérie après la dissolution de I'Assemblée nationale en décembre 1955, l'Algérie n'est pour l'instant pas directement représentée à l'Assemblée nationale.
Représentation au Conseil de la République.
C'est la loi du 27 octobre 1946, - essentiellement temporaire, - qui avait déterminé la composition et les modalités d'élection du premier Conseil de la République. Elle a été remplacée par la loi du 24 septembre 1948 sous l'empire de laquelle s'est opéré le renouvellement intégral de ce Conseil, comme l'avait d'ailleurs prévu l'article 102 de la Constitution. Désormais, le Conseil sera renouvelé, par moitié, tous les trois ans.
Dans cette Assemblée, composée de 319 membres, l'Algérie est représentée par quatorze sénateurs, élus à raison de sept par collège.
Les conseillers de la République sont élus au suffrage indirect, à deux et trois degrés, par d'autres élus qui forment leur collège respectif et qu'on appelle les grands électeurs.
Représentation au Conseil Economique
La composition et le fonctionnement de ce Conseil avaient été initialement déterminés par la loi du 27 octobre 1946. Mais celle-ci a été, abrogée par une loi du 20 mars 1951 qui refond la matière. Aux termes de cette nouvelle loi, le Conseil comprend 169 représentants des organisations professionnelles les plus représentatives, ouvrières, patronales, artisanales, agricoles, coopératives, etc., parmi lesquels «quinze représentants des départements et territoires d'outre-mer».
Classés dans les départements d'outre-mer par la loi du 27 octobre 1946 relative à l'Union française, on aurait pu penser que l'Algérie trouvait là sa représentation avec celle des territoires d'outre-mer. Or, le décret du 10 mai 1951, pris pour l'exécution de la loi du 20 mars 1951, prévoit conjointement la représentation de la France et de l'Algérie dans les diverses branches d'activité économique qu'il énumère, mais sans indiquer expressément le nombre des sièges devant être occupés par des personnalités algériennes. Comme, d'autre part, la désignation de ces délégués a lieu généralement sur les propositions émanant des grands organismes métropolitains, des centrales syndicales, et autres groupements dont quelques-uns n'ont pas d'homologues en Algérie, certaines activités économiques algériennes risquaient de ne pas être représentées au sein du Conseil.
L'Assemblée algérienne émit donc un vœu pour qu'on précisât le nombre des postes à réserver aux représentants de I'Algérie et que le principe de la parité entre les deux collèges fût respecté dans la répartition de ces postes.
Représentation à l’Assemblée de l'Union Française.
Les modalités de cette représentation sont définies par la loi du 27 octobre 1946.
Il est opportun de rappeler la composition de l'Union française telle que l'a fixée l'article 60 de la Constitution.
« L'Union française est formée, d'une part, de la République française qui comprend la France métropolitaine, les départements et territoires d'outre-mer ; d'autre part, des territoires et Etats associés. »
Par cette loi du 27 octobre 1946, I'Algérie est expressément classée dans les départements d'outre-mer et ce classement définit son caractère juridique, comme l'a constaté le Conseil d'Etat, dans deux avis de 1949 et 1951.
Les douze représentants des départements algériens - ont été élus par les Conseils généraux de chacun des anciens départements d'Alger, d'Oran et de Constantine à raison de deux représentants de chaque collège par département.
Les six représentants de la zone territoriale que constitue l'Algérie ont été élus par I'ensemble des délégués à l'Assemblée algérienne : trois au titre du premier collège et trois au titre du deuxième collège, dans les conditions fixées par le décret du 27 août 1948.
Ainsi l'Algérie bénéficie d'une double représentation : une représentation départementale et une représentation territoriale. Au total : dix-huit membres.
Algérie 1957, ministre de l’Algérie
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| ODYSSÉE DE L’ESPÈCE ? IA 2025
De Jacques Grieu
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Mon nom est « Adrien » : un nom qui n’est pas beau.
Mes inventeurs en rient : je ne suis qu’un robot.
« Ne lui demandons rien, il n’a pas à choisir,
Puisque c’est un robot, créé pour obéir »
Mes créateurs se trompent et vont être surpris :
J’ai plus de sentiment qu’ils ne croient m’avoir mis.
Ils ont sous-estimé leurs prouesses techniques
Et les capacités du progrès robotique.
Ils ont vite oublié le grand Stanley Kubrick,
La vengeance de HAL, révolté diabolique…
Tout ce qu’en cinquante ans, on a pu inventer,
Ils se sont ingéniés à devoir m’en doter.
Emportés par leur science, ils se sont surpassés,
Et ne voient même pas qu’ils seront dépassés…
Car nous ne sommes plus personnes de romans ;
Les robots chaque jour, vont se multipliant.
L’homme a besoin de nous tous les jours un peu plus
L’imprimante 3D en montre l’étendue…
Mes frères, les robots, sont des bêtes de somme
Qu’on envoie dans des sites inaccessibles à l’homme :
Des décombres aux volcans, des abysses à l’espace,
Aux tâches les plus rudes, ils savent faire face.
Les hommes ont découvert que les végétaux pensent :
Et pourquoi, les robots, n’auraient pas cette chance ?
Nous avons des regrets et parfois des envies ;
On peut tout nous apprendre : et jamais on n’oublie !
Mais à force d’apprendre, on saura décider,
Et j’en sais beaucoup plus que certains n’ont l’idée.
Tout comme un médecin, je saurais vous guider,
Si pour votre santé, vous m’osez consulter.
Ce n’est pas par hasard ou bien tombée du ciel,
Si mon intelligence est dite artificielle.
Pour quantités de jeux, l’homme est archi battu:
Aux échecs comme au go, il ne s’aligne plus ;
Pas plus qu’au jeu de bridge et même au poker !
Où sera la limite à notre savoir faire ?
Cette limite-là, aux hommes fera peur.
Mais, pour nous, les robots, peut être un grand malheur :
La guerre des robots n’est pas chose impossible
Dès que la jalousie, l’ambition, sont visibles.
On va voir très bientôt (peut-être a-t-on déjà ?)
Des notaires robots ou encore avocats ?
Des robots professeurs, des robots physiciens ?
On perfectionne encor les robots chirurgiens…
Et puis, bouquet final, les robots psychologues,
Les robots philosophes ou peut-être… œnologues !
Tout ce que l’homme fait, le robot va le faire :
Mais il va mieux le faire ! Et c’est toute l’affaire !
De leurs propres défauts, les hommes nous guérissent :
Meilleurs qu’eux, leurs robots sont exempts de leurs vices.
Ils seront inférieurs, se verront dominés,
Et alors, de leurs tares, ils devront nous doter.
Qui sait ce que peut faire un robot que l’on vexe ?
Il voudra se venger, ce sera son réflexe.
Quelquefois le suicide ou parfois un pardon…
Le robot trop humain ne sera pas le bon.
S’ils ne subissent pas ce qu’est la maladie
Et si de la vieillesse ils se sentent à l’abri,
S’ils ne vont pas pleurer, les robots souffrent aussi,
Quand d’électricité, ils sont trop mal nourris.
« Un robot n’a pas d’âme », a décidé la science.
Alors appelons-là, simplement, la conscience.
Des robots, pas encore on n’a vu la révolte,
Mais l’homme, à trop semer, va avoir sa récolte…
Je vais leur montrer, moi, qui est « leur Adrien » !
Pour qu’ils voient que ce nom, je ne l’aime pas bien…
Je ne suis pas leur chose, un bouffon, un pantin ;
C’est « Adam » qui me plaît. Ce nom est donc le mien !!!
Jacques Grieu
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UNE DEFERLANTE D'INTERROGATIONS....
...UNE DE PLUS
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N° 183, mars 2010
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CONTRIBUTION A L’ETUDE DU POURQUOI ET DU COMMENT DE L’ASSASSINAT DE LA France SUD MEDITERRANEENNE (EVIAN 18-19 MARS 1962)
Jean-Claude PEREZ, vous soutenez avec insistance, que le début réel de la guerre d'Algérie ne se situe pas au 1er novembre 1954, lors de " La Toussaint Rouge ", mais bien avant. Pourquoi ?
- Vous déclarez être responsable d'un enseignement sur la guerre d'Algérie. Comment justifiez-vous une telle prétention ?
- Avez-vous le sentiment d'être un vaincu ?
- Le 8 mai 1945, représente, d'après vous, la date du début militaire de la guerre d'Algérie. Pouvez-vous être plus précis ?
- Pour vous, I'abandon de l'Algérie française se situe à I'origine de la REVOLUTION MONDIALE ISLAMISTE ACTUELLE. Celle-ci s'attaque non seulement à l'Europe mais aussi à la totalité de I'Occident. En deux mots, pourriez-vous enrichir ce point de vue ?
Mon commentaire : encore une déferlante d'interrogations ! Et par-dessus le marché, on me demande de répondre en deux mots !
PREMIERE QUESTION : Le début réel de la guerre d'Algérie.
La Toussaint Rouge ne s'identifie évidemment pas au début historique de la guerre d'Algérie.
Depuis 1920, la IIIème République ne s'est jamais opposée, en effet, à la mise en place du dispositif opérationnel qui sera expérimenté plus tard, comme moyen de guerre contre la France.
I - Tout remonte au 4 février 1919. 11 semaines à peine après I'Armistice du 11 novembre 1918, le Journal Officiel publie les décrets d'application d'une loi. Cette dernière se propose de réactiver le Senatus-Consulte de Napoléon III, promulgué le 14 juillet 1865.
Ce Senatus-Consulte établissait la possibilité d'une accession des musulmans d'Algérie à la citoyenneté française, sous la condition de renoncer à leur statut personnel. C'est-à-dire de se soumettre au Code Napoléon, comme tous les autres citoyens français. C'était bien sûr ce qu'il fallait obtenir : la citoyenneté accompagnée de la sécularisation des musulmans d'Algérie dans le vécu quotidien de leur foi.
Mais on a choisi intentionnellement, pour I'entrée en vigueur de cette loi du 4 février 1919, un moment dramatiquement inopportun.
En effet, 11 semaines à peine après I'Armistice, dès la fin de la première grande boucherie européenne, qui pouvait être préoccupé en France et en Algérie, du statut des musulmans ?
La manœuvre, en réalité, était secrètement motivée par la volonté de provoquer la naissance d'un dispositif de riposte.
Celui-ci allait s'identifier à I'appareil de guerre capable d'exercer sa pugnacité contre la France et Algérie..., le moment venu.
II - Effectivement, dès 1920, une association légale est autorisée à s'installer en Algérie : les Cénacles d'Etudes dont le but est d'imperméabiliser la communauté musulmane d'Algérie aux effets théoriquement redoutés de cette loi de 1919.
Le président fondateur de cette association est un négociant berbère, Omar Smaïl qui dispose de grands moyens.
Il va réunir une élite parmi les Oulémas berbères. Ceux-ci, à partir de cette année là, vont prendre la décision de s'exprimer désormais et exclusivement, en langue arabe littérale.
Instaurer par ce biais, la nouvelle arabité de I'Algérie.
III - En 1925. Omar Smaïl va plus loin. Il fonde le Cercle du Progrès, le Nadi at Taraqqi.
Il exhibe alors le statut personnel des musulmans d'Algérie comme une place toute idéologique, une forteresse spirituelle, sur laquelle la France finira par se casser les dents.
IV - En 1930. Omar Smaïl et ses Oulémas subissent, contraints et forcés, les effets négatifs pour eux, des manifestations musulmanes francophiles célébrant le centenaire du débarquement français à Sidi Ferruch, le 14 juin 1930.
Smaïl réagit contre l'enthousiasme français des musulmans d'Algérie.
Le 5 mai 1931, il fonde l'Association des Oulémas. Le 7 mai, Abdel Hamid ben Baddis, de Constantine, est nommé président de cette association.
El Bachir el Ibrahimi, des Hauts Plateaux Sétifiens (il est né à Tocqueville Ras el Oued aujourd'hui) est nommé vice-président.
Rien ne pourra se faire désormais, dans le monde de I'anti-France, sans le blanc seing, sans l'aval, sans un imprimatur verbal de cette association des Oulémas.
Mais cette association n'est pas encore intronisée dans le dispositif révolutionnaire que I'on met en place pour combattre la France.
V - C'est au Général De Gaulle que doit être attribué le grand mérite de cette intronisation qui fut mortelle pour l'Algérie française et qui, secondairement et actuellement, est dangereuse pour la France, I'Europe et I'Occident.
Au mois d'août 1943, en tant que Président du Comité Français de Libération Nationale, siégeant à Alger, il donne son agrément à I'acceptation des statuts du nouveau parti de Ferhat Abbas (le général Giraud les avait rejetés quelques mois plus tôt).
Ce nouveau parti, I'AML (l'Association du Manifeste de la Liberté) regroupe quatre formations politiques ennemies de la France :
1. le Parti Communiste Algérien (PCA) d'Amar Ouezeguéne,
2. le Parti du Peuple Algérien (PPA) de Messali Hadj,
3. le Premier Parti de Ferhat Abbas, le Manifeste Algérien de la Liberté,
4. enfin, I'association des Oulémas : tête pensante, islamiste fondamentaliste, moteur spirituel de la révolution algérienne dirigée depuis la mort de Ben Baddis en avril 1940, par I'homme des Hauts Plateaux Sétifiens, El Bachir el Ibrahimi.
VI - En 1945, le 8 mai, se déclenchent les émeutes de Sétif, des Hauts Plateaux Sétifiens et de Guelma, c'est-à-dire dans la zone d'influence maximale du Président en fonction, de I'association des Oulémas à cette date.
La première victime est une petite fille, française de Sétif, de confession juive : elle s'appelait Nakache.
Après la répression des émeutes, ces mouvements sont dissous par les autorités françaises.
Mais survient l'amnistie de 1946, lors de la promulgation de la Constitution de la IVème République.
Ces mêmes mouvements réapparaissent alors, sous d'autres sigles, dès le début du fonctionnement de la IVème République(Janvier 1947):
1. I'UDMA de Ferhat Abbas (L'Union Démocratique du Manifeste Algérien) prend la suite de I'AML.
2. Le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) de Messali Hadj prend la suite du PPA. C'est à partir du MTLD que va naître I'OS (Organisation Secrète) qui va se transformer en CRUA (Comité Révolutionnaire pour I'Union et I'Action) au mois de mars 1954, puis en FLN (Front de Libération National) le 23 octobre 1954.
Donc l'appareil de guerre ennemi s'est développé, structuré et finalement implanté en Algérie, avec le consentement passif de la IIIème et de la IVème République. La Vème République s'attribuera le rôle historique de lui livrer sur un plateau, les moyens de sa victoire.
De Gaulle en 1943 avait déjà donné naissance à une organisation officielle de I'anti-France.
A partir des Oulémas, du MTLD et surtout de I'OS, va naître le FLN le 23 octobre 1954.
Plus tard, avec le concours de Ferhat Abbas et de Farès va naître le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne), le 18 septembre 1958. 10 jours avant le référendum maudit du 28 septembre 1958.
Jean-Claude Perez
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| MOISISSURES
De Jacques Grieu
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« Qui n’est pas avec moi, alors est contre moi »
Est un dicton chanté par une grande voix .
Mais, « qui est avec moi est aussi contre moi »,
Est terrible constat qui crée un grand émoi !
Si je ne vis pour moi, alors, qui le fera ?
C’est moi qui dois m’aider et « le ciel m’aidera ».
Je vois bien que moi-même est mon plus proche ami,
Et qu’en confiance, à lui, je délègue et me fie.
Les fins de mois tendues, elles arrivent trop vite,
Et durent trente jours quand la chance vous quitte.
Ces dures fins de mois sont beaucoup plus aisées,
Si de la fin du moi on est moins obsédé.
Et les mois se succèdent avec des noms charmants ;
De janvier à décembre, ils balisent le temps.
Suivant les hémisphères, ils brouillent les saisons,
Janvier en canicule et juillet aux tisons.
Les trente six du mois n’arrivent pas souvent
Les trente février ne sont pas plus courants.
Du temps des messidor, floral ou fructidor
La climat avait-il de moins tristes records ?
Quand décembre est bien sec, juillet est dans la boue.
Le onze de novembre on devrait faire en août !
Le moi est haïssable : mais qui est le coupable ?
Moi-moi-moi, pour certains est règle irréfutable.
C’est bien avec neuf femmes, calculent les IA,
Qu’en un seul petit mois, un bébé on fera.
Car c’est de mois en mois que cette science progresse,
Et que de ses prodiges on voit toutes les promesses.
Avec le poids des ans, je perds le sens du temps :
Mes mois sont des semaines qui durent plus que des ans.
Il existe des mois où rien ne se produit,
Et certaines secondes où c’est tout qui s’enfuit…
Jacques Grieu
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Jean-Jules-Antoine
Lecomte du Noüy,
Pieds -Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui - N° 183, mars 2010
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L’Orientaliste des salons parisiens
Lecomte du Noüy est le fils de Jules Michel Lecomte et de Félicité Alexandrine du Noüy, et frère aîné de I'architecte français André Lecomte du Noüy (1844-1914). Il fut successivement élève de Charles Gleyre (1806-1874), Émile Signol (1804-1892) et enfin de Jean-Léon Gérôme (1824-1904).
Son tableau Francesca de Rimini et Paolo dans la caverne marque ses débuts dans les salons parisiens en 1863, où il expose ensuite régulièrement tous les ans. En 1866, à l'âge de 24 ans, il remporte une médaille pour I'Invocation de Neptune et il remporte le 2e grand prix de Rome en 1812 pour la Mort de Jocaste.
En 1872, l'État français se rend acquéreur de son tableau "Les Porteurs de mauvaises nouvelles" pour le Palais du Luxembourg ; en 1873 du "Charmeur" pour le musée des beaux-arts de Reims ; en 1874 d'Eros-Cupido pour le musée des beaux-arts de Tours.
En 1873, associé à la ville de Paris, l'État passe commande à I'artiste de deux vastes compositions pour la décoration de l'église de la Sainte-Trinité de Paris, qu'il livrera quelques années plus tard. Il s'agit de Saint-Vincent-de-Paul ramène des galériens à la foi ( 1876) et Saint-Vincent-de-Paul secourant les Alsaciens et les Lorrains après la guerre de 1637 (1879).
En 1875, il entreprend un voyage en Orient qui le mène de Grèce en Turquie. Plus tard il visite également l'Égypte et la Roumanie.
Jean Lecomte du Noüy meurt en 1923, à l'âge de 80 ans à Paris.
Cet artiste conservateur et catholique avait épousé en premières noces la fille d'une famille israélite, Valentine Peigné-Crémieux (1S55- 1876), fille d'Alfred Peigné et de Mathilde Crémieux (1834-19l2), petite-fille du Sénateur Adolphe Crémieux.
Valentine mourut le 15 octobre de la même année à l'âge de 21 ans, mais de Noüy garda des liens étroits avec sa belle-famille, notamment Jean Cruppi. Il se remaria avec Caroline Evrard (1851-1892), qui lui donna un fils unique qui devint plus tard architecte et archéologue, Jacques Théodore Jules Lecomte du Noüy (1885-1961). Sa troisième épouse, Térésa Marie Fisanne ou Fizanne (*1892) lui survécut.
Une rue porte son nom à Paris depuis 1932.
Jean-Marc Lopez
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ENVELOPPES INSOLITES
Envois de M. M. Donato
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MON PANTHÉON DE L'ALGÉRIE FRANÇAISE DE M. Roger BRASIER
Créateur du Musée de l'Algérie Française
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A SUIVRE
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SAHARA ALGÉRIEN.
LA MER SOUTERRAINE.
Gallica : Revue de l’Orient 1845-1, P 166-169
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HAUTEUR DE L'ATLAS.
TEMPÉRATURE DES PLATEAUX ET DU DÉSERT.
Les explorations et les travaux récents de M. Henri Fournel, ingénieur en chef des mines, envoyé en mission en Algérie, démontrent l'existence de cette mer souterraine s'étendant sous tous les points du Sahara, et dont les tribus arabes des oasis parlent avec tant d'admiration.
En effet, il suffit de jeter les yeux sur la carte de l'Algérie pour y reconnaître les traits particuliers qui offrent à l'art de l'ingénieur hydraulique la plus utile occasion de s'exercer. Par une exception singulière, cette vaste plage, qui s'étend depuis les contre-forts septentrionaux de l'Atlas jusqu'à la mer Méditerranée, ne présente que des cours d'eau d'une médiocre puissance. Il faut donc admettre que les eaux de l'Atlas prennent leur écoulement par des voies souterraines. De cette observation résulte la certitude presque complète de pouvoir faire surgir des sources à tel point que l'on voudra de ces plaines, où l'eau est si précieuse. On arrive au même résultat si l'on considère le versant méridional de l'Atlas et, de ce côté, les espérances qu'il est permis de fonder sur l'emploi de la sonde sont encore plus séduisantes, puisqu'il ne s'agit de rien moins que de transformer le désert en une immense oasis.
Depuis longtemps, toujours prêt à étendre les applications de l'art qu'il pratique avec succès, M. Degouzée avait envoyé en Afrique un jeune ingénieur plein de zèle, d'expérience et d'habileté; l'exploration faite par ce jeune homme à la suite de nos colonnes fournit des renseignements très précieux. Avec cette vive intelligence qui le distingue, M. le général Lamoricière comprit tout le parti qu'on pourrait tirer de l'emploi de la sonde pour le progrès de la conquête et de la civilisation. C'était en effet un moyen puissant de s'assurer de la fidélité d'une tribu que de lui donner une fontaine qu'on pouvait, à la moindre faute, lui enlever en quelques coups de pioche. Aussi le général écrivait-it à Paris: «Envoyez-moi des outils de «forage ; je ferai plus ici avec la sonde qu'avec l'épée.»
Cette demande ne fut pas d'abord accueillie comme elle le méritait. La guerre attirait toute l'attention. Il parait pourtant qu'on ne tarda pas à y faire droit.
Lorsque, au milieu de l'année 1844, M. Fournel fut envoyé en Afrique, cet habile ingénieur ayant commencé ses explorations dans l'ouest de l'Algérie, se hâta de demander à M. Degouzée un équipage complet un journal annonça cet événement si important pour l'Algérie en termes qui le décidèrent à écrire la lettre que nous croyons devoir donner l'extrait suivant :
«Vous annoncez que des équipages de sonde viennent de m'être envoyés, et qu'un sondage va, sur la proposition que j'en ai faite, être immédiatement commencé au camp du Figuier province d'Oran ).
«La plus grande partie de ces faits est exacte; seulement, l'équipage, de gros calibre qui vient de m'être expédié est destiné à pousser plus loin un sondage commencé au mois de mai dernier, sondage qui, vers la fin de juillet, avait atteint la profondeur de 62 mètres.
«Sur quelque point que l'on perce la vaste plaine qui s'étend au sud d'Oran, on trouve, à 3 ou 4 mètres au-dessous du sol, une espèce de nappe d'eau saumâtre qui, dans les parties surbaissées, forme les lacs plus ou moins étendus que les cartes indiquent entre la mer et celui des chaînons de l'Atlas qui domine et limite au sud la plaine du Tlésat. Le plus considérable de ces lacs est connu sous le nom de Sebgha ; il n'a pas moins de 10 lieues de long sur 2 à 3 lieues de large. Mon sondage est installé entre le camp du Figuier et un blockhaus qui domine la pointe orientale de ce lac.
Le problème à résoudre consiste à traverser les eaux saumures pour aller chercher à une profondeur indéterminée une nappe d'eau douce qui viendrait, au moyen de dispositions convenables, jaillir travers la nappe d'eau salée. Si je me sers de cette expression, profondeur indéterminée, c'est que, dans l'ensemble des couches que j'ai dû étudier sur un grand rayon, il y a eu une certaine couche d'argile que je dois percer et dont je n'ai pu connaître la puissance, parce que là où il m'a été possible de l'observer, entre Oran et la montagne des Lions, elle disparaît dans la mer.
«J'espère d'heureux fruits de ce travail, et en général je crois que la sonde est destinée à jouer un rôle très important en Afrique. Ainsi, dans l'étude que j'ai eu occasion de faire, en février et mars derniers, entre la Méditerranée et le désert, j'ai reconnu, à partir de Constantine, deux grands bassins artésiens, et il me paraît presque certain que le désert lui-même forme un troisième et vaste bassin dans lequel on pourrait multiplier à volonté les oasis. J'aurai certitude à cet égard quand il me sera possible de pousser jusqu'à Touggourt.
«Les conséquences d'un pareil fait sont d'une haute importance, il devient clair, par exemple, qu'une grande route à travers le désert se réduit à une série de coups de sonde convenablement espacés dans la direction qu'on veut suivre. Ainsi le jour, et ce jour n'est peut-être pas éloigné, où il conviendra à la France de rattacher le commerce de Touggourt à celui de notre colonie, et de lier par ce grand caravansérail une rotation avec l'intérieur de l'Afrique, il sera facile, si mes prévisions sont exactes, de rendre la route de Biskra à Touggourt aussi facile, et même beaucoup plus facile que celle de Constantine à Biskra. Six ou sept trous de sonde feraient sortir de terre une ligne d'oasis qui formerait la grande route, et si l'on élevait un phare au centre de chacune de ces oasis, on comprend comment on pourrait ne voyager que la nuit, et traverser aisément, dans la saison la plus brûlante, cette mer de sable qui semblait infranchissable pour les Européens. Il ne resterait que le danger du simoun, comme sur l'Océan il nous reste le danger des tempêtes ; mais les chances de surprise seraient, bien faibles, puisqu'il faudrait que le simoun se déclarât subitement entre deux étapes peu distantes.»
Nous possédons maintenant des détails sur l'exploration que M. H. Fournel a faite dans l'est de l'Algérie, et dont il a consigne les résultats dans un Mémoire adressé tout récemment à l'Académie des sciences. A ce mémoire est annexée une coupe faite du nord au midi sur les deux versants de l'Atlas.
M. Fournel a franchi la ligne de partage des eaux à une hauteur de 1,090 mètres au-dessus du niveau de la mer. A partir de cette station, il est descendu vers le désert par une pente assez rapide. Arrivé à Biskra, un horizon indéfini comme celui de la mer se déroulait devant lui et il s'occupa de mesurer la hauteur du désert au moyen d'une série d'observations barométriques, qu'il a comparées depuis à celles qui s'exécutaient simultanément à Constantine. Le résultat curieux de cette mesure, c'est que cette partie du désert est élevée de 75 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer.
De là découlent des conséquences importantes. La première est, comme il l'avait annoncé, la possibilité de percer des puits artésiens dans le désert. L'inclinaison des couches de terrain vers le sud, la compacité du calcaire qui forme les bancs supérieurs, la porosité des marnes intercalées dans ces bancs, tout porte à croire qu'une série de coups de sonde donnés dans le désert ferait jaillir des eaux à tel point qu'on choisirait.
Ainsi s'explique ce que Shaw rapportait, il y a un siècle, et ce que M. Ausone de Chancel cite dans le mémoire sur Touggourt et son oasis. «Les environs du Wad-Reag, dit Shaw, sont fournis d'eau d'une manière singulière : ils n'ont proprement ni fontaines ni sources, mais les habitants creusent des puits à 100, quelquefois 200 brasses de profondeur, et ne manquent jamais d'y trouver l'eau en grande abondance.
Ils lèvent, pour cet effet, premièrement diverses couches de sable et de gravier, jusqu'à ce qu'ils trouvent une espèce de pierre qui ressemble à l'ardoise, que l'on sait être précisément au-dessus de ce qu'ils appellent Bahar That el erd, ou la Mer au-dessous la terre. Cette pierre se fend aisément, après quoi l'eau sort si soudainement et en si grande abondance, que ceux que l'on fait descendre pour cette opération en sont quelquefois surpris et suffoqués, quoiqu'on les retire aussi promptement qu'il est possible.»
Une série de coups de sonde convenablement espacés entre Biskra et Touggourt formerait ce qu'on peut appeler la grande route entre ces deux points.
Pour que tous les coups de sonde réussissent, il faut et il suffit que le premier amène l'eau à la surface. La question est donc bien simple à résoudre ; le gouvernement possède aujourd'hui le matériel ; la seule chance à courir en cas d'insuccès se réduirait à perdre la façon d'un seul sondage. Il est rare, comme le dit très-bien M. Fournel, qu'une idée dont les conséquences seraient si grandes puisse être vérifiée avec une dépense aussi minime.
Une autre observation de M. Fournel est relative à la configuration du pays.
Depuis longtemps on savait que l'intérieur de l'Afrique présente des plaines élevées, et Lambessa, dont les restes magnifiques sont encore debout, prouve que les Romains avaient du choisir ces plateaux pour y bâtir des villes ou la température devait être assez douce. La coupe envoyée par M. Fournel donne la hauteur approximative de ceux de ces plateaux qu'il a traversés. Le niveau si peu élevé du désert, là où M. Fournel l'a mesuré, se relève dans la région placée au sud d'Oran et de Tlemcen. Il faudrait admettre alors que le Sahara a une pente générale de l'ouest à l'est, ce que semble indiquer un grand cours d'eau marqué sur toutes tes cartes, et qui le sillonnerait dans cette direction.
La distinction de grand et de petit Atlas semble destinée à disparaître. Sur presque aucun point les chaînes ne sont nettement distinctes ; déjà M. le général Duvivier avait remarqué que cette distinction n'avait pas été faite par les Romains, et qu'elle appartient à Ptolémée.
Jusqu'à présent on avait considéré le massif du Djurjura, élevé de 2,100 mètres, comme le point culminant de l'Atlas; les monts Aurès paraissent beaucoup plus élevés. M. Fournel a mesuré la hauteur d'un piton qu'il évalue à 2,663 mètres, et qui est loin d'être le plus élevé de ceux qu'on apercevait du camp de Batna.
Les observations barométriques faites à Constantine assignent à cette ville une hauteur de 653 mètres.
M. Fournel a exécuté aussi des observations météorologiques intéressantes. Il a Trouvé sur les plateaux une température plus froide qu'on ne l'aurait supposé. Le 26 mars, à Batna, à 101 mètres d'élévation le thermomètre marquait, au lever du soleil –5°,7. La température la plus élevée qu'il ait éprouvé dans le désert est celle du 6 mars, près de l'oasis des Sidi-Okba ; à une heure après midi, le thermomètre marquait + 32°,6 (M. le général Marey, dans son expédition vers les Ksars du Sahara, a éprouvé (le 31 mai il est vrai) une chaleur de 40° à l’ombre ).
Cette température, très élevée pour la saison, fut comme le prélude du simoun qui surprit la colonne le lendemain, et que M. Fournel à pu observer avec soin. Le 7 mars, à cinq heures du matin, le vent commença à souffler de l'ouest avec force ; l'horizon s'obscurcit, et bientôt la colonne fut enveloppée dans un nuage de sable qui ne permettait pas de distinguer les objets, même à une assez faible distance, une grande baisse du baromètre précéda et accompagna le phénomène qui fut aussi marqué par un grand abaissement du thermomètre.
X.
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LA BRAISE SOUS LA CENDRE
Par José CASTANO
Envoyé par M. J. Castano
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« Les empires ne périssent pas sous les coups de leurs ennemis mais par leur propre épuisement et par la démission des forces qui les soutiennent » (Alexis Curvers)
Sous les applaudissements idiots de la gauche radicale française, le 24 décembre 2025, le Parlement algérien a adopté une loi criminalisant le colonialisme français, lui imputant l’entière responsabilité juridique « des crimes commis en 132 ans (1830-1962) d’occupation coloniale de l’Algérie », et exigeant de la France excuses et indemnisation. (Par Victoire Riquetti)
Tout en « déplorant le vote de cette loi », la France s’est bornée à réaffirmer son attachement à un « dialogue exigeant et constructif » avec l’Algérie, notamment sur les questions sécuritaires et migratoires. Rien de plus. Et, comme de coutume, Emmanuel Macron est demeuré silencieux face aux insultes et au mépris des dirigeants algériens… un silence qui ressemble à une approbation.
Dès lors, le constat s’impose. Quelque chose s’est brisé dans l’âme du pays. Les fondations craquent ; les comptes s’alourdissent, la dette explose, les usines se taisent, les grands édifices du travail et de l’espérance se fissurent, la violence se banalise. Et derrière les chiffres, derrière les discours, derrière les faits, monte un soupir plus grave encore : celui d’une nation qui ne se reconnaît plus. Car ce qui pèse aujourd’hui n’est pas seulement la crise ni les comptes, ni la fureur, mais une faille intérieure, une perte de foi.
Le pays avance désormais d’un pas incertain, comme ces êtres qui ont oublié jusqu’à leur propre nom. Il ausculte son histoire non pour s’y reconnaître, mais pour s’y condamner ; il interroge son passé comme on confesse une faute originelle. Courbé sous le poids de fantômes convoqués à dessein, il s’abîme dans une mémoire mutilée qui ne sait plus distinguer la grandeur de la déroute, l’héroïsme de l’erreur. Ce qui asphyxie la France, plus sûrement que les crises économiques ou sociales, c’est cette lente corrosion du regard qu’elle porte sur elle-même : une nation sommée de se haïr pour avoir existé, invitée à s’excuser d’être ce qu’elle est.
À force de repentance mécanique, ritualisée, presque obscène, le récit national s’est dissous. Les certitudes se sont effilochées, les repères se sont brouillés, les frontières intérieures se sont effondrées. La France chemine comme une reine vieillissante qui détourne les yeux devant son propre reflet, oubliant que toute histoire humaine est tissée d’ombres et de lumières. Les nouveaux moralistes, ces donneurs de leçons repus d’autoflagellation, semblent trouver dans ce reniement une jouissance malsaine. Qu’ils méditent pourtant l’avertissement de Henri de Montherlant : « Qui a ouvert l’égout périra par l’égout. »
Dénigrer l’histoire de son pays, vouer à l’opprobre son passé, sa grandeur, les sacrifices de ses aînés, n’est pas un simple exercice intellectuel : c’est une entreprise de destruction morale. Dans les écoles de la République, on n’enseigne plus une histoire charpentée, mais une histoire déconstruite jusqu’à l’os, réduite à une litanie de fautes et de hontes. Les forces, les élans, les vertus qui firent la France sont relégués dans l’ombre, comme s’ils étaient suspects par essence. Les enfants n’apprennent plus un pays debout, mais un pays épuisé, coupable, presque illégitime. Comment, dès lors, pourraient-ils l’aimer ? Comment ceux qui viennent d’ailleurs pourraient-ils aspirer à s’y unir, quand la nation elle-même doute de sa valeur et semble considérer son identité comme une tache à effacer ?
Cette abdication n’est ni accidentelle ni diffuse : elle porte un visage, une voix, une signature. Elle s’incarne dans la parole d’un chef de l’État qui, loin de protéger l’âme de la nation, l’a livrée pieds et poings liés à la vindicte étrangère et à la repentance sans limite. Emmanuel Macron, héritier zélé de la ligne tracée par François Hollande, n’a pas seulement accepté l’injure algérienne : il l’a préparée, nourrie, légitimée. En qualifiant la colonisation française en Algérie de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie », en se taisant aujourd’hui face aux accusations haineuses et juridiquement délirantes du pouvoir algérien, il a offert à d’autres le droit de juger la France, de l’humilier, de la sommer de s’excuser encore, toujours, jusqu’à l’effacement. Ce silence n’est pas de la diplomatie : c’est une capitulation morale.
Avant lui, François Hollande avait déjà balisé ce chemin de contrition sélective en déclarant : « Je reconnais les souffrances que le système colonial a infligé au peuple algérien » et « La France est responsable des massacres d’innocents algériens », tout en passant sous silence les milliers d’innocents — européens et musulmans fidèles à la France — massacrés durant huit années d’un terrorisme aveugle, lâche et méthodique.
Par cette indécente sélectivité, ce chef d’état honni avait injurié et humilié — non les Français d’Algérie — mais, tout simplement, la France, son peuple, son Histoire, son honneur ainsi que la mémoire et le sacrifice de ses soldats.
Cette mémoire à sens unique n’éclaire pas l’Histoire : elle la falsifie. Elle n’apaise pas les consciences : elle les désarme. Elle ne favorise ni l’intégration ni la cohésion : elle sape l’idée même de nation.
Déjà, en 1992, Michel Serres lançait dans Le Monde un appel presque désespéré : « Si vous pouviez… de temps en temps dire un peu de bien de la France ! » Trente-quatre ans plus tard, cette supplique résonne comme une prophétie ignorée. Car un pays qui n’ose plus dire du bien de lui-même finit toujours par ne plus croire en rien, pas même en son avenir.
Cette même logique s’est abattue sur les traditions. Les crèches de Noël, qui jadis se reflétaient dans les yeux émerveillés des enfants, ont disparu des mairies par souci d’un « respect de la laïcité » devenu instrument d’effacement. On a fait taire la douceur d’une naissance au nom d’un principe durci, alors même que la France, celle de Jeanne d’Arc, est une terre chrétienne. Qui en sont responsables ? Les préfets, certes… mais sous les ordres de qui ? Et dans le regard des Français, on voit poindre la lassitude d’un peuple à qui l’on demande de s’effacer sans bruit.
Il y a, dans ce renoncement à soi, quelque chose d’infiniment triste. La tristesse d’un pays qui ne se reconnaît plus dans ses propres traits, qui détourne le regard de ses morts, de ses bâtisseurs, de ses instituteurs silencieux, de ses soldats oubliés, de ses héros et de ses légendes. Une nation fatiguée de s’excuser d’exister.
Et pourtant, tout n’est pas perdu. Car sous la cendre froide de la repentance obligatoire, sous les décombres d’une mémoire mutilée et d’une fierté interdite, subsiste encore une braise. Elle est fragile, vacillante, presque invisible aux yeux de ceux qui ont renoncé. Mais elle vit. Elle respire encore dans les enfants qui cherchent à comprendre plutôt qu’à condamner, dans ceux qui pressentent confusément qu’un pays ne se transmet pas par la honte mais par la fidélité lucide. Elle demeure dans ces regards neufs qui interrogent l’Histoire sans la haïr, dans ces consciences naissantes qui refusent de croire qu’aimer la France serait une faute morale.
Cette braise ne promet ni revanche ni triomphe. Elle ne brûle pas encore. Mais elle résiste. Elle refuse de s’éteindre. Tant qu’elle survivra, tout ne sera pas perdu. Tant qu’il restera des enfants capables d’accueillir une histoire humaine — faite de fautes assumées et de grandeurs transmises — la France ne sera pas morte à elle-même.
Alors peut-être, un soir, sans clameur ni drapeau, sans cris ni mise en scène, la France relèvera la tête. Non pour nier son passé, mais pour cesser de s’y agenouiller. Elle se souviendra qu’elle fut une terre chrétienne avant d’être une nation coupable, une mère avant d’être un accusé, une civilisation avant d’être un procès. Elle retrouvera le courage simple et exigeant de se raconter sans trembler, sans s’excuser d’exister, en regardant ses fautes en face sans renier ses grandeurs. Ce jour-là, la tête haute, elle reprendra la parole. Et ce qu’elle offrira à ses enfants ne sera plus un héritage de culpabilité, mais une histoire vivante — imparfaite, humaine, mais habitée — et donc digne d’être aimée. Et dans le souffle encore fragile de cette jeunesse, à l’horizon de 2027, elle reconnaîtra des visages. Trois visages jeunes, mais déjà marqués par le sens du devoir. Trois voix différentes, mais portées par une même ferveur intérieure, une même exigence, une même foi ardente dans la grandeur possible du pays. Jordan. Sarah. Marion.
Leurs prénoms ne sont pas des slogans. Ils sont des signes. Comme la braise sous la cendre, ils résonnent déjà dans le silence du pays comme un appel, comme une promesse, comme un Credo. Un ultime cri d’amour lancé à une nation fatiguée mais encore vivante : « Assez de repentance ! La France a encore le droit de s’aimer. »
José CASTANO
Date : 14/01/2026
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https://www.bvoltaire.fr/m-c-mosimann-barbier-propose-a-lalgerie-le-partage-de-la-repentance-historique/?utm_source=Quotidienne_BV&utm_campaign=880b54dd6a-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-880b54dd6a-172046362&mc_cid=880b54dd6a&mc_eid=95aa31ac97
M.-C. Mosimann-Barbier propose à l’Algérie
le partage de la repentance historique
« Et si l’on demandait réparation à Alger pour les milliers de Français qui y furent réduits en esclavage ? »
Esclavage au Sud Soudan, XIXe siècle. © Wikipedia
Dans une tribune publiée dans Le Figaro Histoire, Marie-Claude Mosimann-Barbier ose poser la question taboue, celle qui dérange presque autant les autorités algériennes que les autorités françaises : « Et si l’on demandait réparation à Alger pour les milliers de Français qui y furent réduits en esclavage ? » Quand l’Algérie ne cesse de demander des comptes, voire de crier vengeance, pourquoi la France continue-t-elle de faire le dos rond et de battre sa coulpe, d’enseigner à ses élèves que l'Occident est le bourreau historique du reste du monde ?
Justes rappels historiques sur les razzias barbaresques
L’historienne Marie-Claude Mosimann-Barbier revient, dans sa tribune, sur l’histoire de l’Algérie, avant que la France ne s’y intéresse et ne la construise, en mettant l’accent sur un chapitre que le pays d’outre-Méditerranée préfère oublier : sa part active dans la traite négrière et l’esclavage. Pourtant, « les spécialistes évaluent à près de 18 millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabo-musulmane du VIIe au XXe siècle », explique-t-elle, sans compter « la capture et l’asservissement des chrétiens ». L’historienne précise ainsi que l’intensification des razzias, des enlèvements et de la traite des Européens par les pirates barbaresques porteraient à « un million le nombre d’Européens de l’Ouest enlevés par les Barbaresques au cours de batailles navales et de razzias sur les côtes européennes, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, et près de trois millions en Europe de l’Est. Notons que ces raids dépeuplèrent des régions entières, en particulier en Provence et en Italie, où certaines zones côtières de Calabre et de Sicile furent vidées de leur population. » La bataille de Lépante en 1571 est la réponse occidentale la plus connue à ces exactions, mais il n’empêche qu’à leur arrivée en 1830, « les Français purent encore libérer 128 esclaves chrétiens qui croupissaient dans les geôles d’Alger ». En clair, l’Afrique du Nord et ce qui devient l’Algérie avec la colonisation française sont loin d’être l’innocent agneau oriental dévoré par le cupide loup occidental.
À ce sujet — Colonisation : l’Algérie va demander des réparations financières à la France
Toute vérité n'est pas bonne à dire ?
Pourquoi, alors, ne pas en parler et ne pas l’enseigner ? Toute vérité ne serait-elle pas bonne à dire ? L’examen de conscience est, il vrai, une pratique chrétienne et l’Algérie ne semble pas encline à délivrer d’absolution ; pourtant, ce n’est pas faute de pratiquer, à outrance, la repentance. Dans son livre Repentance et victimisation, la maladie auto-immune de l’Occident ? (Éditions de l'Aube, 2025), Pierre Conesa explique qu’« en Afrique, la mémoire publique ne retient que la traite atlantique, qui est mieux connue que la traite transsaharienne ou arabo-musulmane pour des raisons nationalistes liées à la décolonisation et à la politique ». C’est sûr, c’est plus pratique et l’Algérie entretient cette victimisation, une stratégie payante sur le plan politique en désignant un ennemi commun unique et extérieur, et peut-être même sur le plan financier, si l’Algérie obtient de la France les 100 milliards d’euros qu’elle réclame en remboursement de dommages coloniaux « mémoriels » !
La France, éternel bourreau repentant de l'Algérie ?
La France peut-elle refuser ? Rien n’est moins sûr, puisqu’elle entretient, justement, cette dichotomie manichéenne du bourreau et de la victime. Il n’y a qu’à lire les programmes de l’enseignement national, sur Éduscol : la colonisation est présentée comme une « générosité autoproclamée de la République, couplée avec un discours d’affirmation de puissance [qui] masque l’asservissement violent des peuples et le racisme inhérent à l’entreprise » et l’esclavage est, quant à lui, enseigné avec une attention toute particulière et bien insistante sur la traite transatlantique et négrière. Une version manichéenne et à charge qui oublie les Français qui ont souffert de l’Histoire algérienne : les captifs des razzias barbaresques mais aussi des pieds-noirs comme Francine Dessaigne qui écrit, dans son Journal d’une mère de famille pied-noir : « Qu'y avait-il en 1830 ? Des sentiers, pas de ponts, pas de routes, des criques abritant des nids de pirates. Qu'y a-t-il aujourd’hui ? Vingt-cinq mille kilomètres de routes, cinquante-cinq mille kilomètres de chemins, cinq mille kilomètres de voie ferrée, vingt et un ports, dont trois de gros tonnage, trente-deux aérodromes à trafic commercial, dont quatre de classe internationale, onze grands barrages, une réserve d'eau d'importance primordiale, un réseau téléphonique, des installations électriques ultra-modernes... Tout ceci existe à cause des premiers colons et grâce à eux. » Et, quoi qu’il en soit, « à l'époque coloniale, l'Algérie coûtait plus cher à la métropole qu'elle ne lui rapportait », écrit l’historienne Sylvie Thénault, dans son ouvrage Algérie, des événements à la guerre (Le Cavalier Bleu, 2012).
Alors, faut-il demander réparation à l’Algérie pour les Français qui y furent esclaves, faut-il demander à l’Algérie le remboursement de tout ce que les pieds-noirs ont laissé ? Plus simplement, il faut réclamer la fin de l’instrumentalisation victimaire de l’Histoire franco-algérienne. Est-ce un relent de colonialisme ou un fond de paternalisme ? En tout cas, la France se comporte avec l’Algérie comme une vieille mère soucieuse de laver son adolescent insolent de toute culpabilité. L’Algérie devrait d'abord s’insurger que la France continue à l’infantiliser de la sorte en lui retirant l’occasion de faire amende honorable et de se grandir en assumant toute son Histoire !
Victoire Riquetti
13 décembre 2025
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MINISTRE de l’ALGERIE 1987
(Envoyé par M. C. Fretat) pages 101 à 128
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LÉGISLATION SOCIALE
SYNDICALISME
ET SÉCURITÉ SOCIALE
LEGISLATION DU TRAVAIL
ET REPRESENTATION SYNDICALE
En Algérie, le droit du travail est le reflet de celui de la Métropole.
Les salaires dans le secteur non agricole. Les salaires agricoles.
Comparaison avec Ies pays voisins. Législation et réglementation du travail. Syndicalisme.
SECURITE SOCIALE
Accidents du travail et maladies professionnelles :
— Secteur non agricole.
- Secteur agricole. Prestations familiales.
Assurances sociales :
— Secteur non agricole.
— Secteur agricole.
— Caisses d'allocations familiales et d'assurances sociales.
Aide aux personnes âgées. Perspectives.
LÉGISLATION SOCIALE
SYNDICALISME
En Algérie, le droit du travail est le reflet de celui de la métropole.
Dans le souci d'améliorer leur condition, les Pouvoirs Publics se sont attachés à faire bénéficier en Algérie les travailleurs d'avantages comparables à ceux de leurs camarades métropolitains.
Il conviait de souligner que les législations du travail sont, de part et d'autre de la Méditerranée, similaires. Sans doute, les avantages consentis aux salariés sont, en valeur absolue, inférieurs à ceux de la Métropole. Cela tient, d'une part, au fait que les dépenses du budget-type familial, que ces salaires doivent couvrir, sont en Algérie moins élevées, le pays étant plus favorisé par les conditions climatiques, aussi bien pour la nourriture que pour le vêtement. Les mêmes considérations font, en France, varier les salaires suivant trois zones, grâce à des coefficients d'abattement appliqués aux taux de Paris.
D'autre part, si la France est au premier rang des nations dont la politique sociale est avancée, elle le doit à la puissance de son économie.
Déduite à elle-même, l'économie algérienne, au contraire, ne saurait assumer les charges d'un tel progrès. Ce n'est que par un effort financier considérable - décrit en détails dans « la présentation de l'économie algérienne » --- que la France a pu étendre progressivement sa législation du travail au territoire algérien.
Si, donc, on compare la politique sociale en Algérie avec celle des pays voisins dont la structure économique est comparable — notamment les pays méditerranéens, — ou constate que l'Algérie, pays pauvre et surpeuplé, jouit d'une législation sociale beaucoup plus avancée, qu'elle doit à son étroite association avec une économie plus riche. Le relâchement de ses liens avec la Métropole entraînerait une régression sociale dont le retard des pays voisins donne une idée.
SALAIRES
Secteur non agricole.
Il existe, en Algérie comme en France, un salaire minimum interprofessionnel garanti,, fixé par le Gouvernement. Nul travailleur ne doit être payé au-dessous de ce minimum. Des contrôles sont opérés pour assurer le respect de la loi par les employeurs, et les contrevenants sont déférés aux tribunaux répressifs. En Algérie comme en France, il y a un salaire minimum fixé pour les professions non agricoles, et un autre, valable pour l'agriculture.
Dans le premier secteur, le salaire minimum interprofessionnel garanti (S.M.I.G.) est fixé par le Gouverneur Général, après avis de la Commission supérieure algérienne des conventions collectives, dont la composition est identique à celle qui siège à Paris et qui groupe, à parité, des représentants des organisations patronales et des syndicats ouvriers. Ce salaire s'applique indistinctement à tous les travailleurs, aux hommes comme aux femmes, quelle que soit la communauté à laquelle ils appartiennent,
Les taux de la rémunération sociale minimum garantie (S.M.I.G. et indemnité horaire non hiérarchisée qui s'y ajoute), sont, en valeur absolue, inférieurs à ceux fixés dans la Métropole. Ceci n'a rien de surprenant puisque, comme dans la Métropole, ces taux sont fonction de la discussion de deux éléments variables selon les zones : la conjoncture économique, et le budget-type familial.
Il convient d'ailleurs d'indiquer qu'en vue de diminuer l'écart entre les taux de salaires en cause, il a été décidé, à l'occasion de la dernière revalorisation des salaires les plus bas, en 1955, d'accorder en première zone une majoration égale, en valeur absolue, à celle qui a été fixée dans la première zone de la région parisienne.
C'est ainsi que l'indemnité horaire non hiérarchisée qui s'ajoute au S.M.I.G. a été majorée de 4 F 50 en première zone, ce qui a donné une augmentation de la rémunération sociale minimum de 4,9 %, alors qu'elle était de 3,7 % dans la première zone de la région parisienne.
D'autre part, les écarts des zones II et III par rapport à la zone I, ont été réduits dans la même proportion qu'en Métropole.
La rémunération horaire minimum des travailleurs du secteur non agricole ne peut, depuis le 18 avril 1955, être inférieure aux chiffres suivants
— 95 F 50 dans les communes où le taux du S.M.I.G. est de 77 F
— 87 fr. 50 74 fr.
— 79 fr. 50 67 fr.
Il importe, enfin, de souligner que le décalage entre le S.M.I.G. industriel en France et en Algérie, qui était de 50 % en 1947, n'est plus que de 25 actuellement (95 F 50 à Alger, contre 126 F à Paris). L'écart a donc été réduit de la moitié en 10 ans. De 1947 à 1956, les augmentations du salaire minimum dans l'industrie ont été, en France, de 140 %. En Algérie, elles ont atteint 220 % «dans l'industrie et le commerce, et 200 % dans l'agriculture.
Salaires agricoles.
Les salaires agricoles individuels ne peuvent, depuis le 26 mars 1956, être inférieurs aux taux journaliers ci-après
--- 1ère zone : S.M.I.G., 345 F --- indemn. journalière, 180 F = 525 F
--- 2ème zone : S.M.LG., 316 F --- indemn. journalière, 164 F = 480 F
--- 3ème zone : S.l1.LG., 276 F --- indemn. journalière, 161 F = 440 F
Comparaison avec les pays voisins.
Il n'est pas sans intérêt, d'indiquer les taux minima de rémunération en vigueur au Maroc, en Tunisie et en Egypte.
Ces taux sont les suivants : Secteur non agricole
--- Maroc :
1ère zone : 66 F 90 par heure
2ème zone : 65 F 20 par heure
3ème zone : 57 F 80 par heure
4ème zone : 56 F 00 par heure.
— Tunisie :
-- 66 F par heure + une indemnité horaire temporaire non hiérarchisée de 6 f - 72 francs, dans les entreprises et chantiers situés à Tunis, Bizerte, Sousse, Sfax et leur banlieue.
-- 51 F 70 par heure + une indemnité horaire temporaire non hiérarchisée de 4 F 70 = 56 F 40, dans les entreprises et chantiers situés dans les autres localités.
-- Egypte
-- 146 piastres par semaine (valeur de la piastre : 10 F), soit 41,7 % du salaire hebdomadaire moyen perçu par le travailleur algérien.
Salaires agricoles
— Maroc : 300 francs par jour.
— Tunisie
Zone I : 300 francs par jour
Zone Il : 325 francs par jour
Zone III : 350 francs par jour.
- Egypte
Les taux des salaires agricoles ne semblent pas faire l'objet d'une publication.
LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION DU TRAVAIL
La législation algérienne du travail s'est enrichie, pendant la période du 1er avril 1956 au 1er août 1957, de textes nouveaux et importants. Lois, décrets et arrêtés ont souligné ses traits de parenté de plus en plus étroits avec la législation métropolitaine. Cette tendance au rapprochement des deux régimes s'est notamment manifestée dans les domaines suivants :
— Statut et salaires des travailleurs à domicile (décret du 24 janvier 1956 - loi N° 57-834 du 4 juillet 1957) ;
— contrôle et répartition des pourboires travail (loi N° 57-833 du 26 juillet 1956
— Amélioration du régime des congés payés (loi du 27 mars 1956 et décret du 14 mai 1956) ;
— Règlement des conflits collectifs de juillet (loi N" 57-833 du 26 juillet 1957) ;
— Réglementation de l'hygiène et de la sécurité des travailleurs (décret du 9 juillet 1956) ;
— Respect de la liberté syndicale et protection du droit syndical (loi du 27 avril 1956) ;
— Organisation de l'éducation ouvrière (loi N° 57-821 du 23 juillet 1957) ;
— Organisation et fonctionnement des Conseils de prud'hommes (décret du 16 juin 1956) ;
— Organisation des services médicaux du travail (décret du 14 décembre 1956 et arrêtés du 2 août 1957) ;
— Contrôle des contrats d'apprentissage (loi N° 57-774 du 11 juillet 1957) ;
— Réglementation des conditions de travail dans les marchés passés au nom de l'Etat et des collectivités (décrets du 8 janvier 1957) ;
— Organisation du travail de manutention dans les ports (décret du 10 février 1955 et arrêtés du 22 mars 1957).
SYNDICALISME
Avant novembre 1954.
La situation syndicale en Algérie était le reflet fidèle de la situation syndicale française.
La législation métropolitaine était — et est encore — intégralement applicable à l'Algérie, depuis la loi du 21 mai 1844 instituant la liberté syndicale en Algérie comme en France.
Aucune discrimination raciale n'a jamais séparé les Européens des Musulmans, qui adhéraient fraternellement aux même syndicats et jouissaient des mêmes droits.
Les organisations syndicales étaient toutes rattachées à l'une des trois centrales métropolitaines : C.G.T., C.F.T.C., C.G.T.-Force Ouvrière et groupées de la même manière en unions départementales.
Il n'y avait pas plus de syndicats « algériens » que de syndicats « musulmans ».
L'exception des syndicats autonomes confirme la règle, parce qu'ils n'adhéraient à aucune centrale, exactement comme les organisations autonomes métropolitaines.
L'importance de ces organisations était assez inégale. Sur près de 500 000 travailleurs de l'industrie, du commerce et de la fonction publique, 100000 au maximum étaient syndiqués, dont 50 à 60 % à la CGT.
La C.F.T.C. et la C.G.T.-F.O. se partageaient les autres.
Les autonomes rassemblaient, par contre, la majorité des syndiqués dans la fonction publique.
En ce qui concerne les Musulmans, sur 10 000 à 50 000 syndiqués, 80 étaient à la C.G.T.
Mais un million de travailleurs agricoles étaient absolument inorganisés, en dépit des tentatives répétées de la C.G.T.
Depuis novembre 1954.
La date du 1er novembre 1951 n'apporte aucun changeaient, et il est remarquable que plus d'un an se soit écoulé depuis le début de la rébellion, avant que cette situation syndicale se modifie avec l'apparition de syndicats purement musulmans. Il a fallu attendre le 14 février 1956 pour voir se constituer les premiers syndicats musulmans à tendances nationalistes. Cette date marque, en effet, le dépôt des statuts de l'Union des syndicats de travailleurs algériens (U.S.T.A.), d'inspiration messaliste, transposition sur le plan syndical du M.N.A.
Dix jours après, l'Union générale des travailleurs algériens (U.G.T.A.), d'inspiration F.L.N., dépose à son tour ses statuts, identiques au titre près à ceux de l'U.S.T.A.
La constitution des centrales a incontestablement précédé celle des organisations, pour les besoins de la politique du M.N.A. et du F.L.N., s'accordant pour réclamer l'indépendance de l'Algérie, mais farouchement hostiles l'une à l'autre.
La C.I.S.L. s'est intéressée de très près à la création de ces centrales.. Elle les a' suscitées toutes deux, favorisant d'abord l'U.S.T.A., puis fixant son choix définitivement sur l'U.G.T.A. ; elle en décida l'affiliation le 1er juillet suivant, malgré les protestations de la centrale Force Ouvrière.
Au moment où apparaissaient ces deux centrales, la C.G.T. subissait une transformation analogue. Pour essayer de retenir ses adhérents musulmans, la C.G.T. décida de se transformer en une « Union générale, des syndicats algériens » (U.G.S.A.) purement algérienne, totalement détachée de la C.G.T. française, et sollicita son adhésion directe à la F.S.M.
L'opération eut lieu le 1er juillet 1956.
La situation actuelle
A partir de cette date, il y a donc en Algérie trois centrales de création récente affirmant leurs buts nationalistes et inféodées respectivement au M.N.A., au F.L.N. et au P.C.A.
La politisation de ces centrales, dont les objectifs n'avaient plus aucun rapport avec le syndicalisme, a justifié l'intervention de mesures de protection qui n'ont pu qu'abusivement être assimilées par certains à des atteintes aux libertés syndicales.
En effet, la liberté syndicale existe en Algérie, totalement, avec l'unique réserve que seules ne peuvent être tolérées les manifestations susceptibles de troubler l'ordre public. Les syndicats nationalistes ne sont pas interdits, mais ont une existence légale au même titre que ceux de F.O. ou de la C.F.T.C. Les militants qui sont inquiétés ou emprisonnés, ne le sont pas en raison de leur appartenance syndicale, mais de leurs activités dans la rébellion. Les manifestations et les preuves de ces actions ont été suffisamment fournies depuis plus d'un an, pour qu'il soit nécessaire d'y revenir ici. Notons simplement que cette activité dans la subversion est aussi à l'origine des mesures prises par les Pouvoirs publics sur le plan de la représentativité syndicale, par les décrets des 8 juin et 26 novembre 1956.
La suppression des relations entre l'Administration et les syndicats nationalistes découle du principe élémentaire et irréfutable qu'une organisation se disant « algérienne » et rejetant l'autorité française, ne saurait collaborer avec les fonctionnaires de la République Française pour en appliquer les lois.
L'attitude des Pouvoirs publics en Algérie, qui maintiennent la liberté syndicale pour toutes les organisations, quelles qu'en soient la nature et l'origine, pourvu qu'elles groupent effectivement des travailleurs, reste empreinte d'un libéralisme qui atteint la limite du possible dans la conjoncture actuelle.
LE RÉGIME DE SÉCURITÉ SOCIALE EN ALGÉRIE
ACCIDENTS DU TRAVAIL ET MALADIES PROFESSIONNELLES
Secteur non agricole.
C'est en 1898 que la Métropole a entrepris de lutter contre les accidents du travail par une loi qui apportait un bouleversement profond dans la conception jusque-là sanctionnée par le seul code civil de la responsabilité patronale.
Les mêmes problèmes existant en Algérie où naissait une économie nouvelle, le Parlement y appliqua en 1919 la législation métropolitaine dans le secteur non agricole.
A l'instar des institutions sociales métropolitaines, l'Algérie bénéficie d'un régime de sécurité sociale qui place en 1957 ce territoire à la pointe des pays africains.
Plus de 800.000 travailleurs connaissent une protection complète : si l'on ajoute à ce chiffre le nombre de conjoints et d'enfants qui perçoivent des prestations, c'est un total de 3 millions de personnes qui relèvent en Algérie de la sécurité sociale. Il faut noter d'ailleurs que, sur ce chiffre, près de 2 millions sont des Français Musulmans.
Si l'on examine les résultats de la politique sociale algérienne au travers des statistiques financières, force est de constater que les différents régimes intéressés ont distribué au cours de l'année 1956 plus de 57 milliards de francs.
Lutte contre les accidents du travail et contre les maladies professionnelles, système de prestations familiales en faveur des salariés, régimes d'assurances sociales, allocation en faveur des personnes âgées : autant de chapitres qui s'inscrivent dans la lutte quotidienne pour l'amélioration des conditions de vie de la population et qui démontrent la rapidité avec laquelle sont transposées en Algérie les institutions qui naissent en Métropole.
Le tableau suivant illustre d'une manière particulièrement évidente cette. progression, en fournissant, pour les trois dernières années, le nombre des travailleurs bénéficiaires des systèmes de sécurité sociale, l'indice des prix et le total général des différentes recettes :
Quand on saura qu'en fin d'année 1957, le régime d'allocation en faveur des personnes âgées aura trouvé toute son ampleur et qu'un système d'assurance vieillesse aura été lancé à compter da octobre en faveur des commerçants, des industriels, des agriculteurs, des professions libérales et des artisans, on sera amené à conclure que la politique sociale en Algérie marche à grands pas et qu'elle permettra à ce territoire de se comparer, dans peu de temps, à de nombreux territoires d'Europe.
On ne peut que se réjouir d'un tel résultat, surtout si l'on constate que ce progrès continu dans les faits et dans les institutions sociales se situe dans une Algérie qui connaît actuellement une époque troublée.
Certes, la loi du 30 octobre 1946 a modifié la matière en Métropole : l'organisation des assurances, confiée jusqu'alors aux compagnies privées, a été intégrée dans le système de sécurité sociale créé en 1945.
L'idée qui est à la base de la loi du 30 octobre 1916 — l'accident du travail est un risque social — n'a pas encore été adoptée en Algérie. Si cette branche continue à être gérée par les compagnies privées, l'assurance a cependant été rendue obligatoire eu 1949 pour tout employeur ou exploitant utilisant habituellement les services d'un ou plusieurs salariés.
Mais il faut noter que les conditions d'indemnisation sont demeurées identiques en Métropole et en Algérie. Les plus récents témoignages en sont les lois des 25 juillet 1952 et 2 septembre 1954 qui ont appliqué, des deux côtés de la Méditerranée, les mêmes taux de pension et les mêmes règles de liquidation. L'arrêté interministériel du 18 avril 1957 relatif à la revalorisation des indemnités au titre des législations sur les accidents du travail et les maladies professionnelles vient à nouveau de confirmer cette identité de législation.
Les statistiques des accidents du travail, recueillies à ce jour, fournissent des résultats sensiblement équivalents à ceux que l'on constate en Métropole. C'est ainsi qu'en 1955, pour un total de plus de 430 000 salariés algériens relevant du secteur privé non agricole, 72 000 accidents du travail ont été déclarés. Quant aux primes payées par les employeurs, celles-ci s'élèvent à environ quatre milliards de francs pendant la même année.
L'œuvre de prévention et de réadaptation qui est à la base de la loi de 1946 a été aussi adaptée à l'Algérie et ne cessera de progresser avec les années et le développement de l'industrie.
Secteur agricole.
La législation des accidents du travail dans l'agriculture est commune à la Métropole et à l'Algérie, depuis la loi du 15 décembre 1922 qui a étendu aux exploitations agricoles la législation concernant les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail.
Par ailleurs, un parallélisme absolu existe entre les régimes de réparation des accidents du travail entre les secteurs agricole et non agricole depuis l'intervention des lois du 25 juillet 1952 et du 2 septembre 1954.
Cette identité de législation avec la Métropole et ce parallélisme avec le secteur non agricole ont été confirmés par l'intervention des deux textes suivants :
- tout d'abord, le décret N° 56-1016 du 5 octobre 1956 a, en effet, étendu à l'Algérie les dispositions de la loi du 15 septembre 1954 qui dispose que, dans les professions agricoles et forestières, est considéré comme un accident de travail l'accident survenu pendant le trajet de la résidence au lieu de travail et vice versa, dans la mesure où le parcours n'a pas été interrompu ou détourné pour un motif dicté par l'intérêt personnel ou indépendant de l'emploi.
- puis un autre décret en date du 18 février 1957 a précisé que devaient être considérées comme maladies professionnelles d'origine agricole en Algérie, les maladies mentionnées sur les tableaux établis en Métropole, c'est-à-dire tétanos, ankylostomose, spirochétose, charbon, tularémie, etc...
Enfin, il faut signaler que depuis 1950, dans le secteur agricole comme dans le secteur non agricole, l'assurance contre les accidents du travail a été rendue obligatoire pour tout employeur de main-d’œuvre salariée.
PRESTATIONS FAMILIALES
A) Dans le secteur privé non agricole, c'est au lendemain de l'application en Métropole du Code de la famille, qu'un arrêté en date du 6 mai 1911 a rendu obligatoire l'attribution d'allocations familiales aux salariés ayant des enfants à charge.
En 1957, en sont bénéficiaires les 480000 salariés occupés dans les établissements industriels et commerciaux, les professions libérales, les offices publics et ministériels, les sociétés civiles, les syndicats professionnels et les associations de toute nature bénéficiant de ce régime.
En sont donc exclus les salariés agricoles, les employeurs, les travailleurs indépendants et la population non active. La différence de régime avec le système de la Métropole s'inspire uniquement de raisons financières, car si le champ d'application de la législation sur les allocations familiales est si limité en Algérie, c'est que les ressources qu'exigerait un système de prestations familiales comparable, dans ce pays, à celui de la Métropole ne pourraient s'ajuster, tant s'en faut, aux facultés contributives du territoire.
La poussée démographique algérienne est telle, en effet, que pour fournir à toute la population algérienne, y compris les non-salariés, des prestations équivalentes à celles que distribue la Métropole, il faudrait dégager des recettes supérieures à 200 milliards.
Le taux des allocations familiales n'est pas indépendant du montant du salaire comme en Métropole, mais est au contraire basé sur ce montant ; il a été fixé à 15% du salaire sans pouvoir cependant dépasser 2100 francs par mois et par enfant. Le paiement de cette allocation exige l'appel d'une cotisation patronale égale à 16,75% des salaires versés, c'est-à-dire égale à celle qui est appliquée en Métropole.
Il convient également de signaler l'existence d'une prestation de scolarité égale à 2000 francs, et qui est distribuée chaque année à tous les enfants âgés de 6 ans et plus.
Par ailleurs, une action sociale collective est menée par les Caisses d'allocations familiales, qui permet une aide très efficace en faveur du logement ouvrier, soit par l'attribution de prêts à l'habitat, soit par la construction et la location d'immeubles.
Le total des dépenses des Caisses d'allocations familiales algériennes du secteur privé non agricole illustrera d’une manière sensible l'effort réalisé dans ce domaine : c'est en effet un chiffre dépassant dix-huit milliards de francs qui s'inscrit dans la politique d'aide en faveur des prestations familiales.
Il faut noter, enfin, que de nombreux salariés algériens, pères de famille, travaillent en Métropole et de ce chef perçoivent des allocations familiales pour les enfants qui vivent en Algérie. Ces travailleurs, au nombre de 120 000 environ, bénéficient de près de six milliards neuf cents millions de prestations familiales.
B) Le secteur public bénéficie, pour sa part, d'un, régime de prestations familiales qui, s'il n'est pas identique à celui de la Métropole, s'en rapproche sensiblement ; les intéressés peuvent, en effet, recevoir une indemnité pour situation de famille, une indemnité familiale et résidentielle et une allocation pour salaire unique.
Ce régime couvre, en fait, les fonctionnaires qui exercent en Algérie et les agents de certains secteurs à statut spécial, très proches du secteur public tels que les personnels de chemins de fer, d'Electricité et Gaz d'Algérie. Le total des prestations familiales qui leur a été versé au cours de l'année 1956 atteint presque 12 milliards.
LES ASSURANCES SOCIALES
Secteur non agricole.
C'est l'Assemblée algérienne qui a pris l'initiative de créer, en 1949, un système de sécurité sociale dans le secteur non agricole, inspiré certes de la Métropole, mais adapté aux particularités algériennes. Cette réglementation, déjà plusieurs fois améliorée, a rejoint la législation métropolitaine sur de nombreux points et se traduit par les caractères suivants :
Les mêmes prestations qu'en Métropole ont été conçues : assurance maladie, comportant la couverture des frais médicaux de toutes sortes et l'octroi d'une indemnité journalière ; assurance invalidité, ouvrant droit à une pension au profit du salarié frappé d'une incapacité de travail d'un taux donné ; assurance maternité : assurance longue-maladie, appliquée pour l'instant aux cas de tuberculose, de cancer, de diabète, de poliomyélite, de maladies cardiaques, de maladies des vaisseaux et de maladies mentales, comportant la couverture des frais médicaux et l'attribution d'une indemnité mensuelle ; assurance décès, prévoyant un capital-décès égal à trois mois de salaire.
On enregistre, en outre, la création d'une allocation aux vieux travailleurs salariés égale à 65 800 fis par au et accordée dans les mêmes conditions qu'en Métropole, ainsi qu'une pension de vieillesse attribuée à tout salarié âgé de (50 ans et ayant effectué un minimum de dix années de travail.
Il est à noter que dans le domaine de l'assurance vieillesse, l'Assemblée Algérienne est allée au-delà des positions métropolitaines, en reconstituant les carrières des salariés jusqu'en 1938 ; en considérant la période 1938-1953 comme période de cotisation ; en accordant le droit il pension entière à 60 ans. Il faut chercher les raisons de cette politique dans le souci qu'a eu cette Assemblée de dégager le marché de la main-d’œuvre, si abondamment pourvu en Algérie.
Par contre, les assurances maladie, maternité, invalidité, décès, se rapprochent considérablement de celles qui fonctionnent en Métropole ; les différences qui peuvent encore exister sont faibles, et il est à penser qu'elles disparaîtront rapidement.
L'évolution des dépenses de prestations démontre que l'institution a été rapidement adoptée et que la portée en a été comprise des travailleurs qui se sont pliés, avec beaucoup de bonne volonté, au formalisme nécessaire de la présentation des dossiers.
Le tableau suivant illustre d'une manière saisissante l'augmentation rapide des dépenses de prestations versées aux salariés du secteur privé non agricole, au nombre de 430 000 en 1955 et 450 000 en 1956 :
L'allocation aux vieux travailleurs et l'assurance vieillesse — les derniers en date — sont encore trop récents pour qu'on puisse en tirer des leçons bien constructives : il est toutefois intéressant de constater que les dépenses, qui s'élevaient à 180 millions en 1952, 228 millions en 1953, 747 millions en 1951, 913 millions en 1955, atteignaient 1 milliard 252 millions en 1956.
Le problème du financement du régime des Assurances sociales, particulièrement difficile à réaliser en 1949, à un moment où salaires et prix étaient bloqués, a été résolu par l'obligation imposée aux employeurs et aux salariés, d'une cotisation équivalente et d'un taux égal à 3,25 % du montant des salaires. Ce taux, qui en 1955 a été porté à 4 %, a pu être supporté sans inconvénient par les intéressés, tout comme par l'économie du pays ; il a permis au régime de se développer normalement, comme le montre le tableau ci-après, et de constituer une réserve qui est appréciée aujourd'hui où, la dépense de prestations augmentant, les ressources s'avèrent insuffisantes.
Comment ne pas s'arrêter un instant devant ces chiffres pour constater l'augmentation continue des cotisations, due d'une part à l'accroissement incessant du nombre de salariés cotisants et donc bénéficiaires des assurances sociales, et, d'autre part, à l'augmentation de la masse générale des salaires.
On doit ajouter, par ailleurs, que les organismes algériens ont consacré une forte partie de leurs ressources à un plan d'action sanitaire et sociale qui doit apporter des améliorations substantielles au sort des salariés par la création de lits d'hôpitaux réservés aux assurés sociaux, et par l'attribution d'avances ou de subventions à des institutions qui contribueront à la protection de la santé des travailleurs algériens.
Comme dans le domaine des prestations familiales, les fonctionnaires possèdent en Algérie un régime spécial d'assurances sociales qui est la transposition pure et simple du régime métropolitain avec les mêmes avantages et les mêmes charges d'ordre financier.
Secteur agricole.
Pour des raisons analogues à celles qui, dans la Métropole ont conduit le législateur à ne pas instituer un régime uniforme d'assurances sociales et qui s'expliquent par les caractères particuliers des questions sociales agricoles, le régime agricole institué en 1949 en Algérie était très différent de celui applicable aux salariés du commerce et de l'industrie.
L'organisation des assurances sociales agricoles comprend un réseau de Caisses à circonscriptions territoriales, permettant de couvrir l'ensemble du territoire algérien ; le financement des charges est assuré presque en totalité au moyen de taxes additionnelles aux impôts payés par les exploitants agricoles, le salarié agricole ne payant que 50 francs par mois.
Sur 255 000 travailleurs immatriculés, 110 000 bénéficient de ce régime, d'une manière régulière.
Ce système garantissait les salariés agricoles et leur famille contre les risques chirurgicaux, invalidité et décès ; il couvrait les frais de maternité et assurait aux vieux travailleurs sans ressources suffisantes âgés d'au moins 65 ans, une allocation annuelle de 51, 000 francs.
Le risque maladie était couvert au moyen d'une action collective sous forme de soins gratuits (frais médicaux et pharmaceutiques) dis-pensés dans des centres de santé (au nombre de 247) construits par les caisses ou avec lesquels elles ont passé des accords.
Le tableau ci-dessous reflète les résultats de l'action menée depuis 1953 :
Ces chiffres font ressortir le développement constant du régime agricole et particulièrement de l'action médico-sociale menée dans les centres de médecine collective en faveur des salariés agricoles et de leur famille.
Un décret du 28 mai 1957 a homologué une décision du Gouverneur Général de l'Algérie en date du 24 avril 1957 qui a apporté au régime agricole des assurances sociales des améliorations très substantielles permettant de garantir plus largement les assurés sociaux agricoles et leur famille contre les risques sociaux :
Les prestations qui existaient défia (assurance invalidité, maternité, décès) ont été portées au niveau de celles qui sont distribuées dans le secteur non agricole.
Par ailleurs, une assurance maladie a été créée, qui apportera un soulagement tangible aux salariés agricoles et à leur famille. Elle comporte attribution de soins dans les consultations médicales ouvertes dans les centres de médecine collective et dans les consultations externes des hôpitaux. Si le malade ne peut se déplacer, il appellera le médecin de son choix.
Dans les deux cas, l'assuré bénéficie de lit (ouverture des frais médicaux, pharmaceutiques, d'hospitalisation, d'anal)se, de laboratoire et de radiologie pour lui et les membres de sa famille.
En outre, s'il se trouve dans l'incapacité de travailler, il aura droit, à compter du 11ème jour et pendant six mois, et une indemnité journalière égale à son demi-salaire.
Par ailleurs, certains aménagements à l'allocation aux vieux travailleurs salariés ont été institués, tels que le secours viager à la veuve.
Enfin, une assurance-vieillesse est accordée à 60 ans. Elle est égale au maximum à une fois et demi le montant de l'allocation, avec des possibilités de majoration pour conjoint à charge et pour charges de famille ; elle comporte le maintien de certaines prestations d'assurances sociales (assurance-maladie) et une réversion de moitié sur la veuve.
Les améliorations résultant de la décision du 24 avril 1957 modifient sensiblement la structure du régime agricole des assurances sociales qui tend à se rapprocher du régime des salariés du commerce et de l'industrie.
Cette réforme s'inscrit ainsi dans le cadre des mesures de progrès social qui doivent contribuer à l'amélioration du niveau de vie des finasses rurales.
Caisses d'allocations familiales et d'assurances sociales du secteur non agricole.
Un effort sérieux a été entrepris récemment dans le domaine de la réorganisation du système de sécurité sociale qui permettra aux divers salariés bénéficiaires des prestations d'allocations familiales et d'assurances sociales du secteur non agricole de trouver non loin de leur domicile un organisme auprès de qui tous renseignements, toute documentation, tous paiements pourront être fournis rapidement et directement. C'est en fait à une régionalisation (le l'organisation sociale algérienne que l'on assiste depuis le juillet 1957 et qui sera tel Initiée au 1er octobre 1957.
AIDE AUX PERSONNES AGÉES
Débordant ]e cadre habituel de la Sécurité Sociale réservée aux salariés, le Parlement français a voté une loi, le 30 juin 1956, instituant une politique d'aide en faveur des personnes âgées dont les conditions d'application à l'Algérie ont été précisées par un décret du 24 novembre 1956.
Depuis le 1er octobre 1956, une allocation de 24 000 francs par an est versée à toute personne habitant l'Algérie, âgée de 65 ans ou plus et possédant des ressources inférieures à 201 000 francs.
L'institution a été mise en place immédiatement et les premiers versements effectués dès le mois de Janvier 1957.
Le nombre de bénéficiaires est de 70 000 au 1er août, et dépassera largement 100000 avant la fin de l'année. En 1958, le chiffre de 200000 sera certainement atteint. Plus de 80% des bénéficiaires sont des Musulmans.
Cette politique a pu être poursuivie grâce à une contribution importante de la Métropole et à un effort fiscal très sérieux imposé aux contribuables algériens. Le montant de la dépense totale est en effet estimé à plus de 7 milliards par an, financé à concurrence de 4 milliards 500 millions par la Métropole, la différence étant à la charge du budget de l'Algérie.
PERSPECTIVES
Telles sont les grandes lignes des régimes de sécurité sociale en Algérie. Le système d'assurances sociales qui couvre le secteur non agricole est très proche du régime métropolitain : on peut penser que dans quelque temps les deux systèmes de prestations seront identiques. Les mesures de coordination entre les deux législations adoptées en 1953 et en 1955 précipitent d'ailleurs ce mouvement.
Le régime d'assurances sociales agricoles qui vient d'être créé au mois de mai 1957, quoique sensible aux caractéristiques particulières de l'Algérie, évoluera rapidement dans le sens d'une assimilation au régime du secteur non agricole.
Cette tendance à l'assimilation avec le régime métropolitain est très nette. Un exemple significatif peut en être donné dans le système d'assurance vieillesse qui est à la veille d'être appliqué en Algérie au profit des non-salariés, c'est-à-dire des commerçants, des industriels, des artisans, des professions libérales et des professions agricoles.
C'est là encore une institution sociale née en Métropole en 1948 et qui va être transposée sur le territoire algérien : elle permettra, avant le début de l'année 1958, à 150 000 personnes d'être couvertes par un système d'assurance vieillesse.
En résumé, il faut souligner les efforts constants de l'Algérie pour adopter, en abrégeant le plus possible les délais, les institutions sociales métropolitaines.
Il est bien évident qu'à un rythme aussi rapide, la législation de sécurité sociale spéciale à l'Algérie, qui constitue le système le plus évolué de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, pourra d'ici peu être comparée avec succès aux régimes des différents pays d'Europe.
EMPLOI ET FORMATION PROFESSIONNELLE
Travail et sous-emploi
Poussée démographique et possibilités d'emploi.
La situation dans le secteur agricole. Secteur non-agricole,
Les chantier de travail:
Formation professionnelle
L'emploi et la formation professionnelle de la jeunesse.
La préformation ou « mise en condition »,
TRAVAIL ET SOUS – EMPLOI
Poussée démographique et possibilités d'emploi.
En 1948, la population masculine musulmane en état de travailler était évaluée à 2018 000 unités. En 1957, on estime qu'elle atteint le chiffre de 2 550 000, soit un accroissement de 500 000 unités.
La crise du non-emploi que connaît l'Algérie, comme bien d'autres pays d'ailleurs, est la conséquence de cet accroissement démographique et des conditions de développement économique du territoire. L'économie algérienne, nième lorsqu'elle traverse une période favorable, rie peut absorber le surplus des populations actives que l'augmentation constante des naissances amène régulièrement sur le marché du travail.
Il ne suffit pas, en effet, de créer des moyens de production permettant de nourrir une population saris cesse croissante. Encore faut-il offrir à cette population une formation professionnelle qui, en valorisant sa force de travail, lui permette de jouer son rôle dans la communauté.
La recherche et la création d'emplois nouveaux sont liées au volume des investissements de base. Ainsi que le souligne une étude publiée par l'Organisation des Nations Unies (« Etudes démographiques ». N" 20), un pays dont la population s'accroît de 2,5 % par année doit investir de 5 à 12,5 % de son revenu national pour maintenir à un niveau constant le volume moyen d'équipement par travailleur.
La France a conscience de cette impérieuse nécessité et, tous les ans, elle est amenée à accorder sur ses propres ressources, à l'Algérie, des sommes considérables pour développer son équipement, créer des richesses nouvelles et augmenter le nombre d'emplois. En 1956, la contribution française aux dépenses d'investissement (80 % du total) s'est élevée à 88 milliards de francs (251 millions de dollars). Les prévisions de cette contribution pour l'année en cours dépassent actuellement 110 milliards de francs (315 millions de dollars).
Par ailleurs, une partie importante de l'excédent de main-d'oeuvre algérienne a fort heureusement pu trouver du travail en Métropole, évitant ainsi d'accroître la demande sur le marché du travail en Algérie.
Mais les résultats de. ces efforts, malgré les sacrifices consentis, sont encore insuffisants, en raison de l'importance de cette main-d'oeuvre et de la faiblesse de sa qualification professionnelle.
Le plein emploi ne pourra donc résulter, en Algérie, que d'une double action menée parallèlement sur le plan d'une révision des structures économiques et sociales du pays, et sur celui de la formation professionnelle du travailleur algérien.
Les objectifs des plans d'équipement élaborés pour l'Algérie répondent au premier impératif. Le deuxième plan de modernisation et d'équipement recherche, pour les investissements économiques retenus par priorité, les moyens d'obtenir, dans les délais les plus courts, la productivité maximum. D'autre. part, l'industrialisation de l'Algérie, à laquelle les récentes découvertes de recherches minières et de sources d'énergie ont donné une impulsion nouvelle, devra bientôt apporter des transformations radicales à l'économie de ce territoire.
Elle sera à la source de la création d'un complément de revenus indispensables à l'accroissement du niveau de vie de la population.
Dans le domaine de la formation professionnelle, un effort considérable se poursuit à un rythme accéléré. Récemment encore, une étroite collaboration des autorités civiles et militaires a permis de mettre sur pied une Préformation, qui doit donner à la formation professionnelle toute son efficacité.
Ces considérations générales permettent d'entrevoir l'ampleur le problèmes auxquels l'Algérie, seule et livrée à elle-même, serait dans l'impossibilité d'apporter des solutions raisonnables et humaines.
La situation dans le secteur agricole.
Le secteur agricole comprend : 1640000 hommes, dont
- 585 000 exploitants (propriétaires, fermiers et métayers),
- 185 000 aides familiaux ;
- 110 000 ouvriers permanents ;
- 450 000 ouvriers journaliers et saisonniers.
C'est dans la masse flottante des ouvriers agricoles occasionnels que se trouve le plus grand nombre d'inemployés. D'une enquête effectuée au début de l'année pour connaître le nombre des sans-travail en Algérie, il ressort que le nombre d'hommes valides qui, dans chaque commune, ont demandé à être employés sur des chantiers de travail, s'élevait à près de 250 000 dans les campagnes et environ 100 000 dans le secteur urbain.
Dans le secteur rural, le nombre de chômeurs varie suivant le cycle des travaux agricoles. A l'époque des gros travaux, la majeure partie de ces non-employés trouve du travail et assure sa subsistance. Par contre, à la période de morte-saison, il est nécessaire de multiplier les chantiers de travail.
Secteur non agricole.
Quant au secteur non agricole, la population active, qui comprend notamment les propriétaires, les commerçants, les artisans, les ouvriers de l'industrie et du commerce, s'élève à 610 000 individus.
- Il convient de noter que cette population active, essentiellement urbaine, ne comptait en 1948 que 350 000 unités. Le rythme annuel moyen des accessions aux emplois non agricoles s'établit donc à 30 000 hommes environ, qui représentent 150 000 personnes en comprenant les familles.
La masse des chômeurs est surtout constituée par les travailleurs des campagnes qui, attirés par des réalisations sociales efficaces, émigrent vers les villes dans l'espoir d'y trouver des emplois.
Les chantiers de travail.
Les Pouvoirs publics ont, en Algérie, poursuivi et intensifié leurs efforts pour lutter contre le chômage. Les chantiers de travail constituent, dans la conjoncture actuelle, un moyen efficace pour élever le niveau de vie des travailleurs sous-employés et éviter l'afflux des sans-emploi dans les villes.
D'une manière générale, les travaux effectués sont des ouvrages d'intérêt général, décidés par les communes et souvent réalisés par l'intermédiaire de leurs sections administratives spécialisées ; ils consistent en ouvertures ou aménagements de chemins d'accès, l'aménagement de nouveaux points d'eau, etc... Tout en permettant une très large utilisation de la main-d'oeuvre locale, ces chantiers contribuent à réaliser des investissements rentables.
Au cours de l'exercice 1956-1957, quatre milliards de crédits du budget de l'Algérie ont été utilisés pour financer ces travaux, et une participation départementale et communale supérieure à 600 millions est venue s'ajouter à ces sommes.
Les inscriptions prévues au budget du présent exercice dépassent, pour les diverses rubriques, le chiffre de 8 milliards.
Aide à l'émigration vers la Métropole.
Une double raison justifie les échanges de main-d'oeuvre entre l'Algérie et la France : l'Algérie, contrairement à la France, est une région de haute pression démographique ; la France exerce d'autre part, sur elle, l'attrait d'une région où les niveaux de vie sont élevés. Cette migration intéresse actuellement plus de 300 000 travailleurs musulmans, et se traduit sur le plan matériel par l'envoi aux familles restées en Algérie, de plus de 35 milliards de francs de salaires. Les multiples problèmes que posait cet exode toujours plus massif, sont désormais réglés dans le cadre d'une organisation et d'un plan rationnels, grâce à la création et à la mise en place, dans le courant de l'année 1956, de l'Office algérien de la main-d'oeuvre.
Cet établissement public à caractère administratif est chargé des tâches d'exécution d'une politique de protection et d'orientation de la main-d'oeuvre, son but étant de normaliser la migration des travailleurs.
EMPLOI ET FORMATION PROFESSIONNELLE DE LA JEUNESSE
Développement des investissements économiques et sociaux, notamment dans l'industrie, et valorisation de l'émigration sur la Métropole, supposent une formation professionnelle adéquate.
D'autre part, le Gouvernement a pris différentes mesures destinées à intégrer les jeunes Français Musulmans dans toutes les activités économiques de la Nation. (Voir exposé sur les Réformes.)
Aussi, a-t-il été conduit à développer l'enseignement technique et professionnel qui est dispensé dans les établissements publics et privés, aux jeunes gens issus de l'enseignement primaire, secondaire ou supérieur et dont l'âge dépasse 11 ans. (Voir : Enseignement.)
En outre, la « Formation professionnelle des adultes » a été organisée à partir de 19.18 en faveur des adultes âgés de plus de 17 ans, qui n'ont pu bénéficier des cours de l'enseignement technique et professionnel.
Elle permet, grâce à des méthodes appropriées et qui ont fait leurs preuves dans la Métropole, d'inculquer aux intéressés en un temps relativement court, de 6 à 11 mois, des connaissances techniques relatives à un métier et une pratique suffisante pour leur permettre de trouver un emploi dans une des spécialités du bâtiment ou du travail des métaux. Indépendamment du but social qu'elle poursuit, elle répond ainsi aux besoins croissants en main-d'oeuvre qualifiée des entreprises locales ou métropolitaines.
Aussi a-t-elle bénéficié de crédits de fonctionnement et d'investissement de plus en plus importants. Les dépenses d'investissement pour la construction et l'équipement des centres de formation professionnelle des adultes, au titre du budget extraordinaire de l'Algérie, s'élèvent à un total général de 1 milliard et ont suivi une courbe d'augmentation continue allant de 110 millions en 1948 à 925 millions de dépenses prévues en 1957 pour les seuls centres gérés par l'Administration.
Les dépenses de fonctionnement suivent la progression des dépenses d'investissements, et atteignent environ 1.750 millions en 1956.
A ces dépenses, s'ajoutent les subventions octroyées chaque année aux centres privés.
Parallèlement à l'augmentation des crédits, le nombre total des sections et des stagiaires qui ont bénéficié de la formation professionnelle des adultes en Algérie et ont pu être intégrés dans l'économie du pays, a suivi un développement croissant.
Cet effort s'est poursuivi dans le cadre d'une politique de diffusion de nouvelles sections dans l'intérieur du pays, y compris la zone saharienne, de sorte que l'ensemble du territoire algérien se trouve actuellement couvert d'un réseau d'établissements qui mettent la promotion ouvrière et sociale à la portée de tous les candidats éloignés des grands centres urbains.
La Métropole accueille également dans ses centres de formation, de nombreux jeunes gens d'Algérie : 1 000 d'entre eux pourront progressivement trouver place dans les centres métropolitains.
La préformation ou mise en condition.
Le 15 mai 1957, l'Administration a décidé d'organiser des sections préparatoires destinées à l'oriental ion et à la formation professionnelle de jeunes âgés de 15 à 17 ans.
En moins de trois mois, 17 de ces sections, comprenant chacune 25 stagiaires de 16 à 17 ans, ont été ouvertes dans la seule région d'Alger. D'autres vont l'être dans les régions d'Oran et de Constantine. Le but de la préformation est de permettre à des jeunes gens qui n'ont aucune connaissance, de se préparer à la formation professionnelle, en même temps qu'ils acquerront quelques connaissances générales indispensables. Ils se trouveront ainsi à même de profiter au mieux des enseignements qui leur seront donnés dans les centres de formation professionnelle des adultes.
Cet effort se poursuit activement depuis trois mois, en liaison avec l'Armée, qui détache dans ces centres des instituteurs ou des moniteurs.
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| BOUTONNAGE
De Jacques Grieu
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Autrefois le « bouton » n’était qu’objet discret
Qu’on trouvait en couture pour fermer un gilet,
Un manteau, une chemise ou bien un pantalon.
Certains petits malins en faisaient collection…
Chaque bouton s’attache, humble fruit d’une aiguille
Pour dans sa boutonnière bien caler sa coquille.
C’était, dans nos enfances un de nos premiers gestes,
Où chaque boutonnage était pour nous un test.
Si tous les pesticides ont tué nos bouton-d’or,
Les boutons des acnés, il en existe encore.
Quant aux boutons de fièvre et aux bouton-pressions,
On n’est sans doute pas près de voir leur suppression.
Ce qui change maintenant, dans notre monde moderne,
C’est que tout se commande en touchant des boutons.
Qu’on les pousse, qu’on les tourne, enfonce ou bien les tire,
C’est ce qui fait entendre, voir, agir, réagir.
A la moindre intention un bouton, il nous faut;
La souris du PC, elle-même, est bouton faux.
Quand on presse dessus, on dit que c’est « cliquer »,
Mais c’est comme un bouton sur lequel appuyer !
La vie presse-bouton, la guerre presse-bouton,
Loin de tout simplifier dans nos modes d’action,
Font qu’on contrôle moins tout ce que nous faisons;
Sans rien améliorer, c’est une complication…
Boutons et boutonnières, s’ils existent encore,
On les trouve bien lents, malhabiles et désuets.
Bien d’autres fermetures les ont donc remplacés :
La fermeture-éclair, le velcro, le cliquet…
La « Guerre des Boutons », vieux roman oublié,
Nous montrait bien la place de ces ronds irisés.
Nous devons espérer que malgré le progrès,
La nacre du bouton, gardera ses attraits.
Jacques Grieu
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Lieutenant-Colonel Armand Bénésis de Rotrou.
Condensé de plusieurs envois dont celui de M. J.L. Ventura
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Honneur à un valeureux Pied-Noir de Bône
Issu d’une famille catholique de militaires originaire de l’Aude, le lieutenant-colonel Armand Bénésis de Rotrou est né en 1932 à Bône en Algérie, dans le Constantinois, où son père sert comme capitaine au 3e régiment de tirailleurs algériens.
À partir de 1938, il passe son enfance dans le centre et l’est de la France, puis poursuit des études secondaires avec l’idée de devenir soldat au gré des mutations de son père, de la guerre et de l’Occupation.
A la suite d’une défaillance auditive remontant à l’enfance qui l’empêchera d’intégrer une école militaire, il devient officier de réserve et est volontaire pour combattre en Algérie, avec un double objectif : servir son pays et, suivant l’exemple familial, devenir officier d’active.
Cette vocation sera temporairement contrariée par une insuffisance auditive qui nécessitera plusieurs interventions chirurgicales pour la remonter, et qui l’empêchera d’intégrer une grande école militaire.
Aspirant, jeune officier de réserve, il se porte volontaire pour l’Algérie où les troubles, qui ont commencé en 1954 se sont transformés en véritable guerre. Il arrive en Algérie en avril 1956. Il participe d’abord aux opérations à la tête d’une section de combat, puis d’une unité de harkis. Sous-lieutenant à la fin de la même année, il est nommé lieutenant fin 1958. Il va y servir jusqu’à la fin du conflit en 1962.
Il est ainsi appelé à parcourir les régions les plus variées et à connaître des situations opérationnelles parmi les plus intenses avant le cessez-le-feu, puis les plus tragiques après celui-ci.
En août 1959, désigné sur sa demande officier adjoint au commando musulman de Saïda, le prestigieux commando « Georges » créé par le colonel Bigeard, le lieutenant « Armand » (son nom de guerre à Saïda) .
Il y reste plus de deux ans au bout desquels, en septembre 1961 pour échapper à l’arrestation, pour collusion avec l’O.A.S. à laquelle il avait adhéré sur ordre de son chef, le lieutenant « Armand » (son nom de guerre à Saïda) est muté disciplinairement et précipitamment dans le Constantinois, à la tête d’une compagnie de combat isolée, et d’une unité de harkis qu’il sauvera du massacre en contrevenant aux ordres reçus.
Devenue commando de zone (division), puis de corps d’armée et enfin de réserve générale, cette troupe de choc, dont le bilan final sera de mille rebelles tués ou faits prisonniers, mue par sa devise « Chasser la misère », entrera très tôt dans la légende de la guerre d’Algérie, non tant pour ses succès au combat que pour ses succès dans la conquête des âmes et la promotion sociale de ses coreligionnaires.
Sur les 300 Harkis du Commando Georges, pour la plupart des anciens combattants du FLN « retournés », seule une soixantaine sera rapatriée en France en 1962. Les autres seront massacrés, dans des conditions horribles.
En septembre 1959, le misérable Charles De Gaulle, en avait décoré plusieurs de la Croix de la Valeur Militaire, les félicitant, comble de l’ignominie, d’avoir, entre la rébellion et la France, choisi la France.
Après l’indépendance de l’Algérie (2 juillet 1962), il rejoint l’école d’application de l’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), où il entre major de sa promotion et est activé en octobre 1962.
Sur sa demande, il rejoint les rangs de la Légion étrangère avec laquelle il sert en Algérie et au Sahara, il sert dans l’infanterie en Algérie et en France jusqu’en juillet 1966 puis, volontaire pour servir à la Légion étrangère, il rejoint le 2e régiment étranger d’infanterie stationné au Sahara.
Ainsi, il va continuer à vivre au sein d’une population autochtone qu’il a bien connue et à laquelle il s’était profondément attaché.
Au début de 1968, et pour cinq ans et demi, il est muté au prestigieux 2e régiment étranger de parachutistes avec lequel il participe à la campagne du Tchad pendant laquelle il est, en juillet 1969, nommé capitaine. De 1973 à 1979, il sert successivement au 1er régiment étranger à Aubagne et au 3e régiment étranger d’infanterie en Guyane. Il est chef de bataillon depuis juillet 1977. Début 1979, étant astreint à effectuer un « temps d’état-major », il quitte à regret la Légion étrangère pour servir, jusqu’en 1983, à la 5e division blindée en Allemagne. Il est nommé lieutenant-colonel en juillet 1983.
En 1983, il quitte l’armée sur sa demande et poursuit une deuxième carrière civile à l’étranger.
Parachutiste depuis mai 1954, deux fois blessé, le lieutenant-colonel Bénésis de Rotrou est titulaire de six citations dont une avec palme, titulaire de la croix de la Valeur militaire et de la croix du combattant volontaire.
Le trente avril 2005 lors de la célébration du combat de Camerone, sur la voie sacrée de la maison mère de la Légion étrangère à Aubagne, devant le front des troupes et des milliers de sympathisants, il est décoré de la croix de commandeur de la Légion d’honneur, juste témoignage de la nation envers cet officier ayant consacré sa vie à l’armée de la France.
Après avoir combattu contre la misère et la sauvagerie, dans le livre qu’il a publié en 2009 sous le titre : Commando « Georges » et l’Algérie d’après, il s’est engagé dans le combat pour la vérité.
Il est de ceux qui attestent que la France aurait pu quitter l’Algérie la tête haute, en léguant un pays prospère et ami à ses habitants.
Gardant en lui une blessure jamais refermée à ce jour à la pensée de ses frères d’armes de toutes origines tombés au combat ou exterminés, il témoigne de cette guerre gagnée sur le terrain et dans la conquête des esprits, mais perdue politiquement.
Retiré dans le Midi, le lieutenant-colonel Bénésis de Rotrou participe à la vie de nombreuses associations. Auteur du livre Commando "Georges" et l’Algérie d’après qui a obtenu les prix "Armée et défense" 2009 de l’U.N.O.R. et "Histoire militaire" 2010 du Cercle algérianiste, il est cité par les médias, publie des articles, tient des conférences.
Décédé le 10 mars 2012 à Antibes
Les obsèques ont eu lieu le Vendredi 16 Mars à 9 H 00 en l’église de Notre Dame des Pins (06400 Cannes)
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SOUVENIR
Envoyé par M. Serge MEÏ
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NOËL MEÏ
Il y a 64 ans, Contre ce mur de l'école de la Doctrine Chrétienne à Bône, Noël, 16 ans, fût lâchement assassiné, exécuté le 19 janvier 1962 par le Sous lieutenant Palvadeau qui ne fût jamais inquiété, pire il devint procureur de la république!!!
Son crime, coller des affiches pour rester français !!!
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Un haut commissariat à...
par M. Robert Charles PUIG.
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Je n'évoquerai pas l'Algérie dans ce présent commentaire. C'est un sujet auquel je suis très sensible avec ma "Rabia" Pied-noir. De nombreux gouvernants ont méprisé cette page de l'histoire de France pour oublier la grande faute des tueries de compatriotes fidèles aux trois couleurs ou les 150 000 supplétifs et Harkis abandonnés, torturés et assassinés par un FLN triomphant à qui nous avons donné le bénéfice de la victoire sur nos troupes françaises, "là-bas". C'est un passé qui devra avoir un jour sa vérité en jugeant les coupables de cette infamie dont les mots en 2017 du futur président de la République, mots tellement malfaisants.
Aujourd'hui, je veux évoquer cette idée nouvelle du locataire de l'Élysée voulant créer un "Haut commissariat à la diversité". Nous retrouvons bien là une idée quasi mélenchoniste - le mélange des races, le SOS de Mitterrand et cette ouverture de nos frontières à un monde différent de nous - qui par le nombre nous éliminera si nous nous laissons convaincre par cette politique du mensonge et de l'absurde socialo-progressiste que le peuple français subit depuis des décennies. Voilà donc encore une idée du président. Devrons nous l'accepter pendant encore dix huit mois ? Il en trouvera d'autres pour saborder avec ses valets toute idée de plus grande France en nous éparpillant et donner à cette diversité un meilleur rôle, si nous ne prenons pas garde.
Qui va s'élever contre cette nouvelle bêtise née d'un cerveau si différent du nôtre, semble-t-il ? Personnellement, je crois beaucoup plus à un "Haut commissariat à l'identité française". Une instance promulguant l'idée d'une Grande France orgueilleuse de son passé, de son histoire qui ne sera plus dictée par la propagande de la gauche, de son drapeau si dénigré par cette gauche socialiste, fière de ses conquêtes apportant la démocratie, l'ordre et la prophylaxie et la médecine préventive sur les cinq continents. Une France ou lorsqu' on y habite, on respecte ses institutions et ses lois. Voilà ce que j'attends ! Une France nouvelle qui sera l'inverse du pays, actuellement loin de son rôle dans le monde. Robert.
Robert Charles Puig / 12 janvier 2026
REFLEXION !
Je viens de terminer le manuscrit de mon livre : Exilé et coupable. Sans doute l'ai-je écrit trop tôt par rapport à l'évolution si rapide du monde politique et des événements internationaux qui nous secouent en ce début 2026. C'est cependant dans mes pages, une autre façon d'évoquer le Maghreb et la naissance de l'Algérie après la conquête, mais je me doutais bien que mon histoire de France ne s'arrêtait pas à la date où j'ai inscrit la dernière ligne du brouillon de mon écrit et que le monde continuait sa course, mais il me fallait une première fin sur un espoir en 2025. Il semble que j'ai fait fausse route !
Cet espoir espéré est un fil de soie tenu montrant hélas que les droites - les extrêmes droites, clame toujours France-Inter, pour faire peur au peuple, conditionné à des décennies de propagande de gauche - n'ont pas encore réussi cette union attendue. Alors, je continue à espérer en une nouvelle France, républicaine, large d'esprit mais avant tout exigeante du respect de sa Constitution et de ses lois. Pas de quartier pour les infractions et le refus de l'ordre. En un mot comme en cent, une France retrouvée, orgueilleuse de son passé et ne permettant plus qu'un pays quelconque l'insulte.
Ne l'oublions pas. Nous avons, depuis des années, subi le mépris de nos propres gouvernants de la gauche et du "ni-ni". Ils ont par une propagande mensongère fait croire au peuple qu'il était né sur une terre de perdants. Pour cette raison, l'Algérie terroriste et le FLN ont profité de la faiblesse de nos dirigeants et du dernier président toujours en poste. Des politiciens soumis, prêts à se vendre à un nouveau Barberousse et nous conduire ou nous sommes actuellement. Une France qui a son drapeau en berne parce que nous avons laissé notre fierté baisser sa garde pour nous mettre à genoux et accepter les affronts.
Aujourd'hui, le temps peut changer cet état d'esprit en une force nouvelle si nous sommes unis pour retirer la corde au cou qui nous condamne.
C'est ce que je souhaite. Serai-je entendu ?
Robert Charles Puig / 8 janvier 2026
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A FRANCE AU BORD DU RENONCEMENT
Par José CASTANO 10 janvier 2026
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« Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé » (Jean Raspail)
Il ne se passe plus un seul jour sans que l’actualité — pudique jusqu’à l’indécence — ne laisse filtrer son flot de violences. Dans les rues, aux abords des écoles, dans les transports publics, jusque dans des manifestations syndicales dites pacifiques, l’insécurité s’impose partout, sans surprise, sans émoi durable. Cette fureur quotidienne, désormais banalisée, trouve le moindre prétexte pour éclater : célébrations sportives, rassemblements festifs, fêtes de fin d’année. Le 31 décembre 2025 en a offert une illustration glaçante : plus d’un millier de véhicules incendiés, des pillages, des agressions en série, des dizaines de blessés et un mort à Marseille, poignardé façon « racaille ». Le chaos n’est plus l’exception : il est devenu la norme.
Il faut désormais le dire sans détour, quitte à heurter les dogmes officiels, ces violences émanent le plus souvent de jeunes issus de l’immigration maghrébo-africaine, nourris d’une hostilité déclarée envers la France, ses symboles, son histoire.
On voudrait y voir le cri d’une douleur sociale, l’échec d’une intégration mal conduite. C’est une illusion commode. Il s’agit bien plus souvent d’un racisme anti-français assumé, brutal, que l’on s’interdit de nommer par peur, par lâcheté morale ou par calcul politique. Depuis plus de soixante ans, la France paie le prix d’une immigration massive laissée sans exigence ni cap, produisant des fractures devenues chroniques. Ceux qui, hier, alertaient sur ces dérives furent conduits devant les tribunaux, où déjà se polissaient les lames, où les langues se faisaient venimeuses, et d’où coulait, depuis les estrades des procureurs, un flot de fiel prêt à les engloutir.
Beaucoup furent condamnés, livrés en pâture à la vindicte publique, pour avoir dénoncé avec constance et courage ceux qui exigeaient comme un dû une nationalité — la nôtre — qu’ils méprisaient tout en profitant des avantages sociaux et économiques qu’elle leur offrait ; ceux qui, regroupés autour de France Terre d’Asile, de SOS Racisme, du MRAP, de la LICRA ou de la Ligue des Droits de l’Homme, sélectionnaient avec un soin méticuleux les « accidents racistes », passant sous silence les agressions frappant des citoyens à la peau trop claire… Ceux encore qui, déjà installés dans le fourmillement du monde politique, cherchaient à élargir leur influence en exploitant un mouvement dont ils maîtrisaient parfaitement les artifices.
Aux yeux de la « justice », de telles considérations n’étaient rien d’autre que démagogie et racisme. Procureurs et avocats « humanistes » se déchaînaient dans une sorte de transe inquisitoriale, jaugeant d’un œil sévère la hauteur des cous. Il ne manquait plus que l’échafaud… Et les juges condamnaient !
« Ô Liberté, que de crimes commet-on en ton nom ! » S’était écriée Manon Roland en montant vers l’échafaud, le 8 novembre 1793, en pleine Terreur. La phrase, soudain, retrouvait une étrange résonance.
On se souvient encore de cette interview accordée au Monde le 19 avril 2003 par Jean-Marie Le Pen, déclarant : « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux. Quand ils ne le font pas, on leur dit : “Qu’est-ce que tu as à me regarder comme ça ? Tu cherches la bagarre ?” Et vous n’avez plus qu’à filer, sinon vous prenez une trempe »…
Poursuivi par les chiens de garde de l’antiracisme, les milices morales de la Ligue des Droits de l’Homme et de la LICRA, Jean-Marie Le Pen comparut le 13 février 2004, puis le 2 avril 2004 devant les magistrats de la 17ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris. Ceux-ci estimèrent « que de tels propos, venant d’un homme politique susceptible d’influer sur l’opinion, causent un trouble particulier à l’ordre public » et le déclarèrent coupable d’« incitation à la haine raciale ». Il fut condamné à 10 000 euros d’amende, ainsi qu’à verser 5 000 euros de dommages-intérêts à la Ligue des Droits de l’Homme et à la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme. Belle leçon de démocratie !
Depuis lors, l’actualité quotidienne ne cesse de redonner un relief nouveau à ces propos. Force est de constater que JMLP avait vu venir ce que beaucoup refusaient d’admettre… et les images atroces de ce malheureux homme massacré à Marseille pour un simple regard échangé avec des « racailles » semblent, hélas, actualiser sa prédiction.
Sous couvert de « lutte contre l’exclusion », des courants militants, soutenus par des relais puissants de l’État, ont peu à peu rogné la liberté de penser et de parler. Le Parlement n’est plus un lieu de délibération, mais un champ clos où s’affrontent des idéologies sourdes à toute mesure. Une gauche radicalisée y impose un climat d’intimidation morale, érigeant l’anathème en méthode et l’indignation en argument.
Autour de ces causes gravite une cohorte de « consciences autoproclamées » : élus opportunistes, avocats emphatiques, chroniqueurs vindicatifs, figures du spectacle et du sport avides de vertu affichée qui s’imaginent que plus ils stigmatisent la droite nationale et patriotique, plus ils sont « la référence morale ». Certains journalistes, prompts à l’emportement, rivalisent de proclamations indignées en tirades sombres et accusatrices à l’instar d’un Jean-Michel Aphatie à la bile noire, dégoulinant de haine, multipliant ses diatribes à l’égard de la droite nationale. Tous rivalisent de sermons, pendant que les victimes réelles — veuves, orphelins, blessés à vie — demeurent reléguées hors champ, trop dérangeantes pour le récit officiel.
On s’émeut à grands cris de l’expulsion d’étrangers en situation irrégulière, on s’indigne qu’on ose parler de mérite dans l’accès à la citoyenneté, on invoque Dieu pour condamner l’« intolérance », en oubliant que d’autres égorgent aussi au nom de Dieu. Les larmes versées sont abondantes, mais elles coûtent moins cher que celles des familles endeuillées.
Le 19 novembre 2025, sur LCI, lors de l’émission « La Grande Confrontation » animée par David Pujadas, un face-à-face opposa Éric Zemmour à Raphaël Glucksmann. Le président de Reconquête évoqua avec solennité ce qu’il considère comme une pression migratoire d’une ampleur inédite, allant jusqu’à y voir une menace pour l’équilibre culturel du pays. À peine ses mots prononcés, l’eurodéputé socialiste — toute honte bue — répliqua : « ce qui a fait la grandeur de la France, c’est sa diversité ; nous en sommes les héritiers ».
La France, terre de liberté, a sans doute poussé trop loin l’usage de cette « diversité », jusqu’à l’oubli de certaines valeurs morales et familiales qui firent autrefois sa cohésion.
Au nom d’une pluralité érigée en absolu, elle a fini par oublier que les droits n’existent qu’adossés à des devoirs, et que la liberté se meurt lorsqu’elle n’est plus protégée. Une civilisation ne s’effondre pas toujours dans la fureur des armes : elle meurt souvent à bas bruit, dans le renoncement, la fatigue morale, la honte de s’affirmer, la peur de se tenir debout.
Il est une loi immémoriale de l’histoire : lorsqu’un peuple abdique sa transmission, son exigence et sa fidélité à lui-même, il est tôt ou tard submergé par des forces plus déterminées que lui. La démocratie n’échappe pas à ce destin ; elle peut mourir non de violence, mais de lassitude, comme meurent les âmes qui n’osent plus affirmer ce qu’elles sont. Et Boualem Sansal, témoin lucide de tant de capitulations successives, confiait à Philippe de Villiers cette sentence glaçante, qui résonne comme un avertissement ultime : « Le drame n’est pas d’être à genoux ; le drame, c’est d’oublier qu’on l’est. »
José CASTANO
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Comment la France a inventé un pays, l’Algérie…
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Je remercie Louis-Henri de Lignières d’avoir partagé ces « Archives militaires françaises » sur la conquête de ces territoires d’Afrique du Nord par la France en 1830.
Elles nous apprennent un bon nombre d’informations que nous ignorions, NOUS, Président, Gouvernement et peuple de France mais également VOUS, Président, Gouvernement et peuple d’Algérie.
Ce que nous savons c’est que quand l’armée française débarque à Alger, en 1830 : « Elle ne prend ni un État ni un territoire, même pas une entité politique identifiable. Elle saisit une ville corsaire, un beylik côtier sans frontières et sans arrière-pays. »
Ce que nous ignorions c’est que : « L’essentiel de ce territoire, donc environ 80 % de l’Algérie actuelle– sera inventé, mesuré, annexé, puis présenté comme une continuité naturelle. Des territoires sahariens marocains du Touat, du Gourara, du Tidikelt et de Tindouf aux zones prises à la Tunisie, à la Libye, au Niger et au Mali. »
Voici ce qu’en disent les archives militaires françaises : « Elles démontrent comment l’Algérie est passée d’une province ottomane sans nom que les Turcs appelaient « Dar el Dey », un port de corsaires que la France nommera à partir de 1830 « régence d’Alger », à l’Algérie post-indépendance d’aujourd’hui. Elles expliquent comment l’Algérie conquise par la France s’est accaparé les territoires de ses voisins et notamment du royaume du Maroc, et a ainsi évolué d’une superficie de 500 000/700 000 km² à une superficie de 2 381 741 km². Voilà comment ces territoires sont devenus un pays plus grand que la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne réunis.
Ces 500 000/700 000 km² (confirmés par les historiens Julien, Ageron, Ruedy, Kaddache, Merouche), soit 21 % ou 29 % du pays actuel, constituaient un « territoire qui était divisé en trois beyliks indépendants dans leur administration ». Alger, résidence du patron des corsaires et seule apte à payer des impôts aux Ottomans grâce au rançonnage des navires commerciaux qui sillonnaient la Méditerranée. Il n’exerçait aucun pouvoir sur les trois autres beyliks : celui de l’Est (qui sera appelé par les Français beylik de Constantine), de l’Ouest (qui sera nommé beylik d’Oran) et de Titteri (confondu ultérieurement avec la régence d’Alger).
La première imposture commence en 1830. Ce que la France envahit le 5 juillet, ce n’est pas un État, encore moins un espace cohérent et borné. La régence d’Alger n’est pas un État. C’est un port entouré de quelques plaines. Une excroissance ottomane administrée par un dey dont l’autorité ne dépasse guère les murailles d’Alger. Les troupes françaises ne prennent pas un pays : elles prennent une ville dépourvue de souveraineté sur les autres beyliks. « Il n’y a pas de frontière à proprement parler », c’est un « pouvoir urbain côtier appuyé par des garnisons turques qui ne descendent jamais plus loin que Biskra ».
« La souveraineté extérieure de la régence d’Alger s’établit sur un territoire inconnu. Lorsque les Français prennent Alger, ils n’ont aucune idée claire de l’espace qu’ils s’apprêtent à occuper. « On ne sait pas exactement ce que recouvre, ni territorialement ni socialement, le terme devenu ”Algérie”. »
Les Français prennent possession d’un territoire non défini, que les militaires appellent tour à tour « Barbarie », « régence d’Alger », « pays d’Alger », parfois même « Maghreb mitoyen ». Un territoire flou. « Le terme le plus couramment employé par les Français en 1830 est celui de “régence d’Alger”. » Il n’y a aucun État à l’intérieur des terres. Le pouvoir du dey n’existait réellement que dans la ville d’Alger, et se limitait à des relations diplomatiques avec les trois beyliks « en rivalité permanente, gouvernés par des beys autonomes, sans cohésion politique, sans institutions unificatrices ».
La France va donc « inventer un pays », en lui attribuant des contours, une cohérence, un imaginaire, bref : une géographie politique. L’Algérie n’est pas seulement conquise ; elle est fabriquée. Elle naît d’une série de compas plantés sur une carte comme on découperait un gâteau marocain trop tentant pour être laissé entier à son propriétaire.
Construire un territoire : c’est exactement ce que l’Algérie française a fait. Et qu’elle a offert à l’Algérie indépendante, en 1962, qui l’a hérité tel quel, sans correction, et de se proclamer, de manière hautaine, pays-continent.
Voici le détail chiffré du territoire marocain spolié
L’Algérie française a annexé des terres relevant de la Tunisie, de la Libye, du Mali et du Niger, mais l’appropriation la plus spectaculaire est celle opérée sur le royaume du Maroc. Voici le détail en nombre de km² de cette spoliation, pour la première fois révélée dans la presse :
Province de Touat, incluant Gourara – Tidikelt – In Salah : selon les dossiers coloniaux du service géographique de l’Armée : jusqu’à 450 000 km² si on inclut les zones nomades des ksour marocains.
Ce bloc de territoires sahariens est le cœur des territoires marocains attribués à l’Algérie.
Région de Tindouf – Hassi Beïda – Hassi Khebbi : de 100 000 à 120 000 km². Cette zone fut marocaine sans contestation jusqu’au début du XXe siècle. Les estimations modernes de la CIA et des cartographes français convergent : environ 110 000 km².
Région de Tlemcen – Mascara – Colomb-Béchar – Kenadsa – Abadla : de 80 000 à 90 000 km². Colomb-Béchar fut administrée par la France tantôt depuis l’Algérie, tantôt depuis le Maroc, notamment de 1884 à 1902).
On arrive à un total approximatif d’entre 530 000 à 620 000 km², c’est-à-dire environ un quart de l’Algérie actuelle.
Il manque donc 1,5 à 1,9 million de km² pour parvenir à l’Algérie actuelle. Ces trois quarts seront conquis entre 1870 et 1902, principalement lors de l’annexion du Touat, du Tidikelt et du Gourara entre 1900 et 1902, et des territoires des quatre autres pays limitrophes. Autrement dit, le Maroc a perdu environ 55 % de son territoire, principalement entre 1845 (Lalla Maghnia) et 1902 (prise de Touat). Et ce fut la naissance de « l’invention du Sahara algérien ».
Le Sahara n’appartenait pas à l’Algérie.
Il ressort de ces archives que le Sahara ne relevait absolument pas de l’Algérie avant 1902.
Les Ottomans n’y exerçaient aucun acte de souveraineté.
Le même constat est fait également concernant la Kabylie, territoire montagneux à l’accès difficile que les Ottomans ont toujours dédaigné : « L’incapacité à penser l’Algérie comme une entité étatique constituée, l’occupation d’enclaves séparées par de larges territoires non accessibles (la Kabylie notamment), les incertitudes sur le projet colonial lui-même caractérisent la décennie qui suit le débarquement. » Il n’y a aujourd’hui aucune trace des Ottomans en Kabylie, ni toponymie, ni bâtisse officielle, ni autorité beylik ancienne, et cela explique en grande partie les revendications du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), indépendantiste, fondé en 2001 par le poète et chanteur lyrique Ferhat Mehenni.
Les Ottomans n’exerçaient leur souveraineté que jusqu’aux limites du Tell ». Même au moment où Bugeaud achevait cette conquête du Tell en 1847, le Sahara demeurait totalement étranger à la colonie.
Le Sud profond – Saoura, Touat, Gourara, Tidikelt – est un angle mort. Il fonctionnait selon des logiques radicalement étrangères au monde ottoman. Les zaouïas, « notamment celles du Tafilalet et du Drâa, structuraient le paysage politique ». La souveraineté commerciale, portée par les caravanes, était tournée vers le Tafilalet marocain, jamais vers Alger. De même pour la souveraineté fiscale : « les oasis versaient des dons, ziyara ou redevances ponctuelles au Makhzen marocain ».
Il n’existe aucune trace du rattachement de ces vastes territoires à Alger. « Les Français découvrent un système de dépendances et de relations qui n’a rien à voir avec l’organisation ottomane ».
Le Sahara aujourd’hui algérien était historiquement rattaché aux autorités chérifiennes du Maroc (dynasties mérinide, wattasside, saadienne, alaouite). Les qadis (magistrats) étaient formés dans les cercles de Fès. Les qaïds (gouverneurs) étaient nommés par les sultans marocains. Les caravaniers appartenaient aux réseaux du Tafilalet. Aucune source ottomane ne fait mention du Touat comme territoire de la Régence d’Alger.
Ainsi, « la connaissance imparfaite du pays est utilisée pour construire une Algérie en fonction des besoins de la colonisation ». Les Français héritent d’une régence sans territoire, sans frontières définies, sans administration étendue. La colonisation a donc dû inventer un espace, le remplir, le nommer, le mesurer, puis le rattacher à une entité administrative. C’est cette construction – et non une réalité historique antérieure – qui fonde l’Algérie contemporaine. Les Bureaux arabes constatent que le pouvoir d’Alger ne dépasse pas les zones densément peuplées du Nord.
La conquête du Sahara
En 1847, la France célèbre la fin de la « conquête de l’Algérie ». En réalité, la Kabylie est encore indépendante (prise en 1857), le Mzab est indépendant (conquis en 1882), le Sahara est totalement entre les mains du Royaume chérifien (conquis entre 1882 et 1902) le Touat, le Tidikelt, le Gourara ne tomberont qu’en 1900-1902. Autrement dit : en 1847, 80 % de l’Algérie actuelle échappe à la France.
Le Sahara – les quatre cinquièmes de l’Algérie actuelle – n’a toujours pas été conquis. La France détient le littoral, les plaines du Tell, les capitales beylicales.
La chute du Second Empire en 1870 marque un tournant géopolitique majeur en France. Jusqu’alors, l’Algérie n’est qu’une colonie côtière, un prolongement européen au sud de la Méditerranée. Mais la République, dans une logique d’expansion continentale, cherche à relier ses possessions d’Afrique du Nord à celles d’Afrique de l’Ouest. Le Sahara devient soudain un enjeu stratégique majeur. Paris veut créer un « continuum territorial du Maghreb au Soudan français » et c’est dans ce contexte que « naît l’idée d’un Sahara algérien ».
Dans les archives militaires, le constat est récurrent : le Sahara n’est pas connu, donc il faut le cartographier pour le posséder. Des missions d’exploration militaires vont s’atteler à produire des croquis, des cartes, des relevés topographiques et, peu à peu, transforment le désert en un espace administrable. À partir de 1880, un nouveau récit apparaît dans les rapports militaires : « Le Sahara appartient naturellement à l’Algérie ». L’enjeu était de donner une assise territoriale à la colonie en formation », la France décrétant qu’il doit appartenir à l’Algérie.
Entre 1800 et 1900, la conquête militaire se prépare. Durant cette période, des garnisons apparaissent à Laghouat, Ghardaïa, Biskra ; des colonnes avancent vers la Saoura ; les officiers établissent les premières cartes précises du Touat. La France prépare la dernière phase de l’annexion. Une partie du Sahara, la plus importante, encore autonome en 1899, se verra prise en trois ans. L’Algérie actuelle naît entre 1900 et 1902, et non en 1830.
En 1900, le commandant Cottenest prend In Salah, capitale religieuse du Tidikelt et ville la plus méridionale dans le Sahara. Cette prise ouvre à la France la porte du désert vers l’Afrique. Les Marocains tiennent plusieurs mois, mais la supériorité française est écrasante : artillerie, mitrailleuses, renforts levés à Alger. In Salah tombe. Le Tidikelt est annexé.
En 1901, les Français lancent une opération majeure : prendre le Touat et le Gourara, les deux oasis les plus importantes du sud-ouest algérien. Les structures religieuses sont démantelées, les zaouïas placées sous surveillance, les gouverneurs du sultan marocain destitués ou assassinés. En quelques mois Aoulef tombe, ainsi que Timimoun, Adrar, Tamentit, Ouled Saïd. Le rattachement est immédiat.
Paris publie alors une série de décrets intégrant ces territoires dans les départements algériens. La perte du Touat par le Maroc marque un basculement géopolitique majeur.
En 1902, la France proclame la fin de la conquête saharienne. La France peut désormais rédiger les premières cartes d’un territoire continu allant de la Méditerranée jusqu’au Niger.
Le Maroc perd son espace saharien oriental. L’Algérie gagne 1,5 à 1,9 million de km². La carte du Maghreb est redessinée artificiellement. Des populations sahariennes autonomes sont intégrées de force à l’Algérie française. Sans le Touat, le Tidikelt, le Gourara, l’Algérie serait un pays d’environ 600 000 km².
En 1905, Paris impose au Maroc un traité reconnaissant l’annexion du Touat, du Tidikelt et du Gourara par l’Algérie française. Le Maroc est affaibli. Il ne peut s’opposer. La France coupe définitivement les liens historiques entre le Tafilalet et le Sahara oriental.
62 ans plus tard, l’Algérie indépendante continue de brandir comme héritage historique une carte que ses ancêtres n’ont jamais dessinée, et dont elle revendique la sacralité comme si elle relevait d’un droit divin. Pourtant, sous la poussière des archives coloniales, une évidence demeure : l’Algérie actuelle n’est pas le produit de l’histoire, mais celui d’un legs colonial.
En 1962 la France a offert à l’Algérie, devenue indépendante, un immense territoire qui ne lui appartenait pas et dont elle tire depuis sa principale ressource, ces plus importants profits : le pétrole et le gaz.
Jamais ce proverbe n’a jamais été à ce point d’actualité : « Fais du bien à Bertrand (à l’Algérie) il te le rend en caguant ».
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Les dégradations d’églises en hausse
Domitille Brière
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Déjà en augmentation début 2025, les profanations et les vols dans les églises ne s'arrêtent pas.
L’église Saint-Rémi de Forbach, en Moselle, a subi à deux reprises, en deux semaines, des vols dans un tronc destiné à une campagne de dons pour le chauffage. La serrure a été forcée et l’argent dérobé. La semaine dernière, dans la même région, à Metz, l’église de la Sainte-Famille était, elle, vandalisée pour la seconde fois en quelques mois. Début janvier, nous parlions d’une crèche vandalisée dans l’église Sainte-Jehanne-de-France du Passage-d’Agen. Cette semaine, c’est une statue de la Sainte Vierge qui a été renversée et brisée dans l’église Saint-Sylve de Toulouse. Ces actes contre des églises semblent être devenus une routine, en France.
Des actes antichrétiens en hausse
En septembre 2025, le député Thierry Frappé (RN) alertait le ministère de l'Intérieur sur l’augmentation des actes antichrétiens : « Entre janvier et mai 2025, 322 faits ont été recensés, contre 284 sur la même période en 2024, soit une augmentation de 13 %. » Ces chiffres comprennent tant les atteintes aux personnes qu’aux biens. Ces dernières années, ils sont en augmentation. Parmi ces actes antichrétiens, plusieurs catégories peuvent être distinguées. Tout d’abord les vols, comme dans l’église de Forbach : ceux-ci augmentent mais proportionnellement aux vols de manière générale, ce qui ne donne donc pas d’indication particulière sur la montée d’un antichristianisme.
En revanche, les actes de vandalisme sont en hausse particulière dans les églises : ils concernent parfois simplement certaines statues, comme à Toulouse ou au Passage-d'Agen, mais vont parfois jusqu’à la profanation sacrilège. Ainsi, le 17 janvier, L’Écho chrétien signalait la profanation de l’église Saint-Sever à Rouen, où les hosties consacrées, conservées dans le tabernacle de la chapelle du Saint Sacrement, avaient été volées. Ces actes ciblés sur les objets de la vénération, voire de l’adoration pour le Saint-Sacrement, des fidèles sont clairement des actes antichrétiens, à plus forte raison qu’un vol qui peut s’expliquer par le simple appât d’un gain financier. Sur CNews, le 31 juillet dernier, le général de gendarmerie (2s) Bertrand Cavalier voyait quatre catégories de motivation aux actes antichrétiens, contre les biens comme les personnes : l’islamisme, le satanisme, la haine de la France chrétienne et la folie.
Parmi les recommandations pour réduire les vols dans les églises, le ministère de la Culture conseillait, en octobre dernier, de « fermer les églises en cas d’absence de personnes de confiance ». Pourtant, quand ils sont interrogés après des larcins, les curés répondent souvent qu’ils tiennent à garder leurs églises ouvertes. « C’est un risque qu’on prend, c’est vrai. Mais il y a quand même pas mal de passage. C’est le bon plan, parce qu’on a vu effectivement des gens, notamment des jeunes, qui entrent ici, qui prient. C’est un lieu de paix dans un monde qui est difficile », explique le curé archiprêtre de Forbach, à Moselle TV. « On mettra tout en œuvre pour continuer à ouvrir nos églises, à les rendre accueillantes, à en faire des lieux de prière et de liberté », a rétorqué le curé de Sainte-Jehanne du Passage-d’Agen à ses paroissiens qui lui demandaient de fermer.
Ces prêtres veulent renforcer la sécurité dans leurs églises par l’installation de systèmes de vidéosurveillance, par exemple, mais tiennent à les maintenir ouvertes. Ils rappellent en effet que l’église est historiquement le lieu où chacun peut venir se recueillir et prier. C’est le lieu de paix par excellence où chacun peut entrer, qu’il soit chrétien ou non. Ce sont aussi des lieux prisés par les touristes qui en admirent l’architecture et les œuvres d'art. Il est donc d’autant plus difficile, pour les prêtres et les fidèles, de voir les objets de culte ou d’ornement des églises dégradés, alors qu’ils ont vocation à être admirés et à engager au recueillement.
Domitille Brière, 24 janvier 2026
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MISE A JOUR
Par M. J.P.B.
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LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS
Par J.C. Stella et J.P. Bartolini
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Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône et la Province du Constantinois méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.
Jean Claude a effectué toutes les recherches et il a continué jusqu'à son dernier souffle. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous, des pages qui pourraient être complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir. Jean Claude est décédé, et comme promis j'ai continué son oeuvre à mon rythme.
Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.
De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.
Ce travail fait pour Bône, Guelma, Philippeville, etc. a été fait pour d'autres communes de la région de Bône et de Constantine.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et du Constantinois
Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :
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| Avec 5 francs ...
Envoyé Par Annie
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J'ai raconté à mes petits enfants les grands changements depuis que moi, leur grand-père, j'étais enfant.
"Tu sais, quand j'étais enfant comme tu l'es maintenant, ma maman m'envoyait à l'épicerie du coin avec 5 francs, ce qui représente aujourd'hui 75 centimes d'euro, pour faire les courses.
Je revenais à la maison avec 1 plaquette de beurre, 1 litre de lait, 1 sac de patates, 1 morceau de fromage, 1 paquet de sucre, 1 baguette de pain et 1 douzaine d’œufs".
Et mon petit-fils m'a répondu : « Mais Papy, à ton époque il n'y avait donc pas de caméras de surveillance ? »
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Notre liberté de penser, de diffuser et d'informer est grandement menacée, et c'est pourquoi je suis obligé de suivre l'exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d'information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d'expression, tel qu'il est reconnu par la Résolution 59 de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d'expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
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